M^DB THEATRE
a conté te Chapfrottjùuge. Barlm-Bleue, leChatml^ Cendrillnn et le.Pvtil Poucet. Je laisse de côté la Belle ati boit liormaiU, oii Perrault no montre pas encore qu'il soft tout à Tait matlre de son instrument, el Riqjiet.h fa houppe, dont le sujet prêtait trop i l'ingéniosité et l'exigeait trop. Les cinq contes auxquels je. me tiens sembleraient écrits de ce matin, s'iV.élail permis de supposer que notre idiome actuel \ l^rdé ce naturel achevé, celle flexlbililé dans la solidité. Aucun terme de ces cinq contes n'est taaé, aucun son n'en est fêlé. Perrault, à la vérité, a fait exprès de sertir daus sa prose un certain nombre de locutions et de formules qui, au xvn" siècle, étaient déjà depuis longtemps tombées en désuétude à la cour et à la ville, si ce n'est dans les bourgs de Touraine, deSainlonge etd'Auois. Ces locutions faisaient partie de son merveilleux spécial ; elles y ajoutaient du mystère. 11 les a si bien choisies et si heureusement enchâssées qu'elles restent jeunes, à travers les âges. Par exemple : « Tire la chevillelte, la bobinetle cherra. » C'est encore tout battant neuf, cela. La chevillettel La bobinette 1 On dirait d'un joujou exotique qui frétille entre les mains d'un petit diable de dix ans I On dirait le rire argentin de l'enfance. Les Contes obtinrent le succès dès leur apparition. Je ne crois pourtant pas que Perrault ae soit douté, avant de mourir, des vertus exceptionnelles de son
roa DE THEATRE.
le composant, il
ivait façon m
petit livre, ni qa'e son œre perennius, 11 n'a point osé mettre son nom aux Contes, de son vivant ; d'où l'on est autorisé à conclure qu'il estimait que celte bagatelle n'était pas trop digne d'un homme qui avait eu l'honneur d'écrire Saint-Paulin, à la confusion du l'antiquité grecque et latine. Il a fait un chef-d'œuvre égal à tous ceux de son siècle, et il n'a pas su ce qu'il faisait, lui. critique si ingénieux ! IJ y a aussi une autre chose qu'il n'a pas vue du tout, â ce que nous assure M. Lefèvre, qui est homme de goût et de discernement, mais mythologue. Il paraît qu'il est prouvé par la linguistique, unie avec la haute mythologie, que les ConCet de Perrault, en leur substance, ne sont qu'une dégénérescence vile des plus beaux mythes cosmiques. Le loup qui crogue le petit Chaperon rouge, Barbe-Bleue, le Chat botté, ne représentent rien autre que le Soleil à l'état de dégradation, le Soleil, déchu de son rang de maître de l'univers ; le Chaperon rouge est l'Aurore, que dévore chaque matin le Soleil, et le Petit-Poucet a sa racine dans la Grande-Ourse, d'où il s'est laissé dégringoler.
hement, Perrault ne pouvait pas savoir ça.
La Fiammina contre Odetie. — L'ancienne liberté de translation et de traduction. — Virgile et Segrais. — Histoire curieuse d'une épigramme de Voltaire. — Gœthe et Pierre Leroux. — Sagesse et réserve sur ce point des Anglais.
Les avocats ont plaidé; Tavocat général a donné SOS conclusions, et, avant peu le tribunal de première instance de la Seine aura prononcé son jugement dans Taffaire Fiammina contre Odette.
Nous attendons ce jugement sans curiosité parce que l'action intentée par M. Mario Uchard à M. Victorien Sardou est sans objet. M. Uchard n'accuse pas M. Sardou du délit de contrefaçon, prévu et puni par le Code pénal ; il n*a pas, en effet, porté plainte au procureur de la République. Il se borne à accuser son confrère de plagiat et à réclamer de lui, de ce fait, des dommages-intérêts. C'est, jusqu'ici, la
E rilÉATIlË.
irudeace constante des cours cl tribunaux
i liit'sfi générale le plagiat n'ouvre de droil à
bdtïmiiilé pour l'auteur pillé que si celui-ci par-
l à. démoulrer par des faits cerlains que l'œuvre
ilagîaîrc nuit au débit de l'œuvre originale.
nmeuL M. Ucliard ferait-il la preuve d'un dom-
i reçu? Il y avait près de vinj;! ans qu'on ne
t plus la Fiammina, lorsque Odetie a commencé,
ï Vaudeville, sa fructueuse carrière, aujourd'hui
minée. Odette n'a donc pas dans le passé arrêté
s des représentations do la Fiammina, et il
Isst pas probable que dans l'avenir Odette nuise plus
t Fiammina que par le passé; car il ne parait pas
qu'aucun directeur parisien songe de longtemps h,
reprendre Odette.
C'est bien un peu la faute du juge, si l'on vient l'importuucr d'un litige aussi déraisonnable. Le juge, depuis environ trente ans, n'a montré que trop de goût k se mêler de quantité de choses qui ne sont pas de sa compétence et à s'attribuer, à coups d'arrùt, la décision de quantité d'alTaires que te bon sons do la vieille France abandomiait au libre Jugement de tous et de chacun. De même que le juge a allégué l'intèrâl des familles et nos lois coulre la diffamation pour porter la niaia sur l'histoire elle-mflme <:[ ses droits, de même il s'est servi de la loi de juillet nïl3, relative à la propriété littéraire, et des
106 ^ PKOPOB DE TnfcATItK.
loifi qui im soqI dérivées do 1793 à 18tiS. pour resftp-mr un [«eu plus ijue lie raison le domajno public (k> lï-spril. Aussi dovail-il arriver fi la fin que les auleuni, agissant chacun en son parliculier, lui demanderaient plus qu'il ne peut dter & tous ensemble |iour raltribu<>r h un seul. C'est le cas de M. Uchari]. No tutrliant plus à quel saint se vouer pour se lîrer d'un débat tout intellectuel, où il s'est mal engagé, M. Uchard a songé naturellement au jugo et à ses am''ls anl^riours, et du fond des lacets, où il s'eflt lui-même emltarrassé et oii M. Sardou le secoue d'une maiu sans pitié, il élève une plainte gémissante vers le tribunal qui a rendu les fameux jui^eineuts de 1S67 contre la porcelaine, usurpant sur la chromo-lithographie et le pain d'épice, usurpant sur le Itronze. D'autres suivront M. Ucfiard. Et voilH comment notre siècle va mettre de plus en plus en éloquents plaidoyers, en conclusioDS ut eu arrêts fortement motivés, des querelles littéraires qu'en nOl, Bouvenez-vous-en, souvenez-vous-en, on eût mises tout bonnement en pouls neufs.
I^s lois et décrets de 1793, 1810, 1844, 1854 et 1866 accordeut aux auteurs et à leurs représentants légaux le droit exclusif de vendre, distribuer et faire distribuer, de représenter et faire reprèsenler leurs teuvres pendant un laps de temps qui comprend la durée de la vie de l'auteur, augmentée d'un nombre'
K PRitpos u£ tiiéathk. 107
nées dont le chiffre a été successivetn^ut porté [dix à -vingt, à trente el à cinquaute. Voilà quelle cette propriété littéraire « dont on parlf tant. Telle que nos lois la règlent jusqu'à présent, ce n'est pas « la propriété «; c'est une jouissance temporaire. La loi primitive, celle de juillet 1793, se sert, il est vrai, du terme de « propriété ». La loi de 18f}6 emploie le terme, plus juste cl plus en con- Tormité avec l'histoire de notre droit public, de a droits accordés ». Ce n'est pas ici le lieu de ruchercher si, en certains cas faciles k déterminer, les droits privatifs, industriels et commerciaux, de Tauleur, de l'éditeur et de leurs héritiers n'auraient pas dÉ\, dans l'intérêt supérieur du droit de l'esprit humain, élre limités, quanta l'exercice et â l'applicam aussi bien que quant â la durée. Il nous sullit remarquer qu'il n'y a certainement aucune objecin à élever contre la nature du droit conféré aux auteurs par la loi de 1193 et ses dérivés. Le principe l'oûdameulal en est équitable et sensé.
Pendant longtemps, la jurisprudence s'en est tenue principe fondamental posé par la loi de 1193, ,s l'étendre ni l'élargir par l'interpi'étation. Jusque vers 18So et ISfiO, le juge s'est strictement guidé k sage distinction que les arrêts du Conseil, avant 1789, établissaient entre le plagiat, délit tout ilcllectuel et moral, dont la puissance pul)lique ne
t nhtiri l'eKT- ■iienel. qu'a d'j iâr et 1 réptinter.
i h pèMAf ni I eutn 1793 et IStiO. le |ip» »'«! ilAè. «CMI lart. i mpedM- et 1 dé- ^rinbBeffl£detoMaiiâae4asag^et dosid^es iJim lliil qu'on pour i ■■ nmÊÊt le sujrt d'un dnine . I83i>. S*il lui arrh^ fmcB0t4tT Bse mileBnité i ruilmr d'an roman qu'un «utn! «Bteor atail traosHonné ea pièce de thèdlre, il finit Tniment rindemûlè au plus juste tans (affaire Paul de Musset oootrc Labiche). Il oe CDOlcstah pas d'abord la libestè de tnulaire. S en I8t0, dans raffiûre Rosa rontre Gènrdin (Iradaction eo espagnol sur terrïtoîn'fraDcaîsd'ao Traké élémentaire de damie, publié eu rraDç&i$), il déclafait que la traJuctioD pouvait être coulrcraçon, cV-lait à propim d'uoe espèce où le commero; de la librairie, cl non point l'art, était intéressé. Dans liîs cas de cette sorte, le juge prenait soin d'indiquer, par ses considérants, que, pour une espèce où il s'agirait d'une (Buvre poétique, comportant l'inspiralion, le génie, remploi de talents distingués, il se réservait la faculté de décider tout autrement. A partir de 18S1 a «é IWllIgOrée, dans l'interprélalion de la loi do 1793.
A l'ROI-OS 1)E TllLATllE. |f)!f
e ère nouvelle qu'où peut déluiir l'ère des conveni lilU5raires ni[£rnationa!es. Cdles-ci ont filé né- )Gièes sous l'empire de plus en plus marqué d'une Ibinioii erronée el dangereuse, celle qui consiste â mfondre le plagiat avec la conlrerai;on, rimitation lia Iraductlon avec le plagiat. Une déviatidu, dai peu sensible, a commencé h se produire, vers |. temps, dans la jurisprudence. Le juge a molli sur I distinction fondamentale entre la conlrefaton el Hplagial. Le système où il sVst engagé en matière fpropi'iélé arlislique a iuQué d'une faijou mallicus doctrines en matière de propritlc lillé- . Rendons cependant h. la magistrature cctie "^usUce, qu'elle subit à regret un entraînement qui lui vient des erreurs du dehors, et qu'elle n'a pas encore tout k fait abandonné les saines maximes il'aulrcrois. La preuve en est dans les conclusions i]ii'a présentées M. Houlior en ce qui concerne Uehard contre Sardou. Ces conclusions sont extrêmement prudentes et judicieuses, parce qu'elles sont il'un véritable lettré.
Si la ma^ji'itrature se letienl encoie sur la pente plissaulL le j,ou\LrnemLnt et it lÉgislattur, eux, abandonnent Cest le gouvLmemtnt qui signe les n^entions internationales sur la propriété litténe cdt le legishteur qui Ls consacre el elles ni bon train les ^onveiitioiis Eiks s inspirent
110 A nnoPOS IIE THEAIHE.
sans aucune IiéâiLilion de la tnaximc, que le romancier, le dramaturge, le poèl* a droit uon seulemeDi sur le texte de son œuvre, mais encore sur les produits de toulei opération du l'csiiril. dont son œuvre a |)U ÔLro ou paraître l'origine, le point de départ, IV'tolTe el lo stimulant. Il était bien difTidle que des conventions internationales cette fausse maxime ue passât pas plus ou moins dans la jurisprudence et il est à craindre qu'elle y devienne dominante. Ainsi des genres litlérairos tout entiers ont perdu ou vont perdre leur liberté. Défense désormais de transpor* ter un ouvrage d'unu langue dans une autre sans la permission de l'auteur, avant dix années écoulées! Défense de reproduire un sujet, un plan, des caractères déjà, développés par un auteur vivant, même quand on senlii'alt en soi l'inspiration et que le préoccupant ne serait qu'une mazette vouée à la fabrication d'ouvrages sans verve et sans style! Défense do mettre en vers l'ouvrage dramatique composé en prose par un autre ! Défense, sous peine de dommages-iotéréls qui peuvent être considérables, et qui sait? de saisie, de prendre dans un roman dont en n'est pas l'auteur le sujet d'une pièce de IbéAtre .ou resjHtcli veulent dans une pièce de théâtre le sujet d'un roman I Défense désormais à Scribe d'écrire lei IJuguemls ; t'est une adaptation, mal déguisée, de la Chronique de Charles IX I Défense à Planard de
composer /e Pré aux Clercs: ce nVsl pas un chefd'œuvre iuspiré d'un autre chef-d'uïuvrc, c'osl une adaptation, irapudemmcnl déclarée, de la mémo dite Chronique de Charles IX! Défense à Faviirl de tirer d'uQ conle en prose de Marmontel la comédie en vers les Trois Svitams ! Wtàs quoi! le conto de Marinonlel est couci coucetle, et il y a dans la comédie de l'avart une grice souveraine. Qu'imporlo!
I par le roi, défense à l'esprit de faire luuvru d'es- ;, à l'art de faire œuvre d'art, au génie d'être le
n'y a pas encore un mois, nous avons signé avec
Blemagne un traité par lequel le droit de traduc-
^d'uQ ouvrage de l'allemand en français et du
1 allemand est attribué exclusivement h
llteur.de cet ouvrage pendant une période de dix
, à partir de la publieation. Nous avions déjà,
: d'autres peuples des conventions semblables.
e-ci est de beaucoup la plus notable; elle frappe,
'uspend la liberté de la traduction juslcmcnt
les deux langues qui ont déiiiontré par les
mples les plus éclalants que la traduction est un
B littéraire qui ne le cède à aucun autre. Tra-
l PnOPOS DE THEATRE.
(luire, c'est conlrefaim, disent les jurisconsultea € Il's ili])lomates. La litlérature fraïKaisc et la littéraluru alIemanJû sont là pour protester coatre leur formule. En allemand et en français du moins, traduire, c'est crtjcp; traduire, c'est lulter, t^gaicr et vaincre. Voici un ouvrage à traduire ; et je suis, je suppose, le bon lutlcar. Avec la certitude de l'iaspiration, jo discerne que la traduction de l'ouvi^e, si c'est moi qui la fais, enrichira ma langue maternnlle d'un modùîe de beau langage. Et il dépendra de l'auteur étranger et du libraire étranger de m'ècarter pour confier la besogne d'art où j'aspire A quelque scribe laborieux, avec lequel ils sont en rapport de commei'ce ! Il dépendra d'eux d'enchatner en moi le (aient qui m'est propre 1 Je suis Voss et, si j'ai Homf^rc pour contemporain, vos traités m'iaterdironl de donner l'ilhtde et VOdyssêe à l'Allemagne ! Je suis Sclilegel, et, si Calderon est vivant et que mon nom lui soit inconnu, ou que mon nez lui déplaise, ee n'est pas moi qui ferai faire aux Allemands connaissance avec le Prince Constant et l'Alcade de Zalamea! in suis Amyot, et je ne pourrai pas façonner en français k's Vies des Hommes itlustrexl J'ai cilé le nom de Voss le premier. C'est que sa traduction d'Homôre on vers est un véritable mot-à-mot, et que cetfe fraduetion, par cela mûme qu'elle est littérale, donne bien plus de force à moa
^jffgumeûtalioiî. Qui oserait dire que la Irnduction de Voss, toute littérale qu'elle soil, n'est pas en même temps une œuvre de la plus pure comme de la plus haute originalité germanique? Qui oserait nier que traduire, comme l'a fait Voss (à plus forle raison comme l'a fait Amyot). ce soil lilliTairement inventer, selon la plus rigoureuse acception du terme d*inveotion litltlraire? Qui pourrait lire certaines parties d'HomÈre, enlre autres le cinquième ctiant de rorfysset', dans le texte grec d'abord, dans
É texte allemand ensuite, et ne pas roconnaîlre que is fait apercevoir dans Homùre des charmes, des ,ces, un sel poétique, qu'il n'ajoulc pas à rorigiiial, maïs que le grec cachait un peu et que l'alleinaûd découvre?
Airèlons-nous sur ce phénomène singulier du miroir muluol des langues, qui donne à la fois transmutation et ressemblance, — Mais, dira quelqu'un, le proct's Odetle-Fiammiita? — Nous y sommes en plein, nous y sommes plus que si nous en traitions directement. La belle affaire qu'OcIdle et la Fiauiwiiia! C'est les principes littéraires engagés qui sont tout.
Or, le principe que j'entends démontrer d'abord coDlre tous ceu.\ qui traquent et la liberté de traduction et la liberté d'adaptation, c'est que la simple Iranslalion, d'une langue à une autre, d'une œuvre
d'imagination (roman, drame, poésie) exige ou sop- |M»S4' la dô|)ense d'un talent original dont Tauteor «lui traduit ne doit en saine comptabilité littéraire, nul compte à celui qui est traduit. J'aurai fait ma (iiMuonstration palpable et sur le vif, si, au lieu d'invoquiT VOdtfssée d*Homère et celle de Voss, que ni vous ni moi n'aurions le temps de parcourir aujourd'hui tout entière; si môme, au lieu d'appeler en témoignage Amyot et Plutarque qui, pour nous conter on grec et en français une seule de leurs Ttes, celle des deux dracques ou celle d*Alcibiade, exigeraient de nous une matinée de loisir, je prends une courte tirade en vers ou mieux encore deux ou trois distiques, et si je fais voir qu'un écrivain supérieur ne s^iurait traduire en vers même un tout petit distique sans y mettre beaucoup du sien, et de ce qu'il y a dans ce sien de plus sien et de plus parliculior. Que dites- vous dos deux vers suivants que Ihunœtiis déhilc dans sa joule pocHique avec Ménal(|iio ?
quotieSf ci quœ nobis Ga^atea locuta est!
Vartam aliqiiam, vcnliy Divâm referalis adaurcsl
OiKille plus simple cl plus fraîche expression peut-on imaginer d'un murmure d'amour, sous les saules, le long du ruisseau courant? N'est-ce pas qu'il semble au premier abord impossible qu'en traduisant ces
A PfiOrOS DE THEATRE. Hb
deux vers de Virgile, sans presque y rien changi-j, oo fasse mSeox ou autre cbose que Virgriie? Void OMnineot les a trausposés un France du xvii^ siède. Serais, je crois :
les discours channaDts ! ô les divines chosies, Qa*^ jour disait Almise, en la satsoD des roses; Doux zèphjrs, qui régniez alors dans ces beaoïL lieux ITen portâteS'Tons lien aux ordlks des dieux?
En dtant ces vers, je ne cherche pas qui a le mieux dit, de Virgile ou du poète français. Je cherche si traduire, c'est contrefaire, ou si traduire, c'est inventer. Eh bien ! je le demande, quels vers de noire langue ont une allure plus française, et qui sente mieux son cru que ces vers-là? Qui. ne les ayant pas us d'abord dans Virgile, croirait qu'ils sont empruntés et traduits de Vii^ile? Est-ce que le mol « divin » employé par notre Français dans un sens que ne comporte pas le génie de la langue latine ; est-ce que Tallribut complémentaire « en la saison des roses » d'un effet si gracieux et si vif; est-ce que ce « doux zéphyrs » qui n*a pas ! vérité rustique de ventif mais qui n'en a pas non plus la sécheresse: est-ce que la substitution du mode interrogatif au mode impératif dans Tapostrophe :
N'en portâtes-vous rien aux oreilles des dieux?
. *!-• M .ji-- ' »-^ L'fiti!- ri- :.i. ■:*:i *ODt l«jul. ne fonl [i.'i* |ni.-«.r !<• -Cl iii'*.'iir i i'-'^; ri;iV».-:jk'ur.. lus vers 1. - :i:i!i« i i -il «i-- V. I* •: .: - 7 ':• .'il uijs français,
i -ii-.iii'.ri vir-i:i« îiii»; à l"'-. i*. «i-: -'.-Libation loule '. ip. , îni -*.rt *.iii^ mixlni': ...ri:.:.-.- s^i^ =cûri»js du . ii-ii^ I li". T ik- rinia'-'iii.ititi'i îr:ii,'^!-*j : Kst-ce qu'ici i,mii«|«i».* i' tviiiuW li'fiiinit *'t inJ'! il:'.. .. iréquivaut ji.i^ .1 II f'iniiul»? ' Iraii.si'urm': «.-t r» •::•■'•»> . "? Nnvuii^ aulr-j «;iuj>". Vuici im 'jiKi'.rai:: J»; TAntho-
..^H- ur«ti|ii».*. l'iiii «]♦.-? plus jmIIs. le quatrain de I.ui* vifilli'.' :
M«ji. «l'-nt h* ia<le s'rst ri do la Grèce: moi qui ai
. -i il nia porlo l'fssaiiii ik-s jt-unt-s ainouivux. Laïs,
ia ilrsN.* <i».' I*a|>liu< jf ivnds u»j iniruir. puisque
•:i V vi.'ir ti.'lliî qui» j«' suis, j»; iif,' le veux : telle que