RÉSUMÉ DE L'OBSERVATION III
Femme de 50 ans (en 1941), ménopausée depuis trois ans. En même temps que sa ménopause, apparaissent les premiers signes d'un déséquilibre endocrinien qui aboutit rapidement à la constitution d’un goître basedowien.
L'installation d’une cardio-thÿréose fait décider une intervention chirurgicale qui a lieu en deux temps en mars 1938.
L'évolution de la courbe de la tension artérielle ne peut être suivie ici avec autant de précision que dans les observations précédentes. Nous savons seulement que sept mois après l'intervention, l'hypertension était installée (Mx, 24 ; Mn, 11) et qu'un an après le dernier examen, elle se maintenait encore aux mêmes chiffres ; mais elle était ici parfaitement supportée jusqu'en 1941, soit trois ans environ après son installation.
Les antécédents de la malade sont entièrement négatifs ;
elle a parfaitement supporté ses six grossesses ; ses premiers troubles n’ont débuté qu'avec la ménopause.
Rares
Nous n’ajouterons rien à la quatrième observation ; elle rentre parfaitement dans le cadre clinique que nous étudions.
MENDELSOHN avait cité cette observation parmi plusieurs cas d’hypertension accompagnant la maladie de Basedow sous toutes ses formes ; après une série d’irradiations hypophysaires, la tension artérielle était revenue à la normale sauf dans le cas que nous rapportons.
ESSAI D'ANALYSE PATHOGENIQUE
Le premier problème qui se pose est de savoir si nous pouvons rattacher l'hypertension apparue chez nos basedowiennes opérées aux troubles thyroïdiens (goître et thyroïdectomie).
Eléments en faveur d’une dissociation pathogénique :
Plusieurs facteurs sont susceptibles d'expliquer les troubles tensionnels en dehors du goître et de la thyroïdectomie.
Dans la première observation :
— Les antécédents héréditaires ; MOUQUIN, à propos du problème de l'hérédité et de l'hypertension, conclut en ces termes : (Si l’on doit admettre la réalité de l’hérédité hypertensive, 1l faut reconnaître que l’on ignore encore complètement lesquels, parmi les éléments pathogéniques de l'hypertension artérielle, sont susceptibles d’être transmis héréditairement. S'agit-il d’une réactivité hypertonique particuhière ou d’une tendance à la perte d’élasticité des parois vasculaires, ou d’un trouble de régulation vasomotrice d’origine endocrinienne? Ou encore s'agit-il d'une perturbation bulbaire, ou mésocéphalique, ou surrénale? »
— [a tension artérielle, relativement élevée, observée au cours de la maladie de Basedow, peut permettre de faire penser que la thyroïidectomie n'a fait qu'accentuer des troubles tensionnels déjà établis ; avec la réserve toutefois, qu’une certaine élévation des chiffres de la tension existe parfois au cours de la maladie de Basedow.
AT
— La préménopause, alliée aux antécédents et à la notion . . , AM L 2 de terrain peut encore expliquer l'apparition d’hypertension.
Dans la deuxième observation, l'attention est attirée par la présence d’une albuminurie, la diminution d’un taux d’excrétion de la P.S.P. et la légère hydronéphrose droite décelée radiologiquement.
® Ces troubles nous paraissent cependant insuffisants dans leur intensité pour pouvoir être la cause d’une telle hypertension ; ils sont de plus décelés plus de deux ans après les premiers symptômes hypertensifs. Il ne faut pas oublier non plus la notion d’hérédo-spécificité chez cette femme, qui peut avoir un retentissement vasculaire.
Dans la troisième observation, rien ne permet de retenir un facteur déclenchant en dehors des troubles thyroïdiens.
En conclusion, les signes qui permettraient une dissociation pathogénique n’ont ici qu'une valeur relativement faible ; tous sont d’une apparition assez tardive et leur intensité n'est que peu démonstrative.
Eléments en faveur d'un rattachement entre hypertension et troubles thyroïdiens :
Le facteur le plus curieux est la possibilité de superposer les différentes courbes d'évolution des chiffres maxima de la tension artérielle de nos malades dans les semaines qui suivent la thyroïidectomie : en quatre mois, cinq tout au plus, on assiste à une montée régulière, finissant par être supérieure à 20 centimètres de mercure : après cette progression, la courbe stationne en plateau, avec quelques oscillations de 2 à 4 centimètres de mercure.
Dans les observations IL et III, il ne fait pas de doute que l'hypertension est postérieure à l'intervention ; pour l’observation Î, avec les réserves que nous avons faites pour son hypertension pendant sa maladie de Basedow, et hormis la poussée tensionnelle épisodique des suites opératoires immédiates, la courbe est identique.