OBSERVATION III
M. Paul Des... est vu pour la première fois le 18 décembre 1928.
Ilétait au régiment un an auparavant quand il a fait une
grosse poussée évolutive de son poumon gauche. On a été amené à lui faire en juin 1927, un pneumothorax thérapeutique à gauche.
k Depuis cette époque, et quand il se présente, l’'expectoration a diminué, mais reste cependant abondante avec une douzaine de crachats par jour : il pèse 55 kgr. L'état général est assez bon. Mais le malade présente fréquemment des vomissements survenant endehors de la toux et presque sans effort. Il n’a plus de température, la fièvre est toujours infé rieure à 3502.
Au point de vue’local, le pneumothorax ne donne pas toute satisfaction. On doit répéter les insufflations tous les quinze jours. Le décollement reste toujours incomplet et la radio monte après les insufilations la persistance d’une caverne béante au milieu d’un moignon insuffisamment collabé. Ces insufflations comportent environ 600 cmc.d’azote, elles sont toujours poussées avec une pression légèrement positive de + 2, Ultérieurement, on n’obtiendra pas de meilleurs résultats. Le cœur reste en permanence, très dévié vers la droite. L'expectoration ne se tarit même pas après les insufflations.
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Vers le début de 1930, le malade qui avait repris un peu de poids (58 kgr.) commence à maigrir; la fièvre s'installe le soir et on commence à percevoir vers l'extrémité inférieure de la fosse sous-épineuse des râles fins et secs après la toux. Ces lésions du côté droit s'étendent rapidement ; elles deviennent bientôt perceptibles jusque dans l’aisselle et au mois de mars 1930 un examen à la radio montre de ce côté une ombre très marquée. Le malade entre à i’hôpital de Caen. le 28 mars 1930.
On va tenter de lui faire un pneumothorax du côté droit. Son poumon gauche étant mal comprimé, il ne semble pas que l’hématose doive être insuffisante. À ce moment, El température est à 39° et le poids est tombé à 52 kgr. L'état général est mauvais. La tension artérielle est de 12-8 au Pachon.Des vomissements se produisent plusieurs fois par jour.
Le jour même de son entrée à l'hôpital on fait au malade une insufflation. La plèvre paraît libre et le décollement facile eton injecte 500 cmc. d’air avec une pression terminale de — 4.
Le jour et le lendemain de l’insufflation se passent normalement quoique la température reste aux environs de39. Mais dans la nuit du 29 au 30, le patient est pris brusquement d’une dyspnée intense.
Le 30, au matin, il est complètement anhélant.
A l’auscultation, la respiration à droite est encore perceptible et de ce côté aussi bien que du côté gauche dans le moignon collabé, on entend un bruit de tempête. Cœur à 160 avec émbrocardie. On tente l'aspiration du gaz injecté la veille. Mais, malgré cette manœuvre et tous les soins car-
diaques prescrits, le malade succombe vers midi.
BILATÉRALISATION ET PNEUMOTHORAX BILATÉRAL |
A ‘à (oA | |
Ces trois observations si différentes quant à l’évolution de la maladie et quant aux résultats obtenus ont au moins un point commun. Dans les trois cas, il s’agit d’une bilatéralisation au cours d’un pneumothorax classique.
Bilatéralisation ayant nécessité un traitement par le pneumothorax double simultané que Jullien a
appelé pour le différencier du pneumothorax alterné et du pneumothorax double d'emblée, le « pneumothorax double à retardement ».
Cette bilatéralisation constitue la complication la plus grave de la collapsothérapie, |
Voyons donc à ce point de vue comment se pré-
sentent nos malades quand on commence à les
traiter par le pneumothorax.
La première observation nous montre que si la malade présente à son arrivée à l’hôpital et au début du traitement par le prneumothorax un côté droit cliniquement sain, on trouve cependant à l'examen radioscopique quelques arborisations broncho-vasculaires de ce côté. Le malade de la deuxième observation examiné à son arrivée à Caen
après huit mois de traitement et alors que son état
ia
est satisfaisant présente quelques craquements à l’auscultation et la radioscopie montre de ce côté, une ombre hilaire assez marquée. On est porté a penser que lui non plus n’était pas absolument indemne du côté réputé sain au début du traitement. Seul le malade de l'observation II, celui chez lequel on a obtenu un si mauvais résultat, paraissait dès le début présenter du côté opposé aux insufflations un poumon cliniquement et radiologiquement intact.
En fait et au moins dans deux cas, nous avions donc affaire à des malades dont l’état justifiait largement une intervention, malades porteurs de lésions à prédominance très manifestement unilatérale, mais en réalité bilatérale : évolutives et extensives d'un côté, en état de stabilité apparente de l’autre.
Ce sont les cas les plus fréquents et c'est avec juste raison que Dumaresta proposé de substituer à la notion d’unilatéralité clinique des lésions pulmonaires, la notion d’unilatéralité évolutive plus conforme à ce que nous apprend la clinique. Par bilatéralisation, d’une façon générale, il ne faut donc pas entendre apparition soudaine d’une tuberculose extensive et évolutive dans un poumon sain maïs bien plutôt transformation dans ce poumon d’une tuberculose en état de stabilité apparente en tuber: culose évolutive.
Quelles sont les causes de cette transformation ?
Il semble exagéré d’accuser, comme on l’a fait,
Mir LAN