C... Marius, 27 ans, typographe, né à Lyon
Entre dans le service de M. Favre, le 7 février 1920, «parce qu'il a « de la paralysie depuis dix à quinze jours ».
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N'a jamais présenté de maladies avant sa blessure -à la: tête, en septembre 1915. Blessé par une balle de tusil : perte de connaissance.
Quand ïil reprit ses sens, quelques temps après, il s’aperçut qu'il était paralysé du coté droit et dans l’impos-
sibilité absolue de parler, comprenant cependant parfaite-
ment tout ce qu’on lui disait. Il ne peut préciser exactement s’il avait à ce moment de la paralysie faciale : « La face était paralysée, dit-il, mais il pouvait fermer son œil complètement ».
La balle était entrée dans la région temporo-pariétalegauche, à sa partie antéro-externe, et sortie à la partie. postéro-externe de la région pariétale gauche.
Evacué, puis trépané quinze jours après sa blessure, on lui parla de perte de substance cérébrale, mais il ne fut extrait aucun corps étranger.
La dysarthrie dura un mois, puis peu à peu la parole réapparut, pour redevenir normale au bout de quinze jours,
La paralysie droite primitivement absolue, regresse en commençant par le membre inférieur, dont les mouvements sont complets quinze jours après la blessure.
Pour le membre supérieur, les mouvements ne reviennent que progressivement et lentement. Il faut six mois pour que le malade puisse se servir normalement de son bras.
En somme, six mois après sa blessure, toute paralysie a disparu, le malade peut travailler de nouveau.
En fait, le blessé n’a jamais recouvré l'intégrité absolue de ses mouvements. [l subsiste toujours un certain ‘degré de contracture et de maladresse et le malade a du changer : de métier. d
En outre, le malade déclare être en état d’agitation perpétuelle. [1 ne peut rester assis et immobile, par exemple. « Une force invincible », dit-il, le pousse à se lever, aller et venir. [Il a un besoin incessant de mouvement.
Depuis cette époque jusqu’à ce jour, il a présenté trois crises à type épileptiforme.
Les deux premières pendant la nuit, en février 1918 et six mois après, la troisième, pendant le jour, en septem- DreérO ro: ape #?
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Le malade ignora les deux premières, et, ce n'est qu'après Aa troisième qu’on lui raconta ce qui s'était passé.
En somme, crise épileptiforme durant de 5 à 10 minutes, sans cri initial, sans aura, sans émission d'urine ou de matières, mais avec morsure de la langue et suivie d'amné- -sie et de lassitude.
Malgré cela le blessé peut reprendre de suite ses occupations sans rien présenter d’anormal.
Le 7 janvier 1920, se sentant las, il va voir un médecin -qui lui parle de bronchite et mêre d’encéphalite léthargique... Pas de fièvre, ni de toux, mais il présente de la .céphalée et de la douleur dans la. jambe droite, la nuit surtout, ce qui l'empêche de dormir, d’où hospitalisation.
Brusquement le 1°° février 1920, apparaît une paralysie faciale gauche et des troubles moteurs du coté droit, suivis de paralysie du même côté.
On trouye à l'entrée un malade amaigri, répondant avec -clarté et sans troubles de la parole, autres que ceux qui proviennent de la paralysie de l’orbiculaire des lèvres.
Très fatigué par son manque de sommeil depuis trois semaines, étant donné une douleur vive et spontanée dans le membre inférieur droit, plus localisée au genou.
Au membre supérieur droit, tous les mouvements sont -conservés : résistance musculaire normale avec un certain degré de contracture. De même pour le membre inférieur.
La sensibilité tactile semble normale. Babinski à droite avec trépidation épileptoïle. Réflexes tendineux exagérés ‘surtout à droite.
De même pour le membre supérieur. Réfilexes crémastérien et abdomiaal conservés.
Déviation de la face vers la droite. Ne peut abaisser la ‘paupière supérieure. Déviation oblique de la bouche, pas de déviation de la langue, mais déviation de la luette.
Pas de troubles de la sensibilité cutanée. Pas de paralysie des muscles extrinsèques de l'œil. Myosis. Réflexe à la lumière faible ; réflexe à l’accommodation normal.
Pas de troubles de la coordination (cependant il y a un certain degré de maladresse de la main), démarche hési- 4ante, sans claudication. [moossibilité de conserver la
“Station debout les yeux frenes, Station sur un pied impos- ‘ible.
Pas de troubles de l'audition.
9 février 1920, une ponction lombaire est faite, qui montre un liquide clair, sous tension, sortant en jet rythmé par Ja respiration. Le liquide analysé donne :
Albumine normale, sucre normal, lymphocytes assez nombreux.
10 Février 1920. — Disparition de la paralysie faciale. Un Wassermann est fait qui donne un résultat négatif. 14 Février 1920. — Interrogé avec plus d’insistance, le
‘malade dit avoir eu, il y a 7 ans, un petit bouton au niveau du gland, petite ulcération qui a guéri en 3 ou 4 jours après -des lavages au permanganate.
Un médecin consulté déclare l’accident banal. Pas d’ac- -cidents secondaires.
Le malade continue à ne pouvoir dormir. Il est réveillé par des contractures douloureuses des orteils.
À partir du 14 Février jusqu'au 6 Mars, une piqûre de biiodure de mercure lui est faite sans résultats, tous les 2 jours.
15 Mars 1920. — Sous l'effet d’une médication bromurée associée à la sirychnine, le malade va beaucoup mieux, les <rampes douloureuses s’atténuent.
Marche normale, pas de steppage, mais toujours phènomènes de spasmodicité du côté droit.
Membre supérieur droit — Exagération des réflexes bricipital, radial, cubito-palinaire.
Membre inférieur droit. — Réfiexe rotulien très vif ; réflexe achilléen et médio-plantaire plus marqués qu’à gauche.
Réflexe cutanéo-plantaire en flexion. Pas de troubles de da sensibilité. |
25 Mars 1920. — Le malade passe dans le service de M. le Dr Leriche, en vue d’une intervention chirurgicale.
Une radiographie du crâne montre :
1° Que l’orifice de sortie a, seul, été trépané;
2° Qu’au niveau de l'orifice d’ entrée, il existe une ombre triangulaire, correspondant sans doute à une esquille.
On décide d’intervenir le 3 Mai 1920.
Trépanation (D' Leriche) sous anesthésie locale en position assise. Dès le début de l’opération on constate que la table externe est déprimée autour de l'orifice d’entrée et que le blessé n’avait pas, en effet, été trépané à cet endroit, lors de sa blessure.
Au ciseau et au marteau on fait sauter un bloc irrégulier ayant les dimensions d’une pièce de 5 francs.
Ce paquet porte en son centre une dépression qui corréspond sur la face interne à une saillie composée par un bloc d’esquilles engagées dans les méninges et le cerveau,
L'ablation met à jour l’arachnoïde, avec issue de liquide clair.
A l'endroit où le bloc d’esquilles se trouvait, il y a de l’épaississement des méninges et un état lacunaire de Ja substance cérébrale, qui est jaune rougeâtre avec tissu fibroide lâche.
Les suites opératoires sont excellentes, le blessé ne présente plus cet état voisin de l’épilepsie, caractérisé par de l’agitation et qui était devenu pour lui, intolérable. Il est redevenu calme et maître de ses mouvements.
Plus de crampes ; n’a pas pris de crises d’épilepsie depuis un mois.