OBSERVATION II
A... Antoine. — 21° régiment d'infanterie.
Entré dans le service de M. Leriche, parce qu’il a une fistule due à une ancienne plaie du crâne et des crises d'épilepsie jacksonnienne, partielle.
A. P. Toujours bien portant. Pas d'ethylisme. — Rien de spécial à signaler.
A. H. Parents toujours en bonne santé. — Mère encore vivante. Père mort par accident.
Mobilisé le 2e jour, a été blessé, le 9 mars 1916, par des éclats d’obus, qui lui ont occasionné des blessures multiples :
1° Plaie pénétrante du crâne, région pariétale droite:
2° Fractures du sternum et de plusieurs côtes, côté gauche, avec formation d'un pucumothorax ;
(A l'heure actuelle, blessure guérie depuis longtemps)
3° Fracture du col du fémur gauche.
(A l'heure actuelle, blessure guérie par ankylose de la hanche).
Opéré le 17 mars 1916, soit huit jours après sa blessure, par suite des difficultés d'évacuation.
(Nous ne nous occuperons que des évènements qui se rap= portent à sa blessure du crâne).
Le blessé, au momentde l'intervention, présente une hémiplégie gauche sans participation de la face.
Son bulletin d'hôpital porte les mentions suivantes :
Trépanation ; régularisation à la pince-gouge; ablatiom de matière cérébrale sphacélée: mèche intra-cérébrale.
Dans la suite, le blessé est évacué à M.-s.-S. La plaie du crâne se cicatrise peu à peu. La paralysie régresse également peu à peu mais il subsiste de la parésie des membres du côté gauche. Il ne présente ni maux de tête, ni éblouissements, mais, en juin-juillet 1916 (il ne peut préciser davantage), il prend une crise d'épilepsie jaksonnienne qui débute par la main gauche.
En novembre 1916, le blessé est évacué à Lyon; il y contracte une lymphaugite dé son membre inférieur gauche, due à sa blessure de cuisse.
Il prend une crise d'épilepsie par mois, environ.
Au début de l’année 1917, on lui enlève 2 esquilles du crâne, mais il reste quelques sequestres qu'on ne peut extraire ; il en résulte une fistule s’ouvrant et se fermant par intermittence. :
Le blessé se souvient que l’on constata, à cette époque, l'existence de trépidation épiléptoide.
Il continue à prendre, soit des crises d’épilepsie partielle, soit des accès de contractures de la main gauche, et il est réformé en mars 1910.
Chez lui, même état pathologique.
Le malade déclare que, sentant venir les crises d'épilepsie,. :
pour tâcher de les faire avorter, il portait à son bras gauche une corde avec un garrot qu'il serrait en temps utile. :
A Ja fin de mars 1920, il prend deux crises epilepsie, à : 48 heures d'intervalle
DS
2 Va.
Sa plaie suppurant toujours, il va voir un médecin qui l'envoie pour une consultation dans le service de M. Leriche.
Il y est admis, et'on le radiographie. :
La radiographie montre, au niveau de l'orifice de trépanation, une tache obscure qui doit être une ESAiie intra-cérébrale.
Le blessé est opéré le 21 avril 1920, par M. Leriche, en position assise, sous anesthésie locale à l'allocaine aprés injection de pantopon,; on suit le trajet de la fistule. Extraction K d’un bloc esquilleux.
Pendant les jours qui suivent, le malade prend encore 2 accès légers de contractures de la main gauche, à l'occasion d’attouchement (enlèvement d’unesmèche).
En vue de lui relever la tension de son liquide céphalorachidien, il lui est fait pendant queiques jours des injections sous-cutanées de sérum artificiel (150 centim. cubes),
chaque fois.
Le 1°" juin, sa plaie est complètement cicatrisée.