‹ À propos des algues fossilesChapitre 5 sur 25 · Type pes Palæochondrites de SCHIMPER · texte numérisé non relu

Type pes Palæochondrites de SCHIMPER

Palæochondrites fruticulosus (Gæpp.) Schimp. (PL. V, fig. 2-3.) Palæochondrites dictyophyton Sap. (PL. V, fig. 4-5.)

L'insistance que met M. Nathorst à faire ressortir l'absence de tout résidu de substance végétale, chez les Chondritées des divers âges, m'engage à signaler 1ci quelques traces de Fucoïdes recueillies, 11 y a plusieurs années, par M. le professeur Bleicher, dans les schistes psammitiques de l'Hérault, classés par M. de Rouville dans le silurien supérieur et situés à Glanzy près de Vailhan.

Ces traces sont minuscules, et il a fallu la perspicacité de M. Bleicher pour les reconnaitre et les apprécier. Les figures 2 à 5, pl. V, les reproduisent sous un grossissement de trois fois le diamètre, et, malgré cette amplification, les organes en question n'alteignent encore qu'une faible étendue. Ces restes ont cela de commun que, sous l'influence peut-être d’une sédimentation purement détritique, ils semblent

formés de résidus noirätres, charbonneux au moins en apparence, se délachant nette-

ment par leur teinte foncée sur le fond gris enfumé des plaquettes. Les résidus cèdent assez facilement à l'attaque d’une pointe métallique et découvrent alors en dessous d'eux une légère dépression. — Je crois pouvoir distinguer en eux deux espèces.

La première, Palæochondrites fruticulosus Gœpp., pl. V, fig. 2, 3, pourrait bien avoir fait partie des ramifications latérales d’une plante construite comme l'Oldhamia antiqua (1) Forb., tellement elle s’en rapproche par la subdivision dichotome de ses ramules. La figure grossie, tracée par Schimper, ne diffère presque pas de la mienne, dont les partitions sont seulement moins élancées et plus nombreuses. Il m'a paru plus naturel de réunir cette espèce au Chondrites fruticulosus de Gœppert, qui provient de l’étage E du silurien de Bohème, à la hauteur de la faune troisième de M. Barrande, vers la base de l'étage bohémien de M. de Lapparent. L'étage bohémien étant superposé à l'étage armoricain du même auteur, dont le grès à Bilobites représente le niveau inférieur, et qui correspond à l'étage D et à la faune seconde de M. Barrande, on voit que le Palæochondrites fruticulosus a pu se rencontrer, à peu près sur le même horizon qu’en Bohème, dans la petite oasis silurienne du Languedoc, où ces divers étages se retrouvent à partir de la faune seconde. — En tout cas, les caractères étant absolument pareils, il m'est impossible de ne pas rejoindre l'espèce recueillie par M. Bleicher à celle dont M. Gæppert a figuré trois exemplaires dans son mémoire sur les flores silurienne, devonienne et carbonifère ancienne (2); seulement mes empreintes se rapprochent un peu plus de la variété subarticulatus de Gœppert, fig. 5, que de son type normal.

La seconde espèce, pl. V, fig. 4et5, recueillie par M. Bleicher dans le même gisement, me parait différente de l’autre, bien qu'elle rentre, selon moi, dans le même genre Palwochondrites. Elle diffère de la précédente par ses ramules anastomosés en réseau, de manière à former des mailles de diverses dimensions. Seulement, tandis que les ramules ou barreaux de la figure 4 sont tous soudés entre eux, ceux de la figure 5, qui se rapportent sans doute à la périphérie du thalle, se terminent librement, à ce qu’il semble, par des sommités dichotomes. On pourrait ètre tenté de ranger cette espèce parmi les Dictyonema (3) de Hisinger ; mais le réseau résulte, chez elle, d’une soudure irrégulière des filaments du thalle, tandis que chez les Dictyonema les filaments moniliformes se trouvent reliés entre eux par des appendices transverses d’une excessive ténuité. Ce sont là, quelle que soit d’ailleurs la véritable nature de ces Dictyonema, des traits de structure trop disparates pour justifier une réunion générique.

Je remarquerai seulement, en ce qui concerne les quatre empreintes du silurien

(1) Voy. Schimper, Handbuch d. Palæont., p. 60, fig. 45.

(2) Ueb. d. FI. d. silur. d. devon. und Unt. Kohlenform., p. 450, tab. 35, fig. 3,4 et 5.

(3) Les Dictyonema, de même que les Oldhamia, sont rangés parmi les Hydrozoaires, dans la classe des Célentérées par Nicholson, Man. of Palæont., 1, p. 161, fig. 52 et 53.

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de l'Hérault, qu'en dehors de la présence encore visible des résidus de substance végétale, l’état de fragments dans lequel elles se présentent s’accorderait bien peu,

de même que leur extrême ténuité, avec l'hypothèse qui verrait en elles de simples traces mécaniques d'animaux inférieurs.

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