Tyre pes Phymatoderma, BRaxer
Phymatoderma Terquemi, Sap., Vég. jur., I, p. 114, pl. 2, fig. 4-2. (Pr. VI, fig. 6.)
Voici un genre fondé par Brongniart, signalé par lui non seulement dans le jurassique, mais encore dans la craie moyenne, retrouvé par moi dans la craie de Bidard (1), caractéristique de plusieurs horizons, constamment associé aux Chondrites, ayant comme eux l'aspect d’une plante et le mode de ramification qui distingue les Algues; pourtant, M. Nathorst, dans son Mémoire, assimile sans hésitation les Phymatoderma à des traces de vers ou d’autres animaux. Les raisons qu'il invoque à l'appui de cette assertion donnent une idée trop juste de sa méthode pour que je m’abstienne de les énumérer. — Il s'appuie sur l'absence de tout résidu organique et sur cette circonstance que les exemplaires du lias de Wurtemberg ne sont pas couchés à plat entre les feuillets de la roche, mais qu'ils la traversent, occupant une situation soit verticale, soit oblique par rapportau plan de sédimentation. Ainsi de simples accidents de fossilisation se trouvent allégués comme autant de preuves décisives du système. M. Nathorst ne s'arrête qu'aux apparences, et il affirme ce qu'il avance sans rechercher si la nature et la consistance plus ou moins solide des anciens organes, combinées avec le mode de formation du dépôt, ne fourniraient pas une explication plus naturelle encore que la Sienne. Ilne recherche pas davantage quelles sortes de vers ou d'animaux auraient pu être capables de produire des traces semblables, si nettes, si bien terminées, si conformes, et par l’ordre de ramification et par les papilles verruqueuses qui les recouvrent, à ce que l’on observe dans une foule de plantes marines.
C’est là, selon moi, un abus de raisonnement qui ne saurait tenir devant les faits eux-mêmes. J'ai donc figuré une seconde fois le Phymatoderma Terquemi Sap., beaucoup plus pelit que le Ph. liasicum. Le Ph. Terquemi peuple les schistes noirâtres du lias moyen, zone à gryphées arquées, des environs de Metz ; il diffère notablement de l'espèce du lias supérieur par sa faible dimension; ilest cependant
(1) Paléont. de Biarritz, par le comte R. de Bouillé, p. 29-30, pl. 3, fig. 3-5.
cerlain que tous deux se rapportent au même genre. Les exemplaires ne sont plus érigés, mais « couchés » et souvent brisés ou réduits à de simples fragments épars à la surface des plaques. Le ?Aymatoderma liasicum lui-même est loin d’être constamment verlical ou oblique. Les compartiments verruqueux qui recouvrent les tiges de l’une et l’autre espèces sont parfois des plus nets; ils ont dù présenter une certaine saillie et rappellent incontestablement les appendices de formes très diverses qui hérissent le thalle de beaucoup de Caulerpées (Voy. pl. VI, fig. 9). J'ai choisi pour représenter le Ph. Terquemi un thalle ou fragment de thalle, terminé dans tous les sens; la figure 6°, pl. VI, le montre sous un grossissement de deux fois le diamètre et permet de saisir l'aspect etles dispositions des compartiments verruqueux ou écailles superficielles dont la présence caractérise ce type. On voit que les ramules, relativement épais et alternes, affectent la forme de cylindres coudés et oblus au sommet. On distingue aussi sur cet exemplaire un corps globuleux, attaché latéralement à l’un des rameaux et susceptible de s'en détacher. Plusieurs de ces corps parsèment isolément la superficie des plaques. Comment ces particularités pourraient-elles concorder avec la supposition qu’il s'agirait uniquement de traces de vers ou d’autres Invertébrés ? II me paraît absolument impossible de l’admettre.
5. — Type pu Phymatoderma cœlatum, Sar., Vég. jur., 1, p. 472, pl. 68, fig. 3.
(PL. VI fig. 7.)
Ce type fort curieux devra, à mon sens, être séparé de celui des PAymatoderma proprement dits et former un genre distinct, auquel on adjoindra probablement l’'Halymeniles minutus Hr., du jurassique de Ganei (Suisse) (1) et l'Halymenites lumbricoides du Flysch (2), qui présentent la même structure caractéristique. L'échantillon original du Phymatoderma cœlatum, recueilli par M. le professeur Marion dans l'étage oxfordien des environs d’Aix en Provence, consiste dans des moules creux de divers fragments, couchés en désordre à la surface d’une plaque de calcaire gris foncé, d’un grain très dur. Il s’agit donc de vides laissés dans la roche après la décomposition d’un corps marin dont la nature reste à déterminer. Les fragments une fois moulés, avec de l’argile plastique fortement pressée, se montrent tels que les reproduisent les figures 7 et 7° de la planche VI. Ils sont de longueur inégale, cylindriques, flexueux, presque toujours simples; l’un d’entre
(1) Voy. F1. foss. Helv., tab. 46, fig. 10-11. (2) Ibid., tab. 64, fig. 11-12.
CHONDRITÉES. 39
eux, cependant, nettement bifurqué, se divise en deux rameaux. Leur surface est toujours recouverte de compartiments affectant la forme de mamelons verruqueux, étroitement serrés, les uns ovoïdes, les autres sinueux et transversalement disposés, de manière à entourer ces corps d’un revêtement mamelonné que les figures grossies 7° et 7° rendent très exactement. Je ne crois pas qu'il soit possible d'invoquer ici l’action des Vers ni des autres Invertébrés comme explication de ce fourreau tout hérissé d'un assemblage d’élevures convexes accolées. Mais, si l’on consulte les Caulerpées actuelles, on observe une structure entièrement semblable dans le Caulerpa ericifolia Ag. (Lamx.), espèce rare de la Guadeloupe, dont les appendices caulinaires, d’abord peu saillants, se transforment par la suite en mamelons ovoides et convexes, qui prennent, sur les parties un peu anciennes, une apparence absolument semblable à celle qui caractérise le type fossile. Jusqu'à démonstration contraire, 1l est donc naturel de s’en tenir à une assimilation à laquelle on ne saurait opposer que des présomptions. La figure 8 de la planche VI reproduit un fragment grossi du thalle du Caulerpa ericifolia, observé dans l’herbier du Muséum de Paris. Ces sortes d’excroissances superficielles ne sont pas rares chez les Caulerpa; la figure 9, même planche, représente sous le même grossissement le Caulerpa mamillosa Mont., des iles Mascareignes, dont les exeroissances ont une forme plus pointue. Les paléophytologues, sans être pour cela à l'abri des erreurs, sont cependant excusables de s'arrêter à de pareils rapprochements, alors que Îles défenseurs du système opposé se laissent prendre à des apparences bien moins frappantes et s’en prévalent pour se croire autorisés à voir des traces d'animaux inférieurs dans les fossiles décrits comme des Algues par leurs prédécesseurs.
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