II. — LA CONGESTION PÉRILÉSIONNELLE (PAVIE ET LE TACON
Partant du fait que tout traumatisme pulmonaire et toute modification de la statique de cet organe (section de brides, création du pneumothorax, simple insufflation) déclenche des phénomènes congestifs dans le parenchyme et, en particulier, au voisinage des lésions, PAvIE et LE TAcox estiment qu’il existe des cas où « les phénomènes congestifs périlésionnels sont tellement intenses que la distension cavitaire apparaît directement sous leur dépendance. Dans les formes évolutives, la caverne devient vraiment « érectile », turgescente, comme armée par une congestion qui s'oppose à tout affaissement. »
Pour ces auteurs, ces « poussées évolutives » sont liées à deux causes : « dont l’une, accessoire, est l’exagération de la congestion lésionnelle par le traumatisme de l’intervention, La seconde, certainement prédominante — car
Pro
ces phénomènes s’observent parfois aussi bien après une création du pneumothorax sans adjonction d’aucune manœuvre endoscopique —, résulte du déséquilibre dans la statique pulmonaire qui suit le détachement du poumon de la paroi ».
« La torsion, la traction ou la compression du pédicule vasculaire du lobe malade peuvent être invoquées comme le point de départ de ces accidents; mais cette interprétation paraît dépasser la réalité pour la plupart des faits que, d’ailleurs, les modifications de posture du malade n’influencent guère. Par contre, une stase réflexe aiguë, consécutive à la chute du lobe malade, semble très admissible. »
L’expérimentation a montré que le poumon collabé était bien le siège de poussées congestives (réaction d’assombrissement) dues à l’exagération de l’inflammation périfocale et à la stase veineuse; ceci en rapport avec la réflectivité propre du poumon collabé et le traumatisme (création du pneumothorax, section de brides, etc.).
Aussi, il n’est pas douteux que des phénomènes congestifs aigus périlésionnels soient non seulement une cause d’agrandissement momentané de la lésion après section de brides, par une sorte de «coup de fouet» donné au dynamisme évolutif de la lésion, mais encore à l’origine d’un processus d’arrêt dans la rétraction créant ainsi une « inertie de rétraction » momentanée, que nous avions déjà évoquée au chapitre de l’inertie rétractile.
Toutefois, cette hypothèse ne peut expliquer la poursuite de l’agrandissement cavitaire au delà des suites immédiates de la libération des adhérences.
Cependant, ROBERJOT, dans sa thèse, note que dans certains cas «nous avons affaire à des lésions qui se trouvent dans un état d'équilibre évolutif instable, et la moindre chose peut les déplacer de la position d'équilibre. La mise au repos de telles lésions est particulièrement nécessaire pour leur permettre de régresser. La section
rép e
irait donc à l’encontre de ce repos et ferait pencher la balance en faveur de l’évolution. Mais ceci n’est qu’une hypothèse que les faits constatés jusqu’à ce jour ne nous permettent pas de confirmer. »
Il est un fait qui semble néanmoins détruire l’hypothèse de la congestion périlésionnelle génératrice de persistance et d’accroissement cavitaire : c’est l’irritation pleurale (anciennement dénommée : pleurésie provoquée).
En effet, cette méthode a pour but de créer des phénomènes congestifs, en particulier périlésionnels, se traduisant radiologiquement par une réaction d’assombrissement, prélude de la rétraction élective.
Aussi, il est difficile d'admettre que les mêmes phénomènes soient tantôt bienfaisants (pneumothorax efficace, pleurésie provoquée), tantôt générateurs d’accidents.
En fait, ces phénomènes congestifs périlésionnels ne constituent pas toujours un engoûment alvéolaire banal, mais souvent un processus tuberculeux. L’expérimentation a permis à NEEL de montrer que les réactions inflammatoires périlésionnelles étaient non seulement déterminées par des phénomènes circulatoires, mais aussi par un ensemencement périlésionnel plus ou moins important dû à l'expression bronchique résultant de laffaissement du foyer. En effet, les produits à éliminer ne s’extériorisent pas entièrement et une certaine partie peut refluer dans l’atmosphère périlésionnelle. « Toute passagère qu’elle soit, dit-il, cette dissémination de produits bacillaires suffit à étendre momentanément le processus infectieux, que l'entretien ultérieur du pneumothorax maîtrisera d’ailleurs généralement vite. »
Toutefois, dans les cas graves ou très évolutifs, cela peut être à l’origine d’évolutions de moignon plus ou moins sévères.
BaRIÉTY et PAILLAS, au cours de leur « Etude anatomique d’une caverne ballonnée et perforée», mentionnent, à l'examen histologique : «Paroi de la perforation. Elle