II — LA « BRONCHE DE DRAINAGE
BARIÉTY et PaiLLas signalent que « toutes les fois que la caverne s’est ballonnée après l'institution du pneumothorax ou après section de brides, la bronche de drainage avait été nettement visible sur le cliché initial. Or, une bronche de drainage n’est radiologiquement visible que lorsque ses parois sont pathologiques. »
Par ailleurs, sur 3.000 dossiers dépouillés, ces auteurs ont découvert 30 cas de bronche de drainage visible sur le cliché initial. 25 pneumothorax furent tentés et donnèrent le décompte suivant :
17 échecs immédiats (décollement impossible ou controélectif) ;
7 ballonnements ou perforations;
1 pneumothorax sans complication.
« Les échecs du pneumothorax correspondent, dans 62 % des cas, aux cavernes « frangées » entourées d’une zone opaque homogène... Il n’existe aucun rapport entre l’existence d’une bronche de drainage radiologiquement visible
et la taille de la cavité. Le volume de la caverne est souvent peu important. Autour d'elle, il n'existe souvent aucune anomalie dans la transparence pulmonaire. Parfois, cependant, la zone péricavitaire est uniformément opaque, comme huilée, soit que l'opacité atteigne la paroi thoracique, soit qu'elle reste limitée au contact de la caverne en envoyant des prolongements en forme de franges dans le parenchyme, »
Or, les cavernes <« frangées », souvent très sécrétantes, correspondent fréquemment à des atteintes fébriles et congestives. Elles font partie de ces lésions « chaudes » évolutives, qui sont une mauvaise indication de collapsothérapie d'emblée (thoracoplastie, pneumothorax intra ou extra-pleural).
Est-ce à dire que les échecs ou les accidents de la collapsothérapie doivent être mis au compte de l'atteinte de la bronche de drainage ?
Depuis les travaux d'AMEUILLE et de ses élèves, nous connaissons la fréquence des altérations des bronches dites de drainage et la sévérité de l'atteinte allant parfois jusqu'à la caséification de la paroi avec destruction des muscles et des cartilages sur une longueur appréciable.
BErNou et ses élèves ont insisté sur la chose à propos de leur remarquable spéléotomie.
En regard de la fréquence des bronches de drainage tuberculeuses, les cavernes rebelles sont trop rares pour que l'on puisse invoquer une relation de cause à effet:
D'ailleurs, MAGNIN, LE TACOoN, HANISCH et FERROLDI mentionnent que six fois «le contrôle tomographique de la collapsothérapie affirmait la disparition cavitaire alors que l'expectoration contenait régulièrement où épisodiquement des bacilles de Kocu ». Or, l'exploration lipiodolée révéla la persistance de dilatations au niveau des « bronches précédemment tributaires des lésions ulcéreuses ».
La collapsothérapie avait donc été efficace sur la caverne.
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