I. — CAS NON TRAITÉS PAR MÉTHODE ADJUVANTE AU PNEUMOTHORAX : 17 CAS
Nous avons rencontré un certain nombre d’observations de cavernes rebelles au pneumothorax, où aucune méthode adjuvante ne fut mise en œuvre.
Cela pour diverses raisons :
a) Atteintes trop graves : 7 observations concernent des malades gravement touchés chez lesquels les lésions continuent d'évoluer malgré le pneumothorax. Il s’agit, en réalité d’atteintes diffuses, type « nids d’abeille », ou polyexcavées.
En voici un exemple
M. C.. (Louis) (S.E,, 1501).
Novembre 1941. — Début progressif subaigu; atteinte bilatérale très importante.
Mars 1942. — Création d’un pneumothorax gauche; section de brides totale en mai. Evolution défavorable sous pneumothorax. |
Juillet 1942. — Evolution droite. Création d’un pneumothorax total d'emblée. Evolution défavorable sous pneumothorax.
8 septembre 1942. —— Entre au Sanatorium des Etudiants; état général médiocre, température à 38°5.
Radiographie. — A droite : pneumothorax total. Condensations floues peu homogènes de la partie moyenne.
À gauche : pneumothorax total, aspect en « nids d’abeille » des deux tiers inférieurs avec plusieurs images claires.
Evolution bilatérale. Abandon du pneumothorax gauche, apparition d’une tuberculose laryngée. Aggravation progressive. Décès en décembre 1942.
b) Observations antérieures à 1936 : 2 observations.
La méthode d’irritation pleurale (pleurésie provoquée) n’était pas encore appliquée au Sanatorium des Etudiants de France.
Dans un cas (caverne inerte), le pneumothorax fut insufflé à une pression voisine de zéro et cela coïncida avec une fermeture lente, mais progressive, de la caverne (1).
Dans le deuxième cas (caverne grandissante), le pneumothorax fut abandonné au bénéfice d’une phrénicectomie qui se révéla, d’ailleurs, efficace.
c) Apparition d’une pleurésie spontanée avant mise en œuvre d'une méthode adjuvante au pneumothorax 2 observations.
Dans un cas, la caverne se ferma spontanément sous la poussée liquidienne.
Dans l’autre (atteinte étendue bilatérale), la maladie continua son évolution et se termina par un exitus.
(1) En fait, les insufflations en pressions positives, préconisées à l’époque comme traitement des cavernes inertes, ont été rapidement abandonnées au profit de méthodes plus rationnelles et mieux « dosables », comme l’irritation intrapleurale.
HO d) Caverne soufflée (vraisemblable) : 1 observation.
M''° D... (Yvonne) (S. E., 865).
Eté 1937. — Début progressif. Radiographie (novembre) atteinte excavée du sommet gauche.
28 janvier 1938. —— Entre au Sanatorium des Etudiants. Etat général satisfaisant; température : 37°4; expectoration : 0; B.K. +.
Radiographie. — A droite : image normale.
A gauche : large ulcération (5 cm.) sous-claviculaire externe entourée de quelques condensations et reliée au hile par des travées; quelques condensations paracardiaques.
1 février 1938. — Création d’un pneumothorax avec nombreuses adhérences apicales. Par la suite, des clichés successifs montrent, dans le sommet du moignon, la persistance de condensations avec une petite zone plus claire correspondant vraisemblablement à la caverne très rétractée.
16 juin 1938. — Section de brides partielle; toux assez fréquente; la caverne reprend des dimensions presque aussi importantes que celles qu’elle avait avant la création du pneumothorax.
12 août 1938. — Section de brides (deuxième temps). Il reste une adhérence apicale interne.
Après la section, les deux tiers inférieurs du poumon sont très rétractés et plaqués contre le médiastin. Le sommet du moignon, encore suspendu à la partie haute du médiastin, est, lui aussi rétracté tout autour de la caverne qui reste béante, celle-ci donnant l’impression d’être entourée d’un large halo dense et de faire hernie dans la cavité pleurale.
Dans les jours qui suivent, le moignon se réaère partiellement, mais la caverne grandit légèrement.
1® septembre 1938. — Section de brides (troisième temps). Pneumothorax subtotal, le sommet du moignon est bien collabé, mais la caverne grandit encore un peu et l’on se décide à abandonner le pneumothorax.
Le poumon revient à la paroi sans incident et la caverne augmente encore un peu de volume.
26 octobre 1938. — Phrénicectomie gauche. Par la suite, rétraction progressive de la caverne. Nettoyage subtotal,