I. — LA PARALYSIE DIAPHRAGMATIQUE
Il est bien difficile de discuter de son action lorsqu'elle est employée à titre auxiliaire d’un pneumothorax équililbré.
Dans les six cas où elle fut employée à titre autonome, cette méthode a donné quatre succès et deux échecs. Dans cinq cas, il s’agissait de pneumothorax total (quatre succès, un échec). L’autre échec correspond à un pneumothorax incomplet avec symphyse diaphragmatique. Or, la phrénicectomie fut suivie de la disparition de deux cavernes de la base, alors que la caverne du sommet, harmonieusement collabée, persistait inerte.
Ce n’est donc pas parce que le décollement était insufisant que la paralysie diaphragmatique a agi.
Etait-ce par augmentation du collapsus (élimination des mouvements de pompe diaphragmatique) ou par cette action biologique souvent controversée, parfois même niée ? Il est impossible de répondre. Il serait intéressant de comparer une série de résultats obtenus par paralysie phrénique pratiquée pour caverne rebelle à titre auxiliaire d’un pneumothorax total, avec une série de pneumopéritoines institués pour indications semblables, bien que certains prêtent au pneumo-péritoine une action neurovégétative.
On doit cependant souligner l’aide réelle que peut appor-
ter la paralysie phrénique au pneumothorax dans les cas de cavernes rebelles.
Les inconvénients sont ceux de la méthode en général :
Possibilité de troubles abdominaux et cardio-circulatoires;
— Lourde hypothèque sur la fonction respiratoire, dans les cas d’arrachement;
-— Incertitude quant à la récupération de la fonction respiratoire du diaphragme dans les écrasements et les alcoolisations;
-— Danger des remaniements causés par l’alcoolisation lors d'une intervention ultérieure au même niveau.
En fait, le problème doit être considéré dans chaque cas particulier. L’éventualité (en cas d'échec) d’une exérèse ultérieure, totale ou lobaire inférieure, par exemple, peut justifier la paralysie diaphragmatique.
A notre avis, on peut considérer que la méthode conserve quelques indications, soit d'emblée, soit en second lieu après échec d’autres thérapeutiques adjuvantes au pneumothorax. Nous verrons, en effet, dans un autre chapitre, que là où une méthode complémentaire du pneumothorax a échoué, une autre méthode peut fort bien réussir.