‹ A Propos Des Cavernes Rebelles Au Pneumothorax: Hypothèses Pathogénéniques Résultats ThérapeutiquesChapitre 58 sur 72 · III. — IRRITATION PLEURALE · texte numérisé non relu

III. — IRRITATION PLEURALE

A titre strictement autonome, la méthode a donné, sur 16 séries : 11 succès et 5 échecs, dont une complication.

L’un des échecs concernait le cas d’un malade gravement atteint, dont l’état général était très altéré.

Une autre observation, comptée comme échec avec complication, relate l’histoire d’une malade pour qui lirritation avait jugulé un accroissement cavitaire avec rétraction très importante de la caverne. La malade fut autorisée bientôt à se lever pour aller prendre ses repas à la salle à manger. Coïncidence ! La caverne se réagrandit en même temps qu’apparaissait une coupole de liquide.

Une cure stricte permit une nouvelle rétraction de la caverne et sa disparition.

Ainsi, 5 échecs, dont une complication, sur un total de 16 cas, représentent les résultats de la méthode considérée avec sévérité. :

Si l’on pouvait parler de pourcentage dans une si petite série, nous accorderions donc 68 % de succès à cette méthode, l’idéal étant représenté par le magnifique pourcentage de 75 à 80 % de succès obtenus par P. LEFÈVRE sur 90 cas (quatorze ans d’observation).

« Ce qui a déconsidéré, dit-il, dans l'esprit de plusieurs lirritation intrapleurale, c’est qu’elle a été parfois appliquée sans discernement et sans qu’on en comprenne bien le mode d'action, sur lequel nous avions insisté jadis avec PaviE et RossiGNoz : qu’elle soit de nature chimique, physique, traumatique ou autre, elle provoque un réflexe congestif de nature vasculaire. Cette congestion réflexe est le point de départ, si elle est dosée convenablement, de remaniements favorables des lésions tuberculeuses. »

En fait, l’irritation pleurale doit être considérée comme une « électivation provoquée » : la comparaison entre les

travaux expérimentaux de RossiGNoL et de NEEL est éloquente à ce sujet.

Parfois, on voit apparaître une minime quantité de liquide dans le cul-de-sac. LEFÈVRE et PELTIER précisent qu’il s’agit là d’ « un phénomène secondaire et qui demeure accessoire tant que l’irritation réflexe reste dans les limites convenables : il est constitué par un petit transsudat passager à éosinophiles, qui est un phénomène analogue à l’épanchement idiopathique du pneumothorax consécutif à une insufflation un peu copieuse ».

Quant à l’épanchement important, il est très rare lorsqu'on utilise la méthode avec prudence et qu’on en respecte les contre-indications.

Il a été également signalé des évolutions contro-latérales. La plupart étaient dues à des irritations intempestives, les autres correspondaient au fait que la méthode était souvent appliquée la main forcée, dans des atteintes bilatérales instables, évolutives à l’époque où il n’était pas possible de « refroidir » les lésions avant l'institution du collapsus. Les antibiotiques ont éliminé cette dernière possibilité de complication.

Enfin, on assiste parfois, dans les mois qui suivent le traitement, à l’apparition d’une symphyse progressive qui se développe insidieusement le long du médiastin et aboutit, à plus ou moins longue échéance, à la perte du pneumothorax. Certes, ceci constitue l’inconvénient réel de la méthode, mais il faut reconnaître qu’il n’est pas fréquent et qu’au pis aller, il vaut mieux courir le risque de perdre un pneumothorax qui a été finalement efficace (70 à 80 %

de succès).

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