‹ A Propos Des Cavernes Rebelles Au Pneumothorax: Hypothèses Pathogénéniques Résultats ThérapeutiquesChapitre 9 sur 72 · AGE · texte numérisé non relu

AGE

Les moyens de combattre l’inertie pulmonaire au cours du pneumothorax firent l’objet, en 1934, d’une communication de RouGy.

En 1935, DuMmaREsT et BRETTE émirent la première hypothèse tendant à expliquer l’agrandissement rapide de certaines cavernes sous pneumothorax, que l’on appelait alors le « soufflage cavitaire ».

Tandis que DUMAREST et BRETTE n’avaient décrit qu’un des modes de formation de la soupape (coudure par bascule du lobe supérieur), d’autres auteurs, notamment CoRYLLOS ; SALKIN, CADDEN et MAC INDOE; JAQUEROD développèrent, en 1936, une théorie tendant à déterminer toutes les causes pouvant donner naissance à diverses variétés de soupapes au niveau de la bronche de drainage de la caverne.

En 1936, BERNOU et VIvanT rejetèrent la théorie de la soupape comme trop mécanique et envisagèrent la distension de la caverne par la réaction inflammatoire de la paroi. ;

En 1937, JacoB et M''e SuLZER montrèrent, sur la table d’autopsie, la coexistence d’un soufflage cavitaire et d’une bronche perméable uniquement dans le sens bronchecaverne, la perforation étant survenue par déchirure large dix-huit jours après une section d’adhérences.

À la même époque, G. RossiGNoL codifia la méthode des pleurésies provoquées complémentaires du pneumothorax thérapeutique. Cette méthode, mieux connue sous le nom d’«irritation pleurale », était destinée à combattre — suivant l’expression de son maître PAVIE — « cette petite troupe rebelle de lésions cavitaires incrustées, inertes ou lentement progressives ».

En 1938, Pavie et LE TaAcoN admirent l'hypothèse des phénomènes congestifs périlésionnels, sans rejeter la théorie de la soupape lancée par. DUMAREST.

En 1940, N£EL mit en relief la congestion de toute la région qui entoure la caverne lors d’un traumatisme opé-

ratoire tel que la création du pneumothorax ou la section des brides. Il signala, en outre, le « potentiel évolutif des lésions» et «les graves perturbations inflammatoires qu’imprime la tuberculose aux régions qu’elle a envahies ».

Dès lors, il était apparu que le concept de la soupape ne pouvait, à lui seul, rendre compte de tous les faits observés. Désormais, l’on va s’attacher à donner une place plus large aux phénomènes inflammatoires et vaso-moteurs ayant leur siège dans le parenchyme péricavitaire.

D’autre part, les apports de la bronchoscopie orientèrent la question vers la tuberculose bronchique associée à la tuberculose cavitaire. TROISIER et CHADOURNE en 1940, HiNaULT et BourpiN en 1942 publièrent d’intéressants travaux à ce sujet.

En 1941, la broncho-aspiration de LEMOINE sembla apporter une nouvelle contribution à l'étude de la physiopathologie du problème.

Tandis que le cadre des distensions cavitaires s’élargissait, le nom de « caverne soufflée », qui préjugeait d’une façon un peu trop indiscrète de sa pathogénie, se transformait en « caverne ronde », en « caverne ballonnée »., en « caverne ballonnisée » et, dirons-nous, en « caverne grandissante ».

En 1943, BARIÉTY et PaiLLas considèrent que la pathogénie des cavernes ballonnées «ne peut se réduire au mécanisme simpliste de la soupape». Le ballonnement cavitaire, disent-ils, semble commandé — au moins dans un grand nombre de cas — par la lésion tuberculeuse elle-même. En 1944, au cours d’une autopsie tendant à la vérification de cette hypothèse, ces auteurs prouvèrent, en effet, l’existence de lésions tuberculeuses évolutives dans le tissu péricavitaire d’une caverne ballonnée et perforée.

En 1945, BRAILLON imagina de faire agir sur le plexus nerveux pulmonaire « un excitant énergique, inoffensif et facile à doser : le courant faradique », afin de traiter les cavernes persistantes ou grandissantes sous pneumothorax.

Page 1