‹ A propos du Diagnostic et du Traitement des Angiomes des os longs des membresChapitre 16 sur 29 · DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL

Le diagnostic différentiel des angiomes des os longs des membres se pose à vrai dire d'une manière très variable suivant les associations symptomatiques cliniques et radiologiques.

1° Diagnostic différentiel clinique.

Classiquement, l’évolution très lente des angiomes, leur développement insidieux et régulier, leur absence de métastases les font classer parmi les tumeurs bénignes des os. Mais nous avons vu que les angiomes des os longs ne. présentent pas de signes cliniques particuliers pouvant les distinguer des autres tumeurs osseuses bénignes, telles que tumeurs à myéloplaxes, chondromes, kystes des os qui siègent le plus fréquemment sur les os longs des membres.

La pulsatilité — présente dans notre observation — ne se retrouve guère que dans les tumeurs à myéloplaxes. Encore signale-t-on à propos de ces dernières, { que la pulsatilité est un caractère secondaire qui traduit une dégénérescence ou une évolution télangiectasique de la tumeur ». Le symptôme est donc tardif et accessoire. La pulsatilité, signe de tumeur richement vascularisée, n'est donc pas un signe propre à distinguer l’angiome.

Le contenu sanguin de la tumeur, la pulsatilité, évoquent l’anévrisme et expliquent les anciennes dénominations tumeur sanguine, fongus, hématode, anévrisme osseux,

Dans notre observation, la seule histoire clinique tumeur d'évolution rapide, douloureuse, chaude, avec circulation collatérale, faisait plutôt penser à un processus malin et avait aiguillé tout d’abord le diagnostic dans le sens d’un ostéosarcome. Bucy et CAPP avaient déjà signalé un angiome du cubitus se développant sur un mode aigu et l'avaient considéré comme une tumeur maligne. Dans le cas d'angiome de l’humérus rapporté par BOURGUET, on avait porté le diagnostic pré-opératoire d’ostéosarcome et on était allé jusqu’à pratiquer une désarticulation de l'épaule.

À un stade avancé, le diagnostic clinique de tumeur maligne est en général relativement facile en raison du volume souvent considérable de la tumeur, de son évolution extrémement rapide et envahissante, avec des métastases fréquentes. Mais au début, lorsque la masse est moins volumineuse, le diagnostic est beaucoup plus difficile. La tumeur maligne se développant à l’intérieur de l'os souffle la corticale et l’amincit progressivement : on sent alors parfois à la palpation la « crépitation parcheminée », mais même cette dépressibilité de la coque osseuse amincie peut aussi se rencontrer dans l’angiome comme dans le cas rapporté par HITZROT, ce qui évidemment complique encore le diagnostic.

Nous trouvons donc là encore la chnique en défaut pour permettre d'individualiser des symptômes propres à l’angiome des os longs des membres.

2° Diagnostic différentiel radiologique.

Etant donné la rareté des angiomes des os longs des membres, le nombre de comptes rendus radiographiques que nous avons pu consulter est très réduit. Cependant, nous avons pu relever quelques traits communs à leur aspect radiologique : plages de décalcification partagées d'un réseau de trabéculations osseuses formant des sortes de logettes de dimensions variables, corticale fréquemment érodée, périoste intact. Mais cette description n'offre rien d'absolument caractéristique et de fait on ne relève pas

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dans la littérature de diagnostic radiographique évident, les cas rapportés ayant tous prêté à des erreurs de diagnostic.

Nous devons donc envisager quelles sont les formations pathologiques pouvant se produire au niveau des os longs des membres et dont l'aspect radiographique présente des analogies avec la description que nous venons de donner.

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