‹ A propos du Diagnostic et du Traitement des Angiomes des os longs des membresChapitre 22 sur 29 · FR AGE · texte numérisé non relu

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IL. — Il s'agit donc d'une tumeur osseuse, est-elle maligne ?

Le diagnostic différentiel est ici plus délicat : en effet, nous avions noté dans notre observation, lors de l'interprétation du cliché standard de novembre 1951, un amincissement et une érosion de la corticale de la partie externe de la diaphyse humérale. On ne voyait pas d’invasion des parties molles, quoique cliniquement cette tumeur battait, qu'on la sentait juste sous les doigts, chaude, expansive. On notait à ce niveau des petites excroissances en « coups d'ongles » qui avaient fait penser à des éperons périostés caractéristiques d'un ostéosarcome au début. Dans la tumeur maligne, ce stade de périostose laisse rapidement place à des travées fines, implantées perpendiculairement à l'os, en flammèches, en « feu d’ herbes » alors typiques de l ne

En outre, l'aspect lacunaire géodique intra-osseux et marginal évoquait le sarcome au début présentant une ou plusieurs aires transparentes, irrégulières, sans limites précises, allant de l'intérieur vers l'extérieur : le cortex est alors dans le sarcome légèrement « soufflé », Ja destruction périostée ne dépasse pas l’image décrite.

Il est évident que ce tableau évoquait le sarcome ostéogénique dans sa forme ostéolytique pure. Le traitement. radiothérapique institué a joué le rôle de test : 1l y a eu après 7.000 rœntgen un stoppage du processus, ce qu'on voit dans le sarcome.

Bucy et CaPpP soulignaient déjà, à propos d’un angiome du cubitus apparu sur un mode aigu et douloureux, que le diagnostic d’angiome des os longs des membres peut être difficile avec le sarcome ostéogénique à sa phase initiale.

Dans l'observation d’un angiome de l’humérus rapporté dans la thèse de BOURGUET, on avait porté le diagnostic d’ostéosarcome et fait une désarticulation de l'épaule.

C'est donc, dans notre observation, l'artériographie qui a fait le diagnostic.

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L'artériographie dans le diagnostic différentiel des angiomes des os longs.

Devant l'imprécision des données cliniques et radiologiques pour le diagnostic pur d’angiome des os, devant les dangers d’hémorragie que présente la biopsie, nous voyons l'intérêt capital de l’artériographie qui, dans notre observation, grâce à la netteté des images radiologiques obtenues, nous a permis de poser un diagnostic certain d'angiome. |

Sans beaucoup d'intérêt dans les affections inflammatoires et les dystrophies osseuses, l’artériographie permet de reconnaître la malignité ou la bénignité d’une tumeur et n'a pas les dangers de dissémination de la biopsie.

L'artériographie est donc d’un grand secours dans l'établissement du diagnostic différentiel, elle donne des renseignements utiles dans le sarcome. Les tumeurs malignes ont une vascularisation très particulière, bien mise en évidence par REYNALDO Dos SANTOS qui en a montré tout l'intérêt diagnostique.

Les tumeurs malignes sont caractérisées par une prolifération vasculaire extrêmement importante, à prédominance périphérique, constituée par de nombreux vaisseaux néoformés. L'artère nourricière des néoplasmes est d’un. calibre souvent considérable, la circulation y est très rapide, la tumeur est sillonnée de très nombreuses artérioles, dont la disposition est très irrégulière, très variable. tantôt véritable chevelu, tantôt lacis plexiforme, le plus souvent anarchique (fig. 6).

L'artériographie permet de préciser non seulement la distribution anatomique des vaisseaux, mais aussi l’état fonctionnel et l’activité de la circulation périphérique. Dans les tumeurs malignes, on a un passage très rapide du système artériel au système veineux. Cette accélération du passage artério-veineux est localisée à la région de la tumeur la circulation veineuse restant normale au niveau des autres parties du membre.

Fic. 6

Artériographie pour ostéosarcome du fémur.

(Service de Clinique d’Flectroradiologie

du P' RepouL.)

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L’artériographie que nous avons pratiquée chez notre malade nous a donné les principaux signes radiologiques déjà décrits : gros troncs vasculaires naissant de l’humérale et continuant leur trajet intra-osseux, circulation capillaire peu importante, pratiquement pas de circulation périphérique qui, dans les tumeurs malignes, donne l'aspect de fin chevelu. En outre, on notait un passage anormal et facile du système artériel au système veineux ; c’est encore là un signe que nous retrouvons dans les tumeurs malignes, mais dans l'angiome 1il existe de véritables communications artério-veineuses. Dans les angiomes des parties molles tous les intermédiaires se voient depuis l’angiome caverneux jusqu à l’anévrisme cirsoïde.

Bref, nous avions là tous les signes évocateurs d’une tumeur vasculaire et ainsi abandonnant l’idée d'un processus malin, l'artériographie nous a permis de porter un diagnostic d'angiome de la diaphyse humérale.

Plus rarement le chondro-sarcome centro-osseux primitif ou secondaire peut prêter à confusion avec l’angiome. Il donne en effet, à la radiographie, l'aspect d’une ostéoporose plus ou moins étendue, à contours polycycliques. Mais la rupture corticale est constante et, plus tard, on a une ossification des parties molles.

Le sarcome d'Ewing en réticulo-endothéliosarcome ne doit pas être omis de cette étude, non pas dans sa forme classique. diamétaphysaire des os longs avec aspect en « bulbe d’oignon » typique, mais dans sa forme avec grosse décalcification et images lacunaires avec érosion du cortex (image d’éclatement diaphysaire et image très discrète

en « feu d’ herbes »),

Denon de plasmocytome au oo one donne un aspect radiologique de géode quelquefois finement réticulée, sans réaction périostée. Ce sont là des diagnostics délicats, surtout de biopsie.

Le myélome donne un aspect de géodes, mais il n'est pas à envisager ici, étant donné la diffusion des lésions à une

grande partie du squelette, avec une topographie caractéristique atteignant surtout les os plats (crâne, côtes, sternum, bassin). |

Enfin, on pourra aussi penser à la possibilité d’une tumeur maligne secondaire, le plus souvent métastase d'un cancer épithélial ou glandulaire. Elle donne un aspect radiologique de raréfaction osseuse marginale, plus ou moins pommelée, avec des lacunes arrondies ou elliptiques à bords estompés, à fond homogène, empiétant sur la lame compacte de l'os.

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