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III. — C'est une tumeur bénigne, sa nature

Parmi les tumeurs bénignes pouvant siéger sur les os longs des membres, nous ne ferons que mentionner pour mémoire les fibromes, lipomes, myxomes, qui sont véritablement exceptionnels.

Le chondrome, par contre, est la plus fréquente des tumeurs bénignes du squelette. On rencontre les chondromes dans deux conditions également fréquentes associés à des exostoses ostéogéniques ou sans relation avec la maladie exostosante. Dans le premier cas, ils sont d'ordinaire multiples, se traduisant par des aréoles claires avec des nodules calcifiés associés à des hyperostoses greffées sur le cartilage d’accroissement dont ils dérivent, autant de signes qui n'existent pas dans l’angiome et rendent les erreurs de diagnostic plus difficiles. Mais les chondromes isolés, sans rapport avec la maladie exostosante, ont une image radiologique encore marquée par un aspect lacunaire diamétaphysaire, sans condensation osseuse, aspect assez voisin de celui des angiomes. |

Le diagnostic de chondrome avait été évoqué par HiTzRoT dans son observation d’un angiome de l'humérus.

C'est surtout la tumeur à myéloplaxes qui pourra prêter à confusion avec l’angiome, c’est le diagnostic qui avait été porté par GESCHICKTER et MASERITZ À propos d'un angiome de l’humérus, de même que par FIENBERG et BAEHR à propos d’un angiome du tibia. En effet, à première

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vue, l'aspect radiologique d’un angiome des os longs des membres est celui d’une tumeur loculée et rappelle plutôt : des, images de kyste multiloculaire ou de tumeur à myéloplaxes.

La tumeur à myéloplaxes siège fréquemment sur les os longs des membres et donne à la radiographie un aspect caractéristique : cavité osseuse soufflant l’os, amincissant la corticale sans la détruire et subdivisée en de nombreuses alvéoles par des cloisons osseuses.

Mais des comparaisons soigneuses montrent que dans l'angiome les logettes sont plus petites et présentent de nombreuses et fines trabéculations osseuses. De plus, la tumeur, comme dans notre observation, peut s ‘étendre à la cavité médullaire et envahir une grande partie de la diaphyse, alors que la tumeur à myéloplaxes affecte de préférence les épiphyses et reste très limitée du côté de la diaphyse. |

Dans les tumeurs à myéloplaxes, l'artériographie montre une prolifération artérielle intense, en principe signe de malignité, mais qui coexiste — fait important —— àävec une vitesse normale de passage en système veineux, alors que dans l’angiome nous avons noté une communication anormale entre artères et veines, réalisant de véritables anévrismes artério-veineux. C'est ainsi que l’artériographie nous a permis, dans notre observation, de poser le diagnostic pré-opératoire d'angiome de la diaphyse humérale.

3° Diagnostic différentiel anatomo-pathologique

SABRAZÈS disait : (« Le diagnostic d'angiome osseux est un diagnostic opératoire et anatomo-pathologique » ; mais aujourd'hui, grâce aux données précises qui nous sont fournies par l’artériographie, nous avons pu, dans notre cas, faire du diagnostic d’angiome osseux un diagnostic préopératoire.

Au point de vue anatomo-pathologique, on peut d'emblée éliminer les tumeurs malignes par l'absence conjuguée de mitoses cellulaires atypiques et de cellules sarcomateuses

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