MISE
C’est la 9e ou la 10€ côte qui sont ainsi le plus fréquemment. reséquées.
Le mode de l’incision est intéressant à préciser. Presque
toujours on lui donne une direction trop voisine de l’ho—
rizontale ; d'autant que le jeu des fibres élastiques de la peau, après section, tend encore à la redresser et à détruire: ‘ Je parallélisme entre l’ouverture cutanée et la côte. Les côtes: basses sont, dans la majorité des cas, plus proches de la verticale que de l’horizontale. Lorsqu’au cours d’une autopsie on examine la face profonde de la cavité thoracique, le fait est très remarquable. Sans doute l’affaissement cadavérique intervient-il; mais certainement peu, car le refoulement à force de la face profonde du thorax, qui aboutit à lui donner son diamètre transverse maximum, ne modifie pas sensiblement la position des dernières côtes. Nous insistons au passage sur ce détail anatomique parce qu'il nous servira tout à l’heure à étayer une opinion sur les contre-incisions déclives. En effet, le parallélisme entre l’incision cutanée et la côte n’a en lui-même qu’un médiocre intérêt, et si nous avons fait remarquer que la section cutanée est souvent trop proche de l'horizontale, c’est parce qu’il en résulte un inconvénient pour le drainage. Souvent dans ces conditions nous avons vu la lèvre inférieure de l’incision venir constituer la paroi superficielle d’une petite auge ouverte vers le haut, dans laquelle le pus stagne sous le drain. La conséquence de ce fait peut être une durée excessive de la suppuration des plans pariétaux. Il constitue d'autre part un danger d’ostéite de la tranche inférieure de section costale qui, précisément, est au fond de cette dépression. Cet inconvénient est supprimé par
LS (7e
une incision très proche de la verticale. Le pus s'écoule sans obstacle par la commissure inférieure de la plaie, sur laquelle s’appuie directement le drain.
De plus cette pratique nous paraît comporter un autre avantage. Si l’on incise la lame musculaire superficielle au plan intercostal sur la même ligne verticale, on constate dans les jours qui suivent, au cours des pansements, que les lèvres de section musculaire se dépriment vers la profondeur et vont, d’elles-mêmes, recouvrir les tranches de section osseuse. Ainsi se trouve obtenu, sans frais, la protection que quelques chirurgiens recherchent en encapuchonnant les tranches costales sous une petite suture musculo-aponévrotique en bourse.
Après résection de la côte, on ponctionne prudemment la plèvre pariétale. Une sonde canelée, puis une pince agrandissent l’orifice de ponction. Le pus s'écoule lentement. Il faut alors agir avec patience ; un paquet de compresses est appliqué sur la plaie, prêt à la bloquer par un appui soutenu si un accès de toux survient. On laisse la plèvre s’évacuer, à débit modéré, d’une grande partie de son contenu. L'important est d'éviter l’irruption brusque d’air dans la cavité pleurale, dont la conséquence est parfois le déclenchement de quintes de toux incoercibles, accompagnées de cyanose et d'angoisse, très fatigantes pour l’opéré.
On agrandit ensuite l’orifice au doigt et aux ciseaux, en prenant les mêmes précautions. Lorsque l’ouverture large de la plèvre a été réalisée, on demande au malade quelques inspirations lentes et profondes, toujours sous réserve qu'elles ne déclenchent pas la toux. On peut aussi le faire