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Si on attaque sans résection un espace intercostal, comme dans le procédé de Grégoire, on diminue peut être l’importance du shock, on crée sans doute une étanchéité meilleure, mais on perd aussi l’avantage de la déclivité absolue.
Il nous semble que les avantages abandonnés sont des éléments trop importants de sécurité pour être mis en équi- . valence avec ceux qu’apporte l’irréversibilité du drainage. Celle-ci est certainement efficace, mais moins indispensable que ne le font croire des raisonnements trop simples et trop facilement séduisants. Nous nous expliquerons sur ce point.
Tous ces procédés ont le défaut de bien des déterminations intermédiaires. Ils veulent réunir les avantages de la grande pleurotomie et ceux de la pleurotomie à minima, mais ils réussissent aussi à accumuler les inconvénients des deux méthodes.
Tous certainement ont donné des succès nombreux ; de multiples statistiques en témoignent. Il est certain que n'importe quelle pleurotomie aboutit plus souvent à la guérison qu'à l’échec et pour chacune de longues séries heureuses sont possibles. Mais il est certain aussi que les insuccès du thorax fermé sont loin d’être exceptionnels.
Nous déclarons en toute franchise n'avoir pas utilisé le procédé de Grégoire. Il est très séduisant dans son principe, mais son coefficient de sécurité nous semble être exactement le même que celui de la pleurotomie à minima telle que nous l’avons décrite, et il présente par rapport à elle le désavantage d’être une intervention plus importante, plus longue et plus fatiguante pour l’opéré.
Quant aux drains à collerette, tous ceux qui les emploient
RAA
en connaissent les déboires. Voici, parmi plusieurs autres, un fait récent et particulièrement typique, qui appartient à un opérateur partisan de la méthode et par conséquent non suspect de partialité :
M... Jules.
Foyer pneumonique de la base droite. Température à 400. Delirium tremens.
Après quelques jours d’hospitalisation, découverte d’un épanchement droit, franchement purulent, contenant du pneumocoque. Le malade est traité médicalement pendant deux semaines environ ; il présente à ce moment un foyer de la base gauche dont on attend la rétrocession.
Pleurotomie droite avec résection costale et nettoyage de la cavité pleurale qui est complètement évacuée et détergée avec minutie des amas pseudo-membraneux accessibles. L'ouverture est exactement déclive. Un drain à collerette de fort calibre est mis en place.
Le lendemain et le surlendemain l’écoulement est abondant, puis il diminue et la température vespérale atteint 3905. Au
quatrième jour l'écoulement est nul; la température à 4005...
Après 24 heures d'attente vaine, on décide d’enlever le dispositif de drainage. Dès que le drain à collerette est extrait, le malade est saisi d’une quinte de toux violente et expulse par la plaie une quantité importante de fausses membranes qui, accumulées dans la partie basse de la cavité, rendaient impossible son évacuation. On vérifie la déclivité de l’ouverture pleurale qui est parfaite et on met en place un gros drain mobile. Après 48 heures la température se stabilise aux environs de 38. L'état du malade s'améliore remarquablement et on peut intensifier les exercices spiroscopiques.
Le drainage est supprimé six jours après l’ablation du drain à collerette, donc au dixième jour de la pleurotomie. À ce moment l'exploration digitale montre que le poumon est proche et qu'il coince le doigt contre la paroi au cours de l'expiration forcée.
Pourtant l’évolution est très lente, le suintement pleural se
prolonge. Au 50€ jour la fermeture devenant improbable, une réintervention est jugée nécessaire. -
er eo