‹ À Propos Du Traitement Chirurgical Des Pleurésies Purulentes Non Tuberculeuses De La Grande Cavité Chez L'AdulteChapitre 55 sur 64 · SN 1 TE · texte numérisé non relu

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‘sur la ligne scapulaire. Le drainage fonctionne très mal; dès le deuxième jour, le drain semble oblitéré et le pus s’écoule à côté de lui. Pourtant le siphonnage donne quelques centaines de grammes de liquide purulent. En même temps la dyspnée s’améliore et la température tombe à 370.

Au troisième jour, on supprime le drainage étanche. Immédiatement après l’ablation du tube le malade expulse dans un effort de toux, un bloc pseudo-membraneux très cohérent qui rendait impossible l'évacuation. On met en place un petit drain libre qui -sera quotidiennement vérifié. L'évolution se fait alors dans le sens d’une amélioration très remarquable. La dyspnée disparaît et le malade travaille activement au spiroscope. Les œdèmes s’effacent. La tension différentielle atteint cinq divisions. L’urée sanguine tombe à 0 gr.60, 0 gr.50, La température se stabilise entre -379 et 370 8. Les pansements ne portent plus que la légère souillure du suintement pariétal.

Au douzième jour le trajet est oblitéré. Par ailleurs l’attitude générale du malade est complètement transformée et on éprouve une grande difficulté à le maintenir au régime.

Malgré ces apparences très favorables, les radiographies de vérifications établissent la reconstitution de l’épanchement pleural qui, le 2 septembre, remonte à mi-hauteur du champ thoracique droit.

Le lendemain on rétablit la perméabilité du trajet à la sonde canelée et on y place un petit drain. Dès ce moment une pleurotomie plus large est envisagée. Elle est faite une semaine après, le 10 septembre ; la neuvième côte est réséquée sur cinq centimètres et la cavité drainée largement au point déclive. L’exploration opératoire montre qu'il s’agit d’une poche importante et profonde. Le doigt atteint à peine la corticalité, qui reste presque immobile à l'expiration forcée.

Cette seconde intervention est parfaitement supportée, marquée seulement par une ascension thermique d’un soir. L'urée sanguine tombe à 0 gr. 34. Les exercices spiroscopiques sont inten- -sifiés, mais la cavité reste profonde.

Au quinzième jour après la pleurotomie, le malade fait une crise nouvelle de défaillance cardiaque qui dure cinq à six jours. ‘Son état est alarmant, la dyspnée très angoissante, les oédèmes réapparaissent.

Puis, sous l'influence de l’ouabaïne, tout rentre dans l’ordre.

La spiroscopie peut être reprise, car la cavité persiste. Le

Jourdan 9

Sn EX trajet pariétal s’est rétréci et n’admet plus le doigt. L'écoulement reste assez important.

“On désinfecte au Dakin pendant une semaine, et le 9 octobre, un mois après la pleurotomie large, on tente l’occlusion de la cavité par une bande adhésive qui fronce les téguments et applique l’un contre l’autre les deux versants de la plaie cutanée.

La fermeture est obtenue sans incident.

Le 24 octobre la cicatrisation est complète. La radiographie montre une opacité diffuse de la partie inférieure du champ droit, sans image de collection liquide. L’urée sanguine est à 0 gr. 25. L'’urine ne contient plus ni albumine, ni cylindres. Mais le malade reste sujet à des crises d’oppression très angoissantes, surtout nocturnes.

Le 26 octobre, il meurt en quelques minutes au cours de l’une de ces crises.

Autopsie : La libération du poumon droit est laborieuse en raison des adhérences très étroites qui unissent les deux feuillets pleuraux épaissis, sur presque toute l’étendue de la corticalité pulmonaire.

En regard de la cicatrice opératoire, existe une zone circulaire d’un diamètre moyen de cinq centimètres, sur laquelle la coalescence n’est pas encore effectuée. Mais c’est une cavité virtuelle, ne contenant pas de trace de pus. On peut donc dire que la pleurésie purulente était anatomiquement guérie.

Les poumons sont anthracosiques et présentent un certain degré d'œdème. Il n’existe aucune lésion particulière du poumon droit.

Le cœur est très volumineux (630 grammes), sans lésion orificielle.

Les deux reins portent des lésions de néphrite subaiguë.

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