CHAPITRE III
INDICATIONS DANS LES VARIETES MOINS FREQUENTES DE PLEURESIES PURULENTES DE LA GRANDE CAVITE (staphylococciques, putrides, pleurésies bilatérales)
A. Pleurésies staphylococciques.
Relativement rare, la pleurésie purulente à staphylocoques à la réputation de guérir facilement par le traitement chirurgical.
Trois raisons schématiques paraissent expliquer cette bénignité relative :
a) Le staphylocoque est un germe de virulence modérée.
b) Le pus staphylococcique, moins épais que le pus à pneumocoques et dénué de fausses membranes, se draine facilement.
c) La pleurésie staphylococcique est souvent le fait d’une suppuration quelconque, voisine de la zone pleurale, sans intervention du poumon, ce qui est exceptionnel pour toutes les autres variétés.
La pleurotomie large avec résection et drainage à thorax ouvert, faite sans long délai, est l'intervention de choix, si l'on admet qu'aucune autre ne comporte une meilleure
sécurité pleurale. Mais il s'agissait de malades âgés, fatigués par une longue suppuration, ou porteurs d’une lésion pulmonaire évolutive, la pleurotomie à minima pourrait sans doute obtenir souvent la guérison.
Nous n’en avons pas l’expérience, n’ayant jamais rencontré son indication, mais nous l’utiliserions volontiers en pareille circonstance.
On entend souvent dire que le diagnostic de pleurésie staphylococcique doit toujours faire naître le soupçon d’une tuberculose pleurale possible ; ceci surtout parce que le staphylocoque est le microbe ordinaire des fautes d’asepsie bactériologiques, et que la constatation de ce seul germe doit faire réserver la possibilité d’un épanchement amicrobien. C’est une finesse qu’il faut connaître. Mais il est probable que la majorité des pleurésies staphylococciques déclarées telles après un examen bactériologique sérieux, le sont réellement, et ne sont que celà.
Nous donnons quatre observations de pleurésies à staphylocoques. Les deux premières sont dues à l’obligeance de notre maître, le Dr. J. L. Roux-Berger.