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La radiographie confirme donc la guérison fonctionneile cliniquement constatée.
Cette observation remonte à plus de cinq ans, et nous savons que la malade n’a jamais présenté de récidive de cette maladie.
1" OBSERVATION PERSONNELLE (Hôpital Tenon)
M. A. Edouard, 43 ans, vient consulter dans le service d’électro-radiologie @e l'hôpital Tenon le 27 août 1941.
Il souffre depuis quatre mois, de la région scapulaire droite, d’une douleur presque continue, lancinante, mais avec exaspération nocturne, allant jusqu’à lui interdire tout sommeil; il trouve difficilement une position antalgique qui lui permette de dormir.
Interrogé sur les débuts de ses troubles, le malade déclare qu’il y a cinq mois environ, étant à la campagne, il avait voulu lancer un bâton avec violence, pour le faire rapporter par son chien, et qu'après son geste il avait ressenti une vive douleur dans l’épaule gauche, le malade étant gaucher, douleur assez forte, puisqu'il déclare avoir porté la main gauche à son épaule et maintenu celle-ci quelques instants.
Peu après, une sensation d’engourdissement de tout le bras était apparue et ne s'était estompée que Îles jours suivants.
La douleur s'étant calmée au bout de quelques jours, le malade ne prêta plus attention à cet incident, quand elle reprit spontanément le mois suivant. Devant sa persistance et son importance, puisqu'elle provoquait l’insomnie, il va consulter son médecin. Celui-ci lui prescrit un traitement sédatif analgésique; iode, histamine, pyréthane, thiodocaïne sont essayées : aucun résultat,
C’est alors qu’il s’est présenté dans le service.
A l'examen, l’aspect de l’épaule est normal, mais on note une limitation très importante de l’abduction et une limilation peu marquée de la propulsion : le malade amène le bras jusqu’à l'horizontale, mais accuse une vive douleur si l’on veut forcer les mouvements d'élévation,
Fic. 7. — Epaule droite après traitement,
Fi. 8. — Epaule gauche avant traitement.
Fig. 9. — Epaule gauche après traitement,
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La radiographie des deux épaules apporte le, diagnostic : calcification périarticulaire sous-acromiale de forme allongée, du côté gauche (fig. 8), pour l’étiologie de laquelle on peut invoquer jici le traumatisme, bien que l’on ne relève aucune trace de lésion osseuse ancienne; du côté droit, rien, Il est donc peu probable que la calcification ait préexisté ici au traumatisme.
Le traitement radiothérapique est institué à raison de 250 r. internationaux, sous une tension de 150 kv., et ure filtration de 10 mm. d’aluminium, sur un champ unique antéro-exlerne, à raison d’une séance tous les huit jours.
A la troisième semaine de traitement, la sédation est complète, le malade peut reprendre normalement son travail.
Une radio de contrôle prise à la cinquième semaine, c’està-dire à mi-traitement, permet de voir encore l’image de la calcification décelée antérieurement, mais déjà plus pâle, plus floue, fragmentée, Une seconde radio, prise deux mois après la dixième séance, c’est-à-dire après la fin du traitement, montre que la calcification à totalement disparu (fig. 9). Ce malade, que nous voyons de temps en temps, ne se plaint plus d’aucun trouble, se sert de son bras absolument normalement, comme s’il ne s’était jamais rien passé.
2° OBSERVATION PERSONNELLE ({Hôpilal TenoOn)
Le 6 décembre 1941, Nicolas N…, malade hospitalisé en traitement à l’hôpital Tenon pour tuberculose pulmonaire évolutive, est envoyé au centre d’électro-radiologie pour examen radiographique de l’épaule.
Il ressent, en effet, une douleur dans l’épaule droite. Cette douleur est apparue il y a trois semaines; elle est intermittente, survient principalement la nuit.
La mobilisation du bras provoque aussitôt l'apparition de la douleur, L'existence de ganglions dans le creux axillaire avait fait porter chez lui le diagnostic d’arthrite tuberculeuse, et c’est pour confirmer ce diagnostic que l’examen radiographique est demandé. Lors du centrage radioscopique, notre attention est attirée par une ombre légère, se projetant au-dessus de la tête humérale, immédiatement au-dessus du
trochiter, peu opaque, mais suffisamment nette pour être apereue en simple radioscopie.
La radiographie des deux articulations scapulo-humérales est faite aussitôt après ce repérage.
Les clichés confirment la première impression recueillie à la scopie. Des deux côtés existent des calcifications situées au-dessus des trochiters el se confondant avec eux. Ces opacilés ont l’aspect des traîinées nuageuses, à bords flous, sans contours réguliers, d'aspect non homogène.
Par contre, l'hypothèse d'arthrite tuberculeuse cest écartée sur le simple vu des clichés : aucun signe d’arthrite à droite, où siège la couleur. Des deux côtés, l’interligne articulaire est net, les surfaces articulaires normales et d’un écartement régulier. Les inrages des travées osseuses sont normales et régulières.
On ne note pas de décalcification au niveau de la tète humérale, pas plus qu'au niveau des os voisins : clavicule, omoplate, acromion, apophyse coracoïde.
Avec la réponse à l’examen demandé par le service d’où nous vient ce malade, nous proposons un traitement radiothérapique, faisant état des nombreux cas semblables améliorés ou guéris par ce mode de traitement.
La semaine suivante, nous avons commencé le traitement 250 r. par séance, une fois par semaine, sous une tension de 150 kv. et 12 mm. Al.
A la deuxième séance, toute douleur à disparu. Nous avons néanmoins poursuivi le traitement pour atteindre une dose totale de 2.000 r.
Sur une radiographie de contrôle, après la dernière séance d'irradiation, les ombres de concrélions calcaires ont totalement disparu.
I s'agissait ici d’un cas fruste, dont il est bien difficile de déterminer l’étiologie. ;
D'après la forme et la topographie des calcifications, il est possible qu'il s'agisse de dépôts calcaires dans les tendons des muscles sus-épineux. Dans ces cas, l'évolution est alors relativement lente el peu tapageuse,
Nous avons voulu, par cette observation, montrer encore
une fois combien est facile, grâce à la radiologie, le diagnoslc de ces lésions, et combien leur traitement par les rayons X est efficace.