‹ A propos du traitement radiothérapique de la Maladie de Duplay ou périarthrite scapulo-humérale calcifianteChapitre 27 sur 29 · TECHNIQUE · texte numérisé non relu

TECHNIQUE

Il est utile d'irradier en même temps la tête humérale, les calcifications n’étant souvent, en effet, que les témoins de lésions osseuses, comme lont démontré les fravaux du professeur LERICHE relatés dans sa Physiologie et Pathologie du tissu osseux. Mais le champ d'irradiation doit être assez différent de ceux que l’on emploie pour traiter les arthrites scapulohumérales vraies.

En effet, s’il est judicieux d’irradier ces dernières par un champ antérieur et un champ postérieur, étant donné l’importance des doses à donner à ces lésions, par contre, en cas de calcifications périscapulo-humérales, il vaut mieux irradier par un seul champ intéressant la partie supéricure antéro-externe du moi-

gnon de lépaule, allant de lacromion à la partie inférieure des tubérosilés. Ce champ d'irradiation a donc habituellement 10 à 12 centimètres de côté.

Celte méthode ne permet pas sans doute lapplicalion de doses aussi élevées que celle des deux champs, antérieur et postérieur, mais elle est préférable dans la majorité des cas. En effet, la localisalion antérieure, et souvent très externe, des calcificalions ne leur permet pas de bénéficier de tous les avantages des champs multiples. La raison de cette préférence est qu'avec le procédé des deux champs, il v a danger, en voulant éviter le recoupement des champs sur lépaule, de soustraire les calcifications au ravonnement, en les masquant par le caoutchouc plombé protecteur.

Avec le champ unique, on irradie directement l’espace sous-claviculaire externe et les calcifications. De plus, il n’est pas besoin non plus, généralement, pour le traitement de ces lésions, de doses totales excessivement élevées; on peut d’ailleurs toujours avoir recours à l’irradiation sur un champ postérieur si on arrive dans les limites de tolérance pour la peau, mais ceci est extrêmement rare.

Les constantes techniques utilisées dans le service du docteur LEPENNETIER, à lPhôpital Tenon, sont les suivantes :

1° Par la méthode du champ unique : champ de 12 X 12 cm. centré sur l’extrémité antéro-externe €laviculaire et sur la tête humérale, à une distance foyer de lPanticathode-peau de 30 à 40 em.

Une fois par semaine : 250 r, internationaux,

soit, sous une tension de 160.000 volts, avec une filtration de 10 à 12 mm. d’aluminium ou de 0,5 mm. de cuivre,

soit, sous une tension de 200.000 volts, avec une filtration de 1 mm. de cuivre + 2 mm. d’aluminium.

Au point de vue débit, on peut, suivant la puissance de lappareil générateur, passer d’une intensité de 4,5 ou 6 milliampères à 10, 15 milliampères et même au delà, diminuant ainsi d’une façon considérable le temps d'irradiation.

Néanmoins, la plupart des auteurs sont d'avis qu'il aut mieux, au point de vue biologique, dans l’état actuel des connaissances, prolonger le plus possible le temps d'irradiation en restant à un débit en « r./minute » relativement faible.

La dose totale à administrer étant variable entre 2.000 à 2.500 r., cela représente 8 à 10 séances d’irradiation, soit deux mois à deux mois et demi de traitement.

2° Par la méthode des deux champs, l'un postérieur, de 12 X 12 €m. environ, l’autre antérieur, de mêmes dimensions, centrés sur les calcifications et la tête humérale de chaque côté, à une distance foyer anti- ‘athode-peau de 30 à 40 em.

Deux fois par semaine, en alternant les champs, c’est-à-dire une fois par semaine par champ : 250 r. internationaux :

soit, sous une tension de 160.000 volts, avec une

filtration de 10 à 12 mm. d’aluminium, ou 0,5 mm. de cuivre + 2 mm. d’aluminium,

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soit, sous une tension de 200.000 volts, avec une filtration de 1 mm. de cuivre + 2 mm. d’aluminium.

La dose totale à atteindre par champ est de 1.500 r. internationaux, ce qui représente 6 séances d’irradiation, soit six semaines de traitement. Le traitement est done un peu plus rapide qu'avec la méthode du champ unique.

Les précautions à prendre sont de plusieurs ordres:

Il faut, bien entendu, bien immobiliser le malade, c’est-à-dire le placer dans une position confortable, afin qu’il ne bouge pas, bien allongé, soit en procubitus, soit en décubitus, la tête calée par des coussins, les bras le long du corps.

A l’aide du centreur de Baclesse, le centrage se-fait alors avec une précision mathématique, uniquement par la mobilisation de l’ampoule : celle-ci doit donc présenter un maximum de mobilité et permettre toutes les possibilités d'orientation.

Ainsi seront évités des incidents, dont le premier serait d’irradier à côté des lésions.

Il faut, ensuite, éviter le recoupement des champs, dans la méthode du champ postérieur et du champ antérieur; pour cela, il faut avoir, d’une part, des repères anatomiques fixes, le malade étant toujours placé dans la même position, et, d'autre part, fixer ses caches en caoutchouc plombé de façon qu'ils ne glissent pas.

Avec les ampoules dans Pair, il fallait avoir soin de bien protéger son malade, notamment contre les radialions secondaires. les radiations de grande lon-

sueur d'onde étant les plus nocives pour les téguments. Les tissus les plus radiosensibles sont les tissus sangui-formateurs, les glandes sexuelles, le cristallin, les cartilages de conjugaison, les muqueuses de revêtement, la peau. Il importe de les protéger.

Avec les appareillages modernes, à tube dans l'huile cl protection totale, le faisceau de rayons incident ne peut sortir qu’au {ravers d’une fenêtre où se fixe un localisateur lui-même opaque aux rayons X; mais si les risques sont moins grands, les mêmes précautions sont toujours à prendre. Ces appareils présentent habituellement un système de filtre-contacteur, sans la mise en place duquel le tube ne peut fonetionner. Ceci représente une garantie importante contre les fautes de technique.

En effet, de tous les accidents, le plus fréquent el le plus grave était lirradialion à feu nu par oubli du filtre, surtout Icrsqu'il s'agissait de doses massives à atteindre en une seule séance.

Mais encore faut-il que le filtre-contacteur soit suffisant pour la tension que lon développe dans le tube.

Au début de ces irradiations, le malade se sentira légèrement fatigué; il faut l’en prévenir, afin qu'il ne s’en inquiète pas, et lui prescrire une cure de suralimentation, de repos relatif physique et psychique, pendant la durée du traitement.

L’excellence et la rapidité des résultats sont fonction de la technique, mais aussi de la bonne volonté du malade. Le traitement radiothérapique ne doit pas être interrompu, même si les douleurs devien-

nent un peu plus intenses, après les premières séances de radiation. Cette recrudescence passagère de la douleur est un fait banal qui est souvent de bon augure. AIMÉ signale avoir vu chez un de ses malades la douleur augmenter encore après la troisième séance d'application. La guérison n’en est pas moins survenue normalement dans le courant du premier mois.

On peut seulement chercher à les calmer, par une

thérapeutique analgésique, soit médicale, —— médications salicylées, -— soit par un procédé physiothéra-

pique; l’ionisatlion au salicylate de lithine est un des meilleurs : on place l’électrode indifférente à la nuque et l’électrode active circulaire, imbibée de salicylate de lithine, au-dessus de l'insertion humérale du deltoide. On fait passer le courant pendant environ un quart d'heure, sans jamais dépasser 2 milliampères. Généralement, 3 à 6 séances suffisent, à raison d’une tous les deux jours, car, même spontanément, les douleurs s’atténuent après les premières séances de radiothérapie.

I ne faut pas, de plus, que malade et médecin praticien soit trop. impatients, et, par un changement prématuré de thérapeutique, ne laissent pas à la radiothérapie le bénéfice de son action progressive.

Il est également très important de ne pas arrêter le traitement dès que le malade ne souffre plus, et il ne faut pas craindre d’insister auprès des malades pour qu'ils subissent leur traitement jusqu’au bout, alors même que les douleurs ont disparu après la première séance,

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