‹ A PROPOS DU TRAITEMENTCHIRURGICAL DES ULCÈRES PERFORÉS GASTRO-DUODÉNAUXChapitre 81 sur 93 · RES 128 — OBSERVATION XII · texte numérisé non relu

RES 128 — OBSERVATION XII

M... J..…., 24 ans, soldat, entre le ro août 1924, avec le diagnostic de coliques hépatiques. Ce même jour, vers 11 heures, au cours d'une promenade, le malade ressentit brusquement au niveau du creux épigastrique une douleur extrêmement violente, On lui fit prendre un cordial et on le transporta chez lui et quelques heures après à l'hôpital. Il est reçu d’abord dans un service de médecine, puis passé dans le service du Docteur Lapointe. On le voit à la 18° heure ; il raconte que depuis un mois environ il ressentait, quotidiennement, deux à trois heures après les repas, des douleurs au creux épigastrique, s'accompagnant de pyrosis. Pas de vomissement, pas d’hématémèse.

À l'examen, le malade se présente avec les traits tirés, une

contracture de tout l'abdomen, mais manifestement plus marquée à l’hypocondre droit et au creux épigastrique. La palpation augmente la douleur plus marquée en haut et à ‘droite. Immobilité respiratoire, arrêt des matières et des gaz. Pas de vomissement ; température 38°, pouls 108. Devant ces / symptômes on pense à une perforation d’ulcère et on inter- + vient à la 7° heure.

Anesthésie : éther.

Incision médiane sus-ombilicale, Dès l'ouverture du péri- ' toine, issue de liquide trouble, légèrement coloré en jaune, qui semble venir de la région pylorique. Pour donner du jour, on branche une incision transversale sur Ja première : on aperçoit alors sur la face antérieure du calnal pylorique un petit orifice de trois milimètres environ de diamètre, à bords grisâtres, au niveau d’une induration minime. Malgré l’incision en L il est très difficile d'atteindre la lésion, le pylore étant placé très haut et ne s’abaissant qu'avec difficulté. Obturation rapide de l’orifice par un point total en X, enfouissement par un surjet séro-séreux vertical : on termine en fixant l’épiploon au-dessus de la zone opératoire.

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Le pylore semble très rétréci, néanmoins pas de gastroentérostomie complémentaire. Deux! drains, l’un dans la zone opératoire, autre dans la fosse iliaque.

Suites opératoires

Le premier jour il s'écoule un peu de liquide par les drains. Le »° jour l'aspiration ne ramène plus rien ; le 3° jour ablation des drains, le 9° jour ablation des fils. Le 20° jour le malade part sans avoir présenté aucun phénomène de stas pylorique.

Il écrit le 6 novembre : « Mon état est aussi satisfaisant que possible, je mange bien, dors bien et n’éprouve aueune souffrance de l'estomac ».

Examen radioscopique le ro novembre par M. Rachet dans le service du Docteur Bensaude : « Le transit est normal, après dix manutes d'attente : bulbe à contour régulier ; um peu de liquide d’hypersécrétion gastrique ». L'examen radiographique et radioscopique fut fait également au Val-de- Grâce, le 12 janvier 1925. | Gé

Absorption de bouillie barytée à 17 heures du matin, Estomac : remplissage normal, grosse poche à air et un peu de Hi quide à jeun. Mobilité normale, forme légèrement hypotonique. Bas-fond à deux travers de doigts des crêtes iliaques Péristaltisme assez violent avec des phases de repos. La région juxta-pylorique est un peu irrégulière. L'évacuation # poursuit régulièrement à travers le pylore et le duodénum. H n'est perçu de bouches anastomotiques (et pour cause !) pas de points douloureux.

Trois heures après l'estomac est vide, la majeure partie d “epas est dans lé cœcum fortement dilaté, ptosé, dans le petit bassin, presque immobile, mais non douloureux, L’angle hépatique au-dessus des crêtes est en position verticale avec coup dur, mais sans adhérence,

Les radiographies ne montrent qu’une déformation de l’antre pylorique et de la région juxta-pylorique. Le bulbe duodénal, irrégulier sur le versant de la grande courbure, est

9 Ga.

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en forme de fer de lance. Lésion ancienne à ce niveau avec:

\ périduodénite.

A 4 Le Revu le 22 janvier 1925 en bon élat, aucune douleur ; pas

de vomissement ; alimentation normale ;

ment.

OBSERVATION XHII

M... F.., 53 ans, ulcère de l'estomac perforé opéré à la 18° heure. Guérison.

Le malade entre le 26 août 1924, à midi, dans le service du Docteur Lapointe. Depuis 15 ans environ, ce malade suit un régime très strictement lacto-végétarien. Le 25 août, vers 18 heures, il est pris d’une douleur extrêmement violente au creux épigastrique. Il s’alite, prend une tasse de tilleul qui ne le calme pas. Il souffre atrocement, mais ne vomit pas. La douleur restant toujours aussi violente, il est envoyé à l'hôpital avec le diagnostic de perforation gastrique. On constate à son arrivée une douleur diffuse avec contracture généralisée à tout l’abdomen. Arrêt complet des matières et des gaz depuis la veille.

Intervention immédiate.

Anesthésie à l’éther.

Incision en équerre ; on trouve dans l’abdomen une grande quantité de liquide avec des flocons fibrineux au niveau de l'estomac et de l'intestin, Sur la. face antérieure de l'estomac, au niveau de la petite courbure, on trouve l'orifice de la per foration avec ses caractères habituels d’un diamètre de trois millimètres, au centre d’une zone indurée du diamètre d’une pièce d’un franc. Par l'orifice s'écoule un liquide spumeux:. Fermeture par un point en X : enfouissement par un surjet

séro-séreux vertical. Nettoyage rapide de la cavité péritonéa-

le. On m + i x ' ératoi et deux drains l’un dans la zone opératoire, l’autre …

dans la fosse iliaque droite,

pas d’amaigrisse-

Pendant l'opération on à fait de l'huile camphrée et du sérum sous-cutané.

Suites opératoires

Le lendemain il existe un écoulement abondant par Îles drains.

Le troisième jour l'aspiration ne ramène que très peu, de liquide.

On enlève les deux drains le 4° jour. Les jours suivants il

existe une légère suturation de la paroi, mais le malade sort complètement cicatrisé le 17 septembre.

L'examen du liquide trouvé pendant l'opération dans le péritoine est négatif au point de vue bactériologique.

On revoit le malade le 8 décembre : il est au régime, mais ne souffre pas du tout. L’examen radioscopique, fait par le Docteur Rachet, dans le service du Docteur Bensaude, montre alors un transit normal et un estomac à contour normal, sans points douloureux et sans encoche.

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