OBSERVATION XV
KB; Âge de 26 ans, entre le 20 septembre 1924 dans le service " docteur Lapointe, à la fin de l'après-midi. Le malade raconte que le matin, vers 11 heures, il a été pris d’une douleur. assez violente dans la partie droite de son abdomen. Cette douleur l’a obligé à rentrer chez lui et à se coucher. Le médecin appelé l’a envoyé à l'hôpital sans faire un diagnostic précis ; mais il aurait parlé de la possibilité d’appendicite.
Interrogé, sur ses antécédents le malade prétend avoir été jusqu’à maintenant en parfaite santé. Cependant il a souffert, dans ces derniers mois, par intermittence, de douleurs au milieu du creux épigastrique. Les crises douloureuses duraient deux ou trois jours et disparaissaient. À aucun moment il n’a été obligé de s'arrêter et de consulter un médecin.
Il souffre maintenant plus qu’à l'ordinaire, mais la douleur
abdominale n’est pas excessive ; elle siège dans tout le côté droit de l’abdomen. |
A l'examen, le faciès est un peu tiré sans être très altéré, Le ventre semble « respirer ». Mais l'inspiration profonde semble très limitée. À la palpation on trouve dans la fosse iliaque droite une-légère contracture. Le point de Mac Bur-
ney est très douloureux et l’hypocondre droit est également sensible à la palpation superficielle et l'on trouve, sous le rebord costal, une légère contracture du ventre supérieur du muscle droit. À la percussion, aucun effacement de la matité hépatique. Le pouls est à 8o et la température est à 37,4. On décide de surseoir à l'intervention et de revoir le malade un peu plus tard. \
Une heure plus tard, les mêmes symptômes ; mais la contracture de la fosse iliaque droite a augmenté.
Intervention. à
Anesthésie : chlorfoforme.
Le péritoine ouvert par incision dans la fosse iliaque droite, on trouve un peu de liquide et quelques bulles de gaz, qui font penser immédiatement à une perforation gastrique ; l’appendice est sain ; après appendicectomie fermeture en trois plans de la paroi en laissant un drain dans le Douglas.
Laparotomie médiane sus-ombilicale. On trouve à l’ouverture du péritoine un peu de liquide dans l'étage sus-mésocolique. Mais en attirant l'estomac on découvre, sous la face
inférieure du foie, qui faisait couvercle, une perforation si-’
tuée sur le versant duodénal du pylore, tout près de l’insertion du petit épiploon.
On suture l’orifice, qui présente les dimensions d’une grosse lentille, au moyen d'un fil en bourse, Un deuxième surjet vertical recouvre la première suture. Le duodénum semble assez rétréci. Mais on ferme aux bronzes la paroi après avoir séché et drainé la région sus-hépatique.
Suites opératoires
Tout à fait normales.
CRD ES
: On constate les premiers jours.les signes d’une grosse bronchite, mais elle disparaît très rapidement sans causer d’inquiétude.
‘Le deuxième jour, ablation des drains ; le troisième jour ablation de la mèche sous-hépatique. Dès le deuxième jour on à commencé à faire boire le malade et le quatrième jour on lui permet de la purée et des compotes. Levé le huitième jour, ablation des fils le quinzième jour.
Examen radioscopique pratiqué par le Docteur Aïmé.
Le baryte passe facilement par le duodénum ; par instant on note un anti-péristaltisme sur la deuxième portion, mais le bulbe duodénal s’injecte mal. L’évacuation de l'estomac est moins rapide qu’à l'ordinaire. Ce fait conduit à faire une deuxième radioscopie, pratiquée le 4 novembre par le Docteur Aimé, Fà
Périduodénite avec déformation des contours, mais pas de sténose, pas d’hypercynésie. Revu le lendemain après un repas’de gélobarine donné deux heures auparavant, on ne constate aucune stase gastrique, mais un léger retard à l’évacuation du grêle, un colon spasmodique, et pas de point douloureux, ni sur l’estomac, ni sur le duodénum.
Ge malade est revu six mois après, pour une petite éventration sur la cicatrice. À l'intervention, il n'existe aucune adhérence duodéno-pariétale, mais le duodénum est fixé au bord inférieur du foie par une zone d’adhérence lâche.
Le malade, depuis son intervention, n’a jamais souffert de l’estomac.