‹ A PROPOS DU TRAITEMENTCHIRURGICAL DES ULCÈRES PERFORÉS GASTRO-DUODÉNAUXChapitre 84 sur 93 · OBSERVATION XVI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XVI

P... L..., âgé de 36 ans. Entre dans le service du Docteur Lapointe le 18 novembre 1924, à 8 heures du soir.

La malade, très pâle, souffrant horriblement, raconte qu’il a été pris le même jour, vers 4 heures de l'après-midi, d’une

violente dosleur dans le creux épigastrique, au cours de son travail. On a été obligé de Je ramener chez lui et le médecin l'a envoyé d'urgence à l'hôpital. Blessé grièvement pendant la

guerre (amputation de la cuisse gauche), il y a fort long-

temps que le malade souffrait, par. période, de l'estomac, quelques heures après ses repas, et il ne peut fixer exactement la date d'apparition de la première crise douloureuse. I Jui

semble-cependant qu’elle remonterait à plus de deux ans. Ces

erises douloureuses n'étaient pas suffisantes pour l’obliger à cesser son travail : d’ailleurs elles duraient fort peu de temps

et étaient séparées par de longs intervalles pendant lesquels il

pouvait vivre normalement. Au cours de ces crises douloureuses, aucun vomissement. Différents médecins l'ont soigné, mais sans instituer un régime alimentaire convenant à une lésion stomacale ou duodénale.

A l'examen ce malade présente un faciès caractéristique + il est presque livide, très angoissé ; la sueur froide perle sur son front. Replié en chien de fusil, il éprouve une douleur violente exacerbée par le moindre mouvement et maxima audessous du rebord costal droit. Le pouls est bien frappé, ne dépassant pas 80 ; la température est normale. Le ventre est immobile et ne « respire » pas. La palpation est horriblement douloureuse. On constate de l’hyperesthésie cutanée, surtout à droite de la ligne médiane, sous le rebord costal droit, C’est également à ce niveau que l’on trouve le maximum douloureux! à la palpation profonde avec irradiation dans la fosse -iliaque droite.

La palpation révèle également une contracture généralisée ; le ventre est en bois. A la percussion, la malité hépati-

ue es rvé : i È q t conservée. On pense à une perforation d'ulcère de la

région duodéno-pylorique.

Intervention : ro heurés.

Anesthésie au chloroforme, d'autant plus indiquée que le

malade tousse beaucoup et présente actuellement une- grosse bronchite.

Incision : médiane ombilico-xyphoïdienne. À l'ouverture du péritoine on trouve du liquide abondant avec des gaz. On extériorise l'estomac en entier et l’on constate qu'en dehors de la veine pylorique, à deux travers de doigt de celle-ci, il existe une perforation un peu plus grosse qu'une lentille siégeant sur une cicatrice étoilée et blanchâtre. Elle se trouve à un travers de doigt de l'insertion du petit épiploon, sur le bord gastro-duodénal. Par l'orifice de perforation, il sort du liquide en abondance. Une première suture est enfouie par un surjet vertical. On constate que le canal duodénal est très rétréci ; l'insertion du petit épiploon et celle du ligament gastro-colique ne sont plus séparés que par la largeur d’un tra- . vers de doigt. C'est systématiquement que l’on n'a pas pratiqué la gastro-entérostomie.

Suites opératoires : normales en tous points.

Ablation du drain le »° jour. Ablation des fils le &. L'alimentation du malade est reprise le 2° jour. :

Examen radioscopique : le 5 décembre 1924, pratiqué par le Docteur Cain dans le service du Docteur Bensaude. Le bulbe duodénal est rétréci, mais bon passage dans le duodénum. L'estomac se vide normalement ; encore un peu d’hypercynésie.

Nouvel examen radioscopique pratiqué par le Docteur Henri : Marchand dans le service du Docteur Bensaude, le 24 décembre 1924. Aucune rigidité des courbures. Une encoche non persistante, à deux travers de doigt du pylore. Le transit pylorique et duodénal est normal,

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