HISTORIQUE
Depuis LuGoLz, qui fut un des premiers à les observer et à entrevoir leurs rapports avec la tuberculose, les gommes cutanées tuberculeuses ont été décrites sous des dénominations diverses. Autrefois, on parlait d’abcès froids, d’abcès scrofuleux, de gommes scrofuleuses, d’écrouelles cellulaires; c’est le scrofu-
loderme des auteurs allemands.
GUERSANT étudia également les gommes et défendit leurs rapports avec le lupus. BAzIN montra leurs relations avec la tuberculose et signala les analogies qu’elles présentent avec les gommes syphilitiques. BESNIER, enfin, en fit une étude détaillée et inspira limportant mémoire de Brissaup et Josiras.
Depuis, de très nombreuses publications ont été faites. En France, les principaux travaux sont ceux de J. DARIER, L. BrocQ, de M. H. GouGEroT. Il raut mentionner aussi les auteurs lyonnais : MM. P. Cour- MONT, L. M. BONNET, J. NicoLAs, J. GATÉ.
La littérature récente est consacrée en partie à létude des problèmes pathogéniques, mais surtout à la description des formes atypiques, des formes pseudo-sporotrichosiques.
ETIOLOGIE
Selon les traités et les diverses observations qui ont été publiées, les gommes cutanées tuberculeuses se présentent, dans l’immense majorité des cas, comme des accidents d’allure primitive.
Certes, il est exceptionnel que le sujet soit indemne de toute autre manifestation bacillaire; mais les lésions que l’examen le plus complet peut déceler sont toujours très discrètes. C’est ainsi que l’examen radiologique pulmonaire pourra révéler l’existence de quelques ganglions calcifiés périhilaires, ou une ancienne lésion fibreuse d’un sommet, ou bien encore une image de pachypleurite. Parfois on retrouve un foyer ganglionnaire articulaire ou osseux, ancien, cicatrisé.
Il est très rare, au contraire, d’observer, ainsi que nous l’avons fait, une tuberculose viscérale grave, évolutive. Il existe cependant un cas très intéressant publié par M. L. RaMonh : Il concerne une jeune femme qui présentait une tuberculose pulmonaire ulcérocaséeuse bilatérale déjà évoluée. Elle avait, en outre, une micropolyadénopathie, une hydarthrose du genou droit et des gommes cutanées multiples.
Dans l'étude qu’il consacre aux gommes tubercu-
RL Des
leuses de la première enfance, M. PÉHU montre qu'elles peuvent exister à l’état isolé. Mais le plus souvent « elles sont liées étroitement à l’existence d’un foyer
viscéral évolutif, contagieux ».
Parmi les circonstances étiologiques adjuvantes on insiste sur le rôle de l’âge. Les gommes tuberculeuses atteignent avec prédilection les enfants et les adolescents. Elles ne sont pourtant pas rares chez l'adulte. Mais elles restent exceptionnelles chez le vieillard.
Quant aux influences saisonnières, elles paraissent très secondaires. Tout au plus peut-on noter une fréquence plus grande en automne et en hiver.