LUI
se laisse plus reprendre : virtuellement, elle n'est plus l'esclave, elle ne doit donc plus l'obéissance. Et cela est si vi"ii qu'elle nous la. refuse, et que nous n'avons rien à dire, rien à faire contre celte déclaration de droits. Une nouvelle codification est à intervenir.
Laquelle?
C'est m'cmljarrassiîr fort, car je ne suis ni moraliste ni législateur. Pourtant j'entrevois confusément que la nature se chargerait de rédiger de solides et stables édits sur la matière, si on l'écoutait mieux, si on restait priis d'elle, si on la consultait d'abord et toujours. Elle possède la grande, l'irrécusable, l'éternelle panacée : l'amour ! qui sait tout remettre en place. Avec cela, on va au bout du monde, on le traverse gaîment de la naissance k la mort, on s'y accommode de tout, on y souffre avec joie, on y espère sans
raison ; avec cela, on s'embarque rai''me, au terminus vital, pour d'autres inondes,
i< Je te connais maintenant et je te chéris, 6 Femme ; mais, comprends-moi bien, je ne t'adore pas davantage. Je ne t'adore pas, je t'aime, et je île l'ai appris si profondément que l'autre jour. Tu étais sortie avec moi. Il y avait partout ilu soleil, de l'éclat, de la magnificence. La naturo brillait, ma pauvre chérie, la ville était somptueuse et tu n'osais pas me regarder, moi, l'être minable. Enfin, la journée de fête se passa tant bien que mal, nous rentrâmes. Nous rentrons. C'est l'ombre, la nuit, la solitude, et pour mieux encore ne pas y voir, tu écrases ton front, tes paupières contre ma poitrine, et que penses-tu? Ce que tu m'as dit souvent, un mot qui t'est familier : « Ah ! je t'aime comme lu es. •> Mais lea véritables amants ne se sont jamais aimés
Digitii-ed Oy
aulrement. Femme, ils s'aiment tels quels.
Sinon, si on s'abusait, si l'amour reposait sur l'illusion, si tu ne me voyais pas réel, vrai et vivant quand tu m'aimes, ne serais-je pas en droit de te dire. " Que fais-tu là? ma pauvre Il compagne, tu me crois puissant, splendide, " prospère; je suis l'aible, misérable, obscur, « Ce n'est donc pas à moi que tu penses. Je « mourrai sans que tu m'aies connu ni aim*^. . . ■> Ah I tu m'aimes comme je suis? Mais c'est la seule façon d'aimer, mon enfant. Si lu crois que je ne te rends pas la pareille, que, tevoyani de près, je ne vois pas ce qui se voit de près : la misère humaine ! Si tu crois que tu n'es pas toujours pour moi, après la terrible cxiiérience de la vie, comme je L'ai aperçue l'autre fois, en juillet, au sorlir des eaux, la chair i'ript5e, glaciale, glacée ? A quoi bon nous demander ce que nous valons? A quoi bon