‹ À propros de La vassale: lettre à m. Jules LemaîtreChapitre 13 sur 18 · LETTRE LXIII · texte numérisé non relu

LETTRE LXIII

les rues, des couples de petites gens, d'âmes fondues en un même élan vers d'insaisissables durées. Soit. Mais cet amour (au fond, je sens bien que c'est lé seul), je ne sais pas le faire, je ne sais pas, je ne peux pas. Puis, est-ce que j'ai le temps? Ils ont du temps à gaspiller, les poètes et les hommes «n blouse. Moi, je n'ai pas de temps à consacrer à la bagatelle, je n'en ai pas de trop, je n'en ai pas assez. Je n'ai môme pas le temps de fumer un bon cigare : je le mâchonne, je le suce, j'en fais une loque ; je pense, en le fumant, à autre chose, à mon labeur. Et encore une fois, remarquez bien, retenez que Je ne suis pas un ambitieux. Primé, lauré, diplômé par les écoles, je suis condamné à être puissant et riche. Vous voyez ce que cette obligation se paie. Au diable, ma stupide femme qui ne veut pas comprendre cela !

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