‹ À propros de La vassale: lettre à m. Jules LemaîtreChapitre 15 sur 18 · LETTRE LXVII · texte numérisé non relu

LETTRE LXVII

avec bonne volonté on étudie leurs plaidoiries, si OQ compulse les deux dossiers où sont relatés les antécédents de mes plaideurs. Qu'un ministère public, embarrassé, veuille se tirer d'affaire par les truisraes, des avocats plus consciencieux, ceux d'Henri et de Louise, trouveront mieux, plus h. dire.

Je regrette voire indifférence et votre abstention, car, je vous le répète, mon cher confrère, je ne veux pas croire que vous n'avez pas compris. Votre esprit délié, votre finesse, votre pénétration philosophique vous désignent au contraire parmi ceux qui doivent, avec le plus de sagacité, élucider ce drame intérieur de deux consciences.

Louise vous choque ! C'est vite dit, mais *> ce n'est pas parler en critique. Cette femme adroit à plus d'impartialité. Elle n'est même

pas là pour Cire approuvée ou condamnée, mais pour s'expliquer.

De quoi se plaint-elle ? de se savoir, à l'égal de l'homme, une personnalité indépendante, libre de se donner et de se reprendre, suivant que celui à qui elle s'est liée est digne ou non de l'ûbteuir, — et malgré cela d'être rivée à l'obéissance systématique, sans raison, sans juslificalion; de se sentir une âme, des sensations, des jugements, qui doivent imposer l'attention k autrui, — et malgré cela de constater que, sous les hypocrisies de nos mœurs, son apanage naturel lui est relire par l'homme, qui, après le plaisir, l'apprécie inférieure et se défend contre elle par des précautions légales ; d'être demeurée, devenue peut-être, vassale. Son moine lui appartient plus. Ku quelques instants, femme, elle doit dépouiller ce qu'elle était la veille, vierge;

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