Partie pour le bien, Louise se sert du mal
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El a ne peut en être autrement, parce qu elle ost la révoltée ; et elle ne peut pas ne pas se révoller contre son mari tel qu'il est, tel que l'éducation, les préjugés et la peur d'auliui l'ont formé. Tout se tient.
Oi / Et, en cela, elle est bien différente de la - Nora d'Ibsen. Nora est une entant, une mineure, un petit oiseau jaseur, une poupée ; ainsi la considère son mari. Inconsciente, elle remue, elle joue, elle chante, tourbillonne, sautille de place en place, accepte les caresses avec des éclats de rire, illumine l'atmosphère qu'elle sillonnecomme un météore.
Gnîce à la maternité qui ajoute des enfants, la maison devient volière. Un jour, la petite espiègle signe un papier. Elle croit qu'elle a simplement écrit son nom. Or, dse trouve que ce nom, inscrit au-dessous de quelques lignes, constitue quelque cbose
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comme un faux, que la réputation, l'existence peut-être du mari sont compromises. Épouvantable colère de cet homme contre la poupée à cervelle d'oiseau ! Confusion, remords de la poupée ! Premier éclair de sa conscience ! D'abord, elle sent que cet homme ne l'a jamais aimée, qu'il n'a été séduit que par les formes extérieures de la poupée, qu'il ne sait pas ce qu'il y a dessous, un cœur, une âme, une personnalité morale. Elle s'avoue aussi que cette personnalité n'est pas sortie, demeurée enfouie sous les enfantillages. Elle conclut, ainsi que son mari, qu'elle n'a aucun droit aux devoirs que la société et te mariage lui confient. Elle part, quitte tout. Elle va apprendre ces devoirs, s'instruire. Elle reviendra savante, majeure, digne de la maternité, digne de l'amour de riiomaie.
Eileaccepte donc l'autorité masculine. Elle
en reconnaît biea la bnitalilé, la bêtise, mais elle part, résignée sans combat, sans eprésailles, elle accepte. Louise, non.
C'est que cette dernière est moins primitive, moins innocente, autrement avancée.
L'éducation que Nora va faire, elle l'a faite. Elle connaît tous ses droits, dont on lui refuse l'exercice. Elle se bat, et toutes les armes lui sont bonnes '. Extrêmement femme après tout, et de plus Française, c'est-à-dire de complexion galante, cherchant et provoquant les hommages, voulant plaire par tou»
les moyens et à tous, dépravée déjà par les coquetteries outrées où l'ont jetée les néces-
' La pure et admirable Étisabetb de la Révolte, de ' Villiers de l'Isle-Adam, ne s'insurge que sur le tard, dans les regrets, après s'Stre laissée exploiter, annihiler, alora que l'énergie de l'acte lui manquera, parce que son rêve, trop longtemps contemplé, se sera évanoui de lui-mAnie* a Louise n'attend pas l'âge des résignations. Elle agit en pleine jeunesse, en pleine illusion, tout de suite.
sites de sa révolte, elle ira natureUement à la souillure sexuelle, d'abord parce qu'elle a, sans s'en apercevoir, fait la moitié du chemin qui l'en sépare, puis, parce qu'aveuglée par la passion de détruire elle ne sait plus ce qu'elle fait : pour frapper plus cruellement elle se frappe elle-mCme, — à mort, puis- L qu'elle sera forcée d'abdiquer sa maternité. Ici, vous nie reprochez de ne pas m'arrôter dans l'abomination, d'excéder la rigueur, d'introduire l'enfant dans le dénouement. Ce reproclie m'étonne, comme celui que vous adresseriez à un débiteur qui, ingéuument, paierait sa dette entière, sans en escamoter une bonne partie dans sa manchette. Je vous devais toute la rébellion et ses extrêmes conséquences, le refus d'obéissance, l'infidélité, l'abdication nécessaire de la maternité, — la loi et la nature. J'ai tout payé. Ce n'est
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pas ma faute si l'implacable logique, si la Ihéorie Je l'éternel >■ Je db veux pas ! » codduisent ma pauvre héroïne, df^sorbitée, déclancliée et aifolée. à la fin de tout, de l'amour, de la lamille, à la fin du monde! — pour employer l'ityperbole.
lînlin, vous laissez enlendi'o, mon cher confrère, qu'ayant i< visiblement pris parti " je me réjouis de ces conclusions.
Vous vous trompez encore, et c'est déduire un peu à la légère, sans assez regarder de près. De ce que la Vassalf- aboutisse à des faits inévitables, il ne s'ensuit pas que jô crie bravo et que je me roule d'aise. Au con- Iraire. Il faut Stre insensé pour attendre de salutaires effets d'une semblable révolte, pour croire que des prospérités peuvent
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uaitre de la destriiciion, pour fonder des espérances sur le dessèchement de l'amour, sur la dissolution de ce petit groupe fondamental : des amants et leurs petits.
Je ne rêve pas la fin du monde. La vie a tt de quoi Sire belle. Elle comporte un extérieur de magnificence, des cieux profonds dont la simple couleur bleue nous emplit de quitîtude, des verdures qui reposent, des eaux qui vivifient, des matins qui appellent les chants dallégresse, des soirs qui tombent sur le réveil de nos tendresses, de longs jours où le labeur excite : le bon soleil, solide au poste, ne nous a pas encore quittés, il accomplit sa besogne nourricière, il resplendit, il chauffe, — tendons les mains * et récoltons.
Notre âme cache, il est vrai, de ténébreuses et proi'oudes retraites, où sont
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tapis, pour en sortir au premier signal, d'affreux démons de perversité, de lucre, d'égoïsme ; mais elle a aussi ses fées radieuses, ses séraphins, ses bons génies, les expansions, les sourires, les générosités, — ce sont ses serviteurs préférés ; car si on ne la met pas sur le pied de guerre et de défense, elle est bonne naturellement. Pourquoi serait-elle autrement ? Elle est faite pour jouir, et tout, autour d'elle, l'y invite ; elle n'a pas besoin de la méchanceté. Il y aurait de quoi, malgré les maladies, malgré la mort, malgré les déceptions, les trahisons et les dégoûts, malgré la haine même, il y aurait de quoi 6tre heureux, si nous nous empêchions moins, les uns les autres, de l'être ; ou, pour parler plus philosophiquement, il y a de quoi s'imaginer qu'on sera heureux, demain. Cela suffit pour que le