‹ A quoi servent les missionnairesChapitre 13 sur 27 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

par les missionnaires français, et un savant naturaliste, M. Charles Oberthur, pouvait écrire en 1902 : a Actuellement, nous possédons des documents nombreux, fruits de laborieuses recherches, alors qu'il y a une trentaine d'années, les productions naturelles du haut Yong-Tse restaient encore insoupronnécs. Certes, bien des volontés s'y sont employées, mais nous ne nous lasserons jamais de publier, et nul ne pourra contester que les missionnaires catholiques ont ouvert la voie. Avant leurs explorations, personne ne savait ce qu'étaient la faune et la flore du centre de l'Asie, w Les Pères du Saint-Esprit, ces infatigables pionniers de l'Évangile dans le continent noir, ont réuni, dans plusieurs de leurs missions, des collections de tous les arbres utiles des pays chauds et établi, en plusieurs endroits, des jardins d'essai. C'est du Père Sarcleux, missionnaire du Saint-Esprit, que M. Alluand, explorateur africain, disait à la séance de l'Institut le 7 janvier 1910 : a Le P. Sarcleux est non seulement un philosophe émérite, mais aussi un botaniste de grande valeur qui rend les plus grands services au Muséum d'histoire naturelle en étudiant les herbiers rapportés par les voyageurs naturalistes : on comprendra la reconnaissance que nous devons à de tels hommes qui maintiennent au loin le bon renom de la France et. sans bruit, mais avec une continuité d'elTorts inlassables, rendent d'inappréciables services dans toutes les branches des connaissances humaines. » M. Périer, directeur du Muséum, termina la séance en soulignant les éloges décernés au P. Sarcleux : « Non seulement je m'associe aux éloges, dit-il, mais j'ajoute

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que le IL P. Sarcleiix travaille pour nous gratis pro Deo et ne nous (Jcmancie jamais d'argent'. »>

Les Maristes ont eux aussi apporU* à l'étude des sciences naturelles un concours des plus précieux, et tout spécialement le Père Hervier, qui fut procureur général de la Société de Marie, et le Père Cognet, missionnaire à la Nouvelle-Zélande.

u Dans la science de la linguistique, dit M. .\lexandre Guasco*, rien n'a échappé aux investigations des missionnaires. Los idiomes les plus étranges des contrées sauvages ont trouvé en eux leurs grammairien». Parfois, nos linguistes sont récompensés de leurs peines par l'intérêt même qu'offrent certains dialectes, mais toujours les difficultés abondent. Les Pères Blancs, les Pères du Saint-Esprit, les Lazaristes, les Maristes, tous les autres missionnaires ont étudié la langue des peuplades qu'ils évangélisaient et très souvent publié des grammaires, des manuels, des études sur leurs divers dialectes. Le 7 janvier 1910, Mgr Leroy, supérieur général des missionnaires du Saint-Esprit, déposait sur le bureau de la Société de géographie deux ouvrages importants du R. P. Sarcleux dont nous venons de parler : le premier volume est une gram-

1. A méditer par tous ces petits jeunes ^ens que le ministre de l'instruction publique (aujourd'hui, c'est un prolestant, comme par hasard) envoie, à nos frais, et nantis d'une bonne subvention prise sur les deniers du budget, en mission quelque part, à l'étranger, pour qu'ils nous disent ensuite ce qu'ils ont >'U. Ils ne travaillent ceux-là ni gratis, ni pro Deo, mais on leur donne les palmes, la croix et de l'avancement. Ce qu'ils doivent mépriser le Père Sarcleux qui gâte ainsi le métier l

i. Les missionnaires et la science, brochure, p. 17.

maire, le second une étude minutieuse et de longue haleine sur les difTérents dialectes swalis.

(( En étudiant, depuis deux siècles, avec une patience admirable, les langues, idiomes, dialectes des peuples où ils étaient envoyés, en publiant ces dictionnaires, ces grammaires, ces lexiques, nos missionnaires ont bien mérité de la France, car ils facilitaient ainsi l'enseignement de la langue française et en morne temps les échanges commerciaux ^ »

D'après cet aperçu nécessairement sommaire, on peut conclure ([ue nos missionnaires sont des observateurs, des écrivains, des savants en même temps que des apôtres de l'Évangile ; il faudrait un gros volume pour énumérer tout ce qu'ils ont fait pour la science historique. Dans la conclusion du bel ouvrage en six volumes les Missions catholiques françaises au dix-neur vibme siècle, publié sous la direction du R. P. Piolet, avec la collaboration de toutes les sociétés de missions, M. Brunetière, de l'Académie française, s'exprimait ainsi : u J'ai sous les yeux, en ce moment, l'incomparable collertion des Lettres édifiantes. Description des lieux, énumération des curiosités naturelles, mémoires de botanique, de zoologie, d'ethnographie, de linguistique, esquisses de grammaires iroquoise ou huronne, renseignements historiques, analyse des superstitions locales, traits de mœurs, anecdotes caractéristiques, rien n'y manque en vérité de ce qui peut contribuer à la connaissance plus précise de la terre et de l'homme I

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