CE QU ON PENSE DES MISSIONNAIRES
pauvreté de l'idée et du style, qui est celui d'une alTiche électorale ou d'un prospectus de marchand de vins, accusent une tlagrante médiocrité d'esprit. C'est pensé par M. Homais, et on croirait que c'est écrit par M. Bienvenu-Martin lui-même. Dire qu'ils se sont mis à treize pour produire un pareil monstre ! Le nombre treize porte malheur : c'est une preuve de plus '.
U va sans dire que cette manifestation saugrenue serait sans importance aucune si un état d'esprit trop répandu h notre époque ne s'y reflétait trop clairement : u Les missionnaires à quoi servent-ils ? » Qui n'a donc entendu émettre, sous cette forme, ou sous une autre encore plus fruste, la même question qui, à l'heure de l'absinthe, retentit dans tous les Cafés du Progrès du doui pays de France?
A quoi servent les missionnaires ? Pour un catholique, la question ne se pose pas. Un missionnaire c'est un homme qui va prêcher l'Évangile du Christ aux païens, aux idolAtres ; c'est un homme qui a reçu « mission » d'annoncer la bonne nouvelle aux peuples qui ne l'ont pas connue. La grandeur, la noblesse d'un tel rôle n'échappent point à un chrétien ; mais, aujourd'hui, en France où les dévots de la Maçonnerie se sont déguisés en législateurs, où d'innombrables individus semblent revenus au paganisme d'avant le Christ, le
I. Ua des sigtiataireâ du a Considérant » le plus connu, M. Merlou, ancien ministre des finances, est mort depuis. Il a été inhumé dans le cimetière de Saint-Sauveur (Yonne). Ce n'est pas sans quelque surprise qu'on lit sur sa tombe ces mots en lettres d'or : (( Il a passé en faisant le bien ». Un cimetière semble ua endroit assez mal choisi pour se moquer des morts.
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nombre est restreint de ceux qui pensent en chrétiens. La multitude raisonne comme les treize du Conseil général de l'Yonne. Le Me du missionnaire dans la propagande de l'idée chrétienne, si elle ne l'admire point parce qu'elle ne le comprend pas, elle n'aperçoit pas non plus refficacité de son labeur au point de rue français. Ces pages n'ont d'autre prétention que de mettre sous les yeux de ceux qui savent encore réfléchir, quelques évidences, quelques témoignages d'uoe indiscutable valeur.
IL — Les missionnaires et la prospérité
^COMMERCIALE DE LA FraKCE.
Il faut avoir l'esprit obscurci par toutes les nuées de la haine anticléricale pour ne point voir l'efficacité du rôle des missionnaires catholiques comme agents de prospérité commerciale. Sans doute, les missionnaires ne donnent point pour but à leur effort l'intérêt économique de leur nation d'origine ; leur idéal est infiniment plus élevé ; mais puisque ce but qu'ils ne poursuivent pas directement, il est démontré qu'ils l'atteignent par surcroît, c'est simplement justice de leur en faire honneur. Dire, comme quelques docteurs de la libre-pensée qui sont bien obligés de s'incliner devant les faits : « Oh ! si les missionnaires rendent des services au point de vue de l'expansion commerciale française, ils ne le font pas exprès ! On ne doit leur en