III. — Les missionnaires et la civilisation
Et ce n'est pas seulement le commerce national qui bénéficie de l'influence du missionnaire, c'est la civilisation. Monseigneur Leroy, ancien missionnaire au Congo, aujourd'hui supérieur général de la Congréga-
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tion du Saint-Esprit, définit tr^s bien cette action civilisatrice : " Qiioifjiie, dit-il, l'objectif de l'ÉvaDgile ne soit, à proprement parier, ni scientifique, ni littéraire, ni politique, ni social, cependant nous pouvons dire avec vérité, en retournant une phrase d'un écrivain moderne qui est un admirable logicien (Brunetière), que toute question religieuse est une question morale, et que toute question morale est une question sociale.
« De plus, comme l'action du christianisme porte sur la réforme de lindivida et de la famille, et comme la réforme individuelle et familiale entraine nécessairement la réforme de la société, on peut conclure rigoureusement an rôle largement civilisateur du christianisme, si éloquemment d'ailleurs attesté par l'histoire *. »
Le témoignage d'un évêque missionnaire en faveur de l'action civilisatrice des missions catholiques pourrait être, par certains esprits, taxé de partialité ; on ne sera pas tenté, je le pense, de récuser l'attestation de protestants et de libres-penseurs. M. Bonnet-Maury, pasteur protestant, professeur à la faculté protestante de Paris, publiait en 1908 un livre ayant pour titre France chrétienne et civilisation, où il affirme : « Le plus sûr agent de civilisation, c'est le missionnaire- », et tout le livre n'est pour ainsi dire que le développement de cette idée. M. Anatole Leroy-Beaulieu, dans la préface du volume, écrit : « Quelque titre qu'aient à notre reconnaissance les missions ou les écoles protesantes et Israélites du dehors, que sont-elles en face des