‹ A quoi tient la supériorité des Anglo-SazonsChapitre 11 sur 48 · XXX PREFACE · texte numérisé non relu

XXX PREFACE

Cette noblesse en effet était bien différente de celle de la France : en France le roi était sorti de la noblesse; en Angleterre la noblesse était sortie du roi. Un seigneur français osait dire au roi capétien : « Qui t'a fait roi? » Le roi d'Angleterre pouvait dire au seigneur normand : « Qui t'a fait comte? » Et celui-ci, annobli d'hier et sorti de rien, baissait la tète.

A ce moment de l'histoire, l'Angleterre paraissait donc devoir évoluer, avant l'Espagne, avant la France, vers la monarchie à la Philippe II, ou à la Louis XIV.

Elle fut sauvée encore une fois par le petit paysan saxon, par ce rustre inébranlablement assis sur sa motte de terre et défendant inébranlablement sa Common laiv. On vit alors un phénomène extraordinaire : Menacée par le roi dans ses privilèges, la noblesse normande se trouva dans la nécessité, pour se défendre, de s'allier au Saxon méprisé et exploité.

De cette alliance sortit une chose hybride : la Grande Charte.

La Grande Charte reconnaissait à la fois : la Common laio saxonne et l'indépendance de la noblesse normande. Cela eut lieu en 1215 et fut signé par Jean Sans-Terre.

Du moins, pour le Saxon, c'était toujours un ennemi de moins : l'autoritarisme royal.

La Grande Charte établit tout un système de garanties légales contre le roi : conseil de 25 seigneurs, c'était l'apport de la noblesse; Parlement, c'était l'apport de la tradition saxonne. Mais les Saxons

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