‹ A quoi tient la supériorité des Anglo-SazonsChapitre 22 sur 48 · NOTRE MODE D EDUCATION COMPROMET LA SITUATION FINANCIÈRE DE LA FRANCE · texte numérisé non relu

NOTRE MODE D EDUCATION COMPROMET LA SITUATION FINANCIÈRE DE LA FRANCE

On répète volontiers que ce siècle est « le siècle de l'argent », et, en le constatant, on s'en félicite ou on s'en afflige.

Le fait est que les entreprises et les spéculations financières ont pris, à notre époque, un développement inouï.

Ce n'est pas là un accident fortuit; rien en ce monde n'est l'œuvre du hasard.

C'est la découverte de la houille qui a donné à l'argent l'extraordinaire puissance qu'il a de notre temps. La houille a imprimé l'impulsion à une foule d'entreprises qui, dépassant de beaucoup la fortune d'une famille, ne peuvent être tentées qu'au moyen de sociétés d'actionnaires.

La première de ces entreprises est l'exploitation môme des mines de houille. Ce produit ne se trouve

pas dans le sol à l'état de filons comme les métaux, mais par couches immenses dans lesquelles on peut puiser indéfiniment. Elles se prêtent donc k une exploitation intense exigeant beaucoup d'ouvriers.

D'autre part, on a intérêt à faire cette exploitation en grand, parce que la houille, alimentant une foule d'industries, est d'un placement assuré.

Un pareille entreprise exige manifestement des capitaux considérables, qu'une société financière seule peut réunir.

La houille a non seulement fourni un nouveau genre d'exploitation minière, mais elle a transformé l'industrie elle-même. Le petit atelier y est remplacé par le grand atelier. En effet, une force motrice aussi puissante que la houille décuple et centuple la production et par conséquemenl le nombre des ouvriers. Ce développement industriel exigeant de nombreux capitaux, amène également, dans beaucoup de cas, la constitution de sociétés financières.

Mais la houille ne fournit pas seulement le « pain de l'industrie » , elle a eu pour effet de transformer les moyens de transports. Elle procure la force motrice aux chemins de fer et aux bateaux à vapeur. Ces entreprises exigent, encore plus que les précédentes, l'association des capitaux; la plupart sont exploitées par des sociétés.

C'est encore la houille qui a rendu possible un certain nombre de grandes industries entreprises par des sociétés d'actionnaires, comme la fabrication du gaz d'éclairage , les applications de l'électricité, l'ou-

verture du canal de Suez, les chemins de fer, etc.

La houille a eu enfin pour conséquence de lancer les États eux-mêmes dans la voie des grands travaux d'utilité publique. Ces derniers se sont développés en proportion de la puissance de ce nouveau moteur. Le budget ne suffisant pas à des entreprises aussi considérables , il a fallu recourir aux emprunts , c'est-à-dire à la constitution de sociétés de prêteurs de fonds encore plus importantes que les précédentes.

C'est ainsi que l'argent a pris subitement une puissance énorme, inouïe, caractérisée par ce fait qu'il produit des revenus de lui-même, c'est-à-dire sans exiger de la part du propriétaire aucun travail personnel. Ce qui était autrefois un cas très rare, est devenu tout à coup le cas le plus fréquent. L'espèce du « capitaliste » s'est développée subitement et avec une telle extension qu'elle embrasse aujourd'hui non seulement les familles riches , mais les plus humbles, celles qui économisent sou par sou un capital minime.

Voilà ce qu'a fait la houille.

Il suffit de le constater pour se rendre compte que l'on est en présence d'une transformation purement naturelle. Elle est le résultat de la force même des choses, qui est infiniment supérieure à la force des hommes. Il y aurait donc folie à vouloir aller contre; l'échec serait certain.

Les causes qui ont porté le public à se jeter avec

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tant d'empressement sur les valeurs mobilières ne sont pas moins positives.

Ces valeurs présentent un premier avantage : elles sont commodes.

D'abord rien n'est plus aisé que de les acquérir, puisqu'elles sont divisibles presque à l'infini. Elles sont par là à la portée du plus modeste capitaliste. Ensuite, elles donnent des revenus sans imposer aucun travail . aucune charge ; c'est là une séduction également accessible à tous. Enfin, ces revenus vous arrivent, — lorsqu'ils arrivent, — avec une périodicité et une régularité que l'on ne trouve pas à exercer personnellement l'agriculture, l'industrie, ou le commerce. Comment résister à des avantages aussi manifestes?

Mais ce n'est pas tout. Ces valeurs ont un autre attrait : elles offrent la perspective séduisante soit d'une plus-value, soit d'un remboursement avantageux, soit de lots considérables. C'est de la fortune qui vient en dormant.

On y compte d'autant plus que, pendant longtemps, les actionnaires ont réalisé des bénéfices considérables : on cite, avec des sentiments de convoitise , ceux d'Anzin , dont le fameux denier représente une fortune; ceux de Suez, de la Compagnie du gaz de Paris, etc., etc. A l'époque où tout était à créer, où les besoins à satisfaire étaient immenses, où la concurrence était encore peu développée, beaucoup de ces entreprises donnaient en peu d'années des bénéfices inespérés. Le public émerveillé accourait

et accourt encore comme des alouettes au miroir. S'il y a des déceptions , elles se perdent au milieu de ces succès retentissants.

Enfin, les valeurs de bourse , à cause de la facilité que l'on a à les acquérir et à les revendre et des changements de cours qu'elles subissent, attirent un grand nombre d'esprits, par les séductions de la spéculation. On a la perspective non plus seulement d'administrer commodément sa fortune, mais de l'augmenter tout d'un coup, dans les proportions indéfinies.

Voilà bien, en résumé , les causes qui poussent à acheter les valeurs mobilières.

Ce mouvement a eu pour résultat de faire tourner toutes les têtes. Il a développé , au point où nous le voyons aujourd'hui, le culte de l'argent. Il a ouvert à chacun des perspectives indéfinies d'enrichissement. Il a mis au pinacle les hommes de finance ; il en a fait les rois de l'époque.

Mais cette belle médaille a son revers.

Jamais la figure qui représente la Fortune debout sur une roue qui tourne n'a été plus exacte.

Les fortunes mobilières sont essentiellement instables.

Elles sont à la merci de toutes les fluctuations du marché. Et ce dernier est lui-même à la merci de tous les hasards de la politique et de la spéculation. Nous n'avons pas à refaire ici l'histoire que tout le monde connaît des ruines que la Bourse accumule chaque jour.

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Mais, à certains moments, la crise Onancière est tellement intense, elle frappe à la fois tant de têtes, qu'elle devient une véritable catastrophe. Elle ressemble à un effondrement; il se produit un « krach » formidable.

Alors c'est une clameur; tous les intérêts blessés se soulèvent. C'est à qui portera contre les financiers, contre les agioteurs, les accusations les plus passionnées et que souvent l'on mériterait soi-même. On veut bien toucher les dividendes, mais on ne veut pas courir les risques. Et cependant ceux-ci sont, autant que ceux-là, les fruits naturels du système financier. Les valeurs de bourse produisent l'instabilité comme le pommier produit la pomme et la vigne le raisin. C'est une loi naturelle au même titre.

Il s'agit de savoir si l'instabilité inhérente aux valeurs de bourse et si la domination des hommes de Dourse peuvent ou ne peuvent pas être conjurées.

On va voir que non seulement elles peuvent l'être, mais qu'elles le sont réellement dans certains pays.

L'extension prise de notre temps parles valeurs de bourse n'a pas produit partout les mêmes résultats. 11 est remarquable que les pays les plus ébranlés ne soril pas nécessairement ceux où l'agiotage est le plus développé. En d'autres tc:mes, certains pays supportent sans secousse une dose de spéculation beaucoup plus forte que celle qui suffit à jeter la pertur-

bation dans d'autres pays. C'est un phénomène analogue à la force de résistance des vignes américaines comparée à celles des vignes françaises vis-àvis du phylloxéra.

On ferait une bibliothèque avec les ouvrages publiés récemment en France , pour pousser le cri d'alarme au sujet des dangers que les Juifs et la spéculation font courir à la société. Ce qui brille dans ces ouvrages, ce n'est pas précisément le calme et la raison; ils sont l'œuvre de la passion violente. La plupart dépassent le but, ce qui est un mauvais moyen pour l'atteindre. Tous ne voient que la surface des choses et ne proposent que des remèdes inapplicables, ou inefficaces. Mais, du moins, cette levée de boucliers est un symptôme caractéristique du malaise dont souffre la société française.

Ce malaise ne vient pas de ce que les Français se soient jetés sur les valeurs de bourse avec plus d'empressement que les autres peuples. Ces mêmes valeurs ne sont pas moins en faveur en Angleterre, dans les États Scandinaves, en Allemagne, ou aux États-Unis qu'en France.

La différence réside uniquement dans la manière de procéder.

Les peuples qui ont su le mieux éviter les conséquences résultant de l'instabilité des valeurs de Bourse ont tous réussi par le même moyen : ils n'ont pas fait reposer leur fortune sur ce genre de « placement »; ils ne lui ont confié que leurs économies et non leur patrimoine.

Les Français , au contraire , ont tout lâché , pour jeter à la Bourse économies et patrimoine. Aussi at-on coutume de dire que la France est le pays où largent est le plus abondant. Le fait est vrai et il tient précisément à la tendance générale des Français à mettre leur fortune en argent, à la rendre « ''quide », suivant l'expression consacrée. L'idéal d'tin grand nombre de Français est d'avoir toute leur fortune en portefeuille.

C"est à cause de cela que la plupart des émissions financières du monde entier se font en France. La France est le grand marché de l'argent, en ce sens que c'est le pays où un financier habile peut jeter, avec le plus de profit, le plus vaste coup de filet. L'argent français s'écoule à l'étranger par mille ruisseaux... qui ne reviennent pas tous en France. Il s'est écoulé en Turquie, dans le Honduras et le Venezuela, dans les mines d'Espagne et de la République Argentine, dans le Pérou, etc., etc.

Enfin, ne sait-on pas que les deux plus grandes entreprises de ce temps, le percement du canal de Suez et du canal de Panama, ont été exécutées en grande partie avec des capitaux français? Cela ne veut pas dire que ces entreprises resteront entre les mains de Français. Suez appartient déjà à l'Angleterre; Panama passera vraisemblablement entre les mains des citoyens américains. Toujours la main mise de l'Anglo-Saxon ! Ce sont les Français qui payent , mais ce ne sont pas eux qui exploitent. Ils courent les chances, d'autres recueillent les bénéfices assurés.

C'est un fait bien certain que la France est le pays où les fortunes sont le plus mobilisées.

Quelle est la cause de ce fait?

Il tient à ce que les Français négligent de plus en plus les trois grandes sources auxquelles s'alimente la fortune publique : l'agriculture, l'industrie et le commerce.

Nous n'avons pas besoin de redire avec quelle persistance la monarchie , particulièrement Louis XIV , a arraché la noblesse à ses terres pour l'attirer à la cour. La classe supérieure a été peu à peu déshabituée de la résidence rurale et des choses de la culture. Elle est devenue une classe urbaine , et la France est aujourd'hui le pays où les grands propriétaires pratiquent le plus l'absentéisme et s'occupent le moins de leur exploitation rurale. Dès lors, les capitaux qui auraient dû retourner à la terre et être utilisés en améliorations agricoles se sont trouvés disponibles.

Ces capitaux auraient pu aller à l'industrie ou au commerce. Mais, en vertu d'un sot préjugé, ces occupations sont considérées, en France, par tous ceux qui prétendent appartenir à la classe supérieure, comme une dérogeance. Les gens qui s'y adonnent n'y voient eux-mêmes qu'un moyen de faire rapidement fortune, de se « retirer » le plus tôt possible, et de faire entrer leurs fils dans les carrières qui sont aujourd'hui particulièrement ambitionnées par ce que l'on est convenu d'appeler la classe supérieure.

Ce sont les carrières administratives. Faire partie de l'adminiflration civile ou militaire est le rêve de tous les Français presque sans exception. C'est le moyen d'être bien vu, de faire de riches mariages et de pénétrer dans un certain monde.

Le Français est donc fonctionnaire, ou candidat fonctionnaire. A ce titre , il reçoit des appointements. Que voulez-vous qu'il fasse de l'argent qu'il économise sur ses dépenses? Pour les causes que nous venons d'indiquer, il n'a ni l'idée, ni l'envie de l'utiliser pour entreprendre l'agriculture, l'industrie, ou le commerce. Ce serait déchoir. D'ailleurs ces occupations lui sont complètement étrangères.

Ces économies vont donc tout naturellement se placer en valeurs de bourse. C'est la seule issue ouverte et elle attire particulièrement des gens qui ne veulent pas, ou qui ne peuvent pas faire valoir euxmêmes leurs capitaux.

EnOn. une dernière circonstance vient encore augmenter les économies en argent dont peuvent disposer les familles françaises : elles ont peu d'enfants, nous l'avons dit plus haut. L'argent que les autres peuples emploient à élever de nombreux enfants se trouve ainsi disponible et à la disposition des entreprises financières. La stérilité systématique, qui produit une déperdition de force sociale pour l'avenir, amène du moins, dans le présent, une augmentation de capital disponible.

Calculez maintenant les conséquences d'une crise financière pour des gens dont toute la fortune repose

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sur des valeurs de bourse. C'est un désastre irréparable.

En est-il de même dans le monde Ansrlo-Saxon?

Chez les Anglo-Saxons , l'agriculture n'a été abandonnée ni par la classe supérieure ni par la masse de la nation. Les lords anglais ont de vastes domaines et y résident; lorsqu'ils ne les font pas valoir eux-mêmes en totalité, ils exploitent au moins directement une réserve. Parla, ils sont au courant des choses de la culture, s'y intéressent et sont portés à y employer leurs capitaux. Un propriétaire français peut difficilement se faire une idée des sommes considérables qu'un grand propriétaire anglais consacre aux améliorations agricoles (1). Cet emploi de la fortune est le principal titre d'un gentleman à la considération publique (2).

Voyez les nombreux émigrants des familles anglaises; partout, aux États-Unis, en Australie, en Nouvelle-Zélande, etc., ils créent des domaines ruraux. Posséder un domaine rural et l'exploiter est la plus haute ambition de ces émigrants. Ils se font colons, settlers, squatters. C'est ainsi que s'établissent au dehors un grand nombre de jeunes Anglais. Quand

(1) V. L. de Lavcrgne, Essai sur ^économie rurale de l'Angleterre.

(2) V. Taine, Notes sur l' Angleterre.

on fait un pareil emploi de ses ressources, il ne reste pas grand'chose pour les valeurs de bourse.

.\u contraire, les émigrants français sont très rares, et ceux qui prennent la dure résolution de s'expatrier vont presque tous dans nos colonies en qualité de fonctionnaires. Là, ils entravent la colonisation beaucoup plus qu'ils ne la servent.

La culture n'est pas la seule voie ouverte à l'activité individuelle. Chez l'Anglo-Saxon, l'industrie et le commerce sont également en faveur, même dans la classe supérieure. Les fils d'un lord anglais qui ne se créent pas un domaine rural à l'étranger, s'établissent en Angleterre comme industriels, ou comme commerçants. Ils ne croient pas, et on ne croit pas, autour d'eux, qu'ils dérogent. Le prodigieux développement de l'industrie et du commerce, en Angleterre et aux États-Unis, ne tient pas à une autre cause. Or de pareilles entreprises exigent des capitaux considérables; c'est autant d'enlevé aux valeurs de bourse et à la spéculation.

Ces familles sont d'autant plus portées à s'adonner à la culture, à l'industrie et au commerce, que la bureaucratie est beaucoup moins développée à l'étranger qu'en France. En Angleterre, par exemple, le nombre des fonctionnaires est réduit à son minimum. L'activité se reporte donc naturellement sur les professions utiles.

Elle s'y reporte avec d'autant plus de sécurité, que ces professions ne sont pas exposées , comme en France, à l'échéance du partage forcé. Le père de fa-

mille , disposant de ses biens, peut créer des œuvres durables qui lui survivront.

On doit se rendre compte maintenant que des familles, dont la première préoccupation est d'asseoir leur fortune sur des entreprises personnelles, soient, par le fait même, à l'abri de l'instabilité des fortunes mobilières. Si elles font des placements en valeurs de bourse, c'est seulement comme un voyageur qui risquerait à Monaco quelques centaines de francs. S'il gagne, tant mieux pour lui; mais s'il perd, le malheur est limité, sa fortune n'est pas atteinte.

Il faut lire, dans La Vie américaine de M. de Rousiers, le chapitre XIII, et notamment le § 3 : « Comment le capitaliste américain 'place son argent ». « A New-York, à Boston, dit M. de Rousiers, je vois des hommes adonnés aux professions libérales, qui engagent dans la culture, ou ailleurs, une partie de leurs capitaux, mais ils connaissent les entreprises que leur argent féconde; ce ne sont pas en général de grandes associations de capitaux , mais des private fîrms. Pour se rendre compte ainsi de l'emploi de leurs fonds , ils se gardent bien de le disséminer comme font, en France, la plupart des pères de famille prudents; ils ne craignent pas de mettre tous leurs œufs dans le même panier, selon une métaphore habituelle à nos rentiers, parce qu'ils ont l'œil sur ce panier, s'assurent qu'il n'est pas percé , avant de lui confier leurs œufs. Aussi les journaux américains, si pleins de renseignements pratiques, ne publient-

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ils pas uniformément, comme les nôtres, la cote delà bourse des valeurs. Une infinité de gens parmi leurs lecteurs ne prendraient aucun intérêt à cette publication; s'ils possèdent des fonds disponibles, ils en ont généralement dans leur propre activité l'emploi tout trouvé ; ils fondent des entreprises, ils travaillent avec leurs capitaux, au lieu de dormir sur des titres de rente » (1).

Aussi presque toutes les affaires de bourse se fontelles au comptant ; tous les achats faits dans une bourse sont réglés le lendemain matin par des chèques. Les gens qui spéculent sont obligés de prendre livraison des titres qu'ils achètent. Voilà qui limite singulièrement le champ de la spéculation et les aléas des opérations de bourse.

On peut donc affirmer que , s'il arrivait un krack général des valeurs, le monde anglo-saxon serait bien moins atteint que nous, parce que les fortunes y sont beaucoup moins mobilisées.

C'est la mobilisation de nos fortunes qui a fait de la France la Terre promise des financiers. Le Juif, en particulier, est une plante qui ne se développe que dans les terrains favorables. Pourquoi ne se développe-t-il pas en Angleterre , dans les États Scandinaves, aux États-Unis, en Australie, etc.? Parce que toutes les fortunes n'ont pas été mobilisées, parce que chacun fait fructifier, sur sa terre, dans son industrie, dans son commerce, l'argent dont il

(1) La Vie américaine , p. 398.

dispose. Là où il n'y a rien à prendre, là où chacun sait défendre son bien, le Juif s'élimine de luimême, ou il perd, tout au moins, son caractère malfaisant.

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