VI. — Articles divers
Ainsi défendu et lancé par les maîtres du journalisme et de la critique, l'ouvrage trouva, dans les divers organes de la presse un accueil sympathique qui se manifesta par une nouvelle série d'articles; il est impossible de les signaler tous.
Dans l'Univers, M. Tavernier publiait à nouveau deux grands articles intitulés : Anglo-Saxons et Français, dont voici le début : « Un livre de M. Edmond Demolins provoqne en divers endroits des réflexions abondantes et parfois sérieuses. On dirait que nous sommes en train de nous
analyser pour de bon. Si M. Demolins pouvait faire aboutir à une conclusion pratique tant de méditations que la mode et l'instinct mystificateur ont suggérées, il aurait accompli une œuvre très utile. Il a rassemblé assez de données importantes pour que son livre mérite de frapper l'attention. Selon l'exemple et la pratique de Le Play, M. Demolins compare les peuples; il a réuni de très nombreux détails, qui expliquent l'énorme développement de la puissance anglaise... » Et M. Tavernier analyse l'ouvrage, pour en faire ressortir les enseignements qu'il apporte.
L'article de VÉvéneme7it, par M. Marcaggi est intitulé : Nécessité d'une âme dirigeante : « Le livre de M. Demolins, dit l'auteur, a inquiété l'opinion et l'on s'est préoccupé de trouver des toniques assez puissants pour endiguer ce qu'on appelle la décadence française... » et il analyse les divers caractères de cette décadence.
Le Courrier du soir consacre au livre deux de ses Chroniques, signées P. de B. « Le livre de M. Demolins est d'une lecture infiniment douloureuse pour nous parce qu'il explique notre abaissement économique et montre le mal, non seulement tel qu'il est aujourd'hui, mais tel qu'il sera chaque jour davantage, si nous persistons dans nos erreurs et dans nos fautes C'est pourquoi il faut remercier M. Demolins de son ouvrage autour duquel semble heureusement s'être créé un véritable mouvement dans la presse et souhaiter qu'il éveille un véritable écho dans le public. »
Le Jour analyse, en les approuvant pleinement, les conclusions qui se dégagent de l'œuvre et il conclut ainsi : «... C'est donc une très grosse question que soulève M. Demolins... Mais il y a dans ce livre de vrais dangers courageusement signalés. »
Le National, le Voltaire, le Paris, la Petite Presse, l'Étoile, le Rapide, le Public, la Nation, la Cocarde, le Petit National, publient simultanément un article dont voici seulement un passage caractéristique : « Le livre de M. Edmond Démo-
lins fait un bruit énorme, parce qu'il vient à son heure... Le peuple français, à Tlieure actuelle, semble avoir réalisé lidéal de la vie douce sur les genoux d'une mère. Et c'est cette conception de la vie qu'il faut changer si nous voulons garder l'empire colonial que nous avons conquis. Voilà la leçon désagréable, mais utile, qui ressort du livre de M. Demolins. »
Les journaux de province continuent à suivre le mouvement imprimé par ceux de Paris. La Bourgogne : «... Le péril créé par la prépondérance de la race anglo-saxonne est mis en lumière avec une clarté effrayante par M. Edmond Demolins, qui nous en montre les causes avec une
rigueur impitoyable » Même note dans VÊcho, de Chau-
mont, le Patriote, de Pau, le Petit Républicain de Nîmes, le Tourangeau, VÉcho Tunisien, etc., etc. Il est impossible de citer tous les journaux, car, à partir de ce moment, le volume est devenu une « actualité ».