‹ A quoi tient la supériorité des Anglo-SazonsChapitre 9 sur 48 · XXII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXII PRÉFACE

la légende épique du roi Arthur et des chevaliers de la « Table Ronde ».

Le Saxon, qui, contrairement au Celte, est essentiellement un paysan, fortement dressé à la culture par les conditions géographiques des milieux où il était établi précédemment (1), s'installe solidement sur le sol qu'il défriche, et établit son habitation au milieu de son domaine. Son idéal c'est la constitution d'un domaine rural sur lequel le simple 2^o,''^ii(^ulier (formation particulariste) est complètement indépendant de ses voisins et des chefs politiques. Alfred le Grand lui-même ne peut entraîner à la guerre que les Saxons qui le veulent bien, qui y ont intérêt et qui estiment que la chose en vaut la peine. L'autorité des chefs saxons est d'ailleurs purement temporaire et élective : on saisit là la première et lointaine manifestation du self-government. On saisit même déjà l'embrion du Parlement dans les réunions du peuple [Folkmot], des prud'hommes, des sages {Witenagemot), où tout le monde avait le droit de venir.

Ce type ne donne ni aristocratie militaire, ni aristocratie de naissance, mais seulement des propriétaires tous égaux en droits, des domaines indépendants dont aucun n'est subordonné à un autre, contrairement à ce qui a lieu dans le régime féodal.

La justice est également indépendante des pouvoirs publics: elle est organisée spontanément entre propriétaires du voisinage : c'est le commencement de l'institution essentiellement saxonne du jury.

(1) Voir les études de M. de Tourville dans les procliaines livrailoiis de la .Science sociale.

PRÉFACE. xim

Tout cela est bien différent du régime que les chefs francs, associés aux Gallo-Romains , établirent sur le continent!

2^" Acte : Prédominance des Saxons sur les Angles.

Au sixième siècle, les Angles, qui arrivaient du versant oriental du Schleswig, abordèrent la Grande- Bretagne plus au nord. Ils refoulèrent plus ou moins les Bretons, et formèrent le grand royaume de Northumbrie. Ils se répandirent ensuite vers le sud jusqu'à la Tamise, et ils fondèrent un second grand État, la Mercie.

Quoique plus formés à la culture que les Celtes, les Angles l'étaient moins que les Saxons. Tandis que ceux-ci n'envahissaient que de petits territoires, c'est-à-dire ce qu'ils pouvaient cultiver, les Angles s'étendaient sur de vastes espaces, parce qu'ils étaient plus préoccupés de dominer au loin, que de se livrer à l'exploitation agricole.

C'était là une première cause de faiblesse. Ils en avaient une seconde : une noblesse héréditaire, Jarls, Ethels ou Ethelings. La science sociale explique aujourd'hui cette diflférence avec les Saxons, je me borne à la constater.

Autour de ces nobles, se groupait un nombreux entourage de fidèles, de compagnons, de comités, de milites, sorte de clan patriarcal. Ce clan faisait la force, mais aussi la faiblesse des chefs, car, pour le maintenir dans l'obéissance, et pour lui distribuer des dépouilles, les chefs devaient étendre toujours plus loin leurs conquêtes et leur domination.

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