DEUXIEME PARTIE
en jour, ts lème sur leqti l'irrcpar; présf i la I
lit entraîné, de jour tnscqueiices du sys- :c était fondée. Déjà u 5 septembre avait libres de ta majorité
de i8i5, comme les p.... dangereux ennemis du Prince cl des sujets. Déjà les circulaires de ce ministre et les lettres des préfets traitaient lac royalistes d'amis insensés de la monarchie. Le nom sacré du Roi était mis en avant; le Roi, disait-on, verra avec' mécontentement siéger dans la nouvelle Chambre ceux des députéS^qtti se sont signalés dans la dernière session par leur attachement à la majorité, etc.
Il fallait déguiser l'existence et le caractère menaçant des complots révolutionnaires; dénaturer les évènemens qui pouvaient faire sentir au Roi la nécessité de s'environner de ses dé-
(57) roués serviteurs ; éloigner ceux qui, par le souvenir des services rendus , par l'éclat de leurs Boms, parla supériorité de leurs tatens, pouvaient vaincre l'influence de l'homme nouveau; calomnier ces royalistes fidèles , et soulevé* contre eux la haine, le mépris , les accusations de font genre; raviver les passions populaires; invoquer à son aide et la révolution et le buonapartisme ; pour triompher enfin de toutes les résistances, jeter jusque sur les marches du trône la dissension et les soupçons impies; c'est ee qu'exigeait le système, c'est ce qu'a fuit M. Détaxes jusqu'au jour où le sang de nos Rois a coulé. '
Le i5 Janvier 1817 , Tes députés demanderent compte au ministre de l'exécution des lois d'exception qu'il avait sollicitées et qui lui avaient été accordées en i8i5. îls voulaient une explication sur la conjuration du 2 r janrîer dans Lyon, et la révolte du 4 mai à Grenoble». M. Decazes monta à la tribune, et dit : ' « On a parlé de Grenoble et de Lyoa; on a* « dit que la lolavait été inutile, parce que, sur « un seul point du royaume , on. n'avait pas « prévenu un mouvement séditieux; l'exccp- « tion ici confirme la règle. Quand il serait « vrai que l'administration aurait été iinpré-
< M) « royanic sur nn seul |>ojn' , il ne serait pas « moins uni dediir- «[d'elle aurait encore bien « mérité de lu patrie, par »un succès i«r tous « les autres points du royaume (i); raaiscoro- « meni ai- on pu accuser le gouvernement
* d'imprévoyance sur les évèocmens «Je Qre- - Dublc? Il «si au-dessus de pareilles attaques; « je puis ici facilement retracer les frits.
* L'affaire de Grenoble n'a pas été imprévue;
* sans la prévoyance du ministre, le mal eût « été beaucoup plus grave. L'état de Grenoble
* était connu depuis trois semaines (a); des ■ forces imposantes (3) avaient été, sur notre
* demande, envnyéesdniiscette ville, et, sans « celte précaution, on ne peut dire quel eût i été le sort de Grenoble. »
. MM. les députés tic l'Isère savent que la
(1) Étrange logique ! I» grande conspirai ion qui a éclatédan* Grenoble, prouve tjue d'autres conspirations onl été prévenue» sur tous les autres points du rojramel
(2) Depuis uuinze jours l'ordre était donné à toutes le» troupes de la division de se trouver sur la frontière au passade <lr S. A'. H. M"* la duchesse de Berry. A quoi aer- Ydit dupe. la. jn-énoyance du ministre ?
(3) En effet , un bataillon de l'Hérault cit arrivé dana l'Isère, mais seulement pour réprimer les rébellions à la gendarmerie, (Lettre du 1" mars.)
(59) t reille de l'attaque , sept personnes avatfnt t été arrêtées dans la ville ; c'est ce qui a eta- « péché que le complot n'éclatât dans les niars
* à la fois et hors des Hnlrs (t) ; c'est ée qui * « permis à l'autorité, prévenue, d'envoyer dei « troupes au-devant des rebelles. Quelle a été, m d'ailleurs, cette attaqué? Quel est donc ce
* besoin de grossir ainsi les dangers , et de « Élire croire k àe$ mani qui n'ont pas été afussi « grayes qu'on Ta prétendu ? Trois cents pay«t> océans égarés, dont ùd tiefrs ignorait le motif t pour lequel on leur était fait prendre les « *rm& , et croyait (le fhi tu été posîtivemertt « reconnu ) venir assister à des fêtés et à « des réjqyissances (a) , ont été les auteurs
« de ce mouvement séditieux. Les malheureux
« étaient entraînés par un chef que la palliée poursuivait depuis trois mois (5), et
< (1) San* doute rarrestatioii éa lieutetSant AriWrt , par 1er g^éral Ddmuu&ed, à neuf fcetirés'dii soi*. . (ff Le «ântstre éuhlie qrffl .yient de dire t &t ne peut dire quel eût été le sort de Grenoble. Le ministre oahbç sa ôrcuhiie àiet qtftatejpréitai'Le immstre ôt&lie les. ordres sérères qu'il a dori^perlfc télégraphe* et fie noa* tumJbérotK jfai tuAï ■ l- - r ' (S) pMicrV^Urttoontrë, arsBt Mvènement, dens* tel
département de l'Isère. Il artft legé aux pestes A
» qui n'a été arrêié que par ses soins (i). » Le général Donnadieu adressa un Mémoire au Roi , pour réfuter les allégations de M. Decaies. Ce Mémoire fut imprimé âGrcuoblej le général reçut alors la lettre suivante :
■ Monsieur le vicomte, « Le Roi m'ordonne de vous faire connaitre « son mécontentement sur ce que vous vous
* êtes permis de publier un Mémoire qui :n- « taque M. le ministre de lu police générale.
* Sa Majesté a vu avec un estrerae déplaisir «■que vous vons soyez porlé à ceiLe démarclie « inconsidérée.... » ■ -
La lutte était engagée entre M. Decaxes et le vicomte Donnadieu.
noble i' dans la brasserie du nommé Alirandon. (Voir la pétition, page 26. )~hWtah demeuré plusieurs jours cbei l'aubergiste Rubclu».. £Y(* La déclaration de ce dernier.) Comment la police; qgi ,/c poursuivait depuis trais mois, ne l'a- 1 - qU<: pas arrête, , puisqu'il était aux porte] de la ville? . ■ . '....■■ .,'lU .,-.. . .
(1) Didier fut arrêté dans le ducké de Savoie, non par la police , pais par de*, carabiniers royaut , sur les indications d'un sieur Sert , qui , sur la promesse de la grâce, d'un de se# camarades, s'était engagé , enrers 1» général «Je préfet,..* livrer Didier. ;,
Cependant la journée du 8 juin révéla de nouveaux complots ; une seconde insurrectionéclata dans la ville de Lyon ; et il parut à tous que, sur un autre point encore , le ministère de la police n'avait pas bien mérité de la par* trie. Cette fois c'était trop peu de dire qu'on se faisait un besoin de grossir les dangers. Le général commandant à Lyon , le préfet, le maire» le prévôt de cette ville , les maires des campagnes s'étaient fait connaître par un grand dévouaient à la monarchie ; on les accusa d'avoir été lés provocateurs de la révolte du 8 juin. Toutes ces autorités furent destituées.
Chose étrange ! la haine personnelle voulut que le général Donnadieu fût déclaré complice du grand crime qui leur était imputé. 11 fallut chercher des délateurs.
La conduite de ce général semblait devoir le mettre à l'abri de ce dernier effort de la calomnie. Par sa correspondance > il avait donné avis au ministère dé tous les renseignemens qui lui parvenaient sur la disposition des esprits (i).
. (1) Voir Pièces jusuficatiyes, n<>» XVI et XVII.
Le a5 mai , il annonçait encore au ministre de la guerre que des nialveillans avaient cherché à soulever les habila «s de la Tour-du-Pin j et que la Conr royale, vu VimportaDce des faits, avait envoyé sur les lieux une commission ■m en info Dubois , dit-il à Son
• Excelle présidens de la Cour
* rnvnlc qui a é pour cette informa- » timi, vient ! connaître à l'instant
• qu'il croyait loin et la misère o'é-
■ laient que 1 des manœuvres qut « avaient été pra , et que le -véritable « but était d'opt < une réunion assez cortsié dérable dans un rayon d'une vingtaine de
* lieues de circuit, sur tous les points qui é avoisinent le plus les bords du Rhône et ' Lyon, pour agir ensuite sous la conduite
* d'un général et d'un colonel. L'un des pré-
■ venus de celte sédition, sur les douze qui «- ont été amenés à Grenoble, a fait cette dé-
• chtration. M. le président Dubois pense que ris foyer de toute cette petite tramé est
■ dans Lyon ; ce sont des individus dé cette « ville qui viennent parcourir les campagnes « pour inquiéter et pousser les habitons à « des mouvemens insurrectionnels. En cas
* (l'événement , j'ai fait établira* détachement c de cavalerie à Bourgoin, pour seconder , a» t besoin fies autorités dç ce département.
« Je jais , etc.
1 !i « Signé le vicomte Dounàdieu. *
. VoîU de quelle étrange manière le général l'associe au prétendu projet des autorités de la yille de Lyon , de provoquer et de laisser éclar 1er la sédUion dans les campagnes de cette yjtfe! Le ministre répondit au général Donnadieu :
Paris, 3 juin 1817*
m Monsieur le vicomte ,
; . * J'ai reçu les lettres que vous m'avez fait
* l'honneur de ru'écrire les 34 et 2^ maî*
. « A la première , était jointe celle qui vous a «..été adressée par M. le comte d'Andzeno , « commandant militaire du duché de Sa- « .voie, etc.
.■ «La seconde contient des renseignemens #^sor Us* tentatives faites pour soulever une «-partie de l'arrondissement de la Tour-du- « i*tn, et des conjectures sur la liaison de ces » manœuvres avec celles des malvetilans d<r m Lyon, et la rentrée de Tex-ebe£ de-batetUen m Biolet, un des chefs de l<a conspiration ç}e
« 1 i. J'ai fait part de vos réflexions aa
« mil tre de la police générale.
« J l'honneur d'être , etc.
« Signé le maréchal duc de Feltrï. *
M. le lice ne pouvait donc
pas ignore: 1 Donnadieu n'avait
point cessé d torilé sur les machi-
nations des révo res de Lyon. Cepen-
dant, un ofïicii é Bonafoux, avait
donné à l'avance irai Donnadieu, plu-
sieurs renseigi nu„ , dont la journée du 8 juin constatait trop bien l'exactitude. Le général jugea qu'il pouvait être utileau bien public d'envoyer cet homme auprès du lieutenant-général Canuel. 11 le lui adressa, le 17 juin 1817,
ET LE MINISTRE DE LA GUERRE EST CONNAISSANCE DE CETTE MISSION (l).
C'est de ce même Bonafoux, qu'au mois d'octobre suivant, quand M. le maréchal duc de Ragtise fut à Grenoble et à Lyon comme commissaire extraordinaire du Roi, on voulut obtenir des déclarations, principalement sur le fait de l'instigation des généraux Canuel
(1) Voir Pièces justificatives , n° XVUI.
et Donnadietij pour porter les mécontens à se soulever contre le gouvernement (i).
M. le duc de Raguse fit passer ces déclarations à M. Decazes , en lui disant : Ainsi* nous allons avoir une masse de dépositions qui convaincra les plus incrédules de l'a troc* conduite du général Canuel. Il est bien démontré à présent qu'il est seul auteur des troubles de Lyon (2).
Toutes ces pièces ont été rendues publiques dans l'affaire où les sieurs Sainneville et Fab* vier ont été déclarés ( par arrêt de la Cour ) coupables de calomnie en vers le général Canuel* Ce sieur Bonafoux, que, dans un rapport du Ier novembre 1817, M. le maréchal qualifiait, sans aucune raison, secrétaire du général Donnadieu 3 se trouvait à Paris dans ces derniers temps. On le conduisit chez M. le comte Angles; là, Bonafoux répondant aux interpellations de M. le préfet de police, déclara , en présence de témoins :
« Qu'il était à Grenoble depuis un certain
« temps , et en non activité , lorsque le ... .
« à huit ou neuf heures du soir, il fut mandé
(1) Déclaration de Bonafoux, du 23 octobre 1817.
(2) Lettre du duc de Raguse , du 26 octobre 1817.
« à la Préfecture; que M Chnppin d'Arnou* « i Lui fit une série de questions, en vue m de lui Etire dire qu'il était l'agent du gé- « néral Donnndieu , qu'il avait été envoyé « par lui au *•--■ '--1 ^inuel , à Lyon; qu« « le gér lui avait donné de
m l'argent,
« 11 ajouta o signé le même jour,
* et à la Prél e pièce qui! n'avait
■ pas tue, e orait le contenu; que
■ M. le préfet ja qu'il devait aller à
■ Lyon auprès maréchal duc de Ra- « guse, qui le ferait employer; que, lorsqu'il « témoigna le désir d'aller dans son logement
■ pour y prendre ses effets, M. le préfet les « envoya chercher, et qu'il monta incontinent « en voilure devant l'hôtel de la Préfecture,
* en présence du préfet; que, sur ce qu'il « avait dit ne pas a voir d'argent , on lui donna « ioo francs pour son voyage, mais que ce- « pendant il ne paya pas la voiture qui te* « conduisit; que, le lendemain, il arriva à sa
* destination a huit ou neuf heures du matin, « et descendit dans la cour de l'Archevêché, « où il fut reçu par M. le colonel Fabv.ieryef ■ conduit par lui à M. le maréchal, qui lui
* fu les «ternes questions ; que M. le maréchal
(47) • promit de le faire employer (i)„ ...... • m.
C'est ainsi qu'ont été obtenues ces déposi-> rions qui devaient convaincre les plus incré*. dules de t atroce conduite des généraux Ca~> miel etDonuadieu ! C'est ainsi qu'on s'était promis df faire du général Dohnadieu le provocateur d'une rébellion qu'il s'est efforcé de pré* venir par ses sages et nombreux avis!
Mais je n'ai invoqué jusqu'ici que la déclaration verbale de Bonafoux devant M. le comte. Angles (a); il est temps de révéler, par pièces*
(1) Ou M. Cboppin-d'ArnouyiDe oublie qu'il a reçu let déclarations de Booafoox , ou il en fait bien peu de cas,* car il * dit , page 6 d'un pampfcet qu'il vient de publier : « Quelles qu'aient été mes recherches, il n£+ été « impossible d obtenir des notions bien exactes sur les. c affaires de Grenoble, du 4 mai 1816.»
Cependant la déclaration de Bonafoux a été imptimée avec là mention que voici :
« Certifié conforme h F original envoyé à Son Ex1 eeUence le ministre de la police générale*
« Le martre des requêtes t préfet de llsert ,
« Signé Chqppi^-^d'abiïouville. »
A Grenoble, te 24 octobre 1817,
(2) On yerra aux débats si cette déclaration mérite qo/b* j jjf*t fu ; il *m acra frit {mm.
irrécusables, les honteuses manœuvres auxquelles on a eu recours pour calomnier deux serviteurs dévoués de Sa Majesté; comme si on eût voulu venger les révolutionnaires du double échec — "~r "tnênxn fidèles leur ' avaient fi is Grenoble et dans
Lyon.
Quand la c
pairs était asse ces de Louvel ,
de la Chambre des l'instruction du pro- Vinceul fui appelé «levant elle pou quelques renseigne-
raens; M. Bastai laiig, en la présence
de M. le premier président Ségnier et de M. le procureur-général Bellart, reconnut, dans la personne de ce témoin, un agent qu'à ta fia de 1817 M. Decazes avait envoyé à Lyon pour y recueillir des déclarations contre les anciennes autorités de cette ville.
Le sieur Vincent, en effet, a rempli cette mission dans le département du Rhône. Il y rencontra un sous-ofticier nommé Châtelain, qui, instruit de quelques-unes des manœuvres qui se pratiquaient avant le 3 juin, en avait fait confidence à ses chefs. Deux fois, deux fois seulement, Châtelain avait vu le général Canuel.
Le sieur Vincent s'était mis en relation avec.
Châtelain. Au mois de juillet 1818 , le général Canuel se décida à porter plainte en calomnie contre les sieurs Suinnçville et Fabvier. Châtelain était à Paris; et le 17 juillet, le sieur Vincent , l'agent direct de M. le comte Decazes , adresse ù Châtelain la lettre suivante:
Paris, 17 juillet 18 18.
«Victoire! mon cher M. Châtelain; j'espère « d'aulant mieux réussir pour votre demande
* de passer officier dans une légion , ou dob-
* tenir la croùc pour vous * que je viens da- « Voir la certitude que vous ne serez nulle- « ment inquiété pour tout ce qui est relatif t aux èvenemens de Lj'on. Je vous avais dit tla vérité, en vous assurant que Son Excel- « lerïce était trompée à votre égard (1).
' * Vous devez m aider ^ de votre côté, en « me donnant une relation exacte sur tout ce «qui concerne MM. Canuel, Mnringonné, « Desutte , Labesse , eic. Le gouvernement « désire connaître la vérité, et t'est à vous! à « nui la gloire d'une aussi belle action est m réservée. :
(1) Il paraît qu'on avait commence par effrayer ce jeuaf tous-officier, ayant de lut parier de f épaulettt et de la àcàm d'honneur.
« J'iii défendu votre innocence, et su prou- « ver que vous n'aviez agi que d'après des
* ordres supérieurs (i). J'ai fait valoir les « sommes qui vous sont encore dues, et je me « suis engagé d'eu fournir la note, pour qu'elles « vous soient remboursées par le gouverue-
* ment (a). Vous voyez que j'aî besoin, pour
* vos intérêts, de détails très-ctendus. Ne k signez rien si vous le voulez , puisque ces « détails ne de me quitter (5). 11 me « suffit de prou mal ne vient pas de h vous, comme 'rétend (4) , puisque « vous avez élu res, lorsqu'ils élaient « trop rîgoureu c'est à vous que deux
* pères de fan oivent la vie. N'écri- « vez rien à pt t'a moi ; tenez-vous ■ en garde con, ! monde 3 et reposez-
(1) Bonne indication!
(2) Promesse d'argent.
(3) Lors du procès, MM. Sainneville et Fahvier avaient en main des copies certifiées des déclarations de Châtelain. Il les ont fait imprimer.
(4) Pion certes , le mal ne venait pas de ce sous-officier, qui avait fait son devoir en avertissant ses chefs. Comme on le prétend ! on lui laisse des inquiétudes pour lui-
(5.) « vous sur votre ami et tout dévoué ,• etc.
« Quai de la Méjpserie, n°:48.<?
*P. S. C'est mon cotnùiis qui Vous temeitra « la présente; si vous ne pouvez pas lui doniiei* « tous les détails, envoyez -moi du moins ce « qui sera présent à votre mémoire; lé rèsïè\ « vous le classerez à loisir , pour me l'expédier « parla poste, ou lorsque vous viendrez dîhèr « chez moi. Adieu. »
Le lendemain 18 juillet; Châtelain écrivit une longue déclaration , dont l'original ;>'éètijL en entier de sa main , fait partie de nos piècç»; il y mêle , au récit des faits , ses réflexions *k ses opinions. Mais ce travail;,' ainsi fait» lie convint pas à ceux qui l'avaient tant soliic^é[. La déclaration fut refaite; pleine déçprik&ls d'attaques plus violentes et plus préctsp&totttfe le général Canuel. Nous imprimons sur deux colonnes cette déclaration de Châtelain, d'une part , telle qu'il la fit , d'autf e j/ah^feflfe ïj^fre a été rendue publique (0 -Le lecteur sera frappé
(1) Ce rapprochement mérite la plus > grande atteatyûn. Noos osons dire qu'il révoltera le lecteqft (V oir Pitces juttifi-
des différences , el verra que toutes ont été dictées par la haine et la calomnie, que c'est surtout dans ces variantes que se trouvent les accusations directes contré le général Canuel. Mais c'est. peu,! 041 voulait perdre deux généraux qui avaient re.tppJi leurs devoirs; on voulait tmurperle Hoî lui-uu-uic sur le compte de ses serviteurs; on voulait lea flétrir aux yeux de leurs conçito yens , dùi la rébellion se relever plus "ijriirilieusc ci plus menaçante.
Le procès des sieurs Suiuneville et Fabvier était pendant au tribunal de police correctionnelle. Les déclamions de Cliàdain se mulliplbà-çju. 11 enAouoa Je 26 juillet tâiii, le 1 j septembre, le ^4 septembre, le 5 novembre, i$Q novembre (1). Il fut fxéqaicjuinent appelé ■ftUprèsdeM. leimaréchalduc deBaguse, remplissant, alors -les fonctions de major -gêné rai deiagarde royale., Les débits devaient s'ouveir. le :*8 novembre. Châtelain fut invité, le
actives., no^IX, ) On ne doit pojnt oublier que les Pièce* produites par les défenseurs de MM. Sainnevillc cl Fabvier, leur étaient remises par le ministère.
(IJ Toutes les déclarations dont il est ici parlé , sont impnlMt'idaum i'i>u»i(«)(eijK>tufe: Proufien L//lomnic,tU:.. . «hra IMMkr , 1819.
a5 da même mois , à se rendre chet te ntoaréchai Marmont, par le billet 4tfi vaut :
garde royajle. — Etat- rnajfir* général.
« Le nommé Châtelain ,. fourrier au 5e ré- « giinent de la garde royale , viendra demain « jeudi , à cinq heures précisés du soir! chez « le maréchal duc de Ragu.se , major-général « de service , pour affaires particulières. \
* L'aide de camp de service ,
€ Signé Satnt-Legeh,.»
Paris, le a5 novembre 181S.
Cependant , qtielqoes officiers du 5e régiment de la garde ayant été instruits des ma* nœuvres pratiquées auprès de Châtelain, «t du résultat de sa condescendance , l'engagèrent à se rétracter et à révéhfr la véHté. On en fut averti, et on jugea nécessaire de l'éloigner de son corps. L'exemption de service qui suit lui fut remise.
gardk royale. —S* régiràènt tt infanterie. v
A Paris, le 7 décembre 181&
• Conformément au* intentions de M+lt
* major- général de service , il est permis tto « sieur Châtelain , fourrier de grenadiers , de « s'absenter du régiment, jusqu'au 10 inclus « du présent mois de décembre.
« Pour le colonel et par son ordre :
'. « S igné \ecom\t Montlivault ,
« Lieàtenant-colopel. »
Châtelain fut loger rue Saint-Eustache , dans un hôtel garni, l'hôtel de Carîgnan, tenu par unvsieur Riche, à qui il fut présenté parce ftiêtihe sieur Vincent, agent reconnu de M. Deçà zes. Châtelain prenait ses repas chez ce sieur Vincent, quai de la Mégisserie , n° 18.
i An 10 décembre le procès se continuait; une nouvelle dispense de service lui fut accordée. La voici :
Ire DIVISION DWFANTERIE — ae brigade.
garpe royale. — 5* régintent d'infanterie.
« Conformément aux instructions de Son € Excellence monseigneur le major-général « de service , le sieur Châtelain (René), four- « rie* de la 3* compagnie des grenadiers , est « autorisé à vaquer en ville à ses affaires par-
« ticulières , et sera exempt des appels et de « tout service , jusqu'au ?5 décembre inclusi- « veinent; à la charge par lui de faire viser la « présente permission à l'é ta t-maj or-général « de la garde royale.
« Le colonel du régiment,
« Signé L. B. de Courson.»
- Paris» le io décembre 1818.
Va à l'état-major-général de la garde royale,
Le lieutenant-colonel de service,
Signé de Perceval.
Paris , le 10 décembre 1818.
Cependant, à l'audience du 19 décembre, Me Couture, développant son beau talent et son généreux caractère , combattit , au nom du général Canuel, les allégations calomnieuses des sieurs Sainneville et Fàbvier, et réfuta leurs prétendues pièces justificatives. S'il connaissait dès-lors les honteuses intrigues qui étaient employées pour perdre son client , la preuve de ces bassesses n'était point entre ses mains. Cependant il lut à l'audience la lettre suivante, qui avait été adressée au général Canuel par un officier du 5e régiment.
h Mon géncr;d ,
n J'ai revu MM. les ofTc'ers du 5* régiment;
«ils m'ont dit que le nommé Châtelain,
» ayant découché, avait clé rais à la salle de
« police par ord
n capitaine; que le
■ colonel avait
évenu ce dernier que
« M. le marécli
it venait de lui écrire
* de faire sortir
n de la salle de po-
« lice, attendu que i
t lui qui était cause
■ qu'il avait déco
t de le dispenser de
« tout service et
tel pendant quelque
<• temps, parce q.. „..
l besoin de lui pour
« l'affaire de Lyon, qui se plaidait. Ces mes- « sieurs m'ont ajouté que Châtelain était sorti » de la salle de police, et que, depuis six ■ jours, on ne l'avait pas revu au quartier. ■
Cette lettre fut un avertissement pour les chefs ennemis, que leurs traînes n'étaient pas enveloppées d'une ombre impénétrable. Toutefois les plaidoieries étant continuées à l'audience du 26 décembre , le a3, on fit faire à Châtelain une dernière déclaration (1) ponr réfuter l'éloquent plaidoyer de M* Couture. J'ai entre les mains l'original de cette décla-
(1) Elle est imprimée dans le Recueil ci-desstu indiqué.
(«7) ration du 35 décembre ; il est de la main du sous-officier Châtelain, mais entièrement corrigé et retouché pat un agent de M. Decazès (t).
Gomme d'un autre coté les défenseurs et les amis du général Ganuel cherchaient Châtelain de toutes parts pour lui faire déclarer la vérité sur toute cette machination, on lui délivra, le 24 décembre, tine nouvelle permission de s'absenter du régiment. Mais cette fois, averti qu'on était par la lettre tué à l'audience du 19 décembre, on donna un autre motif & la permission. La voici: (Je crois ne devoir faire aucune réflexion sur ces pièces > que chacun peut juger et apprécier. )