II
Sur ta Note remisepar M. de C. Note remise par If. de C.
Le cabaret indiqué ressemble, tous ce rapport, à tous les autres cabarets de la ville, et reçoit effectivement beaucoup plus dé monde le lundi que les autres jours de la semaine. Par-tout, à Lyon comme ailleurs , les ouvriers consacrent plus ou moins le lundi à une espèce de débauche; mais ce cabaret n'a jamais offert de réunions suspectes.
La femme Carson est un être tout-à-fait insignifiant, et le fait qu'on lui reproche n'est nullement constaté. Elle ne peut avoir aucun intérêt à jouer le rôle d'hypocrite qu'on lui prête si gratuitement. Le crucifix et le portrait du roi placés chez elle, offrent seulement la preuve qu'elle est revenue à des sentiments meilleurs.
La femme Arcade, brodeuse* demeurant dans la première ouïson hors des portes de la Croh- Rousse, prétend qu'il y a âamk cabaret de cette maison des rainions, spécialement le lundi Je dois savoir par elle quand je pourrai la voir, quelle espètf d'hommes compose cette reV nion. En attendant on pourra lui faire parler d'autre paît
Mademoiselle Carson , roeè l'Enfant qui pisse, n* i3, anfr étage (signalement: âgée de fc ans , figure masculine , yeux es* foncés dans la tête, un gros cou, le corps de travers , boiteuse , colporteuse, marchande d'ongoest pour les cors aux pieds), a vendi dans le temps des prophéties contre le roi. Maintenant elle ht l'hypocrite; elle a même cfe* elle le portrait du roi , un a* cifix, etc.
Sur ia Note remise pdb M. de C. Note remise par M. de C.
Cette note se confond avec celle inscrite n* 10, et l'observation donnée ici suffira pour réfuter entièrement la partie qui lui est relative dans la révélation du i3.
Le sieur Aujogue, attaché en qualité de sacristain à l'église de Fourvières, déclare qu*U n'avait
M. l'abbé Aujogue n'a pu donner aucun détail plus p*H ticulier sur les réunions qui m lieu aux environs de Fourvièfff'iT il confirme qu'elles se uei au Soleil d'or, et chez Dupont* officier retraité, n* 17, gendre *| l'aubergiste du Soleil d'or, aias|
point ignoré les bruits répandus que dans plusieurs autres endroits
par la malveillance, mais qu'il des environs.
n'avait aucune connaissance par- Antoine Valette , ex-militaire,
ticulière à ce sujet, enfin qu'il natif de Bordeaux , est âgé d'en-
ne savait rien du tout ; il a ajouté viron a3 ans ; il a été baptisé -à
qu'il s'en était ainsi expliqué avec Lyon , parce qu'on doutait qu'il
M. de C. qui s'était adressé à lui , l'eût jamais été ; il réside à Lyon ;
et auquel il n'avait pu donner il a la tête très-légère et facile à
aucun renseignement positif. exalter; il n'a pu s'astreindre long-
II est assez étonnant que , d'après temps à apprendre le métier d'ou-
I une pareille conviction, M. de C. vrier en soie; M. Terray l'avait
qui l'avait lui-même acquise, placé chez un maître et payait sa
•; fesse figurer ici M. l'abbé Aujogue. pension; il parait qu'il n'a pas
s On peut dire la même chose du répondu à ses bontés.
i sieur V ailette, dont le nom se
i trouve également rappelé , sans aucun motif, du moins apparent
î Quoi qu'il en soit, le sieur Vallette, à l'arrestation duquel M. de
it Maringonné paraissait attacher beaucoup d'importance, est un in-
\ dividu doux, honnête, et dont, à aucune époque, la conduite n'a
i donné matière à aucune plainte. Il est attaché à l'administration
■ des hospices de Lyon. M. Terray , négociant de notre ville, royaliste
r très-prononcé , répond de ses opinions politiques et de sa moralité,
et MM. les administrateurs de nos hospices nel'eussent certainement
pas admis, s'ils n'avaient eu par devers eux une garantie suffisante
de sa bonne conduite et de son dévouement au roi.
La déclaration écrite, fournie par M. l'abbé Aujogue, sera jointe au présent , et cotée 5.
Cinquième rapportât Gauthié. Lyon, le 14 octobre 1816.
Voir les observations portées Mon général, j'ai l'honneur de au n° 2 1 . vous rendre compte que le 1 2 de
ce mois je n'ai pu voir Favier. Je Tai vu le i3, et je lui ai dit de me conduire chez Bize; il m'a dit que ce dernier était parti pour Rives-de-Giers , et qu'il devait être de retour mardi i5 courant, qu'alors il m'y conduirait; qu'il lui avait demandé mon nom , prénom et lieu de naissance.
Il m'a dit aussi que Bize nous apprendrait quelque chose, puis* que les chefs correspondaient avec lui.
J'ai l'honneur, etc. Signé GiuYHié.
Siadème rapport du maréchal Lyon, 4e 17 octobre 1816.
des togiê Gauthié. Mon gén^rai , j^ L'honneur de
»• ai.
Voir les observations portées au vous rendre compte, qu'hier, ai. 16 du courant, à une heure apcèi
midi, Favier m'a conduit dba fiise, ex-maréchal des logis de cuirassiers. Ce dernier nous a enduits dans une auberge, à gauche, après avoir traversé le pont de Ji Guillotiëre , où étant, la femme nous a apporté du vin muscat de Frontignan, et Bize me dit alors : Nous sommes libres ici , c'est obi bien brave femme , elle pense comme nous. Et il me dit : Écoute, nous avons des députés dans tous les départements , et nous sites* dons des ordres. Notre affaire ne peut manquer; nous avons, par ainsi dire, toutes les troupes pour nous, et, rien qu'ici à la GsuV tière, nous avons plus de mille hommes, et déjà tous les chefs tt la autorités sont nommés, et, sans la conspiration qui existe due* d'Angoulême contre le roi, nous aurions commencé. Lui ayantemandé quelle était cette conspiration , il m'a répondu que le àt d'Angoulême voulait faire arborer le pavillon tricolore pour s'attire le plus fort parti, et que, dans ce moment, eux devaient crier: Vive ie rai et ta charte comtitutionneUe ! et, avec ce prétedr, Us s'empareraient des rênes du gouvernement, en attendant Aap» Uon, qui est dans les Etats-Unis d'Amérique. Je lui ai dit atet Biais les puissances étrangères vont encore nous écraser? 11 ni répondu que non; qu'ils avaient la Bavière, la Saxe, les Su'ma, l'Italie et l'Espagne pour eux, et qu'ils attendaient aussi d'avoir l'Autriche ; que, dans ce moment, la Prusse devait être en ré?obtion. Vous verrez, dit-il, qu'avant deux ans, il n'existera plasfc rois en Europe. Il m'a ensuite demandé mon nom , prénom et lin de naissance, que je lui ai donné, et m'a dit : Quelques-uns de soi chefs vous connaîtront, et alors on vous donnera une carte, pocr aller leur parler, parce que moi, je sais bien quelque chose, nubjr suis un bien petit membre. D'ailleurs nous ne saurons rien que ii heures avant de commencer. Il est ensuite venu un nommé CognH, ex-tambour-major de la jeune garde, qui se sont touchés la maà d'amitié ; et moi , feignant de le craindre , Bize me dit : C'est un des* amis. Voyant que je ne pouvais pénétrer plus loin , je leur ai dit
Sue j'allais me retirer , et ils m'ont fait promettre d'y être aujoir 'hui, à une heure après midi. J'ai l'honneur de vous saluer, efc
Signé Givrais.
Septième rapport de Gauthié.
Lyon, le 18 octobre 181&
Voir les observations portées Mon généra], j'ai l'honneur de sous le n° 21. vous rendre compte qu'hier
à une heure après midi, je n* suis rendu à la Guillotière, à l'auberge située à gauche du pont. lieu du rendez-vous. Il y avait Bize, MistraHet et Cognet. 1b
^ m'ont offert à boire et Bize me dit : J'ai porté votre nom à qui il 1 fallait , et, samedi prochain , je saurai vous dire quelque chose. *' Mistrallet dit alors: Ou a mal fait de ne pas commencer, parce m que, avec les cinq départemens qui sont d'accord avec nous, nous 31 aurions tout culbuté. Bize a répondu : Laisse faire ceux qui en saal vent plus que toi ; avant que de commencer, il faut que nous soyons 31 sûrs de l'Autriche, et on attend des nouvelles, parce que, sans cela, "' les troupes alliées nous tomberaient dessus. Mistrallet dit : Si on "* emprisonnait tous les plus riches et les nobles, en leur disant que si "fies troupes des autres puissances entraient eu France, ils seraient -fc perdus, cela ferait qu'ils empêcheraient les puissances de venir en
* France. Laisse, lui répond Bise, il y a des têtes qui, s'ils avaient ■' cru ce projet bon, on ne l'aurait pas manqué.
-1 La conversation a tombé ensuite sur les prêtres, et Cognet a dit : ** Ne vous y trompez pas, les premiers vicaires sont bons et j'en suis *.' sûr. Ensuite ils ont voulu jouer aux boules, et je n'ai rien pu savoir
* autre.
J'ai l'honneur, etc. Signé Gâvthié.
* SurlaUttreecriteparM.lt curi Tarare, 4e i5 octobre 1816. r: de Tarare, à M. de C. , quipro-
* babienxtnt en a fait remise à Monsieur, depuis ma dernière
* M. de Maringonné. lettre, les mal veillant s deviennent
* de plus en plus audacieux. Pen- M. le curé croit devoir se plains dant deux nuits de suite on a cri£
Are du maire et des adjoints d» sa rive l'empereur ! Ces cris étaient
* commune, qui se sont refusés à accompagnés des propos les plus
* quelques dépenses qu'il demain- révoltants contre le roi et son au*
* liait pour ' son presbytère. Quoi guste famille. On s'est arrêté à la 9 qu'il en soit, les faits annoncés porte de la cure; pour y vomir des
sont faux; il n'en a été donné au- imprécalionsle^pkls dégoûtantes, cune connaissance à Al. le préfet ; Voilà où nous en sommes avec nos e*Us eussent eu quelque réalité,' autorités plus que pacifiques, et le* autorité* de Tarare se seraient nos forces armées qui semblent ne empressées- dVn rendre compté à s'apercevoir de rien, ce magistrat. Le silence gardé, sur II serait à propos, sans doute» les mêmes faits , par le capitaine d'accroître la garde nationale ; de la gendarmerie, est une nou- mais il lui faudrait un chef qui vellc preuve de l'inexactitude du eût plus d'énergie. Je vous assure rapport fourni par Al. le curé. que si cela continue, il n'y aura
bientôt plus de sûreté ici.
On a fait ce qu'on a pu^pour ^écLuire un soldat de la garde royale ; 11 a manifesté son attachement au roi; on n'a pu lui qrratiher que des invectives contre les nobles et contre les prêtres.
"ions analogues; que ^ognei qu'il n'avait pas pensé de me I quand nous irions chez celui à < répondu qu'il m'y conduirait lu mais que je pouvais être tranqi chose on me ferait avertir.
Aujourd'hui je dois voir Favie «hôte de lui.
J'ai
Neuvième rapport de Gavikiè.
Voir les observations portées au
à jouer aux boules aux Petits- B avaient quelque chose de neuf; il:
tendre ; et Favier nie dît : Demain chez celui qui a pris ton nom. I .
puis nous irons chez la mère des i lière, boire une bouteille du viu .
ai dit : Je ne veux pas r.sler comi tenir, ou je m'en retourne à. Grci $X nous saurons quelque chose. Ai ver, et j» tacherai de sa>oir quelui
( ai )
officier dans le* bataillons colo- tre des Célestins, je me trouvai niaux , n'est connu de personne, près d'un particulier vêtu en habit Il n'a fait que passer à Lyon , et bourgeois , et ayant des moustac'est alors qu'il a tenu les propos ches, ce qui me le fit connaître coupables que rapporte le sergent, pour un militaire. La conversa* Des éclaircissements ont été de- tion s'engagea entre nous, et après mandés au général Maringonné , divers propos sur des choses inouï n'a pu en fournir aucun. En- différentes, il me dit qu'il était un , par une lettre du 27, il mar- adjudant au 7* hussard, et qu'il que que cet individu ne parait était envoyé, avec son grade, aux plus être à Lyon; qu'il avait donné bataillons coloniaux. Il me deordre de l'arrêter, mais que tou- manda si j'avais servi dans la tes les recherches ont été inutiles, vieille garde. Sur ma réponse po- Je ne négligerai rien pour me pro- sitive , U ajouta : Etiez-vous de ces curer quelques renseignements braves qui ont été à l'Ile d'Elbe ? qui me mettent à même de dé- Cette question me fit soupçonner couvrir cet individu. que cet homme était mal pen-
sant, et, pour connaître son opinion, je répondis que j'avais fai t partie de ces braves qui avaient accompagné Napoléon dans son malheur. Il me serra la main et m'engagea à venir boire un verre de liqueur avec lui. J'acceptai; et il me dit alors qu'il voyait bien que nous étions de la même opinion, et qu'il ne voulait pas me cacher des nouvelles importantes. Il me dit que monseigneur le duc d'Angoulême était arrêté et gardé ^ vue à Fontainebleau, pour avoir attenté à la vie du roi ; qu'on avait fait mourir secrètement un cuisinier qui l'avait aidé dans cette entreprise ; que les Tuileries étaient 'sans cesse entourées de gens qui demandaient du pain et du travail ; que les Bourbons ne pouvaient plus rester sur le trône; que la garde était écrasée de service, qu'elle avait toujours le sac au dos, pour être prête avec la famille royale ; qu'elle témoignait son mécontentement des fatigues qu'elle essuyait; qu'on était certain que Bonaparte viendrait au plus tard dans le courant de janvier, pour rendre le bonheur à la France; que lui, qui était envoyé aux colonies, était bien décidé à n'y pas auer, pour pouvoir contribuer à la destruction des Bourbons et à la restauration de Bonaparte. Un bourgeois étant venu se réunir à nous, nous proposa la santé de l'empereur, ce que l'adjudant accepta avec transport.
Le 10 octobre 1816. Signé Tiudy, sergent
C'est une lettre de M. Penhoët, Lyon, le aa octobre 181&
colonel de gendarmerie, qui rend
compte au général Maringonné Mon général, Gauthié, que je de l'état des choses sous le rap- vis hier au soir à dix heures, n'a port des communications établies point perdu dans la confiance de*
entre Farter et le maréchal des autres; cette réserve , qpH m* logis Gauthié. observée, provenait dece qoern
d'eux lui a dit la reeownnandrfi de leurs chefs , de ne point ptrin ensemble, de s'expliquer toujours entre quatre jeux, parce t*, s'ils étaient pris, ils nieraient toujours t et pourraient que subir «e punition dont ils se moquent , étant bien décidés à ne jamais mm- Gauthié a rendez-vous aujourd'hui après midi avec Favier,^ lui a promis de le conduire à celui qui enrôle , ainsi noos a'sftn rien de mieux à faire que de laisser encore aller les choses. JTsa* beaucoup pour que nous ayons connaissance des dépôts d*an»; cette découverte, si elle peut être liée aux confidences de<f**qu'un, tiendrait lieu de témoins.
Signé le comte db Pkbror.
Observations sur (es rapports de Dixième rapport de C Gauthié. maréchal des logis de
G*** darmeric.
Ce rapport est le dernier fourni Le vingt-un octobre 1 816, m ar le maréchal des logis Gauthié. soussigné , maréchal des loçis & 1 a été rédigé après l'arrestation la compagnie de gendarmerie do des prévenus, et adressé officiel- Rhône, continuant (a reckerd* lement par le général Marin- oui m'avait été prescrite p» gonné. M. le maréchal de camp cou-
Les rapports fournis par le sieur mandant le département , des » Gauthié présentent une sorte de teurs d'une conspiration contre le procès verbal de ce qui s'est passé gouvernement de S. M. , me sus entre lui et les individus qu'il si- transporté avec le gendarme M* gnale. Les opinions et les espé- son9 a quatre heures du soir, dan» rances coupables qu'ils ont ma- l'auberge tenue par le nonust nifestées, n'offrent en grande Mistouffiet, dans le faubourg k partie qu'une répétition des bruits la Guillotière, où, ainsi que je ridicules qui ont circulé pendant l'ai dit dans mes précédents rapquelque temps; mais réunis dans ports, se réunissaient journelun même cadre avec Tordre et la lement des agents de cette con*précision que renferme ordinai- piration. Nous y avons rencontre rement un compte rendu, il en les nommés Favier, Bize* et résulte un ensemble, une espèce plusieurs autres personnes à moi de corps , que l'on ne trouve pas inconnues. Là , le nommé Favier dans les interrogatoires des pré- me dit, que le nommé David , ven us qui paraissent assez bornés, agent principal , qu'il m'avait an- Dans ces interrogatoires, ils nonce devoir me recevoir chef ont tout nié; mais cette déné- lui, à la montée de la grande côte gation même, si expresse, si po- de Lyon, n'y serait que vers les
•ftlve, devient en craelqae sorte sept heures du soir, et dans la vue une preuve de culpabilité. Ont-ils d'obtenir quelques-uns des renété entraînés par l'impulsion que seignemens que je cherchais, je Gauthié a dû leur donner en lui proposai, ainsi qu'à Biie et Jouant lerôle qui luiavait été près- un autre de ses camarades , dont crit ? Ont-ils été réellement égarés le nom m'est inconnu , mais qui, par les suggestions perfides de ces ainsi que je leur ai entendu dire, misérables, que rien ne peut ra- avait servi, comme l'agent, major mener, qui voyant leurs rangs se dans un bataillon de gardes nadégarnir par les heureux effets tionales levé au retour de Bonaqu'a produits l'ordonnance du 5 parte, et parlait beaucoup de la septembre, essaient un dernier ville de Bourg; ils m'ont dit que effort, et tentent de profiter de te projet s'organisait toujours avec l'espèce d'agitation qui a eu succès; que les affaires allaient lieu,' pour recréer quelques es- bien; mais qu'il paraissait que. pérances insensées? Sont-ils, en l'exécution n'en aurait lieu que un mot, les agents de quelques lors de l'ouverture des chambres, meneurs plus élevés? C'est ce qui L'aubergiste Mistoufflet s'est plureste à découvrir. Lorsque cette sieurs fois mêlé de la converaffaire aura été renvoyée par-de- sation, et a dit entre autres, qu'il vant M. le juge d'instruction, il n'y avait pas deux cents individus sera secondé de tous les moyens dans la commune de la Guilpossibles. lotière, qui ne fussent dévoués i
Parmi les individus arrêtés , leur parti , et buvait avec nous,
deux seulement paraissent avoir Sur les sept heures et demie du
manifesté hautement un espoir soir, environ , est arrivé dans la
et des désirs criminels. Ce sont chambre où nous étions, le gen-
Bize et Favier , et jusqu'à ce darme Essel, de la résidence de
moment , ces deux êtres n'avaient Lyon , qui a abordé lacompagnie ,
point marqué. avec le ton et les manières dont
Quant à Mistratiet et Cognet , on use envers des connaissance» je les faisais suivre depuis quel- et des amis , en leur disant : Ah l ques jours. Les inquiétudes qu'on vous voilà, vous autres? Bfcee lui avait paru témoigner, m'avaient a répondu: Approche-toi, metsdéterminé à établir une surveil- toi avec nous, et lui versa aussilance plus active sur les individus tôt à boire; dès que je l'eus qui avaient figuré en janvier, et aperçu je sentis l'embarras où sur tous ceux qui étaient plus gé- j'allais me trouver, et la funeste néralement soupçonnés comme conséquence qui allait résulter capables de prendre part à des de cette apparition pour mespromanœuvres coupables, s'il en eût jets; je baissai mon chapeau sur existé. mes yeux, espérant par là qu'il
Il est à observer que ce Favier ne me reconnaîtrait point; le soin
Sii promettait toujours de con- fut inutile ; il m'aperçut, et s'élire le sieur Gauthié ches l'en- chappa pour en aller avertir la râleur, éludait constamment cette femme Mistoufflet. Le gendarme démarche décisive; et cependant Poison, dans la vue d'empêcher il a montré au sieur Gauthié ufee l'effet de leur projet , le suivit à
telle confiance, il eât entré dans la cuisine; mais il ne pat emçêdes détails tellement circonstan- cher Essel de causer avec u ciés sur les plans et les opéra- femme Mistoufflet ; en l'abordas* tions futures du parti, qu'on ne il dit à cette femme : Yoyes-foos peut concevoir qui a pu le dé- ce coquin comme il me suit; lue terminer à cacher à l'indicateur n'est-il pas fou, n'a-t-il pas perdu un chef qui devait nécessairement la tète ? U est là avec le maréchal ajouter à la confiance qu'il vou- des logis de la gendarmerie Gaulait inspirer à l'homme dont il thié, et d'un ton de frayeur, désirait faire un défenseur à la ajouta : Je suis un homme perdu! cause commune. Ne pourrait-on et il s'en fut. La femme Mispas en conclure que Favier étant toufflet l'accompagna jusque sur moins instruit qu'il ne le pré- le pont, et à son retour elle vint tendait, cherchait à prolonger raconter à Bize ce qui s'était passé, les rapports qu'il avait avecGau- ajoutant qu'elle n'avait pu coothié,pour profiter plus long-temps soler Essel de la rencontre qu'il de cette vie de cabaret qui pa- avait faite de son maréchal des raissait lui convenir beaucoup. logis, et qu'il lui avait encore On a dit aussi que dans le dit qu'il était encore plus fâché cabaret de Mistoufllet, à un si- de l'événement par rapport à dU gnal convenu, les hommes du et à Bize, que par rapport à luiparti obtenaient d'être traités gra- même. Au départ d'Essel, Bi« tuitement, et on en tirait cette s'était aperçu ainsi que les autres conséquence, que le cabaretier de mon embarras : Vous avez et était nécessairement payé par des peur, me dit-il , vous avez chance gens placés plus haut. C'était donc de couleur; qu'y a-t-il donc? Je un fait essentiel à vérifier. Il est lui ai répondu que je n'avais point pleinement démenti par le sieur changé de couleur, mais qu'A Gauthié, car il déclare que c'est m'était désagréable de me trouver lui-même qui a toujours payé la avec eux en présence d'un gendépense, et l'interrogatoire delà darme. Il me dit alors : Vous oc femme Mistoufllet offre la même devez pas craindre ce gendarme,! déclaration. nous est dévoué : il serait à propo*
Le gendarme Gauthié parait que nous en eussions plusieurs ne pas avoir inséré dans ses rap- comme celui-là; car il nous rend ports une multitude de petits compte exact de ce qui se passe à U détails qu'il dit lui avoir échappé, police,oùil est souvent de planton* et qui se présentent à sa mémoire et de ce qu'il peut savoir ailleurs» au fur et à mesure qu'où Tinter- ajoutant: Si je peux lui faire du roge; de là, les différences appa- bien , je lui en ferai, rentes que paraissent offrir au A l'arrivée de la femrne Mispremier coup d'œil ses dernières toufflet , et leur ayant rendu déclarations, comparées aux pre- compte de ce que lui avait dit miers rapports. Essel, Bize avec un grand étou-
II est bien à regretter que nement et un air d'effroi : Est-ce pour jouer un pareil rôle, on ait que vous êtes dans la gendarfait choix du maréchal des logis merie? Je lui répondis négad? la gendarmerie de notre ré- tivement, que je ne connaissais
point cet homme, que ce ne pouvait être qu'une vieille bête, qu'il ne savait ce qu'il disait.
Dès lors je remarquai entre eux beaucoup de défiance et de froideur: ils se disaient entre eux, ainsi que l'a entendu Foison, à réitérées fois : Si nous savions que cela fût vrai, il ne sortirait pas d'ici 9 nous en ferions fin. Voulant me retirer, Bize m'observa qu'il faisait trop mauvais temps, qu'il fallait coucher là; et au moment où je me levais pour partir, Favier me dit : Tu viendras coucher avec moi , ou j'irai coucher avectoi,je ne te quitte plus. Enfin je m'en débarrassai en lui promettant que je le reverrais le lendemain à sept heures du matin.
Signé Givraié.
Observations relatives aux in- A monsieur le lieutenant- gédividus arrêtés. néral CanueL
sidence, qui, par la nature de ses fonctions , est à-peu-près connu de tout le monde. Le caractère public dont il est revêtu,e t le genre de moyens dont il est pourvu, devaient le rendre tout -à -fait étranger à une pareille mission ; et, dans cette circonstance comme dans une précédente , on a pris tout juste les moyens les moins propres à obtenir les résultats qu'on cherchait. C'est ce qui sera plus particulièrement établi dans la lettre d'envoi jointe au présent.
L'interrogatoire de cet indicateur est joint au présent et coté n° 6.
Favier, compagnon forgeur, Vit en concubinage avec la veuve Bertin, qui tient un lieu de débauche. Il paraît d'un esprit fort borné, et ne s'est fait ramarquer à aucune époque.
Son interrogatoire est coté n°7-
Bize, cet homme qui a été précédemment attaché à l'octroi , annonce plus de moyens que le précédent. C'est un petit logeur, dans la misère. Il n'a point pris de service pendant l'interrègne, et jusqu'ici n'avait nullement marqué.
Son interrogatoire est coté n* 8.
État des hommes arrêtés par (a police et ta gendarmerie, (a nuit du 21 au 22 octobre.
Bize, ex-maréchal des logis de cuirassiers, qui loge rue Bourg- Chanin, n* a5.
Mistrallet, maître en fait d'armes , à Ainay.
Favier9 sans état, rue de la Monnaie, n° 10.
Ravichon, épicier, rue Tramassac, n° 17.
Delpont9 officier retraité, à Saint-Just, n°' 16 et 17.
Mistrallet, simple ouvrier en Alix , chef d'escadron en resoie, d'un caractère décidé, pro- traite, à Oulius.
fesse de mauvais sentiments, et Cognet, ex- tambour-major, cependant il a refuse de prendre
du service pendant l'interrègne. Mistoufflet , cabare lier , ho- Depuis plusieurs jours il Était bourg delà Guillotière. surveillé et suivi.
11 me paraît nécessaire d'ar-
Son interrogatoire est coté rêter aussi M. Dat-ïd, fabricant, n* 10. et Toumicr, officier en retrait*
à Cal? ire,
Raviehon, ouvrier en soie. Sa Je certifie que les copies cifemme tient une petite boutiaue devant sont conformes aux ori-
ix. restés entre mes maint.
Lyon, le aa octobre 1816.
Le maréclial-dc-i
camp.
■/m' Vioitket de Htaivcont
n'est point connu sou* «* tient le cabaret au faubour; sont cotés n* 1».