‹ A ses concitoyensChapitre 7 sur 48 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

, .lN oca avons parcouru le cercle à peu près entier des calomnies de M. Clause!. Au moment d'achever cet écrit , tracé à la hâte dans le premier mouvement de l'indignation et de la conscience , une réflexion se présente a nous. Si M. le 'duc Decazes, homme nouveau sans doute, -et c'est un titre privilégié à certaines animosités» mais homme distingué par l'esprit, par la noblesse et la modération du caractère , protégé enfin par une auguste bienveillance, a pu être l'objet d'une accusation épouvantable, qui tend à la perte de son honneur et de sa vie; si M- Decazes , qu'une sorte de disposition naturelle destinait particulièrement à concilier les esprits, à désarmer les haines; si M. Decazes, à qui l'expérience et le sentiment des difficultés présentes apprenaient à ménager quelquefois les préjugés , à transiger avec les prétentions; si M. Decazes, dont ses ennemis même ont dit souvent qu'il sa ferait tuer au pied du trône , M. Decazes que l'honneur et la reconnaissance attachent inviolablemcnt à la monarchie et à h personne sa-

crée du Roi , est poursuivi avec ce degré de violence et d'acharnement, il faut expliquer ce résultat par quelque autre motif qu'une haine individuelle. Non , ce n'est pas M. Decazes que l'on attaque avec tant de fureur. Pour M. Clausel lui-même , le grand objet de haine , ce n'est pas M. Decazes. Là se révèle la profonde rancune de quelques hommes contre toutes les existences et tous les intérêts de la France nouvelle. C'est elle qu'ils regardent comme conspiratrice et qu'ils veulent humilier et punir. Ce qu'on poursuit dans M. Decazes, c'est, d'abord et avant tout, l'ordonnance du 5 septembre, c'est-à-dire le désaveu royal de tout système exagéré, la déclaration de l'inviolabilité de la Charte , la garantie donnée à tous les droits qui venaient d'être imprudemment menacés; ce que Ton poursuit dans M. Decazes, ce sont les paroles de confiance, qu'au nom du Roi il adressait de la tribune des Chambres aux anciens militaires; ce que l'on poursuit dans M. Decazes, ce sont tant d'existences nouvelles , relevées et consacrées par le trône ; ce sont les encouragemens éclatans donnés à l'industrie ; le commerce hautement honoré par l'estime royale; les chaires créées pour le développement des arts utiles ; enfin , tout ce système conforme également aux intérêts du

Roi et des Sujet», et <prï -n'a d'autre b«t «fu» d'augmenter la maiM des ramiére», l'activité d* l'industrie, de satisfaire ks ambitions honorables , et d'attacher inséparablement a*- trône le* fortunes et les talent de la France nouvelle. Si l'on pouvait détruire ces résultats , on pardonnerait volontiers â M. Decaze»; on cesserait dois poursuivre. Son élévation particulière n'offenserait pas , si elle disparaissait dans la- servitude générale. Mais tant de notabilité» guerrière* et civiles rendues à leur premier éclat, tant. ■ d'hommes nouveaux adoptés par le Souverain,, le système représentatif, c'est-à-dire le privilège du talent et la liberté de tous, également consacré : voilà ce que ne peut supporter AL Clause] s voilà ce qui excite , de la part d'un bien petit nombre d'hommes , une haine que M. Decazes ne saurait désarmer : car s'il a pu reconnaître et apprécier l'état des choses, il n'a jamais été en ton pouvoir de le changer; et c'est encore aujourd'hui cet état de choses que ses ennemis voudraient détruire , et dont ils lui imputent ladurée.

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