‹ A Son Eminence le cardinal Simeoni, préfet de la S.C. de la propagande [microforme]Chapitre 6 sur 11 · PAR) EE · texte numérisé non relu

PAR) EE

“la doctrine et la conduite de leurs vrais pasteurs et docteurs, l'œurre des “ journaux ne serait pas seulement stérile pour le bien, mais, par plus d'un “ côté, elle seraît grandement nuisible... Les polémiques passionnées, les atta- “ ques contre les personnes, les accusations et récriminations incessantes, en “ donnant un aliment quotidien aux d'ssentions, rendent de plus en plus diffii‘ cile la pacification et la concorde fraternelle. ” J'ai l'honneur d’être, Monsieur, Votre très dévoué serviteur,

t E.-A. Arch. de Québec.

Lettre particulière du rédacteur de la ‘“ Vérité ” à l'archevêque &e Québec.

Québec, le 21 janvier 1895, À Na GRANDEUR Mar E, À. TASCHEREAU, archevêque de Québec.

Monseigneur,

: Usant du redoutable pouvoir mis entre vos imains, vous venez de me faire une cruauté sans nom. Je viens vous en parier comme un enfant injustement frappé a le droit de parler à son père. Je vous écris, Monseigneur, sous l'œil de Dieu qui voit jusqu’au fond des cœurs et qui nous jugera tous deux un jour.

Monseigneur, voiei ce que j'ai fait, voici pourquoi vous me frappez:

L- 7 du courant, votre secrétaire m'a écrit une lettre que je n'ai reçue que le 8. C'était un jeudi Ce jour là mon numéro du 10 était déjà sous presse, « J'ai prévenu immédiatement M. le secrétaire de l'impossibilité mutérielle où je . me trouvais de publier cette lettre dans le numéro de la semaine.

Le lendemain, le 9, j'ai répondu à la lettre du 7, démandant respectuensement des éclaircissements dont j'avais absolument besoin et auxquels j'avais certainement droit.

Vous me reprochiez par la lettre du 7 d'avoir mis mes lecteurs sons une

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fausse impression, parce que j'avais répété textuellement la décision que le représentant attitré du Saint-Siège au Canada avait officiellement communiqué à l’évêque des Trois-Rivières et que celui-ci avait régulièrement promulgué. Comment pouvais-je ne pas accepter cette décision ? Comment pouvais-je ne pas y adhérer? Comment pouvais-je ne pas la faire connaitre à mes lecteurs ? Et ne devais-je pas y tenir jusqu'à ce qu'un nouveau jugement contradictoire et formellement et officiellement promulgué vint le détruire ? C’est ce jugement contradictoire et officiellement promulgné que je vous demandais, que j'avais le droit de vous demander et pour moi-même et pour mes lecteurs.

Vous m'avez fait répondre le 10, samedi, que ce que je demandais serait trop long à donner par écrit.

Comme il s'agissait de dire à mes lecteurs qu'un jugement rendu par Île représentant du Saint-Siège n'existait plus, il me fallait, non un entretien avec Votre Grandeur, mais un document authentique.

J'ai done écrit de nouveau à votre secrétaire sollicitant ce document authentique et me déclarant prêt à m'y conformer immédiatement. Pour rendre la réponse à donner très courte j'ai résumé ma première lettre dans une seule question très simple. C'était lun&i, le 12.

Le même jour vous m'avez fait répondre que vous aimeriez à traiter l'affaire de vive voix plutôt que par écrit. Ce mot plutôt me laissait encore entrevoir la possibilité d'obtenir une réponse écrite, J'ai donc écrit, le 18, pour savoir si je devais considérer cette dernière lettre comme un refus formel de répondre par écrit. Cette lettre est restée jusqu'à ce jour sans réponse, sans même un aceusé de réception. C'était le mardi

Le lendemain, mercredi, en attendant la clôture de la correspondance, j'ai mis le numéro de la semaine dernière sous presse, car mon journal, quoique daté du samedi, s'imprime presque toujours le mercredi, jamais plus tard que le jeudi. C'est, du reste, la manière dont s'impriment tons les journaux hebdomadaire que je connais.

Je n'étais donc pas en retard d'un seul numéro lorsque, samedi dernier, vous avez lancé votre lettre dans les journaux, lettre où vous dites : “ Voilà devx numéros de la Vérité qui paraissent sans que ma reclamation ait été publiée ”* Ces mots: * Voilà deux numéros, sans même ane allusion à la correspondance échangée entre votre secrétaire et moi, ne sont-ils pas de nature à faire croire au publie que js suis coupable d'un grossier mépris de l'autorité ? Devant Dieu, Monseigneur, n'est-ce pas là nne première injustice ?

Vous dites ensuite, Monseigneur, qu'invité à #ller m'entendre avec vous j'ai refusé Comment pouvez-vous le dire, Monseigneur ? Mes lettres ne contiennent pas un mot qui comporte un tel sens Je sollicitais seulement un document aurhentique. document dont j'avais absolument besoin, document

auquel j'avais droit. Qui vous dit, Monseigneur, que je ne serais pas allé vous voir si vous aviez répondu à ma dernière lettre, me disant formellement que vous ne me donneriez pas l’écrit demandé? N'est-ce pas que Dieu seul peut sonder les reins et les cœurs ?

En déclarant au public que j'ai refusé de vous voir, ne me faites-vous pas une seconde injustice aussi cruelle que la première ?

Enfin, vous citez des paroles de Léon XIII. Ainsi citées, ces paroles me seront appliquées par le public. N'y a-t-il pas là une troisième injustice ? Car depuis trois ans et demi que je rédige la Vérité, qu'ai-je fait pour affaiblir le respecs dû à l'autorité, pour troubler l’ordre hiérarchique, pour rendre plus difficile l’accomplissement de votre mission ?

J'ai parlé de colonisation, d'agriculture, et de questions d'administration politique en me tenant en dehors et au-dessus des partis.

J'ai parlé de franc-maçonnerie en m'appuyant sur les encycliques des Papes,

J'ai parlé l'éducation, en invoquant les nlus graves autorités.

Dans les questions litigieuses qui agitent notre pays, je me suis toujours tenu aux faits incontestables et aux documents authentiques, ayant soin de ne jamais attaquer ou critiquer les actes officiels de Votre Grandeur.

Quand il s'est agi des mauvaises lectures, du théâtre immoral, des excursions du dimanche, n'avez-vous pas toujours trouvé dans mon journal un écho

fidèle de vos défenses et de vos enseignements ?

Et cependant, Monsigneur, vous citez les terribles paroles de Léon XIII dans des circonstances qui forcent le public, er quelque sorte, à me les appliquer !

Voilà, Monseigneur, ce que j'avais à vous dire, non dans l’amertume, mais dans la douleur de mon cœur.

Vous avez porté un coup redoutable et injuste à mon honnvur et à mon œuvre. Je suis père de famille ; j'ai de potits enfants qui attendent de moi, après Dieu, le pain quotidien. Comment pourrai-je leur procurer ve pain si mon honneur est atteint, si mon œuvre est brisée ?

Et voici qu'un journal, la Presse, prenant occasion de votre lettre. m'attaque brutalement. Je vais me défendre. Cette défense, je la dois à moi-même, je la dois à mon journal. je la dois à ma famille, je la dois à ces milliers de gens ds bien qui ont en confiance sn moi jusqu'à ce jour. Je me défendrai, cependant, avec toute la modération possible ; je ne dirai que juste ce qu'il fant dire pour imposer silence à mes adversaires ; je ne porterai aucune atteinte à votre autorité que je respecte et que j'aime, même au milieu des souffrances imméritées qu'elle in'inflige.

ET 4 pe

En terminant, Monseigneur, je crois devoir vous prévenir que je vais soumettre ce pénible incident à l'appréciation de l’autorité suprème du Saint Siège.

J'ai l'honneur. d'être Monseigneur, votre fils aussi soumis qu'affligé,

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