‹ A. ThiersChapitre 13 sur 27 · Discours ilii 1;{ iivril LSC · texte numérisé non relu

Discours ilii 1;{ iivril LSC

152 A. THIEliS.

sition si considérable, la discussion de la vérification des pouvoirs si défavorable à l'administration, que l'Empereur comprit qu'il fallait céder du moins quelque chose de sa puissance, et se prépara à prendre un ministère parlementaire. Après mille hésitations, il nomma M. Ollivier président du Conseil et ministre de la Justice, M. Buffet ministre des Finances, et M. Daru ministre des Affaires étrangères. C'était beaucoup, assurément, quoique ce ne fût pas tout. Le feu duc de Broglie disait : « Nous sommes du moins sortis de la caverne ». D'autres firent une adhésion moins restrictive : M. INIasson devint l)réfet du Nord, et M. Prévost-Paradol, ministre aux Etats-Unis. Tous deux devaient mourir d'avoir vu leurs espérances de liberté déçues.

Jamais un ministère de réformes ne fut mieux reçu du public. M. Thiers alla jusqu'à dire au Corps législatif : « Mes opinions sont assises sur les bancs des ministres * ». Et, en effet, lui et ses amis devaient se rallier au gouvernement, quel qu'il fût, qui ouvrait la porte aux libertés publiques. Ceux qui gardaient quelque défiance prenaient soin de ne })as trop en montrer. Tout prouve d'ailleurs la sincérité de l'Empereur. Mais il était faible, et ses députés, ses grands dignitaires, sa cour, son ménage mènic, ne cessaient pas d'être traversés par ce courant (jui les avait si longtenq)s emportés. Comment les eaux limpides de la liberté pouvaient-elles s'y mêler sans

Page 1