‹ A. ThiersChapitre 15 sur 27 · Discoiiis (Iii .id iiiiii ISTd · texte numérisé non relu

Discoiiis (Iii .id iiiiii ISTd

15G A. THIEKS.

déjà guerriers, c'est au roi qu'on s'adressait, transformant de plus en plus une question politique en affaire personnelle, ce qui est en toute occasion si dangereux.

Le roi de Prusse répondit à la demande qui lui était faite, qu'il n'avait rien vu de politique en cela, que c'était comme chef de famille et non comme souverain qu'il avait accordé l'autorisation demandée par le prince Léopold. Presque aussitcM, on apj)rit (jue l'Espagne n'insistait pas, que le prince renonçait à des prétentions à peine éveillées, et que le roi de Prusse approuvait la renonciation. Le roi permettait même que cette approbation fût ofliciellcment connue. C'était la paix, et même un succès pour une négociation imprudemment menée.

Mais par un revirement qu'expliquent les agitations de la Cour et de l'intérieur du ministère, et l'indécision déjà maladive de l'Empereur, le gouvernement qui eût pu montrer, à la rigueur, quelque vanité d'un succès inespéré, imagina de demander au roi Guillaume une complaisance nouvelle. On voulait qu'il s'engageât, si l'Espagne ou le prince changeaient d'avis, à ne jamais, dans aucun cas, autoriser la candidature d'un HohenzoUern, engagement pénible pour un souverain ombrageux et puissant, entouré d'une cour de soldats qui voulaient la guerre. Le roi, impatienté de ces exigences qui, pour comble, lui étaient adressées personnellement, répondit qu'il ne pouvait s'engager à jamais, et (pi'il réservait sa liberté d'action.

L EMPIRE. lr,7

L'ambass;ul<ur français, M. Benedetli, l'un des rares hommes éclairés de la diplomatie impériale, corps faiblement com[)osé, trouva cette réponse toute naturelle. Le ministre lui prescrivit pourtant une nouvelle démarche; mais, l'ayant faite, il ne se formalisa point que le roi lui fît répondre par un aich? de camp que, n'ayant rien de nouveau à lui dire, il entendait ne pas reprendre l'entretien et que l'affaire était Unie. C'était aussi l'avis de M. Henedetti qui ne put croire (|ue la guerre sortirait de ces conversations, sans ((ue les ministres, et M. de Bismarck en particulier, fussent à aucun moment intervenus. Ce n'est que dans les tragédies que les choses se passent de cette façon entre deux souverains, ou entre un souverain et un envoyé. C'est aussi bien, hélas! une tragédie, et une tragédie sanglante, qui en résulta.

Dans ces circonstances indécises, le 15 juillet, une demande de crédit fut apportée à la Chambre |)Our les dépenses de guerre, et la guerre ainsi était déclarée. Le ])arti purement i)onapartiste ti'ionipliait, et M. l'imilc Ollivier s'associa à ce parti (|ui semblait tout iiilniiiicr autour de lui. Empereur et majorité, soit (piil vit vei'itahlcmeut une injure dans le procédé du roi, soit qu'il crût ne pouvoir aban- (IdiiiH r r Lrii|)<i'cui' en cette conjoiictui'c. Feut-rti'c a-t-il pensé (pi'il était habile de suivre ce système dangereux rpii consiste à prendre leurs armes aux mains des ;idversaires , et concevait-il l'espoii' de |)lacei- sui' le Iront de rKnq)ire lilxTal une aiicf'ole de gloire enlevée à rKmj)ire absolu.

M. Thiers ne pouvait s'associer à aucune de ces vues. Il avait dès longtemps prévu que les fautes de l'Empereur, l'existence même de l'Empire, l'agrandissement démesure de la Prusse, la rivalité inévitable de nations belliqueuses, notre orgueil humilié, que tout enlin présageait une guerre; et il mettait tous ses soins à l'éviter, à la retarder, à chercher pour nous des alliances, à nous donner le bon droit dans un conflit, surtout à préparer une armée digne do la France. Il se trouvait surpris par une déclaration improvisée, appuyée sur un motif frivole, portée par un ministère imprudent. Enlin, chose plus cruelle, il savait que l'ien n'était préparé pour ce terrible conflit, et que nos soldats, peu nond)reux, étaient mal instruits, mal armés. Il voyait son pays entraîné, sans l'éllexion, dans une entreprise dont les auteurs ne paraissaient soupçonner les difficultés ni les dangers. Et quelle tâche de le dire en public, sans compromettre la France et lui-même! Il lui a fallu un dévouement stoïque à la vérité, au devoir, à la patrie. Il savait que ses intentions seraient méconnues , sa personne insultée. Quel espoir pouvait-il garder de persuader une Chambi-e trop heureuse de se venger au nom d'un patriotisme affecté? Quelle chance de rien empêcher? Il était assuré de rencontrer, non seulement des outrages sans sincérité, mais les indignations naïves, les défiances insultantes d'adversaires ignorants. Il faut avoir vécu dans les assemblées pour savoir quel difficile courage est nécessaire pour leur résister en face, quand

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elles sont échauffées, inêrne sans une sincérité absolue, par un sentiment d'honneur national. Il y a comme une action physique des hommes les uns sur les autres, qui rend vraie chez eux l'opinion qu'ils étalent, qui leur fait ressentir ce qu'ils ont vociféré. Et c'était M. Thiers,dont le nom représentait, depuis cinquante ans, tout autant la susceptibilité de l'honneur français que la liberté politique, qui devait ris- (|uer une telle aventure, par un patriotisme trop élevé pour être compris !

La violence et la grossièreté de la Chambre, dans cette séance du 15 juillet 1870, dépassèrent ce qu'on pouvait prc'voir. Le but évident était de l'empêcher de pai'Ier. Aussi ce discours ne peut être cité comme un modèle de l'art oratoire; ce n'est qu'un cri du patriote et de l'Iioimne d'Iùat ; et a travers le tumulte et les injures, on enteudait à peine ces phrases entrecoupées :

« S'il V a eu un jour, une heure, où l'on puisse dire sans exagération que l'histoire vous regarde, c'est cette heure et cette journée, et il me semble

(pie tout le monde devrait y j)eusei' séi'ieusemenl

Quand la guerre sera déclarée, il n'y aura personne de plus zélé, de plus empressé que moi, à donner au gouvernement les moyens dont il aura i)esoin |)Our

la rendre victorieuse On ne peut pas exagérer

les circonstances. Sachez que de la décisioTi que vous allez émettre peut résulter la mort de milliers

d'hommes Ra|)pele/.-vous le (i mai 1<S()()! Nous

m'avez refusé la parole, alors (jue je vous signalais

IfiO A. THIERS.

les dangers qui se préparaient — Laissez-moi vous dire que je regarde cette guerre comme souverainement imprudente. J'aime mon pays, j'ai été affecté plus douloureusement que personne des événements de 1806; mais dans ma profonde conviction, et, si je l'ose dire, selon mon expérience, l'occasion est

mal choisie Si vous ne comprenez pas que, dans

ce moment, je remplis un devoir, le ])lus pénible de ma vie, je vous plains Quant à moi, je suis tranquille pour ma mémoire, je suis sûr de ce qui lui est réservé j)Our l'acte auquel je me livre en ce moment; mais, pour vous, je suis certain qu'il y aura des jours où vous regretterez votre ])récipitation —

Offensez-moi , insultez-moi Je suis prêt à tout

subir pour défendre le sang de mes concitoyens que vous êtes prêts à verser imprudemment! »

Lorsque ré|)uisement de ses forces surmenées |)ar une lutte de plusieurs heures, l'obligea de descendre de la tribune, le ministre lui répondit. Un peu ranimé par un instant de repos, il reprit cette lutte inégale contre tant d'hommes conjurés par le destin qui préside à la chute des empires, et (pii prend pour instruments ceux qui sont le plus intéressés à leur durée. On sait ce qui suivit : la guerre fut d('clarée. Le ministère de M. (tllivier ne |)ut survivre; car ce n'était ])oint sa politique qui ti'ionq)hait, mais celle qu'avait inaugur('e le 2 (lécend)re i(S5i, portant tous les fruits (l(> cet ai'bi'c luneste. Après les violences du {]orps législatif, M. Thiers eut à subir les outrages de la rue et d(>s journaux asservis.

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Il les reçut avec le dédain d'une âme lière, et il écrivait quelques juurs après à un ami f{ui le félicitait de son courage :

« 21 juillet 1870.

« Votre letti-e me touche |)rofondément. X'ous avez tout deviné, et les motifs de la guerre sont en effet j>itoyahles.

« Il fallait, sans doute, avoir toujours la Prusse en vue, et se préparer à prendre une l'evanche contre elle. INIais les fautes ne se réparent ni facilement, ni surtout promptcment. i'^n cette occasion notamiuent, il fallait attendre , et on aurait immanquablement trouvé la Prusse en mauvais cas. Ce jour-là, nous aurions eu pour nous tout le sud de l'Allemagne exaspéré, l'Autriche forcée de se prononcer, l'Angleterre bienveillante au lieu d'être furieuse, et il y avait dans tout cela de quoi contenir la Russie. Jusque-là, il fallait vivre au jour le jour, vider les incidents rencontrés sur son chemin, et expier ses fautes par sa patience.

« Loin de là, sans même vouloir la gueri'e, on a commencé par une saillie absurde. Puis on a reculé, en désirant (|ue la Prusse ne l'cssentit pas trop vivement notre boutade, et (pie l'Angleterre, l'arrangeur ordinaire, arrangeât tout. Je suis intervenu; j'ai conseillé la prudence, et surtout l'acceptation, sans phrases, de la concession de la Prusse, concession (jui était inévitable, celte puissance s'étant mise dans

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son tort. On a été de mon avis, et on m'a tout promis. Dans ce moment, on avait passé de l'arrogance à la crainte, et on ne désirait qu'une .chose : l'abandon de la candidature Hohenzollern. La nouvelle tant attendue est arrivée, et, dans sa joie, M. Ollivier est accouru à la Chambre. Je suis arrivé en ce moment, et je lui ai dit ([u'il fallait se tenir pour satisfait : « Oui, oui, m'a-t-il répondu, tout est fini ». En ce moment, le j)arti bonapartiste, qui croit reprendre le pouvoir, si l'empire recouvre son prestige, a poussé des cris de rage, non dans la salle des séances, mais dans les couloirs où tout se passait. Ces cris étaient furieux. J'ai dit à M. Ollivier et à ses collègues : « Tenez bon, n'ayez pas peur, et nous « vous soutiendrons ». Cet après-midi, les ministres ont été appelés au Conseil. Etaient pour la guerre ; MM. Lebœuf, ivre d'ambition; Rigault de Genouilly, assez hésitant, mais finissant par se joindre à son collègue d'armes, et M. de Gramont. Tous les autres étaient pour la paix. Mais le parti de la guerre avait fait parvenir aux Tuileries sa voix stridente. Les cinq pacifiques ont pris peur et ont imaginé un amendement entre la paix et la guerre, c'est-à-dire une demande de garanties au roi de Prusse. Et quelles garanties? J'ai tout de suite dit aux ministres qu'ils avaient, à la fois, sacrifié la France, l'humanité, la bonne politique. Ils ont prétendu que non, et prorais qu'ils seraient modérés. J'ai persisté à croire tout perdu, et j'avais malheureusement raison. I^^nlre temps, néanmoins, les autres m'ont supplié de me

L HMi'iKi:. l»j:{

mettre ù leur tête, et promis de montrer un grand courage. Hélas! les pauvres gens en étaient incapables! La fameuse histoire de l'outrage fait à la France est venue de Berlin; et ministres, ministériels, se sont jetés dessus, ont dit la France outragée, la guerre nécessaire; et c'est ainsi qu'a eu lieu la fameuse séance du 15 juillet. A la lecture du manifeste Ollivier, c'étaient des cris de sauvages ivres; tout le monde était terrilié. Je me suis levé, par un lies mouvements les plus indélibérés (|ui aient jamais jailli d'un cœur honnête. J'ai été accueilli par des éclats de fureur, et j'ai tenu bon jusqu'au bout, comme vous avez j)u le voir.

« Qu'adviendra-t-il de cette accumulation de légèretés, de faiblesses, de sottises de tout genre? Je n'en sais rien. Il faut désirer ardemment la victoire; mais, en sauvant notre territoire, la victoire enq)0i'tcra notre liberté. Notre condition est donc fort triste; car, dans tous les cas, nous avons quelque chose à perdre de bien précieux. Je ne suis point li'oublé de la bourrasque excitée contre moi. On n'est pas un vrai citoyen à moindre prix. »

Les jours cruels commencèrent. Combien d'indifff'rents n'ont pas dû regretter d'avoir sacrifié les garanties des pays libres, et de s'être abandonnés eux-mêmes! On s'ajjei'gul promptement que cette préparation guerrière dont on faisait état, ([ul semblait la meilleure, la seule raison dv déclarer la guerre, n'i'tait (piune illusion, tpi'un leurre. A cpioi

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sei'vait de s'être tant pressé, de n'avoir voulu écouter aucune explication, communiquer aucune dépêche, si ce n'est parce qu'on pouvait gagner quelques jours sur les Prussiens surpris? L'Empereur lui-même, devant leciuel on répétait, depuis des années, la phrase connue : « Nous sommes prêts! » l'Empereur tpii, malgré une maladie douloureuse, avait cru nécessaire de se rendre aux armées, fut très étonné de n'avoir pas à partir sur-le-champ. Il s'était mis en mesure de cpiilter Saint-Cloud dès le lendemain de la séance, et Ion retardait son départ de jour en jour! On raconte qu'il en était fort inquiet, jusqu'à dire à l'un de ceux qui l'accompagnaient à l'armée : « Je crains par moments que M. Thiei's n'ait eu raison ».

M. Thiers n'avait, en effet, que trop raison. Il fut surpris lui-même de l'état de l'armement et de l'armée, quand il s'efforça de donner des conseils pour la conduite de la guerre, après avoir tout fait pour la détourner. 11 s'en occupa, en simple particulier, avec la seule autorité de son expérience, puis avec un titre, d'ahord offert par le gouvernement, puis décerné par le Corps législatif. L'histoire en est peu connue :

L'Impératrice, le i<S août, avait chargé M. Mérimée, déjà souffrant de la maladie dont il devait mourir jku après, d'une démarche délicate. Elle désirait voir M. Thiers, lui demander des conseils et un concours quelle ne définissait pas, lui promettant une coidiance cntièi'c. M. Thiers refusa doucement et pérenjptoii'cment. « A quoi servirait-il qu'il

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la vit? Ce serait appeler un médecin quand le malade est désespéré. — Mais, si elle vous faisait publiquement appeler? — Je ne pourrais me dispenser de me rendre auprès d'elle; mais mon langage serait le même, et une telle démarche, n'ayant aucune suite, ne pourrait cjue constater les extrémités où l'on est réduit, sans y ap})()rter aucun remède. Les conditions que je ])Ourrais faire, étant acceptées, comme l'abdication do ri*'mpereiir, la résolution de ramener nos principales forces à Paris, de jouer la ])artie décisive sous la protection des fortifications, et d'armer la population tout entière, même en ce cas, je ne ])uis promettre de tenter, en mon nom, une entrej)rise désespérée, sans savoir de quelles ressources je pourrais dis|)Oser. » Ce {[ui frappa surtout M. Thiers dans cet entretien, c'est que son interlocuteur ne sourcilla pas an mot abdication. ^V)il;l où en ('taient venus, en quel(|ues jours, les amis les plus dévoués du régime inqx'-i'ial !

fiC soir, un i)ill(l de M. M(M"imée pr('-vint M. Tliiers (pie riuq)ératrice conq)renait ses raisons, et voulait seulement qu'il sut (|u"elle avait pensé à lui sans arrière-[)ensée. l'allé ne rcnonra |)ns, toutefois, à sou |)i'ojet, et une nouvelle dt'marclie fut tentée par le prince ]{ichai-d de .Metlernich, à la suite de bupudle un (b'cret nomma M. Tliiers inemlirr du (ioiiseil de dc'fense. Il ne voulut accepter (pie si la iiomiualion ('■lait ratilii'-e |)ar le (]orps b'gislalif, ce (pie cette assembb'e lit par acel.imal ion. Celui (piOii insultait, lin mois plus tôt, comme un taux jiropln'le, (pi'on

aurait lapidé comme un traître, voyait ses plus o-i»;incls ennemis s'incliner devant son autorit»'-, implorer ses conseils, l'interroger comme un oracle; et la nation entière semblait n'attendre son salut que de lui :

... Faits aperit Cassandrn fiifiiris

Ora. (Ici fiis.')ti non niiqnam crédita Teiicns.

De nouveaux chagrins, de nouvelles luttes l'attendaient dans ce Conseil. Il y connut des misères, cachées jusque-là sous la pourpre impériale, et il y combattit, avec une insistance passionnée, les mesures qui dégarnissaient Paris, et le mouvement du maréchal de Mac-Mahpn qui devait aboutir au désastre de Sedan. Il fut cent fois au moment de donner sa démission, voyant tant d'efforts inutiles; mais c'eût été encore affaiblir la défense, et il resta juscpi'à la défaite, après laquelle la déchéance de l'Empereur fut demandée au Corps législatif. Sa modération le porta à proposer un mot plus doux, celui de vacance du pouvoir, ])our respecter la dignité de ceux qui n'avaient point ménagé la sienne. Au lieu de discuter immédiatement cette proposition et quelques autres, on voulut suivre à la letti'c un règlement que la Chambre aurait ])U abandonner avec tout le reste. Les députés se retirèrent dans les bureaux, sans voir tpie le temps pressait. Dans rinicrvalh' entre les deux séances, le liruit (bi désasti'c se répandit an dehors, et le public se précipita vers la Cbanibre. N'oici comment M. Thiei's (b'crivait, un an |ibis lai'd, cet <■ véncniciit :

L EMPIUF. I(i7

« Ij'Enipire avait tellement révolté les esprits par les malheurs qu'il avait attirés sur le pays, que personne n'avait pitié de sa chute , et que personne n'avait la pensée d'y résister. Ses partisans euxmêmes assistaient à ce singulier spectacle, sans essayer d'y jjorter remède. Ces partisans de l'Em- ])ire, accables ce joiir-là, réveillés aujf)ui'd"hui , se plaignent qu'on les ait renversés ii cette époque, prétendant qu'en les fra])pant, on a frappé la P"'rance. Mais pourcpioi ne se défonihiicnl-iis pas alors? Poiircpioi pas un seul effort de leur part n'a-t-il étc' fait pour résister à cette révolution, opérée sans aucMiu; (lilliculté ? Pai- une bonne raison : c'est ipTils n'auraient pas trouvé qiiel([u'un, eux compris, (pii songeât à sauver l'Empire. De violence, il n'y en avait aucune. ()n se promenait, inrli' à la foule, pas trop mal vêtue, ({ui nous appelait [)ar nos rtoms et me répétait : « INfonsieur Thiers, tii-ez-nous de là ' ! »

1. D<'|.(p<ilic)ii (le M. Thiers «Icviuil hi c()iiiini<~inii qiH'Ic. le 17 si|)lcinl)rc 1871.

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