‹ A travers cinq siècles de gravures, 1350-1903. Les estampes célèbres, rares ou curieuses (volume 2)Chapitre 15 sur 32 · XI.VII · texte numérisé non relu

XI.VII

Nulle part décrite.

Inconnue.

Même qualité.

Le plus bel exemplaire connu.

Suite de...

Pendants.

Collection.

Gravure sur cuivre.

Eau-forte.

Eau-forte pure.

Pointe sèche.

Burin.

Vernis mou.

Bois.

Nielle.

Lithographie.

Clair obscur.

Manière criblée.

Manière noire '.

Aquatinte.

Pointillé.

Gravure en couleurs.

Encadrée.

Sur chine.

Sur japon.

Estampes en lot.

Supplément.

Nirgcnds beschrieben.

L'nbekannte.

Ebenso.

Das schonste bekannte Exemplar.

Folge von...

Gegenstiicke.

Sammlung.

Kupfersticli.

Radirung.

Aetzdruck.

Kalte Nadel.

Grabstichel.

Vernis mou.

Holzschnitte.

Niellum.

Lithographien.

Helldunckel.

Schrotblatt.

Schabkunst.

Aquatinta.

Punktiert.

Abdruck in Farben s.

Gerahmt.

Auf chinesischem Papier.

Auf japaniscliem Papier.

Convolute.

Nachtrag.

Not any where descri bed.

Unknown to.

Same condition.

The linest proof in existence.

Set of...

Pair, companion.

Collection.

Engraving on copper.

Etching.

Pure etching.

Dry point.

Line engraving, pure line.

Soft ground.

Woodcut.

Niello.

Lithography.

Chiaroscuro.

Manière criblée.

Mezzotinto,

Aquatint, mezzotinto.

Stipple.

Colour prints.

Framed.

On India paper 3.

On japan paper.

Miscellaneous lot of engravings.

Supplément.

Des Expositions. — Exception faite des expositions annuelles des Salons, de la Société des Peintres Lithographes, de la Société des Peintres-Graveurs français et des Expositions Universelles de 1889 et de 1900, voici les sept qui ont eu lieu .à Paris durant ces vingt-cinq dernières années :

Gravures anciennes et modernes exposées en 1881 au Cercle de la Librairie, intéressante quoique, en somme, assez pauvre, en tout 240 numéros — Exposition de Gravures du Siècle en 1887, chez G. Petit ; très remarquable, 291 numéros — Exposition çjcnéralc de la Lithographie à l’Ecole des Beaux-Arts en 1891, fort belle, classification par ordre chronologique, 1000 numéros — Çinquième Exposition Internationale de Blanc et Noir, au Champ de Mars en 1892, à l’exception des 376 estampes japonaises de tout premier ordre prêtées par MM. Bing

< Dite aussi quelquefois manière anglaise.

5 Ou encore Farbdrucke.

3 Nous devons constater ici que dans les catalogues anglais on se sert indifféremment des mots India paper ou Japan paper pour désigner les Rembrandt sur japon.

PRÉFACE

et Vever, la partie rétrospective était plutôt faible, les écoles française et anglaise du xvme siècle principalement ne pouvaient être plus piteusement représentées; il eut été bien préférable, selon nous, de ne pas faire d’exposition, on eut ainsi évité de fausser l’esprit du public, car en lui mettant sous les yeux ces méchants résidus de portefeuilles, on ne pouvait que lui donner une piètre idée d’un art auquel on était censé vouloir l’initier — Le Centenaire de la Lithographie, 1795-1895, très belle réunion — extrêmement instructive- — d’estampes françaises et étrangères fort bien groupées ; elle eut lieu au Champ de Mars et contenait 1.531 numéros, représentant les œuvres d’environ sept cents artistes ; on y avait adjoint une section relative à la lithographie industrielle qui la complétait fort heureusement — En 1896 eut lieu, à l’Ecole des Beaux-Arts, l'Exposition Nationale de l'Eau-forte Moderne, rien de particulier à y signaler, elle était même, disons-le franchement, très banale. Enfin, en mai 1902, dans le même bâtiment, nous eûmes la très belle Exposition de la Gravure sur Bois.

En 1898, à Londres, au South Kensington Muséum, on avait réuni une merveilleuse collection de 2.254 lithographies françaises et étrangères obligeamment prêtées par tous les amateurs de marque tels que : M. et Mrae Atherton Curtis, MM. J. Pennell, T. Way, A. Rcid, W. Simpson, Legros, F. E. Hulme, W. Day, F. Goulding, W. Slrang, F. L. Emanuel, F. Vincent Brooks, Montague Marks, Ch. Holme, etc., etc., ainsi que par The Art National Librarg; The Compang of the Butterflg avait envoyé, une sélection de Whistler absolument hors ligne; tous avaient tenu à honneur de rehausser l’éclat de cette exposition en confiant aux organisateurs les pièces les plus précieuses de leurs portefeuilles.

Terminons par un souhait respectueusement exprimé, celui de voir un peu plus d’élan en France dans les sphères officielles pour tout ce qui louche à la gravure, nous ne voudrions ici incriminer personne, mais nous somme forcé de constater qu’on utilise bien peu nos immenses richesses artistiques ; il serait pourtant bien facile de faire de temps en temps des expositions — au quai Malaquais par exemple — de l’œuvre des grands Maîtres-Graveurs français et étrangers. MM. Benedite et G. Cain semblent heureusement vouloir entrer dans cette voie, aussi, leur adressons-nous nos plus sincères compliments, ainsi que ceux des amateurs dont nous nous faisons ici le chaleureux interprète. Serait-ce devenir trop exigeant que de demander aussi aux grands Cercles artistiques de Paris, qui comptent tant de personnalités distinguées, d’organiser à l’instar du Burlington Fine Arts Club, de Londres, des expositions 1 annuelles d’artistes vivants, ces derniers s’en montreraient particulièrement flattés et seraient heureux de mettre à la disposition du Comité les pièces les

i Celles laites jusqu’ici par ce Club étaient presque toutes affectées à des Maîtres anciens.

PREFACE

plus précieuses de leur œuvre; nous sommes persuadé que ces expositions seraient bien accueillies et qu’elles aideraient puissamment à la création de nouvelles couches de collectionneurs.

Record des prix en ventes publiques. — Voici les pièces qui, dans chaque école, ont obtenu jusqu’à ce jour le prix le plus élevé soit en France, soit à l’étranger :

Ecole Allemande s

Saint-Gérome au Saille, de Dürer (B 59), vente Cornill d’Orville 15.000 francs.

Ecole Néerlandaise :

Rembrandt au Sabre et à l'Aigrette de Rembrandt (B 23), vente Holford 50.000 francs.

Ecole Italienne :

Pierre Arélin, par Raimondi (B 513), vente Howard 19.500 francs.

Ecole Anglaise :

Mrs Carnac, par J. -R. Smith (Sm 31), vente Edgcumbe 30.450 francs.

L’Oiseau ranimé, de Debucourt (F 9), vente Lelong 9.200 francs.

Ecole du XIX1, siècle :

L’Abside, de Méryon (W 22), vente de Salicis 3.125 francs.

Au sujet de la vente publique d’une collection vraiment importante et précieuse — nous ne parlons pas, bien entendu, des fatras qu’on rencontre si souvent en Province — qu’on nous permette de donner le conseil de faire toujours la vente à Paris et non dans sa ville ; si l’on agissait autrement, les marchands avertis se rendraient bien à la vente, mais sentant qu’ils ne trouveront pas de contre-partie chez les amateurs — ces derniers n’existant pas dans la région, ou ayant hésité à se déplacer dans la circonstance — ces marchands, disons-nous, s’arrangeraient entre eux pour ne pas se concurrencer et révisionner ensuite ; vous recevriez de ce fait un coup de fusil de première classe qu’il faut éviter à tout prix et contre lequel nous avons cru de notre devoir de vous mettre expressément en garde.

Etat du marché. — A l’heure qu’il est, voici, pour employer un terme commercial — car, après tout, l’estampe est une marchandise comme une autre — la physionomie de son marché.

PREFACE

On ne recherche plus dans les écoles anciennes que les pièces originales, c’est-à-dire celles des primitifs et des peintres-graveurs; l’école italienne a cependant, il faut bien le reconnaître, considérablement baissé, l’allemande et surtout la néerlandaise tiennent la corde ; le xvne siècle français , un instant délaissé , commence à remonter vivement. On se porte plus que jamais sur le xvme français et anglais, ce dernier a fait un bond ascensionnel énorme depuis quatre ou cinq ans; on s’arrache les romantiques, et les contemporains, entrant carrément en scène, sont vigoureusement recherchés, c’est le moment de les recueillir, car certains s'épuisent et le flot monte avec la rapidité d’un cheval au galop.

ÉCOLE ALLEMANDE

ALDEGREVER (Henri)

Né à Soest, en Westphalie, en 1502, est mort vers 1558. Elève de Dürcr, le plus fameux des petits Maîtres >, a gravé tous les genres ; ses figures rappellent souvent celles du Maître, mais où il a surtout excellé, c’est dans la gravure d’ornementation et dans la reproduction des pièces d’orfèvrerie.

La collection Mariette était particulièrement riche en son œuvre, plus de 289 pièces ; sur ce nombre figuraient une centaine de vignettes. Il a aussi fait quelques très rares bois.

Hâtons-nous de dire que les quelques pièces que nous allons mentionner ici, sont généralement recherchées, et que la plupart sont d’une très grande finesse et fort intéressantes.

La Vierge assise, l'Enfant Jésus dans ses bras (Bartsch 55). — La Vierge est au pied d’un arbre, à droite ; en bas sur une pierre, du même côté, le monogramme et la dale 1527.

Ventes1 2 : Fischer, 187 — En avril 1893 et en mai 1900, par II. -G. Gutekunst, 219 et 162.

Tarquin et Lutèee (72). — Tarquin violentant Lutèce. En bas à droite, le monogramme et le millésime 1539.

Le 1er état est fort rare, il est avant le nom de G. Pencz qui se trouve au-dessus du monogramme dans le 2e état — A la vente Angiolini, un 1er état fut adjugé 104 francs.

1 On a coutume de classer sous la dénomination de petits Maîtres de l’école de Nuremberg et de la Casse-Allemagne les artistes dont les noms suivent : Aldegrever, Altdorfer, Hans Sebald Beham, Barthélémy Beham, Jacob Binck, Virgile Solis, Henri Gœrting et Pcncz ; ils étaient ainsi appelés, parce que tout d’abord, ils imitaient les grands maîtres et qu’ensuite les formats des pièces qu’ils gravaient étaient fort réduits. Nous n’avons fait qu’indiquer les principaux ; beaucoup d’autres, dont certains connus seulement par des monogrammes, peuvent être encore rangés dans cette catégorie,

- Faisons observer une fois pour toutes que, pour les estampes qui ont passé par une série de ventes successives, nous ferons suivre le nom du vendeur purement et simplement du chiffre obtenu à cette vente sans y ajouter le mot franc, qui par sa répétition deviendrait fastidieux en surchargeant inutilement notre texte. Disons aussi que le prix indiqué est celui de l’adjudication en salle, c’est-à-dire sans la majoration d’un pourcentage variable et toujours payable par les acquéreurs.

ECOLE ALLEMANDE

La Nuit (180). — Sur un lit, dans une pose abandonnée, une femme nue est endormie. En haut à droite, le monogramme et la date 1553. On lit aussi : Nox et Amor. Au bas, une tablette avec le titre : Die Naclit.

Pièce rarissime qui est une copie en contre-partie de l’estampe de H. -S. Beham.

Guillaume, duc de Juliens (181). — De trois quarts à droite, à mi-corps, âgé de 24 ans. En haut à droite, ses armoiries; du même côté, à mi planche, le monogramme de l’artiste. En haut, on lit : Von gottes. . . et sur une pierre, au bas de l’estampe : Bis duo luslro. . .

Pièce capitale et de toute rareté : 1er état, celui décrit — 2e, dans le bord supérieur de la pierre on lit: In imaginem. . . — 3e, on a ajouté au bord inférieur de la pierre des mots grecs.

Ventes : Liphart, 316 — Angiolini, 1er état 388.

Le Poignard au couple nu (259). — Un poignard dont la poignée et la gaine sont ciselées ; sur cette dernière, à gauche, un homme nu tenant un écusson ; à droite, une femme également nue, une sorte de trompette de Renommée à la main.

Morceau de tout premier ordre adjugé vente Vico 120 francs, l’épreuve avait ses témoins; à une adjudication des doubles de Berlin, en mars 1886, un exemplaire fut payé 164 francs.

Portrait de Knipperdoling (183). — A mi-corps et de trois quarts à droite. En haut, on aperçoit une main armée d’un glaive dans une couronne de laurier. En dessous, le monogramme de l’artiste. En haut dans la marge: Waerhaftich. . . et au bas : Ignotus millis. . . et le millésime 1536.

Ce morceau fort rare a été copié par Jean Muller et par le Maître au monogramme N. NW.

Il existe des épreuves avant la retouche, c’est-à-dire avant le trait vertical ('(•happé sur le bonnet, ce sont celles-là qu’il faut rechercher de préférence.

Ventes : Liphart, 313 — Didot, 250 — Knowles, avant la retouche, 501, épreuve provenant de la collection Mariette avec sa signature au verso et la date 166!).

Citons encore : Le Souvenir de la Mort (134) — Portrait du Maître à 35 ans (189) et Titus Manlius (72), curieuse pièce où figure une guillotine, ce qui prouve une fois de plus, et comme on le croit souvent à tort, que ce n’est point le Docteur Guillotin qui lut l’inventeur du fatal instrument.

ECOLE ALLEMANDE

ALTDORFER (Albert)

Né en Bavière, à Aldorf en 1488, mourut à Ralisbonne en 1538. On l’appelle quelquefois le petit Albert. Il a gravé sur bois et sur cuivre environ 160 pièces. Il fait partie des petits Maîtres. Son monogramme est presque semblable à celui de Diirer dont il fut l’imitateur. Il appartient à l’Ecole de Nuremberg ou de la Basse-Allemagne.

Génie sur un cheval de bois (Bartsch 46). — Un enfant ailé est à cheval sur un bâton qu’il tient de la main gauche, ayant un fouet dans l’autre main ; il se dirige vers la droite et semble galoper. A droite, le monogramme.

Extrêmement rare, un exemplaire fut adjugé, en avril 1894 par H. -G. Gutekunst, à Stuttgart, 168 francs.

La grande Fortune (59). — Debout sur une boule qui porte le monogramme de l’artiste et le millésime 1511, une femme nue, ailée, soutient un enfant qui, les yeux bandés, s’apprête à monter sur des échasses.

Vente Straeter, 260: pièce d’une extrême finesse et superbe de condition.

Paysage aux deux grands Pins (70). — Un pays de montagnes aux pieds desquelles on voit des arbres et des usines. Vers la droite, au premier plan, mais presque au milieu de l’estampe, se profilent deux sapins très rapprochés. En haut à gauche, le chiffre de l’artiste.

Pièce de toute rareté, adjugée en 1894 par H. -G. Gutekunst, 296, et à la vente Angiolini, 156.

L'Orgueil. — Presque de face, une femme est assise sur un dragon, elle tient dans la main droite un miroir dans lequel se reflète son visage, et dans la gauche, une sorte de corne d’abondance. Sous le pied gauche de la femme, le monogramme de l’artiste.

Estampe inconnue à Bartsch, mais signalée par Passavant (99), extrêmement rare, adjugée en 1894 par H. -G. Gutekunst, 419 francs.

La Femme au Chandelier (P 104). — A mi-corps et nue, les cheveux en coup de vent sur la droite, une femme lient dans la main gauche un chandelier qu’elle semble éloigner d’elle. Sous le chandelier, le monogramme.

Rarissime, adjugée en 1894 par H. -G. Gutekunst, 500 francs

ECOLE ALLEMANDE

L’Enfant ailé à l’Ecusson. — Ramassé sur lui-même et penché à droite, un enfant ailé tient dans ses mains un écusson sur lequel est gravé le monogramme du Maître.

Rarissime, adjugé à la vente précédente 500 francs. Inconnu à Bartsch et Passavant.

La Foi. — Assise de profil, à droite, près d’une maison qui fait le fond de l’estampe, une femme tient de la main gauche un ciboire qu’elle appuyé sur ses genoux. A droite à ses pieds, le monogramme et du même côté, dans le coin supérieur, la date 1506.

Cette petite pièce, d’une exquise finesse, qui mesure 61 millimètres en hauteur et 37 en largeur, est de la dernière rareté, sinon unique. Elle a échappé, croyons-nous, à tous les iconographes et est par conséquent, non décrite avant nous. En avril 1894, H. -G. Gutekunst en adjugea un exemplaire 575 francs.

AMMAN (Jost)

Né à Zurich en 1538, mort à Nuremberg en 1591 ? Dessinateur extrêmement fécond, a laissé un œuvre gravé considérable, près de 1300 pièces, fort intéressant au point de vue documentaire sur son époque. Il avait quatre ou cinq monogrammes différents dans lesquels entraient toujours les lettres A et J ou I. Il a, croit-on, gravé lui-même ses bois.

Le catalogue de son œuvre a été dressé par C. Becker en 1854, et par Andressen.

Jacqueline de Montbel, comtesse d’Entremont. — Ladeuxième femme de Coligny est vue jusqu’aux genoux, dans une bordure ovale, entourée d’emblèmes mortuaires. En bas, la date 1583.

Ce portrait, qui fait pendant à celui de Gaspard de Coligmj, est d’une extrême rareté sinon unique, il a été gravé dix ans plus tard que ce dernier, il passa à la vente Behague où il fut adjugé 1000 francs.

Il est demeuré inconnu à Bartsch et à Passavant, nous ignorons si Becker et Andressen l’ont signalé.

Vue de la place Saint-Marc, à Venise (Bartsch 27). — La vue est prise au moment où le Doge assiste à une procession avant de monter à bord du Buccentaure pour procéder aux cérémonies des épousailles de l’Adriatique.

Celte grande pièce gravée sur bois et composée de 14 morceaux réunis est d’une extrême rareté, un exemplaire lut payé ù la vente I)idot260 francs.

ECOLE ALLEMANDE

BALDUNG (Hans)

Né en Souabe vers 1470, mort à Strasbourg en 1552. Ami de Dürer, dont il rappelle la manière, a surtout gravé sur bois — 80 pièces environ — et 7 ou 8 eaux-fortes ; il appartient ù l’école de la Ilaute-Allemagne. On l’appelait aussi Griin.

Hercule et Omphale Passavant (5). — Tous deux sont nus et assis l’un près de l’autre sur un banc: Hercule tient sa massue de la main droite et enlace Omphale de son bras gauche qu’il a passé autour de sa taille.

Pièce sans signature, mais attribuée à l’artiste d’une façon presque positive. Cette eau-forte rarissime fut adjugée 225 francs à la vente Liphart, et 625 le 16 mai 1900 par II. -G. Gutelcunst ; elle provenait de chez Maberly et était d’une irréprochable condition.

Le Christ en croix. — A droite de la croix, la sainte Vierge soutenue par saint Jean ; à gauche la Madeleine à genoux essuyant ses larmes. Dans le coin droit, une tablette portant le monogramme de l’artiste H. B. G.

Cette gravure sur bois, dont un exemplaire admirable figurait à l’Exposition de la gravure sur bois en 1902, est d’une insigne rareté, elle est imprimée en clair obscur, sur fond brun, et mesure H. 372 mm — L. 260 mm. Une épreuve passa à la vente Didot où elle fut adjugée 1030 francs.

BEHAM (Hans-Sebald)

Né à Nuremberg en 1500, mort à Francfort en 1550, frère et élève de Barthélémy. Artiste de grand talent, mais libertin. Ses dessins d’ornements étaient extrêmement précieux pour les orfèvres de son temps. Il avait deux monogrammes, l’un avec les initiales H. S. P., l’autre avec II. S. B., ce qui a établi quelque confusion dans son œuvre. Il grava sur bois presque autant que sur cuivre, son œuvre se compose d’environ 271 burins et 207 bois. Il reçut des leçons de Dürer. — Il a été catalogué par Aumüller en 1881.

La Vierge à la tête de Mort (Bartsch 20 — Aumüller 22). — La Vierge présente le sein à l’Enfant-Dieu endormi sur une labié, elle est à mi-corps et de profil à gauche, près d’elle une tète de mort et un sablier.

Estampe très rare qui est une copie d’après celle de Barthélémy. Une épreuve fut adjugée en avril 1894 par H. -G. Gutekunst, 237 francs.

ECOLE ALLEMANDE

Cîmon nourri par sa fille (B 75 — A 84). — Enchaîné et assis par terre, Cimon prend le sein que sa fille lui présente en le pressant de la main droite. Sur une colonne à droite de l’estampe, on lit : Ich leb von der. . . En haut à gauche, une tablette au monogramme avec la date 15H.

Cette estampe est une copie d’après celle de Barthélémy. Il y a des épreuves avant l’inscription sur la colonne, l’une de celles-ci s’est vendue 125 francs à la vente Angiolini. Il existe 3 pièces de cet artiste portant le même titre, mais de dimensions et de conception toutes différentes.

Lucrèce (B 78 — A 87). — Tenant le poignard qu’elle va se plonger dans le sein, Lucrèce assise à terre et nue enlace de son bras droit le tronc d’un arbre qui se trouve à gauche. En haut à droite, une tablette avec la date Î5t9 et en bas à terre, du même côté, le monogramme.

Une épreuve du 1er état dit au fond blanc, c’est-à-dire avant que les bâtisses de droite n’aient été indiquées, fut adjugée à la vente Angiolini, 200 francs ; pièce de toute rareté.

La Vierge au Perroquet (B 19 — A 21). — L’Enfant Jésus est soutenu par sa mère qui est assise, il regarde un pei’roquet qu’elle a sur la main droite auquel elle présente une pomme. En haut à droite, on lit : S. Maria, et à gauche, le monogramme et 1549.

Cette pièce a été gravée d’après Barthélémy, mais en contre partie. Elle est fort recherchée en 1er état, c’est-à-dire avant le pointillé dans les chairs et les contre-tailles dans les ombres des plis de la robe.

Ventes : Knowles, 89 — Schloesser, 69 — Oppermann, 81 — Vico, 39. — En avril 1891 par H. -G. Gutekunst, 102.

Trajan et la Veuve (B 82 — A 91). — Au milieu de l’estampe, une femme prosternée devant l’Empereur à cheval, vient l’implorer en lui demandant de châtier le meurtrier de son fils. Sur la tablette du haut de l’estampe on lit : lmp. Traianus... Cœsar..., le monogramme et la date 1537.

11 existe des épreuves avant le millésime, elles sont d’une insigne rareté, l’une d'elles fut vendue en avril 1891 par II. -G. Gutekunst, 110 francs.

Combats des Grecs et des Troyens (B 69 — A 78). — Les uns à pied, les autres à cheval se combattent armés de piques et de

ECOLE ALLEMANDE

massues. A gauche, on lit : Krichen ; à droite : Droioner. En haut à droite, le monogramme.

Cette pièce, une des plus belles de l’œuvre, est une copie dans le même sens, du Maître au monogramme Rv. B. Un exemplaire du 1er état, avant les troisièmes tailles sur le fond, fut adjugé 116 francs à la vente Vico.

La Femme se baignant les pieds (B 207 — A 225). — Nue et assise sur un banc, elle se regarde dans un miroir suspendu à gauche sur un mur, elle vient de retirer son pied gauche d’un baquet. Deux enfants sont près d’elle, l’un d’eux tient dans sa main droite une branche de feuillage. En bas à gauche, le monogramme.

Copie d’après Barthélémy, à laquelle l’artiste a ajouté les deux enfants ; elle est de la dernière rareté.

Ventes : Vico, 310 — En mai 1900 par H. -G. Gutekunst, 350.

Les trois Baigneuses (B 208 — A 226). — Dans une étuve, trois femmes nues ; l’une, très grosse, est assise à droite, le pied gauche dans un baquet.

De tonie rareté; copie d’après Barthélémy. Un exemplaire vente Vico, 309 francs.

La Femme nue couchée sur le dos (B 215 — A 71). — Elle est comme l’indique son litre, près d’elle un enfant, au loin un homme sauvage rampant. En haut à gauche : S. Iolxanes Chrisostomus, plus bas, le monogramme.

Cette estampe est quelquefois rubriquée La Pénitence de saint Chrysostome. Un exemplaire vente Vico, d’un 1er état, avant l’inscription, le monogramme et le nuage, de la plus insigne rareté, fut adjugé 225 francs ; à la même vente, un 2e état, avant le monogramme et le nuage, 38 francs.

Les trois Médailles sur fond noir (B 222 — A 282). — La première, un écu, ou l’agneau1 bondissant ; la seconde, partie fusée et au lion ; la troisième, un cor de chasse. Le monogramme est placé entre la deuxième et la troisième médaille.

Pièce de la plus insurpassable rareté, qui manque à presque toutes les collections. Un superbe exemplaire provenant de la collection Peter Lély fut adjugé à la vente Vico 626 francs. Il existe aussi une autre planche sur fond noir de trois petites Armoiries (Passavant 271) qui sont de la même rareté, elle figurait à la vente Vico également.

1 Et non le cheval, comme le ilit Barlsch.

ÉCOLE ALLEMANDE

La Mort surprenant une femme endormie (B 146 — A 159). — Au fond à droite, la mort vient surprendre une femme couchée et nue sur un lit, dans une pose très abandonnée. En bas à droite, on lit : 0 die Stund ist ans. En haut, le monogramme et la date 1548.

Copie en contre-partie d’après Barthélémy.

Ventes : Knowlcs, 114 — En mai 1900 par H. -G. Gutekunst, 281.

Les sept Planètes (inconnu à B — P 181-187 — A 223-229). — Voici la description très sommaire, mais suffisante pour les distinguer, de ces sept planètes :

Le Soleil, un roi traîné dans un char à deux chevaux ; Saturne, par deux dragons ; la Lune, par deux jeunes filles ; Mars, par deux loups ; Mercure, par deux coqs ; Jupiter, par deux paons ; Vénus, par deux colombes.

Tous ces bois portent dans le la'~ état des vers allemands et la première adresse de : Albrecht Glockendon Illnminist Prima Augusti 1531.

Dans cet état qui est rarissime, une seule pièce passa à la vente Angiolini; elle y fut adjugée 625 francs.

Des épreuves postérieures ont paru sans les vers. Ne pas confondre ces pièces, avec celles des sept Planètes plus un titre (B 120) sur cuivre de composition absolument différente.

Nous aurons cité et mis en vedette les pièces les plus typiques et les plus rares de l’œuvre, quand nous aurons encore signalé : Les petits Danseurs de noce (B 166-177 — A 179-190), suite de 12 pièces difficiles à trouver réunies ; Adam et Eve (B 1 — A 1) avec le ciel sans contre-tailles et La Mélancolie (B 144) qu’il faut avoir avant le millésime 1539 et le monogramme.

Une Exposition de l’œuvre des Beham eut lieu au Burlington Fine Arts Club en 1877.

BEHAM (Barthélémy)

Né à Nuremberg en 1502, mort à Rome en 1540. Cet intéressant et fort habile petit Maître a travaillé à Rome chez Raimondi. Il était peu prodigue de son monogramme, son œuvre d’environ 80 pièces n’est pas très commun. Il a été catalogué avec soin par Aumüller en 1881.

Génie tenant un écusson (Barlsch 52 — Aumüller 66). — Un Génie ailé sonne du cor en soutenant un écusson de la main gauche. En haut, une tabletle blanche.

Petite pièce rare el délicate, adjugée en mai 1900 par II. -G. Gutekunst, 687 francs.

ÉCOLE ALLEMANDE

Les trois Femmes nues et la Mort (B 42 — A 53). — La Mort a saisi par les cheveux celle qui se trouve à droite ; ces femmes sont des sorcières.

Adjugée en mai 1900 par H. -G. Gutekunst, 131 francs.

L’Amour en postillon (B 32 — A 25). — Assis sur un globe dans l’espace et se dirigeant vers la gauche, le petit Dieu tient dans ses mains un bâton qui doit lui servir d’aviron pour traverser le ciel. En haut à droite, 1520.

Très rare.

Ventes : Lipliart, 75 — Vico, 112.

Portrait de Charles V (B 60 — A 100). — Il est en buste de trois quarts à droite, coiffé de la toque et ayant au cou le collier de la Toison d’or. En haut à gauche le monogramme ; en bas dans la tablette : Progenies divnm, etc.

Très rare et très recherchée. 1er état avec le fond blanc ; 2e avant le monogramme ; 3« avec celui-ci, état décrit.

Ventes : En avril 1893 par H. -G. Gutekunst, avant te monogramme, 714, rarissime — Knowles, E" état, 390 — Schloesser, 251 — Oppermann, 250 — Seymour Haden,250, de chez Alferofï — Straeter,256 — Waldburg\Volfegg,462.

L’Avare et la Femme qui avorte (B 38 — A 48). — Un homme est -nu, debout, un crapaud sur l’épaule ; il tient une bourse de chaque main; près de lui, une femme se lamente de la naissance d’un avorton. En haut de l’estampe une tablette dans laquelle on lit : Ecclesiast. 6. Spricht, etc. . .

Les premières épreuves n’accusent pas les muscles des reins de la femme. En avril 1893, adjugé par H. -G. Gutekunst, 275 francs.

Le Cours du Monde (B 39 — A 49). — A gauche de l’estampe et demi-nue une femme, la Justice, dort enchaînée, à ses pieds un agneau, à ses côtés un enfant; à droite un renard ou un loup, une épée dans la gueule, donne la chasse à une oie. Dans le haut du milieu de l’estampe, on lit : Der Welt Lauf 1525.

En avril 1893 à Stuttgart, H. -G. Gutekunst vendit un exemplaire avant l’inscription, 600 francs. Cet état est d’une insigne rareté.

Un graveur anonyme a fait une copie de celte pièce avant l’inscription et avant le millésime.

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Cléopâtre (B 12 — A 16). — Près d’un arbre, dans la campagne, Cléopâtre demi nue se fait piquer par un serpent. En haut à droite, Cleopatra, et plus bas, 1524.

1er état avant le millésime et le nom ; 2c avec le nom sans le millésime ; 3e celui décrit.

Ventes : Yico, 2e état, 101 — Fischer, même état, 2G.

A mentionner encore : Les quatre Tètes de Mort (B 28 — A 38), très rare ; Le Paysan dansant et la Paysanne (B 72 — A GO), très rare.

BÏNCK (Jacob)

On ignore le lieu de sa naissance, on suppose cependant qu’il reçut le jour à Cologne vers 1490 et qu’il mourut à Kœnigsberg vers 1560. On sait peu de chose sur sa vie, il habita, dit-on, assez longtemps Copenhague. Son œuvre est d’environ 142 pièces, dont deux bois. D’un talent très souple, il copia en s’assimilant avec une curieuse fidélité toutes ou presque toutes les œuvres de ses devanciers et des Maîtres ses contemporains. Sa taille originale quand il ne copie pas est un peu grêle et maigre. — Son monographiste est Aumüller.

Le Sauveur (Bartsch 14). — Debout, tenant dans sa main gauche l’évangile ouvert, il bénit de la dextre, à ses pieds le globe terrestre. A gauche le monogramme, en bas de l’estampe, sous le globe. En haut, à droite et à gauche, des ornements dans les coins.

Fort belle et rare pièce adjugée en avril 1894 à une vente faite à Stuttgart par II. -G. Gutekunst, 644 francs.

Saint Georges à cheval (23). — Tenant un drapeau, armé et revêtu de sa cuirasse, saint Georges à cheval se dirige vers la gauche ayant à ses pieds le dragon qu’il vient de tuer ; ce dernier gît sur le dos. En haut, le monogramme.

Pièce délicate cl rare adjugée vente Vico, 151 francs.

La jeune Femme et le Fou (Passavant 117). — Une jeune femme se défend contre un homme qui, placé à sa droite, essaie de lui passer la main sous les jupons. En haut, le monogramme.

Restée inconnue à Bartsch, un exemplaire fut adjugé en avril 1893 par II. -G. Gutekunst, 3G2 francs.

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Charles Quint. — Il est en buste et tourné de profil à droite, la lèvre et le menton sont proéminents. En bas, en gros caractères : Cctrolus Cœsar, et dans le haut du coin gauche, le monogramme.

Cette estampe qui n’avait pas encore été décrite avant nous, est restée inconnue à Bartsch, Passavant et Aumiiller; elle est de la plus insigne rareté et mesure H. 36mm — L. 29|ni". Une épreuve fut adjugée en avril 1893 par H. -G. Gutekunst, 225 francs.

La Vierge et l’Enfant Jésus.

Cette pièce, inconnue des iconographes, est extrêmement rare; dans l’auréole qui nimbe la Vierge on lit: Nostra Siniora de Belen; elle mesure H. 100 mm — L. 64 mm.

En mai 1900, H. -G. Gutekunst l’adjugea en vente publique, 108 francs.

L’Autel (B 56). — Un jeune homme nu est assis de profil à droite au pied d’un autel antique sur lequel un enfant et une femme viennent de poser deux vases remplis de fleurs. Entre les jambes de l’homme, une tablette avec le monogramme de l’artiste Jacques Binck.

Pièce ronde, gravée paraît-il, d’après un dessin de Raphaël sous la direction de Marc Antoine.

A la vente du prince Waldburg-Wolfegg en 1902, un exemplaire fut adjugé 356 francs.

C’est par erreur que le catalogue a porté cette estampe comme étant gravée par Hans Sebald Beham et comme inconnue à Bartsch et à Passavant. Le monogramme dont elle est revêtue ne laisse aucun doute à cet égard. Bartsch, Hubert et Rost ainsi que Le Blanc la classent du reste à J. Binck à qui elle appartient réellement. Aumüller sous le n° 211 et Pauli sous le n» 1387 l’ont à tort également attribuée à H. -S. Beham. Nous tenions à faire cette rectification qui a son importance, d’autant que les monogrammes des deux artistes en cause, sont faciles à distinguer l’un de l’autre ; il n’en est pas de même de celui de Baldung Grün qui peut facilement être pris pour celui de Binck.

Mentionnons encore de l’artiste les belles pièces suivantes : La Justice (B 57) ; Le Vendeur d’œufs (B 70) ; Le Berger (B 76).

BOGHOLT (Frantz von)

On ne sait rien de sa vie, on le croit né à Bocholt vers 1434, on ignore quand il mourut. Très habile graveur, il est peut-être même le maître de Mecken. Il imita souvent Martin Schdne qu’il copia et fut un rellct de l’école de Van Eyck. Son œuvre, très rare, comporte une soixantaine de pièces, qu’il

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signait souvent de ses initiales F. F. B. ; quelques-unes évoquent comme métier le souvenir du Maître de 1466.

Le Jugement de Salomon (Bartsch 2). — Au milieu de l’estampe, assis sur son trône, le Roi tient son sceplx-e de la main gauche, il vient de prononcer la sentence qu’il souligne de la main droite. La mère qui est à droite est agenouillée devant l’enfant mort, l’autre donne la main à l’enfant vivant. Le Roi est environné de ses courtisans.

Cette gravure, de la dernière rareté et qui manque même au Département des Estampes, est considérée comme une des pièces capitales du xve siècle.

Ventes : Vico, 1025 — Holford, 2500 ; exemplaire superbe, de la collection Esdaile — Angiolini, 1201. — En mai 1900 par H. -G. Gutekunst, 975.

L’Annonciation (3). — A gauche, la Vierge à genoux; près d’elle à droite, l’ange, un sceptre dans la main gauche et bénissant de l’autre, lui annonce qu’elle va être mère du Sauveur. Au fond une chambre, à droite un siège et à gauche un rideau. En bas au milieu de l’estampe, les initiales F. V. B.

Au moins aussi rare que la précédente, si ce n’est davantage, manque à presque toutes les collections publiques, même à la nôtre. — A la vente Liphart, un exemplaire fut adjugé 1937 francs.

Saint Georges (33). — Le saint armé et cuirassé galope à droite, l’épée haute pour achever le dragon qui gît à ses pieds, transpercé par la lance qui s’est brisée en le frappant. Au fond, un paysage où l’on aperçoit une femme et un mouton.

Pièce fort rare ; le 1er état porte les initiales F. V. B. et le 2e la signature de Israhel van Meckenen ; un exemplaire de cet état fut adjugé en avril 1894 par II. -G. Gutekunst, 1062 francs.

Mentionnons encore: saint Mathieu (12), rarissime gravure adjugée à la vente du prince Waldburg-Wolfegg, 537 francs, et saint Christophe, pièce inconnue à Bartsch, dont le Britisli Muséum possède un exemplaire.

BURGMAIR (Hans)

Le Vieux et le Jeune

Les œuvres de ces deux artistes — le père et le fils — se confondant les unes avec les autres, on considère ces deux graveurs comme ne faisant qu’une seule cl même personne. Le père naquit vers 1474 et mourut en

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1543? Le fils vivait en 1559, ils sont bien plus intéressants par leurs bois que par leurs eaux-fortes. — Ch. Le Blanc mentionne (144 bois.

Maximilien Ier (Bartsch 32). — L’Empereur, armé de toutes pièces, est à chevalet tourné vers la gauche. Au-dessous du pied droit de devant du cheval, on lit : .Jost de Negker. La date qui est sur la banderolle à terre, sous le ventre de la monture, n’est exprimée qu’avec trois chiffres : 15 8. C’est 1508 qu’il faut lire. Dans un cartouche blanc en haut de l’estampe, on lit : lmp. Cæs. Maxime. Aug.

C’est un clair obscur dont la couleur dominante est le rouge brique. Pièce capitale extrêmement rare.

v Ventes : Liphart, 1250 — Didot, 1025 — Oppermann, toute première épreuve, avec adresse et millésime, d’un ton vert jaunâtre, 4388, probablement unique ; dans les secondes épreuves en camaïeu rouge, on voit à la place du 0 du millésime, un trait en biais de la grandeur des autres chiffres, trait qui dans tes derniers tirages a été transformé en chiffre 1.

Femme montée sur le dos d’un homme (73).

A la vente Emile Galiclion, un très bel exemplaire de ce bois, avec marge et entouré d'une bordure , particularité qui a échappé à Bartsch et à Passavant, fut adjugé 215 francs.

Saint Georges (231). — Saint Georges à cheval se dirigeant à droite. En haut : Diuus Georgins. . .

Une très curieuse épreuve de ce bois si rare, passa à la vente Holford, elle était sur parchemin, retouchée et rehaussée d’or ; elle fut adjugée 3000 francs, et provenait de la collection Esdaile.

Jeune Femme poussant des cris et fuyant la Mort qui tue son amant (40).

Très rare, clair obscur à trois planches, adjugé, vente Liphart, 437 — vente Schloesser, 750 ; il provenait de la collection Liphart, était en brun et portait au bas l’adresse de : Jost de Negker zu Augspurg. Vente Fischer, 375.

CRANAGH LE VIEUX (Lucas Sunder, dit)

Né à Kronach en 1472, mort à Weimar en 1553 ; ses œuvres, des bois surtout, se confondent avec celles de son fils, qui lui est de beaucoup inférieur. Leur monogramme était un dragon, dont les ailes étaient verticales pour le père, et horizontales pour le fils ; ils y ajoutaient quelquefois leurs initiales L. C., séparées ou entrelacées, qu’ils plaçaient souvent aussi dans

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une tablette. Nous ne pouvons malheureusement pas ici, cela dit une fois pour toutes, reproduire les monogrammes ou entrer dans les détails de leurs descriptions, nous renvoyons le lecteur aux dictionnaires de Brulliot ou de Nagler. — A été catalogué par Schuchardt.

Le repos en Egypte (Bartsch 3). — Assise au pied d’un arbre, la Vierge entourée d’anges, donne le sein à l’Enfant Jésus. En bas à droite, une tablette avec le dragon, les initiales et la date 1509.

Bois extrêmement rare qui existe aussi en clair obscur à 2 planches.

Ventes : Didot, 185 — Schloesser, 256, et en clair obscur, 337 — Angiolini, 47.

La Confrérie de sainte Ursule. — Au milieu de l’estampe, le Christ sur la croix, et sur la poutre transversale de celle-ci, deux plateaux suspendus ; dans celui de gauche le démon, dans le droit un groupe d’âmes humaines. En haut à droite, quatre anges avec des instruments de torture, à gauche un prêtre officiant. Au milieu en bas, un navire avec des saints et des dignitaires ecclésiastiques, et devant eux, une table avec hosties et calice ; à droite un évêque, à gauche un prince en pied, au-dessus les armes de Saxe. Sous l’estampe, un texte allemand de quinze lignes, se terminant par ces mots : Soliche lobliche, etc. ; c’était les règles et privilèges de la confrérie de Branau, en Bavière.

Ce bois d’une insigne rareté, s’il n’est pas unique, n’a été décrit nulle part. Il mesure H. 575 ™m — L. 435 mm. Un exemplaire fut adjugé à la vente Angiolini, 1600 francs.

Vénus accompagnée de l’Amour (113). — La déesse est nue et regarde Cupidon qui essaye son arc. Une inscription : Ad Imaginent Vcneris.

Ce bois de 1505 est au 1er état, avec la ligne droite sur l’épaule gauche de Vénus, ligne retouchée et arrondie dans les épreuves postérieures.

Ventes : Howard, 32 — Liphart, 37 — Didot, en clair obscur à 2 planches, 720, très rare — Fischer, 1er état, 20.

Martin Luther (6). — Le réformateur est en buste, de profil à gauche, coiffé d’un haut bonnet.

Cuivre, dont les épreuves sont rarissimes.

Ventes : Mai 1900 par II. -G. Gutekunst, 406 — Schultze, 705.

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Saint Christophe (58). — Le saint revêtu d’un ample manteau, porte l’Enfant Jésus sur son épaule, il vient d’atterrir sur la rive gauche ; il a dans sa main une branche d’arhre cpii lui sert de bâton. Derrière lui, des rochers et la campagne, et à gauche, un arbre dans les branche duquel trois écussons armoriés sont suspendus. Tout à fait à droite, un ermite sort de sa retraite, une lanterne à la main.

Ce bois superbe figurait à l’Exposition de la gravure sur bois en 1902.

Mélanehton. — En buste, de trois quarts à droite. A gauche et au-dessus de son épaule, le monogramme au dragon. Dans le haut : Viva imago... En bas, vingt-deux vers latins, sur deux colonnes, signés : Henricus Mollems Hessus 1560.

Cette très rare estampe sur bois, qui est positivement de Cranach le Jeune, a échappé à Bartsch, Passavant et Heller, elle est par conséquent non décrite ; elle mesure H. 237mm — L. 190mm. Un exemplaire passa à la vente Didot où il fut adjugé 105 francs. Ne pas confondre cette pièce avec celle décrite par Passavant sous le n1» hl, où le personnage est revêtu d’un vêtement avec fourrure.

DÜRER (Albert)'

Né à Nuremberg le 20 mai 1471, mort dans cette ville le 6 avril 1528. C’est le plus grand génie de l’Allemagne. Aucun pays, aucune école ne peut mettre en ligne un aussi sublime artiste. Ses burins ont un éclat et une souplesse merveilleuse. Les cuivres et les encres dont il se servait donnaient à ses épreuves un reflet argentin très particulier que ne purent jamais obtenir les plus habiles graveurs de son époque, tels que les Martin Schône, les Lucas de Leyde, etc. Il fut un des premiers en Allemagne à se servir de l’eau-forte dont l’inventeur est peut-être Wenceslas d’Olmutz, ou plutôt un vieux maître néerlandais à monogramme, dont le nom est resté ignoré.

Son œuvre se compose de 110 à 115 pièces sur cuivre et d’environ 220 bois, qu’il dessina mais qu’il ne grava pas.

Dans ses débuts — ceci est un critérium — la lettre A de son monogramme avait presque la forme ordinaire de cette lettre, ce n’est que plus tard qu’il adopta l’écartement des jambages, qui lui permit de remplacer le petit d qui s’y trouvait primitivement intercalé, par sa majuscule.

Les premières épreuves étaient généralement tirées sur papier filigrané à la tête de bœuf, à la grande couronne, aux deux tours, et à la balance dans le cercle.

) Consulter : Œuvre de Albert Durer, reproduit et publié par Arnaud Durand, texte par G. Duplessis, à Paris, chez Rapilly.

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L’artiste voyagea beaucoup ; à 35 ans il partit pour l’Italie et à 49 ans pour les Pays-Bas ; il a laissé des relations de ses voyages.

Parmi les nombreux ouvrages consacrés au glorieux artiste, les plus importants sont ceux de : Heller 1831, B. Haussmann 1861, Ralf von Retbergi 1871, et Moriz Thausing traduit par G. Gruyer en 1878. MM. E. Galichon et Charles Ephrussi ont également écrit de très remarquables études dans la Gazette des Beaux-Arts sur ce peintre-graveur.

Trois expositions de l’œuvre du Maître sont à noter : la première, en 1869, eut lieu au Burlington Fine Arts Club, en même temps que celle de Lucas de Leyde ; la seconde, en 1889, au Muséum Fine Arts de Boston, exposition fort complète extraite des collections de M. H. -S .Sewal, de New-York, et de celle de Gray, appartenant au collège de Harvard ; le catalogue était précédé d'une savante notice de feu M. S. -R. Kœhler, le distingué conservateur de ce musée, et enfin la troisième, an Grolier Club de New-York en 1897, peut-être la plus remarquable des trois, dont le catalogue illustré, devenu introuvable aujourd’hui, fut strictement limité au nombre des membres de ce cercle ; il se vendait 10 dollars.

Les pins belles collections formées de l’œuvre du Maître furent celles de Verstolk de Soelen, Hebich, Retberg, Didot, et très dernièrement celle de Cornill d’Orville 2 ; toutes sont aujourd’hui dispersées.

Les Offres d’amour(Retberg2 — Barlsch93 — Heller891). — Dans la campagne, assis l’un près de l’autre et tournés à droite, un vieillard tête nue entoure de son bras droit la taille de la femme qui est à ses côlés ; celle-ci avance la main gauche, sollicitant l’argent que va lui donner son compagnon. Derrière eux un château situé sur une colline, et à droite de la composition, un cheval attaché à un arbre. Au bas et au milieu de l’estampe, le monogramme du Maître.

Cette pièce est quelquefois rubriquée Juda et Thamar ou encore Berthold Tueher et Anna Pfinzing, allusion à un vieux scandale qui eut lieu à Nuremberg ; la lettre A du monogramme est étranglée éi son sommet, comme nous l’avons déjà fait remarquer plus haut, dans les premières pièces gravées — Il en existe une copie en contre-partie.

Ventes : E. Galichon, 300 — Didot, 150 — Knowles, sur papier au P gothique, 312, provenant de chez Alfcroff — Oppermann, 63 — Cope3, 170 — Cornill d’Orville, papier au P gothique, 400.

' C’est l’ordre chronologique adopté par cet écrivain que nous avons suivi dans la nomenclature des pièces que nous citons.

2 Les 118 numéros qui lu composaient, bois compris, atteignirent près de 180.000 francs.

2 La collection de Edwin It. Cope, de Philadelphie, fut vendue par les soins intelligents de M. Slunislaus V. Henkcls en mai 1800 ; c’était une des plus importantes collections d’Amérique, scs trois catalogues contenaient 3187 numéros. II n’y avait pas, à proprement parler, de pièces rares ou hors ligne, mais parmi celles-ci se trouvait une réunion de portraits de Napoléon I" et de Washington telle qu’il serait impossible d’en reconstituer une semblable aujourd’hui.

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La Sainte Famille au Papillon 1 (R 3 — R 44 — H 643). — Assise sur un rustique banc de bois, ayant derrière elle lleuve, bateau, montagne et maison, la Vierge de face regarde à gauche. Elle lient l’Enfant Dieu sur son bras droit, et l’élevant à la hauteur de sa tète, semble lui parler. En haut de l’estampe, sur les nues, le Père Eternel et le Saint-Esprit, dans un rayonnement au-dessus de la tète de la Vierge. En bas au milieu de l’estampe, le monogramme, et tout à fait à droite par terre, un papillon.

Cette estampe fut très probablement gravée par l’artiste en 1494, lors de son voyage à Venise. E. Galichon est absolument d’accord avec Retberg pour la considérer comme une des premières gravures signées du Maître, qui n’a pas encore acquis la souplesse de burin qu’il nous montrera plus tard. — De la série des Vierges, au nombre de 16, nous signalerons seulement les plus rares et les plus recherchées.

Ventes : Howard, 210 — Didot, 200, avant la planche retouchée, c’est-à-dire avec l'ombre sur la joue de la Vierge — Knowles, 115 — Oppermann, 77 — Hebich, 250 — Straeter, papier à la tête de bœuf, 219 — Cornill d’Orville, papier au P. gothique, 425.

Meckenen l’a gravée en contre-partie et l’a signée.

L'Enfant prodigue (R 5 — B 28 — H 477). — Dans une cour de ferme, un genou en terre, les mains jointes, de profd à droite, les yeux désolés et levés au ciel, le personnage est au milieu des pourceaux qu’il garde ; au fond les bâtiments de la ferme, et en bas de l’estampe, le monogramme de l’artiste.

Il existe une copie trompeuse, qui est plus rare que l’originale, et qui lui est peut-être supérieure ; elle est très facile à reconnaître, en ce que les trois lucarnes de la haute maison, à droite de l’arbre, se trouvent toutes sur une même ligne horizontale, ce qui n’existe pas dans l’originale, où elles chevauchent légèrement.

Cette estampe, encore de début — vers 1500 — présente une très grande incorrection de dessin dans la jambe droite, qui est pliée; on se demande comment elle se rattache au tronc. — Le dessin original à la plume est au British Muséum.

Ventes : Didot, 510, de la collection Brentano — Knowles, 187 — Schloesser, 250, sur papier au P gothique — Oppermann, 125 — Griffiths, 231, des cabinets Mariette et Beckford — Buccleuch, 475 — Artaria, 240 — Straeter, 325 — Cornill d’Orville, 419 — Stern, 1469, de la collection Enzenberg.

i Ou encore ci la Sauterelle.

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Saint Jérôme en pénitence (R 8 — B 61 — H 776). — Aux pieds de rochers abrupts que couronnent des arbres et une chapelle dont on aperçoit le toit et le clocher, le saint le torse nu, à gauche de l’estampe, est à genoux de trois quarts à gauche, priant devant un crucifix planté dans le rocher ; sa main droite serre un caillou dont il va se frapper la poitrine. Son lion fidèle est couché à droite. En bas au milieu de l’estampe, le monogramme.

Cette pièce fut gravée en 1514. Il en existe des copies trompeuses, une entre autres, dans laquelle la touffe d’herbe de droite, qui se trouve sur la pierre qui est au premier plan à gauche, compte 5 brins d’herbe, au lieu de 3 ou 4 qui existent dans l’originale.

Ventes : E. Galichon, 220 — Didot, 325, avant la retouche, c’est-à-dii’e avant le trait sur la montagne de droite, elle était sur papier au P gothique et provenait de la vente Debois où elle fut adjugée 101 francs — Schloesser, 300 — Oppermann, 182, au P gothique — Griffiths, 212 — Straeter, état Didot, 375 — Cornill d’Orville, 156 — Hansen, 106.

La Vierge aux cheveux longs liés avec une bandelette 1 (R 9 — B 30 — H 489). — Sur un croissant et dans un rayonnement, la Vierge, la tête penchée à gauche, les cheveux épars sur les épaules et retenus sur le sommet par une bandelette presque invisible, tient l’Enfant Jésus nu sur le bras droit. En bas sous le croissant, le monogramme.

Une des plus séduisantes pièces de la série. — Il existe des copies. La meilleure est celle où l’on distingue nettement les cinq doigts de la main gauche que l’Enfant Jésus a placée sur la pomme, alors que l’originale n’en laisse voir que trois.

Ventes : Didot, 2420, peut-être la plus belle connue ; elle provenait de chez Verstolk de Soelen — Knowles, 875, sur papier à la tête de bœuf ; elle provenait également de chez de Soelen ; était-ce l’exemplaire de Didot, nous l’ignorons. Constatons néanmoins l’énorme écart sur deux pièces superbes vendues à deux ans de distance ! ! Schloesser, sur fdigrane à la tête de bœuf, 612 — Oppermann, 25 — Fischer, 1275 — Cornill d’Orville, sur papier ù la haute couronne, 575.

La Vierge allaitant l’Enfant Jésus (R 52 — B 34 — H 564). — Assise dans la campagne, de face, la tête penchée à droite, la Vierge donne le sein à l’Enfant Dieu qu’elle enveloppe d’un regard plein de tendresse ; sur l’un des montants de la barrière à laquelle elle est

Ou La Vierge au Croissant sans la couronne.

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adossée, à droite, un petit oiseau1 2; à gauche, sur une tablette suspendue, le millésime 1503*, et en bas, sur la pierre qui est au premier plan, le monogramme.

Il existe au Cabinet de Berlin une épreuve antérieure sans le millésime.

Ventes : Guichardot, 980 — Didot, 800 — Knowles, 1125, elle provenait de chez Guichardot et passe pour une des plus belles connues — Schloesser, 276 — Oppermann, 100 — Buccleucli, 325 — Fischer, 1150 — E. Galichon, 245 — Artari^, 1180 — Cornill d’Orville, 750 — Prince Waldburg Wolfegg, 3150.

Les Armoiries à la tête de Mort (R 53 — B 101 — H 1022). — Dans un écusson, une tête de mort de face penchée à gauche et timbrée d’un casque tourné à gauche et surmonté d’un vol, accompagné de lambrequins ; à gauche debout, une femme les yeux baissés que cherche à embrasser une sorte d’homme sauvage appuyé sur une trique dans la fourche de laquelle est passée une lanière de cuir qui soutient les armoiries. Sur la pierre où repose l’écusson, le millésime 1503, et sur cette pierre à droite, une tablette avec le monogramme.

C’est une admirable pièce fort recherchée, à laquelle on donne quelquefois, mais rarement, le nom de la Fiancée mourante. La main droite de la femme qui relève sa robe est très mal dessinée, on dirait que la première phalange des quatre doigts est coupée. — Il existe une copie très trompeuse, mais facile à reconnaître ; dans la bande de la partie presque horizontale avoisinant l’ouverture du casque, il y a cinq têtes de clous dans l’originale, tandis que dans la copie on en compte six.

Ventes : E. Galichon, 2150 — Liphart, 375 — Didot, 920 — Oppermann, 1470, sur papier à la haute couronne — Griffiths, 387 — Hebich, 1387 — Buccleuch, 1450 — Seymour Haden, 1275 — Fischer, 1050 — Holford, 1875, sur papier à la haute couronne — L. Galichon, 500, de chez Didot — Destailleur, avec les Armoiries au Coq, 401 — Artaria, 340, papier à la tête de bœuf — Hollandt, 194 — Straeter, 2781, la perle de la collection, provenait de chez Holford — de Sallet, 1443 — Cornill d’Orville, 2037 — Defer Dumesnil, 400 — Schultze, 250.

La Nativité3 (R 54 — B 2 — H 127). — Dans une maison en ruine, à droite saint Joseph remplissant un vase avec le seau d’eau qu’il vient de tirer du puits ; à gauche, dans la partie du logis qu’a respecté

1 Ce qui, quelquefois, fait appeler cette pièce La Vierge au Chardonneret.

2 A l’exception de la date 1497 inscrite aux quatre Femmes nues (R 21). Cette date est la première remarquée sur les estampes du Maître.

3 Dénommée quelquefois aussi La petite Treille.

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la démolition, la Vierge à genoux adorant l’Enfant Jésus. Tout en haut à gauche, suspendue à une potence, la tablette avec le monogramme et le millésime 150b.

Dans son journal de voyage au Pays-Bas, l’artiste appelle cette pièce Noël. L’épreuve du Département des Estampes de Paris est éblouissante — Il existe des copies ; celles de Jérome Wierix (1566) et de J. Hopfer sont les plus remarquables, ainsi que celle d’Adrien Iluber; Montagna l’a gravée aussi, mais en contre-partie, elle est loin d’avoir la finesse de l’originale.

Ventes : E. Galichon, 700 — Liphart, 374 — Didot, sur papier à la tête de bœuf, 305 — Knowles, 375 — Hebich, 544 — Buccleuch, 800 — Fischer, 1225 — Angiolini, 250 — Artaria, 660 — Straeter, 3200, la seconde perle de la collection, le plus bel exemplaire connu — Cornill d’Orville, 787.

Adam et Ève (R. 55 — B 1 — H 118). — Dans le paradis terrestre, debout et nus le corps de face, ils se regardent : Adam à gauche, Ève à droite ; celle-ci présentant de la main droite la pomme au serpent enroulé autour de l’arbre du bien et du mal. Sur la branche feuillée où Adam appuyé la main droite, est un perroquet au-dessous duquel est suspendue une tablette sur laquelle on lit : Albert? Durer Noricus Fciciebat, et le monogramme. Le monogramme très petit est à gauche du millésime 150b et sur la même ligne. A leurs pieds, des animaux; au fond, des arbres et des rochers.

C’est une des pièces capitales de l’œuvre, elle est devenue excessivement rare.

La découverte de la statue de l’Apollon du Belvédère qui eut lieu à la fin du xve siècle en Italie, produisit une immense excitation; l’artiste en fut lui-même fortement impressionné et le dessin de son Adam s’en ressentit.

Au premier état, l’écorce de l’arbre sous l’aisselle gauche d’Adam n’a pas encore une crevasse longitudinale de 15 millimètres, à droite de la grande fente qui descend jusqu’au pied du tronc. A Vienne, dans la collection Albcrtinc (?) et au British Muséum, il y a une épreuve non terminée, c’est-àdire qu’il n’y a d’achevé que la jambe droite d’Adam et une partie du fond, le reste est au trait1 ; on a dit aussi qu’il existait un état avant l’inscription sur la tablette, mais ceci nous paraît fort douteux ; malgré nos recherches nous n’avons pu découvrir de collections possédant un semblable exemplaire.

Les belles épreuves sont sur papier « la tête de bœuf ; celles sur celui aux deux louis sont généralement inférieures.

11 existe des copies.

Ventes : Howard, superbe épreuve, 1475 — E. Galichon, sur papier à la tête de bœuf, 2990 - Liphart, b1' état à la tête de bœuf, un des plus beaux

1 Cette épreuve provenant de lu collection Ollley, fut acquise en 183G par le Brilisli Muséum.

connus, 2500 — Didot, à la tête de bœuf, 3100 — Knowles, 212 — Schloesser, 1er état à la tête de bœuf, 812 — Oppermann, 2° état à la tête de bœuf, 9G2 — Griffiths, 4750 du cabinet Verstolk de Soelen — Hebich, 1er état, 2119; 2e état également à la tête de bœuf, 525 — Buccleuch, 825 — Seymour Haden, à la tête de bœuf et avec la signature de Mariette, 2500 — Fischer, sur papier à la tête de bœuf, épreuve d’une exceptionnelle beauté, 10250, provenait des collections Barnard, Maberley et Hawkins — Holford, 2500 — Destailleur, 4G0 — Artaria, 1er état papier à la tête de bœuf, 1220 — Straeter, 1700 — Battig, 731 — de Sallet, filigrane tête de bœuf, 4000 — Cornill d’Orville, 2e état même filigrane, 1075 — Defer Dumesnil, 2e état, 720 — Loyd, épreuve doublée, 1000.

La Vierge au Singe (R 88 — B 42 — H 628). — La Vierge nimbée est assise sur une sorte de banc de bois; l’Enfant Jésus nu, sur ses genoux, joue avec un oiseau ; à leurs pieds, un singe accroupi est enchaîné ; un fleuve bordé de montagnes s’étend derrière eux, ainsi qu’une petite construction. En bas au milieu de l’estampe, le monogramme.

C’est de beaucoup, selon nous, la plus remarquable pièce de la série des Vierges ; Dürer l’a gravée, croit-on, en contre-partie d’après un dessin de Wolgemut. Marc Antoine l’a copiée d’après Dürer, en reproduisant sans pudeur, le monogramme de l’artiste.

Le premier état se reconnaît au museau du singe qui est très noir ; le second aux deux traits échappés, l’un sur le nez du singe, l’autre presque perpendiculaire sur son dos ; le cuivre existe encore, mais nous ignorons qui le détient à l’heure actuelle.

Ventes: E. Galiclion, 1er état sur papier à la tête de bœuf1, 510 — Guichardot, 615, provenant du cabinet de J. Saint-Aubin — Didot, 300 — Schloesser, 337 — Oppermann, 256 — Griffiths, 187, de chez Pierre Vischer, où elle fut adjugée 152 en 1852 — Fischer, 475 — Gutekunst, 714 — Destailleur, 541 — Cope, 120 — Straeter, à la tête de bœuf, 1875, sans doute le plus bel exemplaire connu — Cornill d’Orville, 2012, superbe épreuve.

L’Oisiveté (R 116 — B 76 — H 854). — Sur un siège élevé, la tête reposant sur un coussin, un homme sommeille tandis qu’un démon à l’aide d’un soufflet lui glisse dans l’oreille des pensées lubriques, que viendra encore aiguiser à son réveil une femme nue placée près de lui. En bas à gauche, un enfant ailé — l’Amour — s’essaye sur des échasses ; au milieu de la partie inférieure de l’estampe, le monogramme.

1 II existe des premières épreuves sur papier filigrane à la croix ; particularité qui a échappé à Hausmann.

ÉCOLE ALLEMANDE

Cette pièce est quelquefois désignée sous la rubrique Le Songe ou Le Songe du Docteur. Raimondi l’a encore copiée en y mettant le monogramme de Dürer. Cette estampe fort joliment gravée, n’est jamais vendue à sa valeur.

Ventes : E. Galichon, 500, au recto et au verso on lit la signature de Mariette — Liphart, 220 — Didot, 335 — Knowles, au filigrane de la tête de bœuf, 213 — Oppermann, 115 — Retberg, même filigrane, 656 — Fischer, 300 — Artaria, 260 — Straeter, 262 — Cornill d’Qrville, papier au P gothique, 344 — Schultze, 537.

Saint Georges à cheval (R 120 — B 54 — H 746). — Armé de pied en cap le saint à cheval est tourné vers la droite et de profil, la tête dans un rayonnement, l’étendard en travers de la selle incline à gauche, le dragon est étendu à ses pieds, sur le dos, la tête dirigée vers la droite. En bas au milieu de l’estampe, une tablette avec le monogramme et la date 1508 qui primitivement était 1505.

Il y a des copies trompeuses — 11 existe, croyons-nous, chez le baron E. de Rothschild un pastiche en contre-partie, dans lequel le dragon ne figure pas et où l’on distingue en bas à gauche, sur le terrain, un monogramme aux lettres R. A. M.

Ventes : E. Galichon, 460 — Didot, 510, de chez J. de Saint-Aubin — Knowles, 126 — Oppermann, 176 — Straeter, sur papier à la haute couronne, 500 — Cornill d’Orville, 637.

Cette estampe est fort rare.

La grande Fortune (R 124 — B 77 — H 839). — Sur un nuage, au-dessous duquel dans un pays montagneux se déroule un fleuve sur le bord duquel est bâti un village — celui d’Eytas patrie de Dürer dit la légende — une femme nue ailée de profil à droite est montée sur un globe, elle tient dans la main droite un vase ressemblant à un ciboire et dans la gauche une bride et des mors, le long voile dont elle est enveloppée passe sous son bras gauche et flotte au vent derrière elle. Dans le bas du coin droit, le monogramme.

Le 1er état est caractérisé par un trait perpendiculaire échappe qui se trouve au-dessous du pont, et par une série de points dans le ciel à gauche; dans le 2° état, ce trait n’existe plus, mais dans les belles épreuves on distingue encore la suite de points entre les deux flots du voile à gauche, points qui devaient sans doute indiquer les contours d’un nuage, et qui dans les dernières épreuves ont complètement disparu.

Cette estampe, dont on ne s’explique guère le sens allégorique, est quelquefois encore dénommée: Némésis; La Pandore; La Tempérance. On la rencontre assez fréquemment, mais les belles épreuves sont encore assez rares ; celle du Département des Estampes, qui est avec le trait échappé, est admirable. — Il existe des copies en contre-partie.

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Ventes : Howard, 394 — Liphart, 600 — Didot, sur papier à la grande couronne, 515 — Retberg, même filigrane, 545 — Buccleuch, 250 — Fischer, 575 — Holford, 450 — Aylesford, 394 — Ilollandt, 506 — Gutekunst, 862, très bel exemplaire — Hollar, 200 — Destailleur, 255 — L. Galichon, 305 — Artaria, 170 — Straeter, papier à la haute couronne, 375 — Cornill d’Orville, à la grande couronne royale, 1er état, 575 ; même papier, 2e état, 437, avec la signature de Mariette — Hérédia, même filigrane, 610.

Enlèvement d'Amymone (R 125 — B 71 — H 801). — Au pied d’une vaste colline hérissée de châteaux forts, la mer; Amymone nue est couchée sur le dos d’un Dieu marin qui l’enlève nageant vigoureusement vers la droite ; à gauche sur le rivage, le père désespéré accourt les bras étendus vers elle. En bas au milieu de la marge, le monogramme.

Dans son journal, Diirer l’appelle la Merveille de la mer fdas Meerwunder) . Cette estampe est fort belle et peut être obtenue à des prix relativement doux. Dans les premières épreuves, on distingue des égratignures dans le ciel.

Venles : Guichardot, 135 — E. Galichon, 135 — Didot, 92 — Oppermann, 200, avec les égratignures — Hebich, sur papier à la haute couronne, 90 — Fischer, 225 — Cornill d’Orville, 387.

Les effets de la Jalousie (R 126 — B 73 — H 815). — Au bas de l’estampe à gauche, au pied d’un bouquet d’arbres, une femme nue est couchée entre les jambes d’un satju-e qui tient de la main droite la mâchoire d’un animal quelconque ; tous les deux regardent à droite une femme debout, qui un bâton levé s’apprête à les frapper ; un homme nu coiffé d’un coq va parer le coup ; à droite encore un enfant, l’Amour sans doute, s’enfuit un oiseau à la main, transparente allusion d’une virginité perdue. Au fond de l’estampe, montagnes et château fort. En bas au milieu de la composition, le monogramme.

Cette pièce est quelquefois aussi appelée Le grand Satyre ou Le grand Hercule ou même simplement Hercule, comme la désigne l’artiste lui-même dans son Journal de voyage aux Pays-Bas. Il existe à Vienne, dans la collection du duc Albert de Saxe, une épreuve d’essai dans laquelle le bouquet d’arbres et la femme debout sont seuls terminés, le reste n’est esquissé qu’au trait. Le sujet est toujours resté inexpliqué, quelques-uns y voient une allégorie sur le cocuage.

Il a été fait de cette pièce des fac-similés en photogravure pour la Société Internationale de Chalcographie.

Ventes : Howard, 262 — Galichon, 360 — Didot, 495 — Hebich, sur papier à la haute couronne, 250 — Fischer, 144 — Aylesford, 262 — Schloesser, 162 — L. Galichon, 73 — Angiolini, 70 — Bouillon, 125 — Straeter, 255 — Cornill d’Orville, sur papier à la haute couronne, 210.

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Saint Eustache (R 127 — B 57 — H 727). — Au bas d’une colline boisée que couronne un château fort, le saint en costume de chasseur, son cheval arrêté près de lui, est à genoux de profil à droite, les bras levés en signe d’admiration à la vue d’un cerf qui se dirige vers lui, l’animal a un crucifix entre ses bois. A gauche un cours d’eau avec une petite passerelle en pierre. Sur le tout premier plan, quatre chiens, et sous celui du milieu, le monogramme.

Cette estampe — la plus grande de l’œuvre — est souvent aussi désignée sous la rubrique de saint Hubert, mais comme l’artiste l’a lui-même dénommée, saint Eustache, dans son Journal de voyage aux Pays-Bas. Nous ne voyons pas pourquoi on se permettrait de la débaptiser ; nous lui avons donc conservé ce titre.

Les belles épreuves sont extrêmement rares ; elles ont été tirées sur papier à la grande couronne, au pichet et à la tête de bœuf. Il existe des copies trompeuses — En 182G, le cuivre original était aux mains de M. Joseph Redtendarher de Kirchdorf.

Ventes : E. Galiclion, 2550 — Lipliart, sur papier à la haute couronne, deux exemplaires, l’un à 625, l’autre à 750 — Didot, même filigrane, 1700 — Knowles, 875 — Schloesser, 1000 — Oppermann, 295, à la haute couronne — Griffiths, 2025 — Hebich, 1056 — Retberg, à la haute couronne, 1262 — Buccleuch, 342 — Hulot, 600 — Fischer, à la haute couronne, 1200 — Holford, 3700 ; exemplaire superbe — Aylesford, 325 — Destailleur, 400 — L. Galiclion, l’exemplaire de Didot, 1850 — Cope, 438 — Artaria, 500 — Bouillon, l’exemplaire de Schloesser, 560 — Straeter, 1012 — Cornill d’Orville, à la haute couronne comme le précédent, 825 — Lacroix, une épreuve tirée sur soie, 205 — Hansen, 381.

La Véronique (R 167 — B 64 — H 167). — La sainte debout et de face, la tête auréolée, tient de ses deux mains écartées le voile qui a gardé l’empreinte des traits du Sauveur. En haut dans le coin gauche, le monogramme, et au-dessus 1510.

Cette toute petite pièce n’est connue que par deux exemplaires existant en originaux, l’un se trouve à l’Albertine, l’autre est à Dresde dans la collection du Roi de Saxe, Fréderik Auguste II ; c’est d’après Thausing la première pointe sèche qu’ait gravée l’artiste.

Il en existe une copie sans valeur, gravée par Aloys Petrak. — Passavant affirme à tort (pie cette pièce est un nielle; c’est une erreur, car ni le monogramme, ni la date ne sont renversés à l’impression.

Saint Jérôme (R 196— B 59 — H 770). — Dans une anfractuosité de rochers, le saint de profil à gauche est assis, les mains jointes tournées vers un crucifix à gauche, son coude repose sur des livres placés sur la planchette qui lui sert d’appui. A droite un saule, et à

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ses pieds un x'uisseau sur le bord duquel à gauche est couché un lion endormi. Sur le rocher de gauche, le monogramme, et tout en haut au milieu de l’estampe, le millésime 151 2.

Cette estampe, dite aussi le saint Gérôme au Saule, est une des plus admirables planches de l’œuvre, c’est une pointe scche renforcée de burin; les exemplaires avec les barbes sont pour ainsi dire introuvables. Au British Muséum on en conserve une épreuve tirée avant l’èbarbage, dans laquelle le monogramme est pour ainsi dire illisible, ce qui a fait dire à Passavant qu’il n’existait pas, parce qu’il avait disparu sous les barbes. Bartsch, à tort, considère cette pièce comme une eau-forte, le doute n’est cependant pas permis ! Dans les dernières épreuves, la planche est tellement usée que le crucifix a disparu. — Il existe une copie trompeuse.

Ventes : Didot, 4500, un des plus beaux exemplaires connus fut acheté par M. Meder — Oppermann, 25, de chez Gawet — Fischer, 1575 — Aylesford, 210 — Destailleur, 600 — De Sallet, 575 — Cornill d’Orville, une éblouissante épreuve pleine de barbes, 15000.

Les Armoiries au Coq (R 198— B 100 — H 1020). — Un écusson au lion rampant, timbré d’un casque tourné à droite, entouré de riches lambrequins, est surmonté d’un coq aux ailes déployées et chantant. En bas à droite, le monogramme.

Cette pièce, bien supérieure suivant nous aux Armoiries à la tête de Mort i, malgré sa moindre importance, est peut-être le morceau le plus admirable de l’œuvre ; il esl impossible d'aller plus loin comme métier, nulle pièce ne lui est comparable, il faut avoir vu la merveilleuse épreuve du Déparlement des Estampes, et surtout celle de la vente Cornill d’Orville, la plus belle connue, pour se demander par quel prodige l’artiste a pu arriver à donner à son casque ces éclats de métal qui en font une œuvre d’art qui ne sera jamais surpassée. On ignore l’année où fut gravée cette estampe ; Retberg suppose qu’elle le fut vers 1512 et Thausing en 1503.

Ventes : Liphart, 269, sur papier filigrané à la cruche, avec la signature de Mariette, Paris 1775 — Didot, 300, de chez Marshall — Knowles, sur papier à la haute couronne, 425 ; un autre exemplaire, sur papier à la cruche, 250 — Schloesser, 213 — Oppermann, 201, de chez Schloesser — Buccleuch, 675 — Fischer, toute première épreuve avant la planche nettoyée et avant le renforcement du trait carré, 500 — Iiolford, 325 — Destailleur, avec les Armoiries « la tête de Mort, 401 — L. Galichon, 295, de chez Didot — Angiolini, 294 — Artaria, à la haute couronne, 100, et un autre exemplaire, 430 — Bouillon, 200, de chez Donnadieu — Straeter, 294, de chez Koller — De Sallet, 381 — Cornill d’Orville, sur papier à la haute couronne royale, 4850, précieux et admirable exemplaire — Schultze, 287 — Dreux, 800 — Stern, 350.

1 Et pourtant, comme on peut s’en convaincre, elle se vend incomparablement moins cher que Les Armoiries à la tête de Mort, mais ça ne se raisonne pas, c’est de tradition. Oh ! tradition, que d’idioties on commet en ton nom ! ! !

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Le Cheval de la Mort (R 203 — B 98 — H 1013). — Dans un site rocheux et planté d’arbres rabougris, un guerrier casqué et armé se dirige à cheval vers la gauche, derrière lui à droite un animal fabuleux tenant du cerf et de la licorne l’accompagne, serrant dans sa griffe une hallebarde. A gauche, la Mort à cheval le regarde et lui montre un sablier que surmonte un cadran. Entre les jambes du cheval du guerrier un chien et un lézard. Tout au fond de l’estampe, un château fort couronne une colline escarpée. Dans le bas du coin gauche de l’estampe sous une tête de mort, une tablette portant le monogramme, au-dessus duquel le millésime 1513 précédé de la lettre S.

Une des pièces capitales de l’œuvre, extrêmement recherchée. Quant à la lettre S qui précède la date, aucune explication satisfaisante jusqu’ici n’a pu être donnée ; on y a vu, les uns l’initiale du baron de Sickingen ou de Steplian Paumgàrtner, les autres la première lettre de Sanguineus ', car on suppose aussi que Dürer avait eu l’intention de faire une série de planches représentant Les quatre Tempéraments, théorie très à l’ordre du jour à cette époque, et que les deux autres estampes La Mélancolie et saint Jérôme dans sa cellule faisaient partie de cette suite ; nous estimons pour notre part que ces suppositions sont purement gratuites, et nous préférons tout naïvement admirer ces productions merveilleuses, plutôt que de chercher à en éclaircir le côté resté mystérieux.

Cette pièce est encore connue sous les dénominations : Le Mariage ; L’Homme mondain ; Le Chevalier, la Mort et le Diable ; ou tout simplement sous la rubrique Un Cavalier qui lui fut donnée par Dürer lui-même dans son Journal de voyage aux Pays-Bas — Il existe des copies.

Ventes : Liphart, deux exemplaires, dont l’un, d’une qualité exceptionnelle, fut vendu seul 1G00 — Didot, 560 — Knowles, une des plus belles existantes, 2126 — Oppermann, 1775 — Schloesser, 1637, superbe — Griffiths, 562, de chez Mariette — Hebich, 925 — Retberg, 1150 avec les témoins 2 — Buccleuch, 1312 — Seymour Haden, 1775, de chez Brooke — Fischer, 2500, de chez Saint-Aubin — Ilolford, 3625 — Aylesford, 237 — Destailleur, 900 — Angiolini, 1250 — Artaria, 780 — Straeter, 1262 — De Sallet, 1625, provenait de chez Liphart — Cornill d’Orville, 562.

La Vierge au pied de la muraille (R 205 — B 40 — H 610). — Adossée au pied des remparts d’une ville forte, à gauche de laquelle serpente un cours d’eau, la Vierge est assise de trois quarts à gauche

1 Ou celle île Sains.

2 Particularité extrêmement rare à rencontrer clans les estampes des vieux Maîtres. Diirer, cependant, avait coutume de tirer ses cuivres en y laissant de grandes marges ; mais le goût de l'époque était toujours de les abattre et même de rogner jusqu’au trait carré ces estampes.

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tenant l’Enfant Jésus serré dans ses bras, elle porte un trousseau de clefs à sa ceinture. A droite sur le pan du mur à mi-hauteur de l’estampe, 151A et le monogramme.

La pièce est extrêmement poussée. — Se défier des copies, d’une tout particulièrement, qu’on ne peut guère reconnaître qu’en ayant sous les yeux l’originale pour la confronter ; dans la copie, le 4 du millésime est plus petit et différent de forme, le D du monogramme est également moins grand, il n’y a pas aussi de parties ombrées dans la portion de l’écriteau qui est sous le monogramme.

Ventes : E. Galichon, 280 — Didot, 110, avec la signature de Mariette datée de 1660 — Oppermann, 56 — Schloesser, 262 — Fischer, 269 — Angiolini, 380 — Cornill d’Orville, 319.

Saint Jérôme dans sa cellule (R 208 — B 60 — H 756). — Au fond de la pièce qui reçoit le jour de gauche par deux vastes croisées à verres ronds le saint est assis, écrivant sur un pupitre posé sur sa table de travail, sa tète est dans un rayonnement et son épaule droite vivement éclairée. Derrière lui un sablier et son chapeau pendu au mur; des coussins, des sandales, des livres, une tête de mort... un renard et un lion couchés et dormant sur le premier plan complètent le tableau. Sur le parquet à droite, le monogramme et 15H.

On a accusé avec juste raison l’artiste ne n’avoir qu’un seul plan et d’avoir absolument négligé les valeurs ; reconnaissons ici cependant, que la profondeur de la pièce est assez scrupuleusement accusée. Disons aussi en passant, que la dénomination dans sa cellule est impropre, le mot cellule impliquant l’idée d’une pièce petite et nue ; or, ici ce n’est nullement le cas, car la pièce est spacieuse, presque luxueusement meublée et de ce fait extrêmement intéressante au point de vue de l’ameublement de l’époque.

Les premières épreuves sont tirées sur papier à la houle couronne et les dernières sur papier fdigrané au pichet (ou à la cruche). Les copies sont nombreuses. Heller en signale, croyons-nous, treize.

Ventes : E. Galichon, 400 — Liphart, 525 — Didot, 300 — Knowles, 2125, épreuve absolument hors ligne, une des plus belles connues 1 — Schloesser, 437 — Oppermann, 451 — Hebicli, 462 — BuCcleuch, 919 — Seymour Haden, 2750 — Fischer, 412 — Holford, 3250 — Aylesford, 412 — Destailleur, 360 — Artaria, 610 — Straeter, 656 — Cornill d’Orville, 1000 — Schultze, 1500, provenait des doubles de Berlin — Hausen, 756 — Stern, 1912.

1 La collection de cct amateur avec celles de Seymour-Haden, Holford, Retberg et surtout Cornill d'Orville peuvent être considérées comme renfermant les plus beaux Diirer connus ; elles étaient cependant inférieures encore à celles de Verstolk de Soelen qui acquit les siens en 1824 à la vente du comte de Vries ; cette réunion de Diirer avait été originellement formée par Abraham Ortelius qui, à sa mort en 1598, la légua à son héritier Jacques Collius.

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Les écarts énormes des prix ci-dessus montrent à quel point la belle épreuve est appréciée ; il y a là un enseignement qui, plus aujourd’hui que jamais, a sa valeur et peut se résumer en ces mois : N’hésitez jamais à payer le gros prix l’épreuve exceptionnelle ; si vous êtes spéculateur, vous y trouverez profit tôt ou tard ; si vous êtes simple collectionneur, une grande satisfaction en songeant qu’on vous enviera la perle que vous n’avez pas voulu laisser échapper.

La Mélancolie (R 209 — B 74 — H 846). — Songeuse la tête laurée de profil à gauche, une femme ailée est assise au milieu d’instruments de toutes sortes, le coude gauche est appuyé sur son genou, sa main droite tient un compas ouvert, un chien est couché à ses pieds ; près d’elle à sa droite un enfant assis, écrit ; tout à fait à gauche en haut de l’estampe, la mer avec une comète qui semble y sombrer, un arc-en-ciel et une chauve-souris fantastique tenant une banderolle sur laquelle on lit : Melencolia S I. Sur la marche où la femme est assise, le monogramme, et au-dessus 75M peu apparent.

On trouve assez facilement cette pièce en bonne épreuve, c’est ce qui explique pourquoi, quoique merveilleusement belle, elle n’atteint jamais les prix de certaines estampes inférieures de qualité, mais infiniment plus rares.

Il y a plusieurs copies trompeuses, entr’autres une fort remarquable et presque aussi belle que l’originale, elle est gravée par un inconnu et ne porte ni monogramme, ni signature, mais on la reconnaît facilement en ce que la grande clef du trousseau qui pend à la ceinture a quatre croisillons au panneton, tandis qu’il n’en existe que trois dans l’originale. Dans la copie de Jérôme Wierix, le signe ressemblant à un S qui se trouve entre le mot Melencolia et le I n’existe pas.

On croit reconnaître dans ce portrait, la femme de l’artiste, Agnès Frey merveilleusement belle, mais inquiète et violente.

On a cherché aussi ce que pouvait signifier le signe I. Thausing y voit le numéro 1 de la première planche pour la suite des quatre Tempéraments ; Passavant mieux inspiré, croyons-nous, donne la seule explication plausible en considérant ce signe comme un I, ce qui voudrait alors dire : Mélancolie fuis; I étant la seconde personne de l’impératif du verbe latin Ire qui signifie aller, fuir.

Au temps de Durer, celte estampe avec sept autres composant une feuille entière se vendaient un florin !!!

Ventes : Iloward, épreuve d’une incomparable beauté, 1000 — E. Galichon, 960 — Liphart, 568 — Didot, 1000 — Knowles, 1312, provenait de chez Howard — Oppermann, 126 — Hébicli, 500 — Buccleuch, 650 — Fischer, 975, de chez Woodburn — Holford, 1550 — Hollar, 475 — Destailleur, 420 — L. Galichon, 600 — Angiolini, 305 — Artaria, 1060 — Straeter, 1000 — De Sallct, 269 — Ilercdia, 308 — Cornill d’Orville, 844 — Schultze, 319 — Hansen, 629.

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La Sainte Famille (R 222 — B 43 — H 648). — De face, assise au milieu de l’estampe sur un banc gazonné, la Vierge lient sur ses genoux l’Enfant Jésus nu ; à gauche au second plan, saint Joseph vu à mi-corps. Derrière la Vierge à droite, trois autres personnages ; tout au fond de l’estampe au trait, une montagne avec tour et maison. Ni date, ni monogramme.

Cette pièce exécutée à Venise pendant son voyage se ressent de l’influence italienne ; c’est une pointe sèche dont les bonnes épreuves sont extrêmement rares, le cuivre ayant été très superficiellement attaqué ; une des caractéristiques des beaux exemplaires, est la vigueur des traits de la tour.

Le 1er état est avant les rayures sur le visage de la Vierge.

Ventes : Liphart, 1er état, 1100 — Didot, même état, 600, de la collection Arozarena où elle fut adjugée 655, elle était avec toutes ses barbes — Hebich, 156 — Hulot, 1er état, 900 — Fischer, 1025 — Holford, 2755 — Gutekunst', exemplaire d’une insurpassable beauté, 4250 — Artaria, 1er état, 520 — Cornill d’Orville, 219.

La Vierge couronnée par les Anges (R 226 — B 39 — H 547). — Assise sur une large pierre dans la campagne et adossée à une forte barrière, la Vierge de face la tête penchée à droite, tient l’Enfant Jésus sur ses genoux et une pomme dans la main droite. Deux anges descendus du ciel s’apprêtent à lui poser une couronne sur la tète. En bas dans le coin droit de l’estampe, le monogramme et 1518.

Ventes : E. Galichon, 225 — Didot, 100 — Scldoesser, 126 — Cornill d’Orville, 906.

Thausing fait remarquer que cette estampe appartient à la mauvaise période de Durer (1513-1520) qui négligeait ses gravures, trop occupé par les dessins de ses bois pour la publication de l’Empereur Maximilien — La série des Vierges de petit format sont moins faciles à rencontrer que celles de format supérieur, pour cette raison que les premières furent pour la plupart intercalées dans les livres d’heures d’où elles ne sortirent plus.

Le Crucifix (R 227 — B 23 — H 435). — Sur la croix, la tète penchée à droite dans un rayonnement, le Christ est entouré à droite par la Vierge et deux saintes femmes, à gauche par saint Jean derrière lequel est un homme d’arme portant un bouclier. A genoux, la Madeleine tient embrassé le pied de la croix. Ni monogramme, ni date.

Très petite pièce ronde rarissime dite : le Pommeau d’épée ou la Plaque de chapeau de l'Empereur Maximilien P>\ C’est un nielle sur plaque d’or ; c’est

1 Vente faite en avril 1894.

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la plus petite pièce gravée par le Maître. Elle mesure 37 millimètres de diamètre. On suppose qu’elle fut exécutée en 1518. Les lettres INRI sont renversées comme dans toutes les nielles. La copie qui en existe est si remarquable, qu’on la confond souvent avec l’originale. Du reste, Bartsch et Passavant ne sont pas d’accord sur celle qui est l’original ou sur celle qui est la copie.

Ventes : Liphart, original de Passavant, 2887 — Didot, 300, avec un autre exemplaire original de Bartsch, 200 — Hébich, 756 — Retberg, 1025 — Buccleuch, 925 — Holford, 450; dans ces cinq ventes, sont les originaux de Passavant — Artaria, de Passavant, 600 ; de Bartsch, 120 — Cornill d’Orville, de Bartsch, 131 — un autre exemplaire d’une exceptionnelle beauté, original de Passavant, provenant de chez Verstolk de Soelen, 1237.

Le Crucifiement (R 253 — Passavant 109 — H 2250). — Au milieu de l’estampe, le Christ de face sur l’arbre de la croix, à droite saint Jean debout les mains jointes et les yeux levés au ciel, à gauche la Vierge entourée des saintes femmes. La Madeleine est agenouillée au pied de la croix qu’elle tient embrassée, près d’elle tête de mort et ossement. Au fond de l’estampe Jérusalem, et à droite des rochers couronnés par un château fort, dans le ciel des anges. Près de la tête de mort, le monogramme de l’artiste, sur le terrain presque au milieu un peu à droite.

Cette pièce, d’une insigne rareté, est inconnue à Bartsch ; elle est gravée au trait pur et semble être le décalque d’un dessin et une préparation de planche. Retberg, Passavant et Ephrussi la croient de Dürer ; Heller et Thausing la répudient.

Passavant nous apprend qu’une copie en a été faite par Nussbiegel, et qu’il y a deux états : l’un avant le monogramme, l’autre avec le monogramme; mais ce dernier n’est pas placé comme dans l’original, il est à gauche, près du manteau de la Vierge.

Ventes : Didot, 75 — Retberg, copie avant le monogramme, 62 — Cornill d’Orville, sur papier au petit globe, 62 — Defer Dumesnil, 1er état avant le monogramme et sur papier aux armes d’Amsterdam, 150.

Celle estampe au point de vue artistique est sans valeur.

Erasme d’Amsterdam (R 266 — B 107 — H 1047). — Dans son cabinet de travail entouré de ses livres, vêtu d’un ample vêtement et coiffé d’un bonnet qui lui cache les oreilles, Erasme debout vu à mi-corps de trois quarts à gauche, écrit sur un pupitre, la main gauche tient un encrier. Sur la table à gauche, un vase avec des fleurs et en haut du même côté une large tablette où on lit : Imago Erasmi... MDXXV1 et le monogramme en dessous.

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Ce portrait est superbe et supérieur de beaucoup à tous les autres faits par Dürer; tout porte à croire que c’est un des derniers cuivres qu’il a gravés, peut-être même le dernier.

Faisons remarquer que le portrait de Joachim Palenier (B 108) n’a jamais été gravé, par l’artiste, mais bien d’après son dessin par Cornélius Cort1 ; on ne s’explique guère qu’on ait voulu attribuer cette pièce de tout second plan au grand artiste ; elle est tellement éloignée de sa manière que le doute n’est pas permis.

Ventes : Guichardot, 150 — Liphart, sur papier aux deux lys dans un écu, 750 — Didot, 810 — Oppermann, 200 — Buccleuch, 500 — Fischer, 446 — Hollandt, 381 — Aylesford, 194 — Artaria, 590 — De Sallet, 394 — Cornill d’Orville, 1112 — Schultze, 256 — Prince Waldburg Wolfegg, 275.

Saint Jérôme (R supp*3 — B 62 — H 782). — Un genou en terre, la tête dans un rayonnement, le saint de trois quarts à droite, prie devant un crucifix; derrière lui son chapeau et ses vêtements sont accrochés, à ses pieds son lion fidèle. Au dernier plan à droite, on aperçoit une petite maison qui semble renversée tant elle est penchée à gauche. La lumière vient de droite.

Cette petite estampe ronde de la dimension d’une pièce de deux francs n’est qu’attribuée au Maître. Bartsch, Heller et Passavant la croient gravée par l’artiste, Haussmann en doute, Thausing et Retberg supposent que Dürer n’en a fait que le dessin. Quoiqu’il en soit, ce nielle, car c’en est un, est d’une insigne rareté, on n’en connaît que cinq originaux qui sont à Paris, Dresde, Amsterdam, Brême et Vienne à l’Albertine. — Il y a plusieurs copies qui sont sans valeur, une entre autres est de Aloys Petrak, de Vienne, il l’a du reste signée : A. Petrak Cop.

Ne pas confondre cette pièce avec celle de même titre, ronde également, mais un peu plus grande (R suppt 12 — B 115) qui est gravée sur bois et représente le saint la tête auréolée, à genoux tourné à gauche, il est au pied d’un arbre où sont appuyés un christ et un livre, dans la campagne derrière lui son lion est couché, et tout à fait au fond de l’estampe à droite, on aperçoit un cerf debout. Cette estampe est rarissime ; à la vente Cornill d’Orville elle fut adjugée 650 francs.

Le Jugement de Pâris (R supp1 4 — B 65 — H 793). — Dans la campagne, demi couché à gauche de l’estampe et semblant assoupi, Paris armé en guerre — ce qui n’est guère le fait d’un berger — semble peut se soucier des trois déesses nues qui sont à sa gauche ; un vieillard placé derrière, lui présente une pomme. La lumière vient de droite.

1 Thausing émet un avis opposé, il croit que le graveur est Egidius Sadeler.

Ce nielle de petite dimension et de forme ronde reste toujours discuté, Bartsch, Ileller, Passavant et Haussmann l’acceptent ; Retberg et Thausing le rejettent. Le seul exemplaire original connu est à l’Albertine de Vienne. Petrak en a fait une copie qu’il a signée. Il y a eu aussi une gravure sur bois de cette pièce avec quelques modifications (B 134), elle est fort rare et fut adjugée à la vente Cornill d’Orville le prix coquet de 2000 francs.

Le titre même donné par Bartsch à cette estampe est certainement erroné, ça ne peut être en effet le berger Paris, puisque le personnage représenté ici est un guerrier, c’est plutôt comme le dit Passavant un incident de la légende du moyen âge relative à Alfred III, roi de Mercie. On raconte que dans une visite que ce dernier fit à Guillaume d’Albanac, il remarqua ses trois filles merveilleusement belles, le père croyant s’apercevoir qu’il désirait faire de l’une d’elles sa maîtresse, les fit venir toutes nues et força le Roi à en prendre une pour épouse C’est la scène reproduite dans l’estampe que nous venons de décrire.

Le grand Courrier (R supp* 5 — B 81 — H 1098). — Sur un cheval, lancé à plein galop vers la droite, un homme coiffé d’un bonnet se retourne un fouet dans la main gauche. Au dernier plan à droite, une montagne sur le sommet de laquelle se silhouette un clocher pointu.

Encore une pièce douteuse qui est considérée par ceux qui l’admettent comme une des toutes premières estampes du Maître, elle est en tous cas extrêmement peu intéressante comme métier et comme sujet. Bartsch y voit la même technique que dans Le Violent (R 1 — B 92 — H 893).

Il n’y a que deux originaux de connus, l’un est à la Bibliothèque Impériale de Vienne, l’autre à Dresde où il est classé aux anonymes. Petrak en a fait une copie qu’il a signée de son monogramme A. P accolés.

Nous avons mentionné les cuivres les plus rares et les plus recherchés du Maître, nous allons maintenant indiquer quelques bois, mais comme nous envisageons surtout l’œuvre de Durer au point de vue gravure et non au point de vue dessins, nous passerons rapidement sur les bois qu’il n’a fait que dessiner en confiant, comme on le sait, l’exécution à un praticien habile et consommé qui se nommait Jérôme Rescli dit Hieronymus.

La Colonne (R suppP 14 — B 129). — Grande pièce sur quatre feuilles, la base représente deux Génies ailés et le haut un chapiteau sur lequel est assis un satyre.

Cette estampe, d'une insigne rareté, a échappé, croyons-nous, aux investigations de Thausing; elle manque à presque toutes les collections publiques ou privées, elle a passé à la vente Cornill d’Orville et y fut adjugée 3312 francs ; elle était d’une beauté merveilleuse et rappelait par sa netteté et sa finesse un dessin à la plume. Le papier était filigrané au chien. Elle était sans date, ce qui caractérise une toute première épreuve ; celle de Berlin est avec le millésime de 1517.

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L’Apocalypse de saint Jean (R 27-42 — B 60-75 — H 1652-1667).

Rare et admirable suite de 16 pièces qui furent adjugées à la vente Cornill d’Orville 7837 francs ; c’était la première édition publiée en 1498, de condition et de beauté exceptionnelles. Le titre n’apparut pour la première fois que dans l’édition de 1511.

La Vie de la Vierge (R 63-82 — B 76-95 — H 1692-1711).

Suite de 20 pièces qui peuvent être considérées comme le chef-d’œuvre des bois de l’artiste. Passavant semble croire que Qürer s’y consacra de 1504 à 1510. Il existe trois éditions : le premier tirage, sans texte, fleur de bois est d’une insurpassable beauté, les exemplaires bien complets sont pour ainsi dire introuvables, même dans les collections les plus célèbres ; les estampes sont tirées sur papier à la grande couronne et à la balance dans un cercle. — Voici quelques prix pour de toutes premières épreuves :

Ventes : Didot, 2020 — Galichon, 1600, de chez Jobn Barnard — Artaria, 580 — Straeter, superbe exemplaire relié en maroquin, provenant des collections Stosch et sir Joshua Reynolds — De Sallet, 1443 — Çornill d’Orville, 3375, état et condition exceptionnels.

Dürer parle souvent de la vente de ces pièces dans son Journal de voyage, il cédait quatre suites pour un florin ! ! La grande Passion, L’ Apocalypse se vendaient sur le même pied.

A remarquer que les belles premières épreuves de bois sont toujours exemptes de ces petites piquelures blanches qui proviennent des trous de vers ; celles qui en présentent, sont à rejeter.

Les Saints Patrons de l’Autriche (R 219 — B 116 — H 1880). — Ils sont au nombre de huit debout l’un près de l’autre, leurs noms en latin au bas de l’estampe sur une banderolle sont les suivants en allant de gauche à droite : Quirin, Maximilien, Florian, Sèvérin, Coloman, Léopold, Poppo et Otto. Ni date, ni monogramme.

Cette pièce est d’une insigne rareté en 1er état, c’est-à-dire avant que les deux saints Poppo et Otto aient été ajoutés ; elle manque à presque toutes les collections. Le 2® état, après l’adjonction des deux saints, porte en tête une inscription commençant par ces mots : Ad Sanctos Austriæ... puis un poème latin de 40 lignes, c’est l’édition de 1517.

A la vente Cornill d’Orville, un superbe exemplaire de 1er état fut adjugé 1325 francs.

Le Triomphe de l’Empereur Maximilien (R 218 — B 139).

Superbe suite de huit planches que l’on croit avoir été dessinées sur le bois même par Dürer. On en compte quatre éditions qui sont :

l*e édition de 1522 sans le Privilège.

2e — avec le Privilège : Cum Gratia et Privilegio Cæsaree Maiestatis.

3e — 1523, avec explications latines.

4e — 1589, dernier tirage sur les originaux. L’édition de 1609 de Heller,

publiée à Amsterdam, est une copie exécutée par Liefrinck.

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On connaît les principaux graveurs qui travaillèrent à cette suite, leurs noms ayant été consignés au dos des blocs de bois à cette époque, ce sont : Jérôme Andréa, Claus Seman, Wolfgang Resch, William et Cornélis Liefrinck, Hans Franck, Jan de Bom, Alexius Lindt et Jost Necker.

On exécuta à Vienne, ces dernières années, des retirages sur les bois originaux, et en 1886, au Musée de Boston, on en fit une exposition.

Ventes : Didot, exemplaire admirable de la première édition, 4050 — Cornill d’Orville, deuxième édition, 2612 ; exemplaire de toute fraîcheur.

Mentionnons encore quelques gros prix obtenus pour les très beaux et très rares bois suivants, passés à la vente Cornill d’Orville :

Les Armoiries de Dürer (B 160) ; dans un écusson, un triple monticule sur lequel repose une porte ouverte à deux battants, l’écu est timbré d’un casque au-dessus duquel, dans un vol, se profile à droite le buste d’un nègre coiffé d’un bonnet ; le tout est surmonté d’un cartouche contenant le monogramme accompagné du millésime 1523 ; de riches lambrequins entourent l’écu ; pièce rarissime adjugée 1137 — Saint Sébald sur une colonne (P 185), 2375 — La Tête du Christ couronnée d’épines (P 192), 875 — L’Homme attaqué par ta Maladie vénérienne (P 198), 2750 — Le Christ présenté au Peuple (P 174), grande estampe représentant le Sauveur debout de face à mi-jambes, attaché à une colonne, les mains sont enchaînées, il est entre deux bourreaux qui, brutalement, entr’ouvent le manteau dont il est revêtu. En haut du coin droit, la date 1521 ; pièce de la dernière rareté, adjugée 4075.

FALGK (Jérémias)

Artiste habile, né à Dantzig en 1629, mort en 1729, a gravé un peu de tous les genres — 150 pièces environ — nous ne retiendrons de lui que le beau et rarissime portrait de :

Copernic.

Un exemplaire superbe fut adjugé à la vente Behague, 400 francs ; il était avant toutes lettres.

Nous pouvons encore citer : Louis XIII, en habit de chasse et à cheval, adjugé à la meme vente, 99 francs.

FURSTENBERG (Théodore Caspar de)

Tête de saint Jean-Baptiste sur un plat (Smith 1). — La tête du saint est de trois quarts à gauche, les yeux sont clos et les cheveux bouclés. Du centre du nimbe qui est à gauche part un rayon en forme de vrille dirigé perpendiculairement vers sa tête. En bas

dans le coin gauche, on lit : Theod. Casp. à Furstenberg. Pinxit et sculpsit.

Manière noire de la dernière rareté dont un exemplaire fut vendu le 23 avril 1894 par H. -G. Gutekunst, 631 francs.

HOLBEIN (Hans le jeune)

Né à Augsbourg* vers 1497, mort à Londres de la peste en 1543. Un des artistes les plus considérables de l’école allemande, a gravé ou plutôt dessiné nombre de morceaux pour l’illustration de livres, bordures, ornementation de lettres, marques d’éditeurs, etc..., mais s’est surtout immortalisé par son impérissable Danse des Morts dont les bois ont été gravés par Hans Lützelburger, quoique certains d’entre eux portent la signature du Maître. — A noter que les bois gravés en Angleterre par les artistes de ce pays sont de beaucoup inférieurs à ceux gravés à Bâle.

Signalons le beau portrait suivant, d’après le Maître, gravé par H. Lützelburger dit Franck graveur hors pair.

Erasme de Rotterdam (Passavant 57). — Ce catalogueur le décrit ainsi : Figure entière, debout, tourné vers la droite et tenant la main droite sur un Terme, au-dessous d’un arc richement orné. Du haut, pend une tablette avec l’inscription : E R. ROT. Dans un compartiment au-dessous, une inscription imprimée en caractères mobiles, qui varie suivant les différents états, savoir :

1er état 2 lignes de texte.

2e — 4 lignes de texte.

3e — 4 lignes de texte, mais avec d’autres caractères et au-dessous :

Erasmi Rotterdami effigies... Indication souvent enlevée pour truquer la pièce et la faire passer pour un 2e état.

4e — Epreuve moderne sans inscription, le bois est au Musée de Bâle.

Ventes : Schloesser, 2e état, 26 — Oppermann, 70.

HOLLAR (Wenceslas)

Né à Prague en 1607, mort à Londres, en prison en 1677. Dessinateur et graveur dont les eaux-fortes sont souvent très poussées et très finies. Il eut pour maître, Mérian. De son vivant ses estampes se vendaient mal et ce fut toujours un besogneux. Il se distingua d’une façon très marquée dans le rendu des

1 D’autres disent à Bâle, ce qui nous semble plus vraisemblable. Il a généralement pour monogramme deux H séparés et sur le même plan, ou deux H presque accolés avec une seule barre horizontale les rassemblant, formant comme un trois en chiffre romain coupé par une barre horizontale, ou enfin un H sur la barre transversale duquel est à cheval un autre petit H.

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fourrures, dans les coquillages, les animaux, les insectes; ses figures étaient moins bonnes. Son œuvre qui se monte au chiffre considérable d’environ 2800 pièces fut catalogué par Virtue de Londres, d’abord en 1745, puis une seconde fois en 1759, et enfin par Parthey, à Berlin, en 1853 ; il y a dans ce dernier volume, 2733 pièces de décrites. Les deux premiers sont en anglais, le troisième en allemand.

En somme, artiste txès remarquable, très probe, très sincère de métier, très recherché de nos jours, surtout en Angleterre, mais n’atteignant jamais cependant de gros prix. Une exposition des pièces les plus intéressantes de son œuvre eut lieu en 1875 au Burlington Club de Londres.

Le plus bel œuvre existant actuellement est celui du British Muséum, il est à peu près complet et fut acheté en grande partie à sir Hans Sloan, qui le tenait de la veuve de l’artiste.

Le Portail de la Cathédrale d’Anvers (Parthey 824). — Une procession rentre dans l’église ; sur la place à gauche, une fontaine près de laquelle se battent des chiens ; quelques personnes disséminées sur la place; juste en face la porte de l’église, un carosse à deux chevaux se dirigeant vers la droite.

Cette très belle pièce, grand in-folio en hauteur, doit être recherchée surtout en 1er état, c’est-à-dire, avant les contre-tailles sur le toit de la maison qui est à droite, et avec une seule ligne au bas de la planche : Prospectus turris... et à gauche en bas: Wenceslaus Hollar delineavit et fecit 1649. Aux épreuves postérieures il y a trois lignes commençant par : Anlerpiae. . .

Ce cuivre a passé en Angleterre, la marge du bas a été coupée et on lit dans le haut : The Cathédral Church of Antwerp.

Ventes : Behague, 1er état, 200 — Oppermann, même état, 201 — Bouillon, 115- Loyd, 125.

La Nef de la Chapelle Saint-Georges (P 1079).

C’est un bijou de finesse qui est devenu très rare.

Une Anglaise en costume d’hiver (P 1999).

Une rare épreuve de cette estampe, une des meilleures de l’artiste fut adjugée à la vente Angiolini, 81 francs.

Le Lièvre pendu (P 2058). — Il est pendu par une patte de derrière près d’un panier de gibier, à droite un chien vient le flairer. D’après Pierre Boel.

Pièce presque célèbre qu’il faut avoir en 1er état, c’est-à-dire avec le nom de l’arlisle et le millésime 1649. Au 2e état on a substitué au nom du Maître celui de /. Le Pouter ex. Au 3e état le nom de l’artiste a été rétabli, mais sans l’année.

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Lady Catherine Howard (P 1721).

De toute rareté ; elle est appuyée sur une table, à mi-jambes. — Il en passa un exemplaire à la vente Seymour Haden avant le terrain ombré et avant toutes lettres. C’était une des quatre épreuves connues. Dans les états postérieurs la planche a été coupée.

Lady Elizabeth Sherley (P 1503).

Gravé d’après Van Dyck, d’une excessive rareté dans tous ses états. Le British Muséum en possède deux épreuves non terminées et une autre avec le nom et l’adresse de Stent.

Jeune Homme jouant de la mandoline. — Le musicien est assis près d’une croisée ouverte à travers laquelle on aperçoit une tour et quelques navires.

De la plus insigne rareté ; c’est peut-être la pièce la plus séduisante de l’œuvre. Il n’en existe que deux exemplaires connus, l’un est au British Muséum, l’autre chez M. A. Morrisson. — Parthey ne la connaissait pas.

Mentionnons encore pour en terminer : L’Ecce Homo, d’après Le Titien ; Le Christ en croix, d’après Van Dyck ; sa série des Manchons (P 1945-1952) ; des Coquillages (P 2187-2224) qui sont d’exquises merveilles et de plus de grandes raretés ; Les quatre Saisons, en pied (P 606-609), ne pas les confondre avec celles à mi-corps qui sont bien inférieures.

KRUG- (Louis)

Mort à Nuremberg vers 1430, a gravé une vingtaine de pièces, signait souvent d’une cruche entre ses initiales L et K, ce qui le fait désigner sous la rubrique le Maître à la crache.

L’Homme de Douleur. — Jésus-Christ debout, à mi-corps, sur un fond parsemé d’étoiles ; il est couronné d’épines et tient un roseau dans ses mains croisées. En haut à droite : Ecce Homo. En bas au milieu de l’estampe qui est entouré d’un encadrement, le monogramme.

Bois inconnu à Bartsch et à Passavant, mais mentionné par Leblanc. Un exemplaire adjugé 630 francs à la vente Delacroix.

La Nativité (Bartsch 1). — Sur le tout premier plan au milieu de l’estampe, un berceau dans lequel est couché l’Enfant Jésus et autour duquel sont agenouillés la Vierge, saint Joseph et des anges. Un berger vient d’arriver à gauche et s’arrête appuyant ses deux mains sur son bâton. Au fond, une construction en ruines à travers

l’arche de laquelle on distingue sur un petit tertre, bergers et moutons: Sur un pilier à droite, le monogramme au-dessus de la tête de la Vierge, et l’année 1516.

Nous croyons, sans toutefois l’affirmer, avoir vu un exemplaire sans le millésime. — Le cuivre existe et il y a des retirages.

MAIR DE LANDSHUT (Mcolas-Alexandre)

Né, croit-on, en Bavière et mort vers 1520. Très fin graveur, mais en somme de second plan, qui, dit Passavant, couvrait ses estampes d’une teinte gris verdâtre ou brunâtre pour les rehausser ensuite par des lumières à l’aide de couleurs opaques blanches ou jaunes, cherchant ainsi à rendre l’aspect de ses propres dessins.

Certains de ses bois en clairs-obscurs rappellent beaucoup ceux de Pilgrim. Son œuvre est très difficile à se procurer, ce n’est guère là que son seul mérite.

Samson portant la porte de Gaza (Bartsch 2 — Samson se dirige à gauche vers la montagne d’Hébron, ayant sous chaque bras un des battants de porte de la ville de Gaza, il est poursuivi par deux soldats armés de piques. En bas à gauche : MAIR.

Pièce de toute rareté ; une épreuve provenant de la collection Durazzo fut adjugée à la vente Angiolini 676 francs.

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