‹ A travers cinq siècles de gravures, 1350-1903. Les estampes célèbres, rares ou curieuses (volume 2)Chapitre 27 sur 32 · VAN DER MEER DE JONGE · texte numérisé non relu

VAN DER MEER DE JONGE

Elève de Nicolas Berghem, naquit vers l’an 1656 et mourut en 1706. Son œuvre est fort mince, 8 ou 10 pièces au plus.

La Brebis debout (Bartsch). — Dans la campagne, au pied d'un gros arbre à gauche, une brebis occupant le milieu de l’estampe est debout la tête à droite, tétée par son agneau ; derrière elle un autre petit est couché, et à droite au premier plan deux autres moutons.

Un exemplaire d’un état inconnu à Bartsch et à Weigel a passé à la vente Oppermann où il fut adjugé 562 francs ; il était avant les tailles sur la tête de la brebis qui est debout et avant les tailles diagonales sur l’ombre du coin inférieur à droite. Rarissime , peut-être même unique, nous ne le signalons qu’à titre de curiosité, car la brebis a l’air en bois tant les jambes sont raides et mal dessinées.

VAN DYCK (Antoine)'

Né à Anvers le 22 mars 1599, mort à Londres le 9 décembre 1641. Le meilleur élève de Rubens, peintre fameux entre tous par la distinction de sa facture, le merveilleux de son coloris, a gravé lui-même 19 portraits à l’eauforte ; ces pièces, dont il n’a exécuté de sa main que les têtes, sont extrêmement rares et recherchées, il les faisait terminer par des artistes de grand talent qui se nommaient de Jode, Galle, G. Hondius, Schelte à Bolswert, Vorsterman et Pontius. Ces trois derniers surtout étaient de métier très supérieur. Voici les noms des 19 personnages dont il a reproduit les traits :

Jean Breughel — Pierre Breughel — Antoine Cornelissen — Van Dgck — Erasme — François Franck — Momper — Adam Noort — Paul Pontius ~

1 II y a quelques années une des plus belles collections de l’œuvre se trouvait à Philadelphie, chez M. Henry C. Léa. — Consulter: Eaux-fortes d’Antoine van Dyck, reproduites et publiées par Amand-Durand, texte par G. Duplessis, à Paris, chez Rapilly.

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Jean Snellincx — François Sngders — Just Suttermans — Antoine Triest - Lucas Vorsterman — Guillaume de Vos — Paul de Vos — Jean Wael — Jean Wawerius — Philippe Leroy.

Il a, de plus, gravé : Le Christ au Roseau, et Le Titien et sa Maitresse.

Il est vraiment extraordinaire de constater que ce peintre des suprêmes élégances, n’ait pas gravé un seul portrait de femme, lui qui vivait dans ce milieu raffiné de la cour de Charles 1er d’Angleterre, où fréquentaient les beautés les plus orgueilleuses de cette époque ; il a craint, sans doute, d’être impuissant à rendre et la blancheur de leurs gorges et la troublance de leurs yeux, et il a demandé à la magie de son pinceau ce que l’eau-forte lui eut certainement refusé.

Il existe cependant une suite de dix portraits dite Les Comtesses de Van Dyck; mais Pierre Lombart qui les grava est un artiste de second plan, qui se montra traducteur sec et incolore, aussi ces burins ne sont-ils point à recherchés parles collectionneurs. Il est fâcheux vraiment que le Maître ait eu un aussi pauvre interprète pour populariser les traits de cette fine fleur de l’aristocratie anglaise qui se nommait les comtesses : Anna Carr de Bedfort, Lucie et Marguerite de Carlisle, Anne-Sophie de Carnavon, Élizabeth de Castlehaven, Élizabeth de Devonshire, Rachel de Middlesex, Pénélope Naunton et Pénélope Herbert de Pembrocke, Dorothée de Sunderland.

Huit iconographes se sont particulièrement occupés de l’artiste, les voici, d’après l’ordre chronologique : William Hookham Carpenter, de Londres» (1844); Hermann Weber, marchand d’estampes à Bonn (1852); von Szwykowski (1859); G. Duplessis (1874); le docteur Wibiral (1877), ce dernier, qui avait une collection 2 très intéressante et presque complète de l’œuvre du Maître, est, croyons-nous, le plus consulté aujourd’hui, malheureusement, d’une prolixité dont on aurait supposé que fut née la clarté, il n’est résuté souvent que la confusion la plus grande. Signalons aussi une chose unique et tout à fait extraordinaire dans un catalogue raisonné... l’auteur a omis tout simplement de décrire les pièces mentionnées ! ! Eugène Dutuit (1881); Alfred Michiel (1881), et enfin Jules Guifi'rey (1882).

L’œuvre gravé de Van Dyck au point de vue des états et des éditions de son Iconographie* est singulièrement compliqué, essayons de jeter un peu de lumière au sujet de ces derniers en disant que les éditeurs de ces planches ont été nombreux, et que le premier est Martinus van den Enden, d’Anvers, les portraits avec cette adresse sont au nombre de 80. La plus grande partie de ce fond passa vers 1641 à Gillis Ilendricx, d’Anvers également, qui porta au nombre de 100 les portraits de cette Iconographie connue alors sous le nom de La Centurie. Un petit nombre de planches allèrent chez d’autres éditeurs tels que : J. Meyssens et Fr. van de Wyngaerde.

Van den Enden marquait ses cuivres de ses noms ; Gillis Hendricx de ses initiales G. H ; son premier successeur les effaça soigneusement, et les cuivres sont absolument sans adresse.

1 Traduit par L. Hymans en 1815, à Anvers.

1 Vendue à Vienne en Mars 1883, par Wawra.

3 Icônes principum, Virorum doctorum, piclor. . . numéro ceptum, Antwerp Gilles Hendricx.

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La plupart de ces cuivres, au nombre de 128, furent vendus en 1851 à la Chalcographie 1 du Louvre, pour 2500 francs, par un marchand de Liège nommé van Marke qui au lieu de recevoir cette somme en espèces, fut payé en estampes de la dite Chalcographie. Disons en passant que, dès avant cette cession, les portraits de van Oort, Friest et Wawerius avaient donné lieu à des truquages.

En résumé voici, d’après nos recherches, comment se peuvent classer les éditions de l’Iconographie ( Icônes principum, etc.).

Le édition. — Le titre ci-dessus avec l’adresse de Martin van den Enden.

2e édition. — Le titre ci-dessus avec l’adresse de Gilles Hendricx ou ses initiales.

3e édition. — Les initiales enlevées, le titre changé en : Le Cabinet des plus beaux portraits... Anvers, Verdussen. Sans date.

4e édition. — Sur le titre, au lieu d’Anvers, il y a Bruxelles 1728.

5e édition. — Le titre est encore modifié et on lit : Iconographie ou vie des hommes illustres du XVIIe siècle... Amsterdam 1759.

Disons aussi que le collectionneur ne doit rechercher dans l’œuvre de Van Dyck, que les premiers états d’eau-forte des portraits qui sont gravés de la main même du Maître ; les autres sont sans intérêt.

Voici, dans la série des 19 gravés par lui, les 7 qui sont les plus intéressants, ces portraits sont fort recherchés, nous le répétons, mais personnellement nous devons confesser — quitte à nous faire conspuer — qu’ils n’ont pas le don de nous emballer, nous n’y pouvons trouver l’originalité, la vie, le modelé, le relief, cet accent, en un mot, que nous rencontrons si puissant chez ceux de Rembrandt, de Nanteuil, Edelinck, etc.

Jean Breughel2 (Wibiral 1). — A mi-corps, de trois quarts à gauche, la tête est nue presque de face, le nez un peu fort, les yeux profonds, forte moustache, barbiche en pointe, le cou orné d’une collerette, la main droite a ramené le manteau sur la poitrine.

1er état. — La tête est terminée, le fond est blanc. La ligne du bas qui servira d’encadrement existe seule à la pointe.

2e état. — Avec le fond, l’encadrement terminé à la pointe.

3e état. — Dans la marge du bas, au burin : Joannes Breughel, mais avant les initiales G. H.

4e état. — Avec les initiales.

5e état. — Les initiales effacées.

Les deux premiers états sont introuvables ; on s’accorde à croire que les états d’eau-forte étaient tirés à 100 exemplaires seulement, mais c’est une pure supposition ; dans tous les cas, ils sont excessivement rares. — Le cuivre existe encore.

1 La chalcographie vend aujourd’hui 150 francs la collection complète des 120 portraits. Les planches isolées varient de 60 centimes à 5 francs.

s Dit de Velours.

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Ventes : Liphard, 2e état, 364 — Schloesser, même état, 387 — Mailand, même état, 345 ; l’exemplaire était signé au verso P. Mariette 1672 — Oppermann, 1er état, 512 — Wibiral1 2, 2e état, 522, de chez Schloesser — Griffiths, 1er état, 450, de chez Delessert — Wolff, 2e état sur papier aux C entrelacés, 512 — Straeter, 4e état, 115 — Bàttig, 1er état, 331.

Pierre Breugheî3 (2). — A mi-corps, de trois quarts à droite, la tête nue et de face, le cou entouré d’une collerette, moustache et barbiche, un manteau sur les épaules laissant entrevoir seulement la main droite.

prêtât. — Avant toutes lettres, la tête seulement terminée, au bas de l’estampe tracée brusquement une ligne sous laquelle sera la légende.

2e état. — Avec la lettre : Petrus Breughel... mais avant les initiales G. H.

3e état. — Avec ces initiales.

4e état. — Le mot de la légende : Prospectimm a été remplacé par Actionum.

5e état. — Les initiales G. H. ont été effacées.

La planche existe encore.

Ventes : Liphart, 1er état, 625 ; 3e état, 75 — Didot, avant toutes lettres, 500 — Knowles, pr état, 389 — Griffiths, 1er état, 450 — Wibiral, 1er état, 402 — Wolff, 1er état, 575, papier aux deux C entrelacés — Buccleuch, l’œuvre gravé par le Maître lui-même, c’est-à-dire 21 pièces — il y manquait les portraits de Cornelissen, Snyders, Triest et Waverius — relié en cuir de Russie, fut adjugé 8750 francs à Meder de Berlin ; nous ignorons si c’était pour son compte ou s’il était commissionné.

Antoine van Dyek (4). — La tête seulement de trois quarts à droite, indiquant par son mouvement que l’artiste tournait presque le dos, fine moustache et petite mouche courte, cheveux frisants.

P‘ état. — Eau-forte pure, avant toutes lettres, un simple trait indique le collet du vêtement qui n’existe pas ; non décrit et rarissime.

2e état. — Terminé par Jacques Neeffs ; sur le socle où est posé le buste, on lit sur le piédestal une inscription de 10 lignes : Icônes principum. . . à gauche en bas, on lit: Jac Neeffs sculpsit, et dans un cartouche : Antiverpiæ Gillis Hendricx excudit A° 1645 3. — Très rare.

3^ état. — A« et 1645 sont effacés.

1 La collection du docteur Wibiral était exclusivement composée de van Dyck, celle du docteur H. Wolff l'était en majeure partie.

2 Dit d'Enfer, peintre de diableries.

J C’est le portrait qui, dans cet état, sert de frontispice à la première édition de G. Hendricx.

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4^ état. — L’adresse de G. Hendricx remplacée par celle de : Henricus et Cornélius Verdussen excudunl et au lieu du numéro centum on lit : Numéro centum et Viginti quatuor. — Planche remaniée et très mauvaise.

Ventes : Liphart, 2e état, 262 — Oppermann, 2e état, 276 — Griffiths, 1er état, 1312 — Wibiral, 2e état, 420 — Wollf, 1er état sur papier aux deux C entrelacés, 2650, un des plus beaux exemplaires connus — Seymour Haden, même état, 1250 — Holford, même état, 1875 — Straeter, 2e état, 300 — Dreux, 1er état, 310.

François Franck (6). — A mi-corps, de face, enveloppé dans son manteau d’où émerge la main gauche, il est vêtu d’un justaucorps boutonné très haut et laissant apparaître un large col de chemise ; à la gauche du personnage, une colonne rectangulaire.

1er état. — Eau-forte pure, avant toutes lettres, avant le trait carré, la tête seule est gravée.

2e état. — Travaux du fond enlevés au burin, la colonne apparaît ainsi que le trait carré à peine indiqué dans le bas.

3e état. — Avec le titre : Franciscus Vranx. . . et avant les initiales G. H.

4e état. — Avec les initiales.

5e état. — Le nom Vranx est écrit Franck.

6e état. — Les initiales sont effacées.

Le 1er état est tellement rare qu’on peut presque le considérer comme introuvable.

Ventes : Liphart, 403 — Didot, 480 — Oppermann, 508 — Wibiral, 442 — Wolff, 256 — Straeter, 256. — Toutes ces estampes sont du 2e état.

Philippe Le Roy (Wibiral, page 09). — A mi-corps, tourné de trois quarts à droite et regardant de face, avec cependant une légère tendance des yeux à gauche, les cheveux frisants aux tempes, avec une houpe ou mèche relevée sur le milieu du front, fine moustache et barbiche.

Il existe 6 états ; le 1er est une eau-forte pure, avec une tache de morsure d'acide à droite, à la hauteur de la barbiche de laquelle elle est distante d’environ douze millimètres ; il n’y a de gravé que la tête et une partie de la poitrine, cette tache a disparu au 2e état. — Insigne rareté.

Le Département des Estampes en possède un exemplaire superbe exposé dans la salle de travail ; il porte à l’encre cette note manuscrite du temps : Philippe le Roy anno 1631 peint par Van Dyck.

Ventes : Liphart, 4e état, 400 — Didot, 1er état, 230 — Mailand, mauvaise épreuve doublée, 45, exemplaire coté 4e état par Wibiral, et 2« par Duplessis — Oppermann, avant toutes lettres, avant la chaîne d’honneur, et avant les armes, particularités inconnues à Wibiral, 258; de toute rareté — Wibiral, 72 — Wolff, 1er état, 1506, sur papier aux deux G entrelacés — Holford, même état, 725 — Angiolini, même état, 1062 — Straeter, 2e état, 6S4.

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Ecce Homo dit Le Christ au Roseau (Wibiral, p.68). — A droite debout de face à mi-corps, le torse nu, les mains liées, la tête couronnée d’épines et dans un rayonnement, le Christ l’air attristé, le corps légèrement incliné, regarde à gauche le roseau que lui remet un bourreau, entre eux deux un homme d’armes casqué de profil à droite, avec une lance dont on ne voit que la hampe dans la main droite.

état. — Eau-forte pure. — Deux exemplaires connus, au British Muséum et chez le duc de Devonshire.

2e état. — Reprise par Wosterman, croit -on, avec en bas quatre vers, commençant par : Ecce stal...

3e état. — Les mots Cum privilegio sont suivis de Regis et de l’adresse de : A. Bon Enfant excu.

4e état. — L’adresse de A. Bon Enfant effacée; et à la suite de van Dyck, on lit : Invenit et fecit aqua forti.

5e état. — Avec l’adresse de J. -P. Le Bas, etc. . .

Ventes : Howard, 4e état, 73 — Liphart, 2e état, 312 — Didot, 2e état, 60 — Griffiths, 106, de chez Maberley — Wibiral, avant que les mots... et fecit aqua forti aient été ajoutés, 126 — Bouillon, 3« état, 135.

Le Titien et sa Maîtresse (Wibiral, p. 69). — A droite de l’estampe, à mi-corps, le visage presque de face, le corps de trois quarts à gauche, le corsage au revers fourré laissant voir le cou par son décolletage carré, la jolie Laure de Liante 1 a le coude gauche appuyé sur une cassette de forme cubique renfermant une tête de mort, pendant qu’à gauche le vieil artiste, la tête coiffée d’une calotte, le bras droit reposant sur un entablement, de profil à droite, la contemple amoureusement.

1er état. — Eau-fortc pure avant toutes lettres, toute une partie droite du cou et de la joue et de l’épaule de la femme restée blanche. — Epreuve unique au British Muséum provenant de la collection Cracherode.

2e état. — La partie blanche reprise, mais encore avant toutes lettres. — Rarissime.

3e état. — Avec les quatre vers: Ecco il belveder... et la dédicace: Al molto illustre. . .

4« état. — Sous la dédicace : Tilian inventor... et A. Bon Enfant excu.

5e état. — L’adresse de A. Bon Enfant effacée.

Ventes : Howard, 4e état, 40 — E. Galichon, 3e état, 330, de chez Bertin, où elle fut payée 255 en 1854 — Liphart, 3e état, 250 — Didot, 3e état, 100 —

t Seconde femme du duc de Ferrure Alphonse I", et d'nbord sa maîtresse et non celle du Titien comme l’indique à tort le titre de l’estnmpe.

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Schloesser, 2? état, 564 — Oppermann, même état, 294 — Wibiral, même état, 187 — Wolff, 3e état, 181 — Bouillon, même état, 52.

Citons pour terminer le portrait de Don Emanuel Frockas Perera et Pimente l (W 47) dont un état inconnu à Wibiral, c’est-à-dire avant toutes lettres et avant la planche coupée i, passa à la vente Oppermann où il fut adjugé 500 francs et 737 à celle de WolfT.

Une intéressante exposition de l’œuvre fut faite par F. Keppel à New-York en 1897, le catalogue était précédé d’une courte introduction de M. Atherton Curtis.

VISSCHER (Cornélis)

Il y eut plusieurs Vischer, mais le plus célèbre, celui qui nous occupe ici est Cornélis ou Cornélius, il naquit à Harlem vers 1610 et mourut en 1670. Son œuvre qui est considérable, 200 pièces environ, est assez recherché, certains morceaux en états exceptionnels, il est vrai, atteignent parfois de gros prix dans les ventes, nous en citerons quelques-uns ; ce sont les portraits qui dominent.

Il a eu de nombreux catalogueurs, les principaux sont : Hecquet 1751, William Smith 1864, Wussin 1865, Wessely 1866 et Dutuit 1885.

Gellius de Bouma (Smith 89 — Wussin 8). — Assis et vu jusqu’aux genoux, tourné à droite et regardant de face, il porte une longue barbe blanche et une tête pleine d’expression émerge d’une large collerette empesée, la main droite tient le pan de son manteau ; à sa droite est une table sur laquelle se voit un grand livre ouvert, et près d’un écriloire et d’une plume un petit papier sur lequel on lit : C. de Vischer ad vivum deli et sculp., écrit en trois lignes. Dans la marge : Gellius de Bouma, et au-dessous quatre vers latins et quatre vers hollandais, et à la suite : J. Visscherius.

Ce portrait, qui est la pièce capitale de l’œuvre, est connu dans le monde, des estampes avec celui de Vinius et de Rijck sous la rubrique : Les grandes Barbes .

Le 1er état qui est rarissime est dit au livre blanc, c’est-à-dire que le feuillet de gauche du livre, dont le coin est relevé, est tout blanc, et que celui de droite n’a pas encore les tailles indiquant les lignes d’écriture. Le 2e état est avec l’écriture sur le feuillet du livre, mais avant l’adresse : Tôt Amsterdam bg Johannes, etc... et avant le millésime 1656. Aux épreuves du dernier état, l’adresse et l’année sont effacées, et le tirage, très faible alors, a été généralement fait sur un papier plus épais que celui dont on s’est servi pour les états précédents.

1 Elle mesurait initialement 194"" sur 253"'".

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Ventes: Liphart, 2e état, 100 — Didot, 1er état, 805, provient de la vente Debois où, en 1845, il fut adjugé 510 ; le même, en 3e état, 100 — Schloesser, 2e état, 201 — Oppermann, même état, 189 — Griffiths, même état, 125 — Aylesford, même état, 200 — Straeter, même état, 1000, provenait de chez Griffiths — Defer Dumesnil, avec le millésime, 175 — Loyd, au livre blanc, 2525 francs.

Willem de Ryek (Sm 115 — W 40). — Assis, à mi-corps, il regarde de face, la main gauche ramenée sur la poitrine, la barbe est très longue, la tête est coiffée d’une calotte.

Le 1er état avant le titre et avant les douze vers est extrêment rare.

Ventes : Didot, 2e état de Smith, 350 — Straeter, provenant de chez Didot, 725, mais classé 4e état par Dutuit.

Vinius (Sm 126 — W 53). — Vu à mi-jambes et assis, il a le coude appuyé sur une table et tient de la main gauche un papier couvert d’écritures, derrière lui des armures et des carabines. Au milieu de l’estampe à gauche en deux lignes : Corn Visscher — Delinea et sculp. ; au-dessous sur un ballot on lit 1650, et sur un tonneau A0 2500, et sur un autre tonneau placé derrière le fauteuil, 1000 ff.

Cette estampe est dite : L’Homme au pistolet. — Il existe un état extrêmement rare qui est le 2e, croyons-nous, il est avant la lettre, avec A° 2500, mais avant le chiffre 1000 qui est sur le tonneau, derrière le fauteuil.

Ventes : Didot, 2e état, provenant de chez Révil et Verstolk de Soelen, 1510 — Griffiths, 306, de chez Verstolk, mais sans désignation d’état.

La Fricasseuse (Sm 42 — W 162). — Une femme est assise devant une cheminée, ayant près d’elle un vieillard qui allume sa pipe et un enfant qui tient un beignet. Une jeune fille est debout derrière le vieux ; des ustensiles de cuisine et un chat sur un rouet complètent le tableau. En bas à gauche : Corn. Vischer Inv. et sculp.

Le 1er état est avant l’adresse de Cl. de Jonghe. — C’est une des meilleures pièces de l’artiste.

Ventes : Howard, avec l’adresse, 80 — Liphart, même état, 62 — Griffiths, avant l’adresse, 220 — Straeter, même état, 114, de chez Holford.

Le Marchand de mort aux rats (Sm 43 — W 160). — Accompagné d’un chien et d’un petit garçon qui, au bout d’une perche, porte des rats pendus, le marchand coiffé d’une casquette et vu de ace présente un morceau de sa drogue ; sur sa manche droite court

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un de ces rongeurs ; sa main gauche s’appuie sur la boîte qu’une courroie suspend à son côté. Dans le haut du coin droit, au-dessus de la tête du gamin : C. Wisscher inv. et sculp.

C’est encore une des bonnes pièces du graveur qui vaut dans les mêmes prix que la précédente ; un 1er état avant la lettre, avant les mots Inv. et sculp. et les armes d’Amsterdam, passa à la vente Schloesser ; il y fut adjugé 575 francs.

A rejeter les épreuves portant l’adresse de F. de Witt qui est le dernier et 6e état.

Signalons pour finir le très beau morceau : Les Violonneurs (Sm 80 — W 161).

VLIEGrER (Simon de)

Très joli graveur, de la vie duquel on ne sait pour ainsi dire rien ; on le croit né à Amsterdam en 1602. Il s’adonna aux paysages, marines et scènes champêtres ; environ une vingtaine de pièces. Il signait souvent des lettres S. D. V.

La Langue de terre (Bartsch 4). — Une presqu’île plantée d’arbres est baignée par une large rivière sur les bords de laquelle on aperçoit à droite des maisons entourées d’arbres. Dans cette rivière un bateau est amarré à un arbre à gauche ; à droite il y a deux canards près desquels on voit les lettres S. D. V. f.

Eau-forte de la dernière rareté qui manque au Département des Estampes.

Ventes : Kalle, 127 — Knowles le»- état non décrit d’eau-forte pure, avant le ciel, avant le numéro 2 au coin supérieur gauche, avant la lettre F derrière la lettre V du monogramme, et avant les travaux au burin sur le grand arbre au milieu de la langue de terre, 425 francs, exemplaire de la collection Mecklenburg; la même, 2<» état, 140 — Straeter, sur japon de la collection Isendoorn, 169.

Le Bourg 1 (9). — A gauche de l’estampe des maisons au bout desquelles deux gros arbres ; à droite un gros arbre sous lequel un cheval s’abreuve dans une auge et un homme tirant de l’eau d’un puits. Au milieu de l’estampe, bœufs et charrette attelée de deux chevaux se dirigeant vers la gauche ; devant la charrette, un mendiant

1 Ou Le Vieux Bourg, fait pendant à L'Auberge; une épreuve rarissime de cette dernière pièce avant le fond tracé, figurait à l’exposition Dutuit en 1869.

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à la jambe de bois, son chapeau à la main, son chien près de lui. En bas à gauche, sous le trait carré très légèrement tracé à la pointe : S. de Vlieger.

Ventes : Liphart, 1er étal d’eau-forte pure avant le fond au milieu, les arbres et le mur n’existent pas, on ne voit qu’izn seul arbre à côté des maisons, et la couverture de la charrette est blanche, rarissime, 200 — Knowles, même état, 556 — Oppermann, sur papier à la folie, 2e état, 112.

VORSTERMAN (Lucas)

Né à Anvers en 15781, mort à Bommel en 1667. Graveur d’une habileté consommée, peut-être le meilleur élève de Rubens, a gravé environ 150 planches, dont la moitié sont des portraits.

Citons suivant nous son chef-d’œuvre, d’après van Dyck ; la figure de la Vierge est admirable d’expression.

Le Christ mort. — Le Sauveur est couché au pied de la croix où il vient d’expirer, la face encore angoissée par la douleur et le sang s’échappant du flanc droit, il est étendu de gauche à droite soutenu par sa Mère qui, les yeux au ciel les bras étendus, prie. Les anges arrivent de la gauche, l’un a les mains jointes, l’autre les bras étendus. Sur le premier plan à droite, deux clous et la couronne d’épines sont à terre. Au fond à droite on aperçoit un temple et dans le ciel trois têtes d’anges.

Le 1er état est avec le titre en deux lignes, avant le mot Regis et avant l’adresse du graveur ; le et dernier état est avec l’adresse de Bonenfant.

Mentionnons encore la superbe Descente de Croix, d’après Rubens, dont un exemplaire de le>' état, c’est-à-dire avant l’adresse de Corn, van Merlen, atteignit 375 francs à la vente Didot.

WALLERANT-VAILLANT

Né à Lille en 1623, mort à Amsterdam en 1677. Un des premiers graveurs en manière noire. Son œuvre est assez considérable et se monte à près de 250 pièces ; il a touché un peu à tout : portraits, sujets bibliques, mythologiques et allégoriques ; il a même fait quelques paysages.

i Certains biographes le font naître à Gueldre en 1580 ; c'est bien entendu de Vorsterman dit le Vieux dont nous parlons ici, et non de son fils.

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Il a été catalogué par Wessely avec annotations et amplifications de Ver Loren van Themaat à Utrecht, en 1865.

Parmi les portraits les plus rares qu’il ait gravés, citons celui de Madame Vaillant : Assise à mi-corps sur une chaise, les bras croisés à la hauteur de la ceinture, la jeune femme est de trois quarts à droite et regarde de face. Les cheveux sont séparés par une raie médiane, elle porte des bandeaux plats, presque à la Boticelli ; le lobe de l’oreille est orné d’un bijou en forme de poire.

On ne collectionne guère l’œuvre de cet artiste bien monotone et bien peu intéressant.

WATERLOO (Antoine)

Né à Amsterdam ou à Utrecht vers 1618, mort en 1662 (?) — On ne sait rien de sa vie. Paysagiste réputé, il a rendu avec infiniment de sincérité les bois, les étangs, les rochers et tout particulièrement le feuillage ; on croit qu’il faisait mordre très légèrement ses cuivres à l’eau-forte et redonnait ses valeurs à l’aide du burin, ce qui souvent produisait des lourdeurs qui venaient s’accentuer encore quand l’usure du tirage faisait évanouir les délicatesses de l’eau-forte. Ses figures étaient mauvaises, et ses pièces presque toujours de petit format.

Il n’y a pas dans son œuvre, qui se compose de 130 à 140 pièces, de morceaux absolument hors ligne, mais nous estimons qu’il est bon d’avoir quelques spécimens de l’artiste dans une collection ; il y a aussi un choix très attentif à faire au point de vue du tirage, qui est parfois très inégal. Notons que les premiers états sont excessivement rares.

Le Rocher percé (Bartsch 3).

Un état unique, non décrit par Dutuit, c’est-à-dire avant le numéro et le nom, a passé à la vente Straeter où il fut adjugé 294 francs.

Les Voyageurs au bord du grand chemin (98).

Un tout 1er état, à la même vente, adjugé également 294 francs.

Le Fauconnier et le Chasseur (104).

A la vente Liphart, une épreuve de tirage, c’est-à-dire un dernier état, fut adjugé 21 francs, tandis qu’un tout r état, à la vente Straeter, monta jusqu’à 331 francs ; ces énormes écarts de prix, constamment remarqués dans les adjudications, montrent bien aux amateurs que les conditions d’état, de marge, de conservation ont une influence considérable sur la valeur marchande de la pièce. Ceci dit surtout pour certains provinciaux — honni soit qui mal y pense — qui sont absolument étonnés de voir qu’on ne voudrait pas leur payer quatre sous certaines estampes qu’ils possèdent, et qu’ils viennent de voir coter des prix qui leur paraissent absolument fabuleux.

ÉCOLE HOLLANDAISE ET FLAMANDE

Le Moulin (119).

Un des paysages les plus raves de l’œuvre. Le le> état est au toit presque blanc et avant le trait échappé qui descend de l’arbre vers le moulin.

PaYsage avec le Prophète de Juda (133).

Rarissime estampe adjugée à la vente Liphart 375 francs et 351 à celle d’Oppermann en épreuves d’essai, c’est-à-dire avant les travaux sur les jambes du prophète, ce qui les fait paraître nues.

Les collections Liphart, Oppermann et Straeter étaient particulièrement riches en œuvres de cet artiste.

WIERIX (Jean, Jérôme et Antoine)

Selon Alvin, qui a fait en 1866 un catalogue extrêmement remarquable de l’œuvre de ces artistes — 2055 pièces 1 y sont mentionnées — Jean était né en 1549, Jérôme en 1553, quant à Antoine, on ne connaît que la date de sa mort en 1624.

On avait longtemps cru que ces graveurs étaient natifs d’Amsterdam, Alvin a prouvé qu’ils étaient Anversois. Ils tiennent une place considérable dans l’histoire de la gravure de leur pays, où ils rayonnèrent de 1562 à 1618.

Jérôme est généralement considéré de beaucoup supérieur à ses frères, la question est fort discutable cependant, et nous n’osons nous prononcer, il reste acquis néanmoins que tous trois étaient des artistes d’une rare valeur.

Ils ont tous été graveurs originaux, et aussi traducteurs de nombreuses compositions de Martin de Vos, de Durer — plus de 40 pièces, dont certaines copies tellement habiles qu’elles peuvent presque donner le change à l’œil le mieux exercé — de Leyde, de Raimondi, de Pencz, de Martin Schône, etc... La perfection de leur métier, particulièrement dans les pièces de format réduit, permet de les comparer aux petits maîtres allemands. Mais c’est surtout dans les portraits où ils sont tout simplement admirables.

Les éditeurs des Wierix étaient presque tous des Anversois, à l’exception des Visscher qui étaient Hollandais.

A noter surtout :

Henriette Balzac d’Entragues (Alvin 1860). — En buste de trois quarts à droite, collerette tuyautée, pendants d’oreilles en forme de poire, trois plaques de bijoux dans les cheveux avec une aigrette de plume, une torsade de perles au chignon placée sur le haut de la tête, le corsage garni de rangées de perles. En bas dans la marge,

' Le catalogue de la vente Didot signale 16 portraits qui ont échappé aux recherches de l’éminent conservateur de la Bibliothèque Royale de Bruxelles.

ECOLE HOLLANDAISE ET FLAMANDE

quatre vers: Tout le beau des beautez, etc..., et à gauche dans la tablette où sont les vers : Hieronymus Wierx sculp in Septembri anno 1600, on lit à droite : Avec privil. : du Roy. Harman Adolfz excudebat Haerlemensis.

Ventes : Didot, 1er état, non décrit, avec l’adresse de : Paul es de la Houve excudebat, au pallaes à Paris, 1160, fut acheté, croyons-nous, parLoizelet — Behague, 685.

Catherine de Bourbon (1872).

Ventes : Didot, 1er état, non décrit, avec l’adresse de P. de la Houve, 400 — Behague, 600, même état.

Henri III. — En buste coiffé d’un toquet à aigrette, de trois quarts à gauche et regardant de face. En bas un quatrain : Peintre afin que ton art. . ., et : Joan — Wirix seul. : auec preuilège, etc. 1

Ce portrait du roi de France, extrêmement rare et non décrit, est en contre-partie et de même grandeur que celui décrit par Alvin sous le numéro 1918, qui lui, est gravé par Jérôme et considéré comme la perle de l’œuvre.

Ventes : Didot, l" état, avant l’inscription : Hanry 3<> Roy de France en haut de la planche et avec l’adresse de Paub s de la Houve au-dessous des vers, 680, acheté par Dutuit — Behague, le même, 660 — Angiolini, celui décrit par Alvin, 312.

Jacques Ier d’Angleterre et sa femme Anne de Danemark

(1956). — Tous deux debout, le roi à gauche, la reine à droite. En bas à gauche les armes d’Angleterre et la légende : Jacobus et Anna. . . Johan Wiricx f. et ex. cum gratia. . .

Rarissime estampe des deux portraits sur la même feuille, adjugée à la vente Behague 455 francs — Didot, 400.

Marie de Médieis (1978). — En buste de trois quarts à droite, regardant presque de face, collerette, plaque au cou avec pendentifs, boucle d’oreille forme poire retenue aux oreilles par un nœud de diamant. Dans la marge quatre vers: Princesse dont le nom..., à gauche de ce vers : Joan Wierix sculpsit 1600, et à droite : Avec privil. du Roy Harman Adolfz excudebat Haerlemensis.

Le dernier état est avec l'adresse de Henrieus Hondius.

L’état décrit ci-dessus n’est pas donné par Alvin, il oe mentionne que celui avec l’adresse de : La Houiie au Palais.

Vente : Didot, 400.

Guillaume d’Orange, le Taciturne (1992). — En pied, en cuirasse et tête nue, il tient en main le bâton de commandement ; en haut à gauche les armoiries ; sur la table à droite où s’appuie la main du prince, son casque et son gantelet. Sans aucune inscription.

Portrait de la dernière rareté dont un exemplaire, à la vente Didot, fut adjugé 510 francs.

Les Wierix eurent un élève nommé Jean Valdor qui, paraît-il, exagéra les qualités de finesse et de soyeux de ces Maîtres; nous enregistrons purement et simplement le nom de cet artiste dont il ne nous a jamais été donné de voir les œuvres.

Ecole Italienne

ÉCOLE ITALIENNE

ANDRÉANI (Andréa)

Surnommé aussi Mantuano, naquit vers 1541 et mourut à Rome en 1623, graveur sur bois et en clair-obscur d’une grande habileté. On raconte qu’il acheta de nombreuses planches qu’il retoucha et signa, il faut donc se défier de certaines pièces auxquelles on lui attribue à tort la paternité.

Parmi ses très beaux clairs-obscurs nous signalerons :

Jésus mis au tombeau (B II. 24). — Dans une anfractuosité de rochers près de la Vierge évanouie à droite et soutenue par une sainte femme, un apôtre saisit le Christ sous les bras pour le mettre au tombeau, dont la pierre qui est près de lui, est éclairée par le rayonnement de la tête du divin Maître. En bas dans le coin gauche : Raff da Reggio. . . 1585.

Précieuse estampe ayant figuré à l’Exposition de la Gravure sur bois en deux épreuves de colorations différentes.

L’Enlèvement d’une Sabine (B VI. 1). — Un homme est debout de profil à gauche, il tient dans ses bras nerveux une femme qui se débat ; près de lui, un autre homme agenouillé de trois quarts à droite. Dans le coin gauche inférieur, on lit dans la partie blanche qui est réservée : Rapta Sabina. . .

Figurait à la même exposition ; pièce d’après Jean de Bologne 1584.

L’Adoration des Mages (B II. 4). — La Vierge Marie assise de face, les yeux baissés, au pied d’une colonne près d’une grange, tient l’Enfant Jésus dans ses bras, ils sont entourés de bergers et de mages qui apportent des présents. A droite, trois anges descendent du ciel. En bas, on lit : Luoin inv.

ÉCOLE ITALIENNE

Ce clair-obscur, un des plus merveilleux qu’il nous ait été donné de voir, est gravé d’après Luvini, il est d’une puissance telle que ses blancs ressemblent à des rehauts de gouache.

ANONYME FLORENTIN DU XVe SIÈCLE

Saint Sébastien. — Le saint est debout et de face attaché à un tronc d’arbre, ses pieds ne touchent pas terre ; quatre archers, deux à droite, deux à gauche sont tout près de lui et lui décochent des flèches ; du côté gauche, un vieillard est assis de profil à droite et semble aussi avoir dans les mains une arbalète. A la hauteur des épaules du saint, on lit sur une ligne horizontale à gauche : S. Sehastiane, et à droite : Ora pronobis. Au-dessus de lui, deux anges viennent poser sur sa tête la couronne du martyr, celui qui est à droite a une palme dans la main gauche. Au-dessus d’eux et dominant cette scène, le Père Eternel. Dans le haut du coin gauche de l’estampe, le soleil (?) dans le droit, la lune (?) La pièce est entourée d’une bordure d’environ deux centimètres, agrémentée d’arabesques. En dedans de cette large bordure, entre les deux traits carrés de la marge du bas, deux lignes de texte commençant par ces mots : Ob. secro. te. beate. Sebastiane. . ., et se terminant par : amen.

Pièce extrêmement typique et curieuse restée inconnue jusqu’à ce jour. Le seul exemplaire que nous connaissons passa à la seconde vente du prince Waldburg-Wolfegg, où il fut adjugé 4062 francs.

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