MAITRE A LA RATIÈRE
On ne sait rien de cet artiste, né à la fin du xve siècle. Certains le classent dans l’école néerlandaise, d’autres comme Bartsch et Passavant le considèrent comme italien. Il s’appelait Nadat ou Na Dat, mais est plutôt connu sous la rubrique du Maitre à la Ratière, parce que la plupart de ses estampes portaient une souricière dans laquelle une souris s’apprêtait à rentrer. Il gravait fin.
* Dont la toile originale est à la galerie de Dresde.
ÉCOLE ITALIENNE
La Vierge et sainte Anne (Bartsch 1). — Assise dans une sorte de niche centrale entre deux portiques cintrés, la Vierge de face à droite a l’Enfant Jésus sur ses genoux, sainte Anne à gauche de profil à droite regarde le groupe divin. Sous leurs pieds, un cartouche portant une légende commençant par ces mots : Gratia ex qua... A travers le portique de gauche on aperçoit un berger et son troupeau, à travers celui de droite, un vieillard couché au pied d’un arbre. Au-dessus des scènes vues à travers les portiques, deux anges descendent du ciel tenant chacun une tablette ; dans celle de gauche
on lit: Redi ad et dans celle de droite: Fili davit.... Sur le
carrelage en damier du temple en bas à droite, la ratière.
Très rare et belle pièce finement gravée.
Ventes : E. Galichon, 1er état avant l’adresse de Salamanca, 1700, provenait de la collection Durand — Didot, 100 — Oppermann, 115.
Les Enfants monstrueux (P 3). — Dans un bois, à travers l’éclaircie duquel on aperçoit la mer, deux enfants s’amusent, l’un est à quatre pattes ayant sa sœur sur son dos ; ils sont dos à dos, la tête de la fille est à droite, tandis que la tête du frère est à gauche. Sur un gros arbre qui est à gauche, une tablette portant une inscription commençant par ces mots : Quos designatos. . ., et au pied de ce même arbre : Nadat et la ratière, et tout à fait à droite sur une pierre les initiales T. N. '
Les deux Armées (B 2). — Deux armées de cavaliers, dont les soldats sont munis de lance et d’étendard qu’ils tiennent perpendiculairement, sont en présence. Sur le tout premier plan à gauche un canon avec des boulets, et au milieu de la composition au deuxième plan deux personnages face à face semblant se menacer, leur toque est ornée de plumes. Au milieu de l’estampe : 1530 Nadat et la ratière, et au-dessus : Ant Sal exc.
Cette pièce qui est fort belle est dite aussi La Bataille de Charles le Hardi — A la vente Holford, un 1er état avant la date et l’adresse fut adjugé 775 francs; très rare.
t Lettres dont on n’a jamais pu expliquer la signification.
ÉCOLE ITALIENNE
MAITRE au monogramme M.
La Mort surprenant une Femme nue (Bartsch XV, p. 541). — Une femme nue de trois quarts à droite tourne la tête pour se voir dans une glace placée derrière elle ; elle lève son bras droit au-dessus de sa tête, tandis que du gauche elle esquisse un mouvement qu’elle essaie de rendre gracieux. Au fond de l’estampe à gauche, la mort un sablier à la main ricane en la regardant ; par terre une roue debout et une aile. Au bas de l’estampe, entourée d’un double trait : Mortalia facta peribunt, puis dans un cartouche, une grosse lettre M.
Pièce fort belle et fort rare, dont un exemplaire existe au Département des Estampes ; on la croit gravée d’après Michel Ange.
MAITRE au monogramme P. P.
Ou Martino da Udine surnommé Pellegrino da San Daniele, appartient à l’école de Lombardie. On le suppose élève de Jean Bellini, il naquit vers 1470 et mourut vers 1545. Il fut un des premiers, si ce n’est le premier, à se servir de ce procédé au pointillé dit opus mallei. Son œuvre est peu considérable, une dizaine de pièces environ.
La Puissance de l’Amour (B 3 — P 4'). — Au milieu de colonnes, socles, piédestaux, etc..., on voit à gauche de face un homme et une femme nus montés sur un entablement, l’homme les yeux levés au ciel lui présente un coffret ; à leurs pieds un homme nu également est assis sur un cheval profilant à droite ; à terre deux enfants couchés près d’un vase occupant le milieu de l’estampe ; nombreux autres personnages assis, couchés et debout ; tout à fait à gauche un homme à genoux tourné de ce côté élève dans ses deux mains une statuette. Près du vase occupant le milieu de la composition, les deux lettres P. P. avec un paraphe dans le bas.
Composition allégorique bizarre aussi difficile à décrire qu’à saisir. Elle est d’une excessive rareté. — Il y a deux états, dans le 1er le bas des lettres des P n’existe pas, dans le 2® les deux P et le paraphe sont nettement indiqués.
Passavant la rubrique : Le Triomphe de Silène.
ÉCOLE ITALIENNE
Ventes : Howard, 1er état, 2275 — Liphart, 2e état, 275 — Didot, avant la retouche, c’est-à-dire avant la disparition de la figure du cavalier qui est dans le croissant, 155 — Angiolini, même état, 1190.
MANTEGrNA 1 (Andrea)
Un des artistes les plus considérables de l’école italienne, naquit en 1431 à Padoue, et mourut à Mantoue en 1506. Il fut un des premiers graveurs sur cuivre de son pays, ses tailles sont grosses et obliques, ses cernures ou contours brutalement accusés, les valeurs n’existent pour ainsi dire pas et les plans sont absolument sacrifiés, c’est sec et dur, l’encre souvent bistrée dont il se sert est d’un œil peu agréable, le dessin laisse aussi quelquefois à désirer, en un mot son métier est loin de nous séduire, il manque complètement d’originalité, ce n’est sans doute pas l’opinion générale et les prix auxquels on verra que certaines estampes ont été adjugées ne seront pas pour nous donner raison. Son œuvre est peu considérable, 20 à 30 pièces environ, beaucoup lui sont gratuitement attribuées qui doivent être rejetées ; Zoan Andrea et Brescia rappellent sa manière, et les œuvres de ces artistes peuvent être confondues avec celle du maître qui nous occupe. Jamais Mantegna ne signait ses pièces, que l’on rencontre très rarement en belles conditions de conservation.
La Flagellation (Bartsch 1). — Demi-nu à gauche de l’estampe, le Christ est attaché par les mains liées derrière le dos à une des colonnes du temple, le corps faisant face à droite ; il regarde derrière lui le bourreau qui le flagelle ; au-dessus de sa tête une auréole. Deux autres bourreaux armés de verges et des hommes d’armes complètent cette scène.
Il existe une copie de cette estampe dans laquelle le sol au lieu d’être dallé comme dans l’original est nu.
Ventes : E. Galichon, 200 — Liphart, 162 — Schloesser, 182, de chez Esdaile — Reiss, 5625, exemplaire exceptionnel provenant de chez Renesse — Breidbach et Marshall.
La Sépulture (2). — En face d’une grotte, deux apôtres et deux saintes femmes mettent le Christ dans son cercueil. Sur le premier plan la Vierge évanouie est soutenue par deux saintes femmes, saint Jean à droite vu de dos pleure ; sur un tertre les trois croix.
1 Consulter : Œuvre (l’Andrea Mantegna reproduit et publié par Arnaud Durand, texte par G. Duplessis, à Paris, chez Rapilly.
ÉCOLE ITALIENNE
Dans cette estampe en hauteur, de laquelle il existe de nombreuses copies, la figure de la Vierge est beaucoup trop jeune, elle accuse à peine 20 ans, et l’on sait qu’à cette époque elle avait dépassé la cinquantaine.
La Descente de Croix (4). — Au pied de la montagne, la croix, de laquelle deux disciples montés sur des échelles descendent le divin Crucifié ; celui de gauche soutient sur son épaule le corps du Sauveur, à gauche la Vierge est évanouie dans les bras des saintes femmes ; en face de la croix, debout et vue de dos, Marie-Madeleine les bras étendus ; à droite saint Jean ; les autres disciples et des hommes d’armes complètent le tableau. Au fond de l’estampe se profdent les murs de Jérusalem.
Pièce célèbre, mais d’une extrême raideur, les nuages ressemblent à des rochers et le ciel à la mer. Nous avons beau faire tous nos efforts, il nous est impossible de nous laisser aller à ces admirations de tradition que rien ne saurait justifier. — Une épreuve sans le ciel existe à l’Albertine.
Le Christ descendant aux limbes (5). — Jésus-Christ vu de dos, un étendard dans la main gauche, s’apprête à descendre aux limbes dont la porte brisée est éparse sur le premier plan ; à gauche, un homme nu debout tient une immense croix ; à droite, également nus et debout, Adam, Eve et Abel ; au-dessus du portique qui forme l’entrée des limbes, deux êtres fantastiques sonnent de la trompe.
Estampe très rare, une des bonnes de l’œuvre.
Ventes : Liphart, 375 — Griffiths, 135 — Fisher, 750 — Angiolini, 250 — Reiss, 900, des collections de Fries et Marshall.
La Vierge dans la grotte (9). — Dans une grotte, la Vierge assise de trois quarts à gauche, l’Enfant Jésus dans ses bras, est entourée d’une légion d’anges, elle reçoit les hommages d’un vieillard à gauche pendant que saint Joseph à droite est appuyé sur son bâton. Ces deux personnages ainsi que le bas et le haut de la grotte sont restés blancs, la planche n’ayant pas été terminée '.
Superbe et de grande allure, cette rarissime estampe est la perle de l’œuvre elle est de couleur un peu bistrée.
Ventes : Liphart, 4937 — Defer Dumesnil, 1220.
* Ce qui laisse à penser que ce cuivre est le dernier gravé par l’artiste.
ÉCOLE ITALIENNE
Combat de Dieux marins 1 (B 17-18).
Pe planche : Au second plan à gauche, une horrible mégère nue aux seins pendants tient dans sa main gauche une tablette où se lit le mot lnvid au-dessus d’un griffonnage illisible ; elle semble exciter à la lutte les dieux marins qui se battent au milieu des plantes aquatiques, montés sur des chevaux fabuleux ; celui de gauche va frapper son adversaire avec trois poissons qu’il tient dans sa main droite.
2e planche : Au milieu de roseaux et de plantes marines, deux tritons se combattent; celui de gauche cherche à parer les coups avec le squelette d’une tête de cheval dont il se sert comme bouclier, il porte en croupe une femme nue à l’air effrayée.
Ventes 2 : Didot, 68 — Holford, 1250 — L. Galichon, 100 — Par H. -G. Gutekunst, 312 — Reiss, 3625, de chez Sykes, Maberley et Marshall.
Les deux Paysans (Passavant 24). — Celui de gauche est debout de face regardant à droite, le coude gauche appuyé sur le bâton qu’il tient de la main droite ; celui de droite semble entrer dans une pièce invisible à droite en soulevant son chapeau de la main gauche, il a son bâton dans la droite.
Pièce de toute rareté, mesurant H. 149 mm — L. 107 ram, restée inconnue à Bartsch, dont il existe trois autres épreuves à Berlin, à l’Albertine et au British Muséum. — Un exemplaire passa à la vente Emile Galichon et y fut adjugé 605 francs.
Le jeune Prisonnier (P 25). — Debout de profil à gauche, le corps de trois quarts à droite, un homme très jeune porte sur son épaule gauche un joug garni de ses accessoires, il traîne un boulet à ses pieds entravés.
Pièce allégorique rarissime que l’on désigne quelquefois sous la rubrique de La Servitude ; le graveur anglais Vivarès en a fait une copie.
A noter encore: Les Eléphants portant des torches ; Soldats portant des trophées, 2 planches (B 12-13), dont une copie a été faite par Brescia.
1 Deux planches en travers, dont la seconde a été copiée par D. Hopfer.
2 Tous ces prix sont pour la planche 18 seulement.
ECOLE ITALIENNE
MAZZUOLI (dit Le Parmesan)
Cet artiste naquit à Parme en 1503 et mourut à Casalmaggiore en 1540 ; il ne fut point comme on l’a supposé un instant l’inventeur de l’eau-forte, mais seulement un des premiers à savoir se servir du procédé et à lui faire rendre ce qu’il pouvait donner sans le secours de la pointe ou du burin. Son œuvre peu important du reste, se borne à 15 ou 20 pièces fort rares à rencontrer en belles épreuves provenant de planches originales qui n’ont point été retouchées.
Signalons comme particulièrement intéressantes : La Mise au Tombeau (B 5) — Judith (B 1) — L’Amour dormant (B 11), très rare — Les deux Amants (B 14), rare.
MELDOLLÂ ' (Andrea Schiavone, dit)
Né en 1520, mort en 1582. Nous trouvons cet artiste extrêmement intéressant, très curieux d’allure et de métier, il ne rappelle^en aucune façon la manière italienne et possède une indépendance et une liberté d’outil qui en fait un tempérament très original à nos yeux ; il avait coutume de retoucher presque toujours ses eaux-fortes à la pointe sèche, qu’il ébarbait malheureusement un peu trop, ce qui leur enlevait de la couleur et de la puissance. On a trouvé avec juste raison qu’il faisait songer au Parmesan dans certaines pièces. — Son œuvre est considérable, 200 estampes environ ; elles n’atteignent jamais de gros prix quoiqu’assez rares en général, nous ajouterons même pour être sincère, qu’elles ne sont pas très recherchées, laissant souvent à désirer au point de vue du dessin.
La Circoncision (Bartsch 13). — La Vierge tient sur une table l’Enfant Jésus à qui le grand prêtre pratique l’opération de la circoncision, il est accompagné d’un acolyte. Au fond à droite, la tête de saint Joseph apparaît; près de la Vierge une servante portant sur la tête un vase et un plat ; de profil à droite une autre femme la main sur la poitrine, et enfin à gauche deux hommes, l’un jeune, l’autre vieux vus à mi-corps. En haut de l’estampe le monograme de l’artiste.
Fort rare.
Le Retour de l’Enfant prodigue. — Il est agenouillé à gauche aux pieds de son père qui se penche pour le presser sur son cœur.
* Consulter : Stanley’s édition o[ Bryan's Dictionnary — Dictionnaire de Bryan, édition de Stanley.
ÉCOLE ITALIENNE
Une femme vue de dos lui ajuste un vêtement sur les épaules. La scène se passe devant une habitation ; deux autres personnages assistent à cet émotionnant retour.
Estampe de toute rareté demeurée inconnue à tous les catalographes ; Bartsch et Passavant eux-mêmes ne la mentionnent pas ; un exemplaire a passé à une des ventes Robert Dumesnil.
Le Jugement de Pâris (B 80). — Assis à droite de l’estampe et tourné à gauche, le berger — ayant derrière lui le dieu Mercure — remet la pomme à Vénus près de laquelle se réfugie l’Amour, ils sont entourés de nombreux personnages, et des chèvres sont couchées à leurs pieds. Dans le ciel on voit, au haut de l’estampe, des dieux et des déesses.
Pièce capitale de l’œuvre, d’après le Parmesan. — Une épreuve à la vente Griffiths, la plus belle connue, dit M. Ford, de la collection duquel elle provenait, fut adjugée 46 francs ; elle avait passé par le cabinet Lloyd. Nous la trouvons mal dessinée.
L’Enfant Jésus dans son berceau (B 62). — L’Enfant Dieu est dans son berceau entouré de six personnages ; l’un d’eux, celui qui est debout à gauche, tient dans sa main une sorte d’urne qu’il élève. Le monogramme 1 est sur le siège qu’occupe la Vierge.
Estampe pleine de couleur et de liberté, rappelant un peu un dessin à la plume.
Signalons encore deux pièces fort rares : La Présentation au Temple (B 11), d’après le Parmesan, et L’Adoration des Mages, estampe inconnue à presque tous les iconographes, dont un exemplaire passa à la vente Griffiths, où il fut adjugé 16 francs ! !
MOCETTO (Grirolamo)
Primitif de Venise, né vers 1454, élève de Jean Bellini. — Son œuvre extrêmement rare se compose d’une vingtaine de pièces qu’il signait quelquefois de Hieronymus Mocetus quand il n’employait pas un monogramme assez compliqué et en lettres renversées. Il accuse toujours les plis des vêtements par une ligne dure et encrée, ainsi que tous les contours en général, ce qui donne de la lourdeur à ses estampes ; quelques-unes cependant sont exemptes de ces défauts et gravées avec plus de finesse.
< Nous croyons que l’épreuve de la Réserve n’en porte pas, cependant nous n’osons l’affirmer.
ÉCOLE ITALIENNE
Triomphe de Neptune (Passavant 13 — E. Galichon 13).
Estampe très rare gravée sur deux feuilles :
îre planche : Un triton suivi de deux chevaux marins ; sur le dos de l’un d’eux Galatée, derrière celle-ci un second triton portant sur sa croupe une néréide, puis un dauphin ayant un enfant sur son dos, puis enfin deux autres enfants tenant par les cornes des chimères.
2e planche : Deux tritons, l’un portant un trident, l’autre soufflant dans une corne..., et enfin Neptune sur la poupe d’un navire fouettant les chevaux marins qui le traînent.
Ventes : E. Galichon, épreuve rognée, 2605 — Angiolini, 331.
La Vierge sur un trône (Bartsch 4 — Gai 8). — Assise de face sur un trône dont le dossier est orné de deux cornes d’abondance, la Vierge tient un livre entr’ouvert de la main droite et soutient de la gauche l’Enfant Jésus qui est sur ses genoux. Au fond de l’estampe un treillage et une haie de rosiers. Sans signature.
L’exemplaire qui est à la Réserve est superbe de fraîcheur et de conservation. L’épreuve de la collection E. Galichon, exemplaire d’essai non terminé avant la haie de rosiers, maintenue par le treillage qui clôt l’enceinte, fut adjugé 3900 francs.
Le Baptême du Christ (B 2 — Gai 6). — Au milieu de l’estampe le Christ, les mains presque jointes, est debout dans le Jourdain à gauche sur le bord du fleuve. Saint Jean verse de la main droite de l’eau sur la tête du Sauveur. Sur l’autre rive à droite, trois anges, les mains jointes, prient ; deux d’entr’eux tiennent sur leurs bras le manteau de leur divin Maître. Au fond de l’estampe on aperçoit le fleuve serpentant au milieu des collines. Tout en haut de la composition, le Père Eternel, dans un nuage les bras étendus, domine la scène. Sans signature.
Superbe pièce pleine d’allure et d’accent, dont un exemplaire provenant de la collection Wellesley fut adjugé à la vente Fisher, 3100 francs ; très rare.
Bacchus (B 6 — Gai 12). — Couronné de pampres et tourné à droite, Bacchus nu est assis par terre la tête appuyée dans la main gauche, tandis que la droite tient un vase d’où s’échappe le vin. Au fond, un pont et une ville au pied de collines. Sans signature.
Le 1er état est avant les constructions à gauche, entre l’arbre et le bord de la gravure. Une épreuve vente E. Galichon, 3150 francs.
ECOLE ITALIENNE
Judith (B 1 — Gai 4). — A gauche près d’un arbre, Judith tient de la main droite la tête d’Holopherne qu’elle met dans un sac qu’une servante tient de ses deux mains. Au fond un paysage et à droite un château fort. Sans signature.
Le 1er état est avant le paysage, le dessin est, croit-on, de Mantegna.
Ventes : Griffiths, 325 — Defer Dumesnil, doublée, 360 — Reiss, 3000.
MONTAG-NA (Benedeto)
Florissait au commencement du xvie siècle, et gravait plus finement que Mantegna ; il a fait une soixantaine d’estampes qu’il signait souvent de ses initiales ou de son nom tout entier orthographié de façons différentes. Il appartenait à l’école de Lombardie et de Padoue. Il a cherché quelquefois à imiter Dürer dont il a gravé en contre-partie la Nativité, mais il est loin d’égaler ce maître.
L’Enlèvement d’Europe (Bartsch 23). — Au bord d’une rivière, une femme à califourchon sur un taureau couché et sur la tête duquel elle dépose une couronne ; près d’elle à droite deux autres personnages debout. Au fond de l’estampe maisons et collines. Dans le haut de la composition à gauche : Benedeto Montagna.
Extrêmement rare. — Ventes : E. Galichon, 1000 — Didot, 300.
L’Homme à la Flèche (B 33). — Debout et de face complètement nu ayant jeté sur l’avant-bras droit une draperie qui passe derrière son dos et qu’il retient de la main gauche, le personnage tient dans cette main une flèche pointe en bas. Derrière lui à droite le tronc d’un gros arbre, et à gauche un petit monticule. En haut dans une tablette à gauche : Benedeto Montagna.
Les belles épreuves de Rr état, c’est-à-dire avant le petit monticule qui est à gauche, sont extrêmement rares ; un exemplaire dans cette condition fut adjugé à la vente E. Galichon, 2705 francs. — L’épreuve de la Réserve, quoique fort belle, est avec le monticule.
Saint Jérôme et un autre saint travaillant aux Evangiles. —
Saint Jérôme est debout appuyé contre le tronc d’un arbre, sa main gauche tient un livre avec le doigt sur le feuillet qui fait l’objet de sa
ÉCOLE ITALIENNE
méditation. Son compagnon assis à droite sur les débris d’une corniche semble dormir. Derrière un rocher, est bâtie la cabane du patriarche à laquelle on parvient par un escalier taillé dans le roc.
Çette pièce n’a jamais été décrite, elle est donc d’une insigne rareté, une épreuve passa à la vente E. Galichon où elle fut adjugée 2000 francs.
Vénus (P 49). — Complètement nue, debout et de face, de longs cheveux ondulés épandus sur les épaules, la déesse, la bouche entrouverte, les yeux levés au ciel, tient dans la main droite qui pend le long de sa cuisse, un miroir ; tandis que la gauche est levée dans un geste de surprise. En haut à gauche on lit : Vénus.
Pièce qui n’a guère de mérite que son extrême rareté ; les parties ombrées du corps le sont par des tailles excessivement fines. — A la vente Angiolini un superbe exemplaire fut payé 1000 francs.
Le Berger qui joue de la flûte (B 27). — Genou en terre et tourné de profil à gauche il joue de la flûte, ses moutons sont près des arbres au fond de l’estampe. En bas au milieu de la pièce les initiales M. B.
Pièce presque introuvable. — A la vente Angiolini un exemplaire avant toutes retouches, notamment avant le trait diagonal sur la colline qui est derrière, fut adjugé 562 francs.
A noter encore la très rare estampe La Famille du Satyre (B 17), adjugée à la vente du Prince Waldburg Wolfegg, 206 francs.
MORG-HEN 1 (Raphaël)
Elève de Jean Volpato, né à Naples en 1760, il mourut à Florence en 1833, c’est un buriniste d’une habileté consommée. La plus belle collection de son œuvre se trouve au British Muséum qui l’acheta à M. Colnaghi en 1842. Elle avait été formée par Jacob Tarma qui habitait le palais Priuli à Venise, il y fut aidé par l’ami intime de Morghen, le signor Abrizi. A la mort du signor Tarma, ses héritiers vendirent la collection entière à Luigi Bardi qui l’augmenta encore, et finalement la céda à M. Colnaghi, le grand marchand londonien que nous venons de nommer tout à l’heure, et dont l’importante et très honorable maison subsiste encore. Les pièces les plus remarquables de cet artiste, presque notre contemporain, sont : La Trans-
1 Le catalogue en a été dressé par ordre chronologique par M. Palmerini.
ÉCOLE ITALIENNE
figuration et La Vierge à la Chaise, d’après Raphaël ; Le Char de l’Aurore, d’après Le Guide, et sa fameuse estampe :
La Cène.
D’après Léonard de Vinci, dont la fresque orne le réfectoire des Pères Dominicains à Milan. Voici à titre de curiosité quelques prix remontant à une cinquantaine d’années ; on verra que contrairement aux estampes célèbres, ces prix n’ont pas suivi la marche ascensionnelle ordinaire.
Ventes : Debois1, avant la lettre, seulement les armes, la dédicace et le nom des artistes tracés, 2030 — Thorel, l’exemplaire de chez Debois, 1930 — Johnson d’Oxford, avant toutes lettres, avec les armes mais au plat blanc 7900 — Archintoff de Milan, même état, 8400 — Poggioli de Libourne, même état, 6875 — Simon, épreuve d’essai avant l’inscription, avant les armes et la dédicace, au plat blanc sans les lettres R M svp- ce plat, 575 — Camberlyn, état Debois, on y a joint Le Char de l’Aurore, les 2 pièces, 1705 — Oppermann, avant la lettre et avec la dédicace en grands caractères tracés, 1750 ; la même, avant la virgule à la suite de vobis et avant le point sous le nom du graveur, 241 — Defer Dumesnil, avant la virgule... t. m., 265 — Loyd, au plat blanc, 5000; la même avant les mots Amen dico vobis... mais avec les armes et la dédicace à l’eau forte, 675.
NADAT ou NA DAT
Voir : Le Maître à la Ratière, page 217.