‹ A travers cinq siècles de gravures, 1350-1903. Les estampes célèbres, rares ou curieusesChapitre 4 sur 20 · PRUDHON (P. P · texte numérisé non relu

PRUDHON (P. P

Né à Cluny (Saône-et-Loire) en 1758, mort à Paris en 1823. Dans le catalogue qu’en a dressé Edmond de Concourt, en 1876, chez Bapilly, il relève de la main du Maître onze pièces, dont 7 eaux-fortes et 4 lithographies. Le morceau le plus recherché est Phrosine et Mélidor, dont il faut avoir le 1er état, l’eau-forte pure de l’artiste lui-même ; il n’en existe, paraît-il, que 3 épreuves connues : chez His de la Salle, E. Galichon1 2 et Eudoxe Marcille. A la vente du premier, en 1856, elle fut adjugée 95 francs à Dutuit; disons à ce sujet, que c’est par erreur que, dans notre dernier volume Dessins, Gouaches, Estampes, etc., nous avons page 456, signalé cette épreuve comme étant de second état, c’est bien du premier que nous devions dire. — Nous ignorons actuellement où sont passés les exemplaires Galichon et Marcille.

REGNAULT (Nicolas-François, par)

Le Lever. — Debout de face au milieu de sa chambre à coucher, une femme demi-nue caresse son chien qui est à sa droite sur une chaise, pendant qu’une camériste va lui passer sa chemise et qu’une

1 Ce bras droit est épouvantablement dessiné — Nous avons vu un état avant le titre niais avec un quatrain : Il est des peines pour chaque âge..., état rarissime.

2 A sa vente en 1875 elle fut adjugée 360 francs.

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autre à droite chauffe quelque chose devant la cheminée. Au fond de l’estampe, un lit.

Pièce en couleurs servant de pendant au Bain d’après Baudouin, gravé par le Maître. Rare et recherchée. Les deux pièces valent avec la lettre dans les 600 francs, et en avant lettre, 1200 à 1500 ; à la vente Léon Roux, deux beaux exemplaires avec la lettre atteignirent 880 francs.

RIGAUD (H., d'après)

Elisabeth de Gouy (par Daullé ’) — Delignières 69. — Rigaud est assis devant son chevalet une palette à la main, sur ce chevalet dans un médaillon le portrait de sa femme Elisabeth de Gouy à micorps, décolletée et regardant à droite. Au fond, un pilier et de lourdes draperies.

Fort belle pièce, dont un exemplaire de 3c état fut adjugée 191 francs à la vente Behague.

SAINT-AUBIN 2 (Charles-Germain de, par)

Les Papiloneries humaines.

Suite de douze pièces en deux séries, dont voici la composition :

Première série en travers de 1 à G : Le Titre — Le Bain — Le Papillon danseur de corde — Les Joueurs de Dames — Le Blessé — La Brouette.

Deuxième série en hauteur de 7 à 15 : Le Titre — Les Papillons en scène — Les Papillons dansant — Le Duel — Le Papillon jaloux — La Toilette.

Ces estampes sont d’une insigne rareté et nous ne connaissons aucune collection qui les ait pu réunir toutes les douze. La première série est plus rare que la seconde.

Malgré les recherches scrupuleuses faites par Prosper de Baudicour pour se procurer Le Blessé il ne put y réussir et c’est M. Danlos qui, le premier, en donna la description dans le catalogue de la vente Destailleur, et puisque le nom du sympathique doyen des marchands d’estampes parisiens vient de

* Voir Jean Daullé par Em. Delignières, Paris, Rapilly, 1873 — Ce portrait est classé dans le catalogue Delignières à la rubrique Rigaud.

2 A la vente des Dessins et Tableaux de feu H. Destailleur en 1896, un précieux album des Dessins des Saint-Aubins qui en contenait 235 des trois frères, plus 43 de leurs parents, fut adjugé 28U00 francs.

ÉCOLE FRANÇAISE

passer sous notre plume, qu’il nous soit permis d’en dire ici quelques mots qui seront comme un tribut d’affection et de reconnaissance payé à sa courtoisie, à son savoir.

L’homme est d’une distinction parfaite, le marchand d’une rare compétence, voilà plus de quarante ans qu’il s’occupe de gravures, et il a été mêlé à tout ce qui touche à l’estampe depuis cette époque, non seulement en France, mais encore à l’étranger ; pas une grande vente à Londres, Stuttgart, Munich ou Berlin à laquelle il n'ait assisté, luttant sous le feu des enchères, soit pour son propre compte, soit pour celui de tiers qui, confiant en son indiscutable savoir, n’avaient pas hésité à le commissionner pour les gros morceaux qu’on allait disperser. Ah ! s’il voulait causer, enlr’oiwrir seulement le tiroir aux souvenirs, que d’anecdotes, que d’histoires, que de curieux dessous de caries il nous pourrait révéler, mais, esclave du secret professionnel, il est sur ce terrain-là muet comme la tombe ; ayant quelquefois essayé, en sondeur indiscret, de le forcer dans ses derniers retranchements, nous sommes forcé d’avouer que nous avons toujours été repoussé avec perte, ce n’est point un reproche que nous lui adressons ici, mais au contraire un hommage que nous rendons à son tact et à son extrême réserve.

Né en 1839 — c’est un enfant de la balle — il sortait de pension en 1855 et entrait chez son père, qui se retira onze ans plus tard en 1866; c’est à ce moment qu’il s’associa Delisle qui le quitta pour raison de santé en 1890. Depuis cette époque il est resté seul et continue les affaires, hésitant toujours à quitter des clients dont beaucoup sont devenus des amis. C’est lui qui, durant ces vingt-cinq dernières années, a dirigé avec sa haute compétence nos plus grandes ventes publiques parmi lesquelles nous pouvons citer au hasard de notre mémoire celles de Didot, Behague, Muhlbacher, Destailleur, Goncourt, etc., etc., c’est lui encore — nous en gardons le ferme espoir — qui fera celles que nous réserve l’avenir.

Ventes : Destailleur, les six pièces de la première série, 450 ; cinq de la seconde, 145.

SAINT-AUBIN ’ (Jacques-Gabriel, par)

La Vielleuse. — Dans la campagne, une jeune fille debout et de profil, joue de la vielle de la main gauche. Le titre est gravé et sous le trait carré on lit : Gab. de S'-Aubin pinxit.

Voici une pièce absolument inconnue jusqu’à ce jour et que nous croyons être le premier à signaler aux amateurs. Nous n’en connaissons qu’un exemplaire qui se trouve actuellement chez M. Eugène Boismen, de Nantes.

' Consulter : Le Peintre-Graveur français continué par Prosper île Baudicour, 2 vol., Paris. 1859-1861.

Allégorie sur la Convalescence du Dauphin (P de B 3).

Adjugé à la vente Destailleur, 1G5 francs; c’était un 1er état, dans lequel l’ombre de la balustrade de l’escalier n’est indiquée que par des tailles horizontales.

Allégorie au Mariage du Dauphin, depuis Louis XVI (P de B 4).

Même vente, 1er état, adjugé 125 francs ; 2e état, 30 — le 1er état est avant toutes lettres et on lit à gauche sous le trait carré : Composé et gravé à l'eau forte par Gabriel de St-Aubin, et à droite : en mai 1771 ; tandis qu’au 2e état il y a : Gabriel de Si-Aubin del et sculp, et à droite : Eau-forte de May 1771.

Pièce allégorique sur l’Erection de la Statue de Louis XV sur la place du même nom (P de B 6).

A la vente Destailleur, une épreuve unique, retouchée par le Maître lui-même à la plume et au lavis, fut adjugée à M. Josse 1560 francs ; à sa vente elle ne fit que 1400. A cette même première vente, l’état d’eau-forte de cette estampe, avant la signature et avec A Louis le Bien- Aimé sur le piédestal, 355 ; la même, avec la signature et la dédicace disparue, 230.

Six Vues de l’Incendie de la Foire de Saint-Germain

(P de B 7-12).

Cette suite de Six Vues sur une même planche, disposées par trois sur deux rangs est, croyons-nous, impossible à trouver réunies. A la vente Destailleur, les 3e, 4», 5e et 6e furent adjugées 1204 francs, et à celle de Baudet, la 4« et la 5« le furent pour 398.

Spectacle des Tuileries 1 (P de B 13-14).

Ventes : Muhlbacher, le 1er état non décrit, avant toutes les retouches à la pointe sèche et avec des travaux au crayon indiqués par le Maître, 300 ; La même, moins les retouches, 145 ; la deuxième vue, avant les retouches à la pointe et avant les mots novembre 1760 et année des fruits à la suite du nom de l’artiste — Destailleur, les deux vues retouchées par le maître, 2050 ; à la vente de Josse qui les avait achetées, elles firent 2105, elles avaient été retouchées par le Maître seize ans après leur apparition, ainsi que l’atteste une note écrite par l’artiste lui-même sur la première pièce — Concourt, les deux vues sur la même planche, 720.

Le Charlatan (P de B 15).

Pièce d’une rareté extrême.

1 On désigne quelquefois ces deux pièces sous la rubrique : Les Chaises — Le Tonneau d’arrosage; ce sont deux vues de même grandeur sur une seule planche.

ÉCOLE FRANÇAISE

Ventes : Destailleur, 1er état, à la caisse blanche de la voiture du charlatan, 350 — Josse, même état, 200 — Defer Dumesnil, 1er état, 140.

La Foire de Bezon, près Paris (P de B 17).

Adjugée vente Josse, 220 — Concourt, 100.

La Fête d'Auteuil (P de B 18).

Ventes : Destailleur, 295 — Baudet, 320 — Josse, 500 — Concourt, 405.

Le Salon du Louvre en l’année 1753 (P de B 19).

Ventes : Destailleur, 1er état avec la première date 1753, la seconde est celle de 1767 écrite en chiffres romains, 450 — Josse, exemplaire de Destailleur, 355.

L’Adresse de Perier, marchand quincaillier (P de B 24).

Estampe de toute rareté et absolument délicieuse, adjugée vente Destailleur, 300 ; de Concourt, 215.

A la vente Destailleur en 1896, le dessin original à la plume avec rehauts de sépia et encre de chine signé G. D. S. A., fut adjugé 2050 francs.

Notons une particularité bizarre et très curieuse à constater; les œuvres du Maître sont rares et intéressantes ; eh bien ! contrairement à tout ce qui se passe pour des œuvres qui leur sont contemporaines, elles seules ont une tendance marquée à baisser, cela demeure pour nous inexplicable et inexpliqué. — Réparons un oubli en signalant encore du maître, Le Retour, petite pièce de la grandeur d’une carte de visite qui fut adjugée 67 francs à la vente Destailleur, elle fut achetée par Josse à la vente duquel nous ne la retrouvons point, elle doit être unique.

SAINT-AUBIN 1 (Augustin de, par et d’après) 1736-1807

La Baronne2 de *** (Louis-Emilie) — B 7. — En buste de profil à droite dans un médaillon ovale équarri reposant sur une tablette, les cheveux noués avec un ruban, deux boucles retombant sur les épaules, elle est décolletée en carré.

1 Consulter le catalogue dressé par M. E. Bocher. Paris, Morgand et Fatout, 1879, dont nous suivons les numéros pour notre classement.

1 Voir : Les Françaises du XVIII ' siècle.

ÉCOLE FRANÇAISE

La Marquise de *** (Adrienne-Sophie) — B 173. — De profil à gauche, coiffée d’un chapeau dont la garniture de dentelles retombe en avant, elle est aussi dans un médaillon ovale équarri reposant sur une tablette, elle porte des boucles d’oreilles et au cou un ruban aux bouts retombants sur la poitrine.

Pendants extrêmement recherchés gravés par le Maître lui-même.

Ventes : Behague, 2« état avant les adresses et le nom de l’artiste, 410 — Muhlbacher, avant toutes lettres et de légers travaux, états non décrits, 3000 ; avant l’adresse et avec le nom à la pointe, t. m., 600 — Hocquart, même état, 900 — Concourt, 1er état, eau-forte pure, avant toutes lettres et avant la bordure, 2600 ; les mêmes terminées avant les adresses, m., 310 — C. J. et G. K., encadrées et g. m., 510.

Tableaux des Portraits à la mode (par Courtois) — B 378. — De nombreux personnages se promènent ; au milieu de l’estampe, deux personnages portant de longues cannes, l’un a un tricorne, l’autre une casquette ; à gauche, un homme nu-tête présente une fleur à une femme ; à droite, deux autres personnages porteurs d’énormes perruques, assis et vus de dos. Au fond, des saltimbanques et des files de voitures complètent ce tableau animé.

La Promenade des Remparts de Paris (par Courtois) — B 382. — Sur un boulevard planté de deux rangées d’arbres où vont et viennent de nombreux personnages, on remarque au milieu de la composition, un homme coiffé d’un tricorne entre deux femmes auxquelles il donne le bras ; tout à fait à gauche, un marchand de coco qui s’éloigne ; à droite, un enfant et une femme à genoux prenant des pommes dans un panier, et non loin d’eux plus à droite, des consommateurs assis à une table devant laquelle joue une vielleuse.

Pendants délicieux et extrêment recherchés. — A la vente Josse, le dessin original à la plume lavé de bistre et rehaussé de blanc, fut adjugé 14500 fr. ; à la vente Destailleur, la première pensée de cette composition à la mine de plomb signée et datée 1760, fut adjugée à M. Muhlbacher 3300, et revendue à sa vente, 3520.

Ventes : Bchaguc, avec la lettre, 335 ; la première, avant toutes lettres, 203 — Muhlbacher, la première, eau-forte pure, dans cet état la planche plus grande, mesure 327 % sur 442 g. m., 705; la seconde, eau-forte avancée, avant toutes lettres, mêmes dimensions que la précédente, 505 ; les deux, 805 — Destailleur, sans désignation, les deux, 375 ; la seconde, avant toutes lettres, 95 — Josse, t. m., 530 — Pavie, 385 — Gentien, la seconde seule avant toutes lettres, 640 — Goncourt, la même en eau-forte pure, 120; les deux, avant toutes lettres, 1200; Lacroix, les deux, 255 — G. J. et G. K., les deux marges vierges, 550.

ECOLE FRANÇAISE

Le Bal paré (par J. Duclos) — B 402. — Dans un élégant salon ruisselant de lumière, des couples dansent. Au fond à gauche, un orchestre dans une sorte de loggia. Au premier plan à l’extrême droite dans le coin de l’estampe, debout, une femme et un homme en train de causer près d’une portière en tapisserie.

Le Concert (par Duclos) — B 403. — Dans un salon en forme de rotonde éclairé par quatre fenêtres garnies de stores houillonnés, de nombreux personnages assis et debout entourent et écoutent des musiciens groupés autour d’un piano qui est au fond de la salle ; presque sur le premier plan à gauche, un personnage penché en avant et de trois quarts à droite, feuillette un cahier placé sur un tabouret.

Pièces se faisant pendants, très recherchées, les derniers états sont souvent tirés sur papier épais et rugueux. — Se défier des contrefaçons dont certaines sont déconcertantes de fidélité et de trompe l’œil.

Ventes : Behague, épreuves de 3e état avant l’adresse de Chereau et les mots Graveur du Rog. . . à la suite du nom de Saint-Aubin pour la première, et avec les mêmes remarques mais de 2« état pour la seconde, 1050 ; Le Bal, eaux-forte avant toutes lettres et avant l’encadrement, mais le nom des artistes à la pointe, 585; la même avant toutes lettres et avant l’encadrement, état plus avancé, 890 — Wasset, Le Concert, avant toutes lettres et avant l’encadrement, 6205 — Michelot, épreuves avec la lettre, 480 — Muhlbacher, avant toutes lettres et avant l’encadrement et travaux dans les fonds, 12000; les mêmes états, Behague, 2000; Le Bal, eau-forte, 1205; Le Concert, eau-forte, 2905 — Hocquart, avant l’adresse de Chereau, 1005 — Destailleur, même état, 1140 — Kinnen, même état, 1300 — L. Galichon, même état, 1930 — Pichon, même état, 1250 — Gentien, g. m., 920 — Concourt, avant l’adresse de Chereau, 1260 — Lacroix, Le Bal, eau-forte pure, 200 — Defer Dumesnil, la même avant toutes lettres et avant l’encadrement, t. m., 2950 ; Le Concert, avec la lettre, 230 — Patellier, les deux avec l’adresse de Chereau, 450 — Lelong, même état, les deux pièces, 600.

The first corne best served (par Sergent) — B 404. — Un jeune garçon monte au grenier et y découvre un couple endormi, les vêtements en désordre.

The place to the first occupier (par Sergent) — B 405. — Une bouteille à la main, un jeune gars monte au grenier par une échelle, la fille qui l’y a précédé lui désigne du doigt un couple qui y est déjà installé.

ÉCOLE FRANÇAISE

Pendants en bistre et en couleurs gravés en 1786, peu intéressantes suivant nous, valent les deux de 300 à 600 francs suivants état et conditions.

Au moins soyez discret (par le Maître) — B 406. — Dans un ovale équarri, une jolie jeune femme à mi-corps de profil à droite, met son doigt sur sa bouche, invitant au silence l’amant qui est censé être devant elle 1 ; elle est coiffée d’urt coquet bonnet à tuyaux, le sein gauche délicieux dans sa ferme rondeur sort complètement du corsage. Sous l’ovale, un petit médaillon avec un Amour au-dessus duquel on lit finement écrit dans le médaillon même : II ne voit pas le précipice.

Comptez sur mes serments (par le Maître) — B 407. — Dans un même ovale, un homme à mi-corps, une rose au gilet, le corps de face, se penche à gauche et regardant de ce côté, porte sa main droite à ses lèvres pour envoyer un baiser à celle qu’il vient de quitter. Sous l’ovale, le même petit médaillon avec l’Amour s’envolant et ces mots : Il emporte la rose.

Délicieuses estampes pleines de séduction et de charme. — Le dessin original de Comptez sur mes serments, mine de plomb légèrement aquarellée sur la figure, fut adjugé à la vente Concourt 18500 francs à M. Muhlbacher qui, à sa vente, le vit atteindre 22500.

Ventes : Behague, avant toutes lettres, seulement le nom du maître à la pointe, t. m., 315 — Muhlbacher, même état et condition, 500 — Aubin, même état, 475 — Destailleur, même état, 560 — Kinncn, même état, 435 — Bayard, même état, 1260 — Gcnticn, même état, 850 — Concourt, la première, seule avant toutes lettres seulement Aug. de Saint-Aubin. . . à la pointe, 499.

La Jardinière (par Phelipeaux et Morret) — B 416 — La Savonneuse (par Julien et Morret) — B 417.

Pièces en couleurs se faisant pendants, nous les mentionnons par acquit de conscience parce que les amateurs les recherchent avant toutes lettres et les paient en moyenne dans cet état de 800 à 1000 francs les deux, prix essentiellement ridicules et que rien ne peut, ni ne vient justifier ; à la vente Pavic, avant toutes lettres, elles firent 810 francs, et à celle de Patellier, avec la lettre, elles atteignirent 680 francs.

1 Celui de l’estampe qui fait le pendant : Comptez sur mes serments.

ECOLE FRANÇAISE

SAVART 1 (Pierre)

Louis XVI — Marie-Antoinette.

Gravés tous deux sur le même cuivre en buste, mais dans des encadrements séparés, la Heine de profil à droite, le Roi — Louis-Auguste — de profil à gauche.

Bien que le portrait de Louis XVI porte la mention gravée : Dessiné cl gravé par M.-R. Savart sous les yeux de Al. son frère, tout porte à croire que la tête seule est du Maître et les ornements de la sœur.

Ces minuscules estampes que l’on rencontre quelquefois séparées quoique gravées sur le même cuivre, sont de la plus grande rareté, autant presque dire qu’elles sont devenues introuvables.

Ventes : Martin, les deux pièces séparées, 281 — Behague, les deux sur la même feuille, 230.

A ajouter encore parmi ses meilleurs: Richelieu, Buffon, d'Alembert et Bayle également très rares.

SERGENT 2 (Antoine, par)

Il est trop tard, 1789. — Dans un intérieur de campagnard à droite, une fille à genoux, la gorge demi-nue, les jupes retroussées, à laquelle sa mère est en train d’administrer une violente correction, pendant que le père qui entre par la porte du fond, menace d’un bâton le galant qui à gauche se sauve au grenier par une échelle près de laquelle se trouvent un tonneau, un van, un fléau et une hache.

Estampe en couleurs assez recherchée quoique médiocre.

Ventes : Behague, avec la lettre, 225 — Muhlbacher, avant la lettre, 500, très rare dans cet état — Aubin, même état, g. m., 505 — Dccloux, avec la lettre, 285 — Destailleur, avant la lettre, 150 — Baudet, avec la lettre, t. m., 300 — Gcntien, même état, 290 — Ligaud, avec la lettre, 215 — C. J. et G. Iv., avec la lettre, 180, remargée — Patcllier, avec la lettre, 210.

1 Voir le catalogue de l’œuvre dressé par Faucheux, Paris, 1864 — Ensemble 33 portraits, dont 3 douteux, plus la planche de Diane et Endymion — L’artiste rappelle par son métier Ficquet, mais il est infiniment moins fin que Grateloup; il a souvent eu recours au très habile Choffard pour l’ornementation de ses portraits.

* L’œuvre d’Antoine Sergent-Marceau a été légué en partie par sa famille au Département des Estampes,

ÉCOLE FRANÇAISE

Marie-Thérèse-Charlotte de France. — Dans un ovale équarri, vue jusqu’à la ceinture, la fille de Louis XVI — - le seul homme de la lamille a-t-on dit quelque part — de trois quarts à droite, regarde de face, le corsage légèrement décolleté en carré laisse voir le cou ; sur la tête une mantille se renouant sur la poitrine. En bas dans une tablette : Marie-Thérèse-Charlotte de France, etc. . . puis au-dessous entre les doubles traits carrés : Publié à l'occasion du passage. . . par Chr. de Mechel graveur.

Jolie pièce en couleurs assez rare.

Ventes : Behague, avant toutes lettre, ni., 200 — Muhlbacher, 50 — Lelong, avant la lettre, 680.

SWEBACH-DESFONTAINES (J.-F.-I., d’après)

Le Caffé des Patriotes, 1792 (par J.-B. Morret).

Estampe en couleurs, au 1er état les deux grenadiers ont des bonnets à poil et l’estampe porte l’adresse de J.-B. Morret; au 2e état, les bonnets sont remplacés par un casque plat et un bonnet phrygien et l’adresse de Beance.

Le 1er état vaut de 250 à 300 francs et le 2e de 100 à 150.

Le Bal de la Bastille — Le Serment Fédératif (par Lecœur).

Pièces en couleurs rares, les deux, environ 700 à 800 francs.

Promenade de Longchamps, an X. — Une promenade plantée d’arbres où circulent de nombreux personnages, les uns sont assis, debout, à cheval et en voitures. Au milieu de la composition, un homme est assis tête nue, il serre tendrement la main d’une jeune femme qui est placée près de lui.

On ignore qui a gravé cette pièce coloriée qui se vendait chez Martinet et (pie sa rareté fait rechercher, ainsi que son attrait documentaire, elle vaut dans les 350 à 400 francs — Gosselin fils l’a reproduite avec habileté.

TAUNAY (Nicolas-Antoine, d’après)

La Noce de Village (par Descourtis). — En face de tentes provisoirement installées et sous lesquelles des buveurs sont attablés.

ÉCOLE FRANÇAISE

une jeune mariée esquisse un pas avec un personnage coifTc d’un tricorne ; à droite au fond, des musiciens sur une estrade ; au premier plan, assise de face, une femme ayant un enfant sur ses genoux, et au milieu de la composition, deux gamins se querellant près d’un chien attelé.

La Foire du Village (par le même). — Sur une estrade à droite, Arlequin et Pierrot font la parade ; non loin d’eux, une femme leur tournant le dos tient par la main un enfant déguisé en pierrot ; sur le premier plan, un jeune garçon joue du tambour ; à gauche de l’estampe, deux chiens.

La Rixe (par le même). — Auprès de ruines et de l’arche d’un pont, un groupe d’hommes ; un soldat tenant dans ses bras une femme évanouie, a mis l’épée à la main, cherchant à se précipiter sur un adversaire qui, lui aussi, a dégainé, mais qu’un autre cherche à retenir.

Le Tambourin (par le même). — Deux bateleurs dans un parc, font danser devant quelques personnages, deux chiens habillés, l’un en marquis, l’autre en vieille femme ; un singe est assis sur le dos d’un chien regardant à gauche. Le bateleur qui est à droite, joue du chalumeau et du tambourin.

Suite en couleurs fort estimcc ; les deux premières sont infiniment supérieures aux autres qui sont tout à fait de second plan.

Le tableau original de La Rixe fut adjugé à la vente Decloux 7800 francs.

Ventes : Behague, avant toutes lettres, 1500 — Martin, les deux premières en réduction, t. m., 75 — Saint-Geniès, mêmes conditions, 136 — Muhlbacher, état Behague, 2605 ; La Rixe, en noir, 100 ; les deux premières en réduction, coloriées, t. ni., 140 — Hocquart, état Behague, 3100 — Decloux, avec la lettre, 950 ; les deux premières avec la lettre et les armes, 2e état, 700 ; les mêmes en réduction, t. m., en noir, 139, coloriées, 195 — Bérend, 630 — Destailleur, 955 — Kinnen, les quatre, les deux premières en état, 900 — Ligaud, 980 — De Fontenay, 1195 — Heredia, les deux premières seules, 2e état, 1030 ; La Rixe, avant toutes lettres, 500 — C. J. et G. K., La Rixe, avant toutes lettres, 580 — En mars 1903, à une vente anonyme, les quatre, 1800 ; même vente, les deux premières seules, 510 — Lelong, les quatre pièces, épreuves de deuxième tirage, 1680; Le Tambourin seul, 580.

A la vente Baudot, en novembre 1894, il a passé une pièce en couleurs gravée par Descourtis, rubriquée Devinez, qui fut adjugée 800 francs; nous signalons cette estampe sans la connaître.

ECOLE FRANÇAISE

VAN GO RP (d’après)

Ah î qu’il est joli 1 — Le Déjeuner de Fanfan (par Malles).

Intéressantes petites pièces en couleurs valant les deux, suivant état et conditions, de 150 à 600 francs.

VANLOO (G. d’après)

Madame de Pompadour 1 (par Anselin). — A mi-corps dans un cadre, de trois quarts à droite, elle regarde presque de face, le chapeau renversé en arrière et maintenu par des brides sous le menton, laisse le front complètement découvert, le corsage très échancré est avec des nœuds de rubans sur l’épaulette. Le bras droit tient un panier fleuri et la main gauche une fleur. Le titre La Belle Jardinière, Me de Pompadour, et au-dessous : Gravé d'après le tableau...

Admirable portrait de la célèbre courtisane dont voici les états :

1er état. — Eau-forte pure.

2e état. — Avant toutes lettres, avec le cadre.

3e état. — Avant la lettre et avant le nom des artistes au burin.

4e état. — Celui décrit.

Le premier état qui est rarissime niais moins intéressant cependant que le 2c et le 3e, passa à la vente David en 1859 et y fut adjugé 16 francs ! ! — Herzog, 3U état, 1120 — Behague, même état, t. m., 500 — Muhlbacher, mêmes conditions, 490 — Concourt 2e état, 300 — Defer Dumesnil, avant la lettre, g. m., 820.

VERNET (Antoine-Charles-Horace, dit Carie, d’après)

La Danse des Chiens (par Levachez fils). — Au milieu de l’estampe, entouré de badauds qui le regardent, un bateleur coiffé

1 La loilc originale était en 1892 chez Marius Pauline, elle figura cette même année à l'Exposition des Cent clicfs-d'ccuvre.

ÉCOLE FRANÇAISE

d’un bicorne et drapé dans un large manteau, fait passer un chien dans un cerceau en levant son bras armé d’un fouet ; il est accompagné de deux acolytes, l’un fait la quête, l’autre joue en même temps de la flûte et du tambour. Sur le premier plan, un chien attelé à une petite charrette, ronge un os qu’un roquet lui dispute.

Estampe en couleurs très recherchée cl devenue rare, portant encore le titre de Dogs dancing, a etc reproduite par Gosselin fils. — Elle vaut avec la lettre de 400 à 500 francs, et avant toutes lettres bien pure avec une marge vierge, elle peut atteindre 800 à 900 francs, cet état est rarissime. — A la vente Lacroix,* une belle épreuve avec la lettre a fait 550 francs.

VIG-ÉE-LEBRUN (Madame, d’après)

Marie -Antoinette (par Alix). — Dans un médaillon ovale équarri reposant sur une tablette, à mi-corps de trois quarts à gauche regardant de face, loque de velours avec aigrette posée sur ses cheveux relevés, robe de velours décolletée avec fichu de linon blanc croisant sur la poitrine.

Estampe en aquatinte très rare et recherchée, adjugée vente Decloux avec le portrait de Louis XVI, 860, et vente Gentien, avant ta lettre, g. m., 505.

Marie -Antoinette (par B. Roger). — En pied et en grand costume de cour, tournée légèrement à gauche et regardant de trois quarts à droite, haute coiffure avec toque ornée de plumes, perles et aigrette, robe à paniers, décolletage laissant entrevoir la naissance des seins.

C’est le portrait type par excellence de la belle et malheureuse Reine ; il est bien de Madame Vigée-Lebrun, et non de Roslin le Suédois, comme on a toujours pris l’habitude de le répéter'. — Le cuivre avait été acheté par Rlaisot il y a une trentaine d’années, 830 francs; à sa vente en mai 1892, il fut racheté par Dupont aîné qui le paya 630 francs et chez qui il est actuellement. — Les épreuves avant la lettre, le nom de Chardon et le millésime 1828 sont pour ainsi dire introuvables ; à la vente Muhlbacher, un de ces exemplaires fut payé 300 francs.

' Voir Les Françaises du XVII F siècle, pages 241 à 245.

ÉCOLE FRANÇAISE

VILLENEUVE (chez)

Marie-Antoinette. — Portrait dans une lanterne, le médaillon porte en exergue : Marie-Antoinette, la Médicis du 18e Siècle, et audessus du trait carré de la marge supérieure de l’estampe, cette légende : La Panthère autrichienne..., et dans la marge inférieure, des lignes ignobles commençant par ces mots : Cette affreuse messaline. . .

Pièce en bistre fort rare ayant pour pendant Le Traître Louis XVI — Les deux valent de 300 à 400 francs.

WATTEAU 1 (Antoine, par et d’après)

L’Enseigne (par Aveline). — Des dames de qualité et des gentilshommes sont réunis dans la boutique d’un marchand où des emballeurs sont occupés à retirer des tableaux d’une caisse, pendant que les acheteurs ou les curieux examinent l’intérieur du magasin.

Pièce célèbre et rare que l’on rencontre toujours avec un pli au milieu du papier.

Ventes : Behague, avant toutes lettres, avant de nombreux changements notamment sur la porte vitrée du fond, 625 — Didot, avec la lettre, 170 — Roth, marge vierge, 139 — Muhlbacher, état Behague, 950.

L’Embarquement pour Cythère (par Tardieu). — Sur un tertre, au pied d’arbres aux puissantes ramures, à gauche, la statue de Vénus entourée d’Amours, et quelques personnages assis ou debout par groupes en train de causer ou de se faire la cour ; à droite en contre-bas de ce petit monticule, d’autres personnages entourent une galère au mât de laquelle montent des Amours. Au fond, la mer et des montagnes.

Fort belle estampe très connue, comme la précédente on la rencontre toujours avec un pli dans le papier. — Elle existe à l’état d'eau-forte pure avant toutes lettres, mais est rarissime dans cet état.

1 Consulter : Catalogue raisonné de l'œuvre de Watteau par Ed. de Goncourt, Paris, Rapilly, 1875, et celui de Robert Dumcsnil.

ÉCOLE FRANÇAISE 3(>Ô

Ventes : Behague, t. in., 205 — Muhlbacher, 100 — Malinet, 178 — Concourt, eau-forte pure dans un cadre ancien, 600.

L’Assemblée Galante (par Le Bas).

Pièce recherchée, vaut avec la lettre, 90 à 100 francs, et en avant lettre, 160 à 200; à la vente de Concourt, une épreuve fut adjugée en avant lettre, 215 francs.

La Leçon d’Amour (par Dupuis).

Une des jolies pièces de l’œuvre ; en état courant, 60 à 80 francs; en état d’eau-forte pure qui est extrêmement rare, elle vaut de 150 à 200 francs; une épreuve à la vente de Concourt atteignit, 210 francs.

La Toilette (par P. Mercier). — Une femme de chambre apporte à sa maîtresse qui se lève, un bassin et une éponge.

Pièce de toute rareté, adjugée en état d’eau-forte pure à la vente de Concourt, 215 francs, c’était l’exemplaire de Behague qui avait été adjugé alors 135 francs. — A la vente de Vèze, en 1854, elle fut payée 170.

La Troupe Italienne (par le Maître).

A la vente de Concourt, un rarissime exemplaire à l’état d'eau-forte pure, fut adjugé 760 francs; il fut acheté par Defer Dumesnil et revendu 610.

A cette vente Defer Dumesnil, une très précieuse eau-forte non décrite et très probablement du Maître lui-même, représentant : « Watteau peignant son ami de Julienne jouant du violoncelle dans un parc » fut adjugée 1350 fr., estampe unique sans doute, qui a été gravée en contre-partie par Tardieu.

Dans son ouvrage, Ed. de Concourt affirme qu’il n’y a que 9 eaux-fortes exclusivement de la main de Watteau et pures de toutes retouches de Thomassin ou de Simonneau, les voici : La Troupe Italienne — Recrue allant joindre le Régiment — 7 figures de mode : L’Homme accoudé, Le Promeneur vu de face, L’Homme appuyé, Le Promeneur vu de profil, La Femme marchant à gauche, La Femme marchant au fond, La Femme assise.

Adonis (par Scotin?). — L’acteur occupe le milieu de la composition, il est debout, une rose dans la main droite ; quatre nymphes sont couchées à droite au pied d’un buste de Pan ; à gauche, une fontaine avec une statue de Naïade ; un peu plus loin, l’amoureux fait une déclaration à une Isabelle assise que surprend Crispus qui fait un geste.

Petite pièce d’une insigne rareté que nous n’avons relevée qu’à la vente de Véze en 1854 où on l’adjugea avant la lettre mais avec le privilège, 51 francs, on la suppose gravée par Scotin. — Il existe une copie en contre-partie par Probst, chez Wolff à Augsbourg, avec quatre vers allemands et latins.

366 ÉCOLE FRANÇAISE

Les Comédiens comiques (79) — Les Rendez-vous comiques (80).

Ces deux pièces en couleurs gravées par Janinet, jadis peu recherchées, viennent de faire en vente publique le 14 mars 1903, la coquette somme de 920 francs, c’est pour elles beaucoup d’honneur ; mais l’estampe en couleurs gagne tous les jours du terrain et il faudra bien s’accoutumer à ces prix.

WILLE Fils (Pierre-Alexandre, d’après)

L’Essai du Corset (par Dennel). — Une adorable petite femme debout de face et regardant à droite, se fait lacer son corset devant un vieux qui, assis à sa gauche une tabatière à la main, regarde d’un œil plein d’admiration une gorge ronde et ferme. A droite, une fenêtre éclaire la scène.

Dédicace d’un Poème épique (par le même). — Près de son lit, assise de profil à droite, la même jolie femme, la gorge nue, le coude droit appuyé sur un guéridon, prend une tasse de café en écoutant un vieillard qui lui lit un poème ; près d’elle, une servante prête une oreille attentive à cette lecture ; à droite, un petit chien.

Ces pièces qui se font pendants sont extrêmement gracieuses ; elles ne sont pas rares avec la lettre et valent les deux de 60 à 80 francs, mais avant toutes lettres elles sont assez difficiles à rencontrer et leur cote varie entre 200 et 300 francs. — De Goüy a fait une jolie petite réduction en couleurs et en contre-partie de L’Essai du Corset, elle vaut une soixantaine de francs et n’est pas commune.

Dix-neuvième et Vingtième Siècles

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