‹ A travers Cuba, récit de voyage descriptif et économiqueChapitre 11 sur 13 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

Baracoa. Entreprises des plantations du cocotier et du bananier. Localité extrême Est insulaire Sabana, la gorge de Yumuri, baies de Mata et de Borna, la Luz de Yara, le mont Yunque. Sagua-Tanamo. La baie de Nipe, propriétés modèles de bananiers et cannes à sucre à de grandes sociétés, baie de Banes. Gibara et Holguin. Manzanillo, le plus grand cours d’eau cubain, le Cauto, localités historiques de Bayamo. Jiguani- Baire, le point de transit des caravanes Palma Soriano; San Luis. La plus grande chaîne montueuse cubaine : Sierra Maestra et le Pic du Turquino.

La dernière province cubaine possède d’autres régions très belles, dont : trois d’un accès aisé, une d’un abord moins facile, enfin une d’une approche très difficile.

En dix heures de navigation, on franchit 222 kilomètres le long d’une côte dont le niveau décline jusqu’au cap Maïsi à l’extrême Est ; puis il se relève à l’Ouest, coupé par une gorge profonde, exprimé par une ligne montueuse s’infléchissant en de jolies baies et par une colline en gradins couverts de palmiers royaux. Enfin, on arrive à un cirque de cocotiers entourant un port, celui d’uni bourg de 5,633 âmes :

Baracoa est l’ancienne Asuncion, ville surgie en 1512, la première créée dans le pays, restée quelque temps capitale, enfin lieu de débarquement du Cubain Eslrampes dans une tentative d’insurrec-

lion. Mais elle ne rappelle en rien son passé. Ses trois quartiers, y compris Playa pittoresque au bord de l’eau, n’offrent que des constructions militaires plutôt récentes, des maisons commerciales et industrielles où s’exploitent le cocotier et le bananier.

Aux environs, croît le cocotier qui rend une quantité et un prix surpassant de 50 pour cent ceux du même arbre ailleurs dans l’île. Il est très abondant, presque à l’état sauvage, sans frais d’entretien, donnant dès quatre ou cinq ans une noix très bonne, très grosse et tendre quoique épaisse. Elle se récolte en quantité suffisante au printemps, et en quantité abondante en d’autres saisons. Chaque année, un pied produit environ 2 fr. 50, donne environ 70 fruits. Quelques domaines donnent environ 100,000 fruits. Huit à dix voiliers emportent un total mensuel de 2 millions 1/2 de fruits ; et cent vingt voiliers, un total annuel de 30 millions de fruits d’une valeur d’environ 1 million 500,000 francs, somme presque totale du rendement général cubain. Cette production de 1904 a été suivie d’une amoindrie par des fléaux, qui ne s’est pourtant pas abaissée à valoir en dessous de 910,000 francs. Cette exportation de 1907 occupait cinq maisons de commerce ; l’une annexée d'une usine où les premiers et seconds résidus laiteux remplissent des caisses de fermentation, des centrifuges chauffés, des sacs pressés, faisant du coprah envoyé aux fabriques de graisse et de savon.

Un peu plus loin, croît le bananier très abondant, presque à l’état sauvage et sans frais d’entretien. I) fournit des produits employés comme fruits

A TRAVERS Cl'BA

et légumes. Il ne se récolte pas toute l’année, mais nécessite quatre mois de cueillette importante. Celle plante donne 24,000 régimes aux 13 hectares 1/2. Quelques domaines donnent environ 100,000 régimes. Seize vapeurs emportent un total mensuel de 8 millions de régimes ; et cinquante vapeurs, un total annuel de 25 millions de régimes, appoint raisonnable aux 51 millions 656,301 kilos valant 6 millions 13,753 francs... somme du rendement général cubain. Cette exportation de 1907 était entreprise par deux sociétés, dont une affrétait six vapeurs suédois et norvégiens. Un de ces steamers navigue durant une heure et demie vers l’extrême orient cubain, où est Sabana, localité jadis ravagée par l’insurrection, mais en train de se relever par une moisson bananière annuelle de 2 millions de régimes, qui sont transportés par deux funiculaires longs de 350 et de 3,000 mètres s’inclinant vers l’abîme de la rivière Yumuri.

Après cette belle gorge qui débouche au petit port de Boruga, je partis à cheval prêté par un aimable propriétaire espagnol. Une campagne des plus jolies qui soient à Cuba développait ses charmes pittoresques. Un sentier, suivant le rivage marin, contourne des verdures sauvages et des falaises escarpées. Puis, c’est une longue plage de sable fin, deux hameaux bien ennichés dans le feuillage, Barigua et Bariguila, des buissons de faux ananas, de nombreux arbres fruitiers, un roc colossal, le coquet village de Guandao, un vallon de cocotiers, la gracieuse baie de Mata suivie d’un bois en amphithéâtre, la colline massive de Cayo-Boruco tapissée d’herbes et plantée de palmiers royaux laissant

entre eux voir de riantes perpectives. Voici encore des arbres fruitiers, touffus, cachant des chaumières, l’exquise baie de Borna cernée d’épaisses frondaisons, formée de renfoncements irréguliers, entre autres celui de Robles, le plateau allongé de Majayara avec de nombreuses et riantes fermes, puis une pente raide dévalant par lacets raboteux vers l’estuaire Boca de Mielo, et une baie où se termine une chevauchée de 30 kilomètres à 10 heures du soir. Malheureusement, le ciel ne s’agrémentait pas cette nuit de la « luz de Yara », feu follet qui s’offre parfois en ces parages, et permet d’entrevoir vaguement un sommet calcaire de 900 mètres, affectant la forme rigoureuse d’un trapèze. Celte silhouette extraordinairement originale est le mont Yunque.

Baracoa s’étend à ses pieds. De ce bourg, en sept heures de navigation, on parcourt 166 kilomètres vers l’Ouest, le long de fortes collines, d’une haie avec cinq îlots près du gros village de 1,222 âmes de Sagua-Tanamo, d’une seconde baie en deux parties : Cabonico et Levisa, et de la presqu’île forestière Entresaco qui précède un site grandiose :

C’est la Baie de Nipe, large de 10 kilomètres et longue de 25. On y pénètre par un goulet. On la traverse en une heure et demie, entre sa rive gauche avec les embouchures des rivières Cajimaya, Juan Vicente, Tacajo et la vaste colline Mayari, et la rive droite avec les pointes boisées Salinita, Salina, Antilla. Ce bassin naturel, un des plus beaux du monde, profond de 24 à 40 et jusqu’à 200 pieds,

sert depuis peu de point d’arrivée à des produits utiles venant des ports américains, et de départ à des produits envoyés par l’Orient cubain. En 1906, ont commencé à fréquenter 451 navires de cabotage et de mer jaugeant 292,095 tonnes réparties dans un total de transactions de 4 millions 701,272 francs, constitué par une importation de 3 millions 102,803 francs et une exportation de 1 million 598,469 fr.

Cette dernière opération d’articles cubains, vite dirigés aux Etats-Unis par trois lignes de /apeurs, a attiré de gros capitalistes dans la région de Nipe très rémunératrice. Ils y réussissent quand des piemiers colons y ont perdu 5 millions de francs. C’étaient des Français venus trop tôt.

En revanche, ce sont des Français originaires de la Louisiane, qui, maintenant, y récoltent des profits. Les « Dumois frères et fils » ont fait preuve d’une grande persévérance. Ils exploitaient d’abord 4,050 hectares. Ils tiraient si bien parti de la vente de ce bien et d’une sucrerie, cédés à 15 millions 1/2 de francs, qu’ils ont pu acquérir récemment 15,000 hectares ; c’est une vraie colonie étendue des hauteurs de Bijaru à celles de Cristal, qui présente déjà 6,140 hectares travaillés en trois propriétés ; Saetia, Ramon, Tacajo.

La première propriété, Saetia, la mieux placée, quartier général avec une belle habitation à belvédère et de commodes dépendances, est la plus étendue sur une grande péninsule mi-partie plaine et mi-partie plateau terminé par une forêt. Tout en jouissant de douces perspectives sur la mer et sur des baies, on peut admirer les plantations d’un million d’ananas et d’un million de bananiers. Ces der-

niers sont merveilleux : ils surgirent en ces dernières années après un défrichement forestier qui avait duré à peine six mois. Cette magnifîciue plantation, coupée de belles avenues, est le résultat d’une dépense de plus de 4 millions de francs, grâce à laquelle on a pu enfouir de bonnes boutures d’anciennes racines, chacune produisant de 5 à 6 pieds. Ces groupes, espacés de six mètres, bien sarclés, donnent dès la première année 5 à 6 régimes, et, durant huit à dix ans, par an de 15 à 24 régimes. Aussi, la récolte de mars à août exige par jour 180 ouvriers, 35 charrettes transportant, en cinq reprises, 10,500 régimes qu’on charge à douze petits embarcadères sur voiliers et petits vapeurs transbordant vers un navire d’exportation.

La deuxième propriété, Ramon, placée dans le voisinage, s’étend aussi sur une péninsule d’une certaine longueur et couverte de bananiers.

Enfin, la troisième propriété, Tacaio, placée dans l’Ouest, occupe une longue plaine couverte de bananiers, orangers, caféiers, cacaoyers, coton, riz et cannes, qui devaient être broyées dans une belle sucrerie.

La prospérité de <( la Dumois Nipe Bay C“ » devait entraîner des sociétés concurrentes. Une d’elles, dite « Cuba », a acquis 4,050 hectares pour être vendus à raison de 77 francs chacun, à de petits propriétaires. Enfin, une plus puissante au capital qui a atteint en huit ans seulement. 150 millions, « rUniled Fruit », a acquis 54,000 hectares.

Cette vraie souveraineté comnte déjà une grande étendue cultivée. Des parties fournissent assez de cannes pour donner annuellement 180,000 sacs trai-

tés dans une jolie sucrerie, Boston. On y récoltera sous peu une masse énorme de cannes rendant

500.000 sacs sortant de la plus grande sucrerie cubaine proietée. D’autres parties fournissent assez de bananes pour remplir par jour 7 trains de 40 wagons de 12,000 régimes, et par semaine de

588.000 régimes, 7 bateaux plus 4 navires loués régulièrement et 14 navires affrétés facultativement sous pavillons anglais et Scandinave, et ce chiffre s’accroît sans cesse à cause de la consommation grandissante des Etats-Unis.

On ne s’étonne pas de voir prospérer là trois sociétés semblables, étant donné la richesse du sol, calcaire profond, argileux noir ou rouge, parfois sablonneux, trop vite humecté, ce qui est hieni incommode pour le charroi des récoltes. Mais, des communications plus fermes feront, de cette région, une véritable terre promise.

La région Nipéenne renferme encore une seconde baie, à l’ouverture tortueuse, large de 3 kilomètres et longue de 10. Banes, un bourg du même nom, de 3,788 âmes, est agréablement bâti, avec une église à la fois sanctuaire-école-atelierpresbytère, par l’énergie d’un R. Père français. Sa situation est au bas d’une colline dominant une plaine verdoyante. En outre, on découvre les cocotiers de Torontera, les marais de Macabi, d’immenses champs de cannes, bananes et un bois coupé d’une belle avenue... le tout est échelonné le long d’une voie ferrée privée de 25 kilomètres parcourus en wagonnet dit cygogne mû à force de bras. Enfin, parlant d’un point appelé Dumois, s’étend une belle forêt, que tranche, en avenue su-

perbe, une voie ferrée publique de 42 kilomètres aboutissant à Alto-Cedro. Ces travaux nécessitèrent de nombreux trains de ballast amenés par une locomotive qui a laissé un souvenir impérissable d’antiquité sous le nom de « la Marotte ».

Des baies de Nipe et de Banes, en six heures de navigation, on fait 148 kilomètres vers l’Ouest, le long d’une côte plate, caractérisée seulement par la pointe et le phare de Lucrecia, et par un port de pêche et d’envoi de céréales, de fruits, qui est celui d’une petite ville créée en 1823, de 6,170 âmes.

Gibara, située loin des foyers d’insurrection, est d’un aspect heureux, avec ses rues bien bâties et son église massive à deux tours. Aux environs, se trouve une grotte longue de 200 pas, ayant une dizaine de salles assez sculptées, et qui se prolonge sur des kilomètres en voûte recouvrant une petite rivière. Là, aussi, s’érige une colline à la cime hardie, nommée la Silla.

Un train original, transportant à la fois bêtes et gens à des prix très variés, suit une voie ferrée de 36 kilomètres, où l’on remarque l’unique tunnel cubain, la rivière Cacayuguin, diverses cultures, des étendues d’herbes fanées, des collines, des tranchées, peu de villages parmi lesquels Cantimplora, faisant valoir une petite ville créée en. 1751, de 7,592 âmes.

Holguin a été assez mêlée à l’histoire, ayant pris parti de bonne heure pour l’insurrection, et étant proche d’uri glorieux champ de bataille de Calixto- Garcia et du point de départ du grand Maceo. Ses rues sont longues et imiformes. Auprès, la colline

bombée de Cerro possède une croix visitée par un pèlerinage annuel.

Une autre voie ferrée de 18 kilomètres parcourt une steppe de palmiers divers, traverse une rivière San-Pedro, et atteint Cacocum qui est relié, par le grand chemin de fer central, avec Santiago.

Mais, voici une excursion vers le Sud-Ouest, qui exige sept jours de plus grandes fatigues.

D’abord, dès la première nuit, on longe en mer une côte très peu habitée aux deux seules agglomérations d’Asserradero et de Guama, et comptant comme seules irrégularités les pointes Cabrera, Sebilla, ïîlot Damas, et des épaves de vaisseaux de guerre coulés. A l’aube, la côte devient de plus en plus montueuse, continue. Le soleil fait ressortir de grands ravins et de grands mamelons couverts d’une végétation vierge. Les sommets les plus altiers de l’île se succèdent ; ils mesurent de 5,200 à 7,500 pieds. Cette chaîne Sierra Maestra s’étend sur une longueur de 175 kilomètres possédée par rien que douze propriétaires ; les 75 kilomètres les plus retirés n’appartenant qu’à quatre possesseurs. Son arête se partage en trois régions ; une centrale, la Cobre et la Toro. Cette dernière occidentale, comprend deux pointes curieuses : Goleta et Mota, une baie encadrée de palmiers et deux autres exportatrices de bois., minerais., sucre nommées Plata et Pilon, des falaises à gradins rocheux s’abaissant insensiblement jusqu’au village pêcheur et au phare du Cap Cruz. La journée s’achève sur des eaux peu profondes qui baignent les îlots Balandras et Buey dans le golfe de Guacanayabo. Son

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rivage délimite une plaine boisée et des exploitations sucrières. Là, prend fin une traversée de 20 heures et un trajet de 302 kilomètres.

On atteint un port d’où s’expédient par mois deux vapeurs et vingt voiliers chargés de sucre, de tabac, de bois de cèdre et d’acajou. Celte dernière exportation se chiffre par an à 6 millions de pieds d’une valeur de un million de francs.

Ce port est celui de Manzanillo, ville créée en 1833, peuplée en 1907 de 15,819 âmes parée d’une grande place et de belles rues ravinées par les averses ; elles sont bordées de hauts trottoirs soutenus par des poteaux, des tuyaux ou des pièces de canons. Les maisons du faubourg sont en chaume. On voit encore un sanatorium bien tenu, une usine électrique, un aqueduc et une voie ferrée, entreprises de deux riches habitants. Un aimable journaliste me mena visiter le commandant Mendoza, m’apprenant qu’ici des officiers complotèrent la dernière insurrection dès le 22 février 1895. Le général Mas6 s’immortalisa en offrant sa fortune et sa personne à son pays qui ne put en profiter, car une intervention américaine imposa le président de la République Raima. Le candidat populaire évincé termina noblement sa vie dans une chaumière. Sauf cette touchante retraite de Jaguita et deux localités voisines : Blanquizal et Cafio sur la rivière Yara, la vaste campagne environnante est fort peu visitée.

Après trois heures de mer, un petit vapeur me fait entrer dans un estuaire et suivre une voie fluviale, auprès de laquelle se font remarquer les sla-

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lions de Punta, Guamito et Guamo. Des rives basses, aux berges verticales, sont bordées de prés ou de buissons surmontés d’arbres bizarres : palmiers royaux aux troncs rouges, jucaros aux fûts blancs, ceibas avec plantes parasites et laine végétale, Des futaies se dressent taux courbes de Corralilo et de Torno-el-Muerlo, sites les plus pittoresques du cours inférieur du principal fleuve cubain, le Cauto, qui reçoit cinq affluents jusqu’à sa source située en amont à 250 kilomètres. Au 88®, son cours est resserré entre des berges hautes de 20 mètres, sur lesquelles on remiarque un ferme près d’un arbre énorme, et un village de chaume. Embarcadère, avec maison d’alcalde pourvue d’oiseaux qui m’égayèrent durant ma seule indisposition ressentie dans tout mon séjour cubain.

Cet endroit était le point de départ d’une longue promenade à cheval.

Les 28 premiers kilomètres, je traversai des cirques d’arbres qui, successivement, semblaient se refermer sur mes pas ; je poursuivais dans des savanes marécageuses avec des massifs de palmiers semés çà et là, dans un bois, Jucaral ; et je dépassai des cases d’indigènes cultivant un plateau qui soudain s’affaisse en ravin où coule une rivière dominée par une curieuse localité :

Bayamo, datant de 1513, deuxième ville créée dans le pays, est bien déchue de son antique splendeur : de 10,000, elle tombait en 1904 à 3,000 et en 1907 à 4,102 âmes. Florissante au dix-neuvième siècle par son commerce de bétail et de sucre, elle compte des propriétaires réputés, tel qu’Aguilera, des célébrités : les avocats Acosta et Maceo, l’au-

leur de l’hymne national, Figueredo, le président Palma et le héros patriote Cespedes. Ce dernier dirigea la grande insurection contre les Espagnols chassés le 21 octobre 1868, rentrés le 15 janvier 1869 dans cette ville qui fut incendiée et qui gardait encore, à mon passage, les traces de la dévastation. Partout, des murs croulants, des ronces et des barreaux rouillés, puis les vagues indices de Sept églises. La principale avait son clocher surmonté d’une étrange cabane, ancien poste de télégraphie optique. On remarquait aussi de vieilles casernes, deux fortins et vingt-cinq blockhaus environnants. Ces apparences rébarbatives devaient cesser grâce à une ère pacifique permettant le retour des maisons -^commerçantes. Telles sont les prévisions qu’émettait un bon alcalde achevant l’explication de sa ville dans un square touffu, dit de la Révolution, près duquel est un cercle dont les membres aimables me reçurent avec un excellent champagne.

Sur 28 seconds kilomètres. Je trouvai une plaine parsemée d’arbres et arrosée par la rivière Cautillo, des ondulations boisées, un hameau propret en chaume, Santa-Rita, des cultures d’orangers, de cocos, de maïs, de tabac, étendues jusqu’à un petit plateau où est campé le village de Jiguani, peuplé de 1,362 âmes. La population comprend quelques Indiens, originaires de la Louisiane. Les maisons sont ruinées par l’insurreection de 1868. Une colline domine des environs où on s’adonne à l’élevage de 14,000 têtes de bétail en des pâturages aux trois quarts propriété municipale.

Remerciant l’alcalde d’avoir racheté sa localité rudimentaire, en me donnant sa maison pour hôtellerie, je continuai ma route malaisément, parce

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que, ne trouvant pas de monture, je dus exécuter à pied 12 kilomètres à travers des ruisseaux, un sol raboteux, un val Cruz-del-Yarey, et des terres ondulées avec cultures de maïs, tabac, cannes, appartenant aux fermes Piedra de Oro, Granisso, Salada.

Baire est un village déchu : de 3,000, il tombait en 1904 à 600 âmes et en 1907 à 1,000 âmes. Son rang est, en revanche, très haut dans l’histoire de l’indépendance cubaine. Le 24 février 1895, 400 hommes se soulèvent à l’appel du commandant Lora. Comme autres célébrités figurent le général Rabi, comblé d’une nombreuse famille, et l’alcalde Llopis. Ces parages fertiles en tabac, café, cacao, recèlent du manganèse et du fer. A noter aussi la belle grotte de Pepû.

Remerciant le juge municipal d’avoir racheté sa localité rudimentaire en me donnant sa maison pour hôtellerie, je continuai ma route très difficilement, parce que, ne trouvant pas encore de monture, même avec des habitants en cherchant toute une après-midi, je dus entreprendre à pied 32 kilomètres dans les ornières d’une région perdue : basfonds avec nombreux orangers et palmiers aux fermes de Jaguey et de Ratonera, plateau avec palmiers nains et herbages près de la ferme Jativa, gorge tortueuse contenant la rivière Maibiu, sol ondulé et mi-boisé jusqu’à la ferme San-Fernando. Alors, s’offre le val régulier de la belle rivière Contra-Maestre. Après, on trouve des mamelons aux bois épais interrompus à peine aux fermes Mantonia et de Laja, aux rivières Purial et Guaninao, à la gentille clairière de Cruces et au joli cirque d’herbages d’Aguacate.

En ce riant hameau aux chaumières semées comme des jouets, j’enfourchai une haridelle qui me permettait de parcourir 20 kilomètres à travers des collines boisées de hautes futaies, ou bien cultivées en bananes et café, deux villages : Arroyo- Blanco et San-José, et une colline allongée en arête, l’Oscuro, dominant deux des plus beaux sites cubains : de vertes plaines étendues jusqu’aux monts Gato, Dulce-Nombre, et Mayari. Enfin, une pente conduit jusqu’à la gorge du fleuve Cauto supérieur, entre des berges qui s’élèvent à 50 mètres et qui sont surmontées d’un bourg de 2,333 âmes.

Palma Soriano est un lieu où on peut vraiment réparer des forces affaiblies par un dur itinéraire... nombreux magasins d’approvisionnements, restaurants, traitant parfaitement, surtout moi qui étais recommandé par l’alcalde. Citons encore une église provisoire en chaume avec un orgue minuscule, un cimetière fleuri avec une annexe renfermant une salle d’autopsie, un abattoir, un aqueduc et une imprimerie avec un journal qui se fait avec rien que dix francs pour servir 150 abonnés. Ce bourg abrita longtemps des familles espagnoles qui auraient voulu avoir une voie ferrée pour remplacer les caravanes. Mais encore, à mon passage, 000 chevaux et 2,000 mules transportaient les marchandises à travers de mauvais chemins.

Durant 20 derniers kilomètres, je m’enlisai dans de dernières ornières. Je traversai un hameau sur une pente pittoresque, Concepcion, une vallée avec exploitation sucrière française Hatillo, deux ravins ombreux arrosés de ruisseaux ; et je descendais vers un bourg de 3,441 âmes, San-Luis,

assez prospère en sucreries envoyeuses de leur production par rail à Santiago.

Après une excursion de 140 kilomètres parcourus à cheval et à pied, entremêlés de péripéties, restait une excursion encore plus intéressante. Il s’agissait d’atteindre le point le plus élevé, le moins connu et le moins accessible de toute île : le Mont Turquino.

Bien que sa base ne fût distante que de 100 kilomètres, mille difficultés entravaient mon départ. Malgré mes demandes par des ïamis et des annonces de journaux, je ne trouvais aucun moyen de transport. Les seuls modes de locomotion, cheval ou bateau, étaient compromis par une saison pluvieuse au début précoce. Aussi, rien n’était offert, et tout le monde renvoyait ses services à demain « Manana » !

Enfin, après un mois d’attente, un m^arin nommé Martinez acceptait de m’emmener, espérant profiter de l’occasion pour faire la pêche des tortues.

Je quittai la baie de Santiago et Vîlot Smith renfermant un curieux musée maritime. Je partis dans une barque 3e quatre tonneaux, à deux mâts, r « Esperanza », accompagnée d’une petite allège. Sept heures du soir annonçaient l’entrée d’une nuit noire : la mer était peu sûre. Ce fut d’abord un vent violent auquel succéda un calme désespérant. Après 18 heures de navigation à la rame, j’arrivai à un petit estuaire fluvial. Je débarquai et laissai mon pêcheur à sa pêche. Sur terre ferme, en bas de la montagne, je n’enrôlai nullement l’habïtant d’une unique chaumière ; cet homme âgé semblait

d’ailleurs décliner son concours, parce que des liens le retenaient à une petite mulâtresse. Je devais marcher quatre lieues vers las Cuevas pour prendre deux frères Torre qui me paraissaient des compagnons plus qualifiés pour gagner les cases d'Ocujal, et effectuer l’ascension en pleine forêt vierge.

Le premier jour... par 28 degrés de chaleur, à 8 heures du matin, je suivis la mer dans des bois peu fourrés, traversant une embouchure de lit de gros cailloux de torrent impétueux, le Potrerillo, et frôlant des tiges graciles aux cimes gracieusement penchées de palmiers juraguanas. J’entrai dans les terres pour remonter le torrent paresseux, le Dian, dont le cours est encaissé entre de gros rocs, tellement entassés les uns sur les autres, qu’il ne reste plus qu’une fissure où passe la chute d’eau. A midi nous étions sur un premier mamelon conique, à 320 mètres, .avec 25 degrés. Après déjeuner, j’attaquai 'des pentes très montantes ou très descendantes, je remontai un lit de ruisseau à sec, j’assaillis un long versant rapide pour arriver sur un deuxième mamelon conique, à 650 mètres, avec 20 degrés, à 6 heures du soir. Une marche d’environ 10 kilomètres avait causé une fatigue qui commençait à se réparer dans un dîner substantiel, mais ne pouvait entièrement cesser dans un sommeil interrompu par une pluie diluvienne, forçant à un séchage devant un feu qui pétillait encore à l’aube.

Le deuxième jour... par 18 degrés, à 7 heures du matin, j’abordai un troisième mamelon conique surmonté d’un grand pin ; et j’arrivai sur un quatrième mamelon au sommet aplati, à 900 mè-

très, nommé Cabeza-de-las-Cuevas, remarquable par un gros rocher, une mare, et un grand arbre iaguey. Au-dessus, j’entrai dans la zône nuageuse où la végétation devient de plus en plus inextricable. Je passai à travers des épines, zarzas ou aiuas, des fougères, au milieu d’arbres assez gros barriles, debout ou renversés pêle-mêle. Ce chaos m’entraînait à une vraie gymnastique qui se continuait dans de petits arbres croissant désormais seuls sur une arête montante ne s’élargissant jamais à plus de 2 à 3 mètres et s’allongeant sans cesse en pentes dures formant des bonds successifs. Ainsi, je dépassai trois nouveaux mamelons coniques, dont un, le Picacho, est à 1,190 mètres. Un huitième mamelon conique rocheux, portant des aloès, était suivi d’un point à 1,260 mètres, avec 17 degrés, à onze heures, curieux par deux rocs coiffés d’un troisième en faux air de dolmen. Au sortir de cet abri, après déjeuner, je peinai a contourner une grosse roche et une souche de travers. Je pataugeai dans la boue et glissai sur de la mousse. Je rampai sous des broussailles, mouillé par les fougères qui fouettaient mes vêtements, jusqu’à ce qu’une marche d’environ 6 kilomètres s’arrêtât à une altitude de 1,620 mètres, avec 14 degrés, à 3 heures du soir.

Nous improvisions un campement sur une corniche inclinée, à peine large d’un mètre, entre une paroi rocheuse ruisselante d’eau et un abîme plein d’arbustes constamment agités par les rafales. Nos essais duraient assez pour obtenir un centre de gravité qui assurait notre immobilité. Près d’un maigre feu ne brûlant pas et ne fumant qu’à peine, nous mangions sans goût et n’avions aucun sommeil,

empêché malheureusement par nos plaintes qui entrecoupaient une nuit sans fin.

Le troisième jour... par 13 degrés, à 7 heures du matin, j’affrontai des buissons de petites lianes à nœuds et feuilles piquantes, tibisi, puis je grimpai une pente presque verticale haute de vingt mètres. Ne pouvant me hisser par les mains qui auraient été piquées par des plantes grasses, je donnai uniquement des pieds sur de rares mottes de terre pour me jucher sur une crête broussailleuse et atteindre un neuvième mamelon au sommet aplati couvert d’un fouillis d’arbustes, a 1,725 mètres, avec 11 degrés, à 8 heures du matin.

Ce Pico-Primero et un Pico-Segundo n’offraient pas le but final. Je continuai, descendant à pic entre de hautes fougères. J’entraînai avec vigueur mes compagnons. Malgré des vivres, de l’eau, et même du rhum de temps en temps, ces gens des tropiques souffraient du froid et surtout de l’humidité. Toute la verdure environnante était si trempée, qu’elle me semblait une forêt sous-marine. Nos vêtements collés à notre peau nous donnaient l’apparence de plongeurs ; et une toile de hamac recouvrant et préservant mon veston me transformait en scaphandrier. Enfin, à 10 heures du matin, par 10 degrés de température, c’était l’assaut d’un dixième mamelon de forme vaste et arrondie, couvert d’herbes et de végétations menues à une altitude de 2,525 mètres.

Pico-Real, sommet altier, sublime ! mais perdu dans une brume opaque, et à tel point inhospitalier, que je me retirai, opérant une descente aidée du chemin frayé désormais. Une marche d’environ

10 kilomètres s’arrêtait en zône sèche, avec 15 degrés, à 7 heures du soir. Notre repos au gros rocher de Cabeza-de-las-Cuevas fut troublé durant la nuit entière par des voisins bruyants, mais inoffensifs ; des porcs et chiens sauvagés.

Le quatrième jour... par 18 degrés, à 8 heures du matin, je continuai à descendre vers l’Ouest, au milieu d’arbres clairsemés, sur une pente continue, accidentée seulement d’une roche colossale et d’un ruisseau raviné allant se jeter dans la mer. Par 27 degrés, à midi, je m’éloignai des cases de Las- Guevas, habitées par des Indiens, se disant de souclie du temps colombien. J’arpentai un agréable sentier le long d’un littoral sauvage garni de galets, de coraux et de hautes herbes. J’escaladai une petite colline dominant un site charmant. Je contournai les pointes de Papajita, Palmita, Dian, très pittoresques avec leurs rocs schisteux déchiquetés. J’avançai dans un sous-bois aux végétations singulières : arbres aux feuilles diversement découpées et aux rameaux amplement nrcadés ; d’autres aux racines visibles, aux troncs multiples — des /o&os, des plantes cactus atteignant des tailles de petits clochers, des lianes belucos de lombrisa étendant leurs tentacules de pieuvres sur un sol empierré. Cette étape aisée d’environ 18 kilomètres prenait fin aux cases d’Ocujal dont un habitant, Martinez-Fonseca, offrait du café, des patates, des œufs, des poulets, du porc séché au soleil ; cet aimable accueil clôturait dignement notre course d’environ 44 kilomètres. Nos fatigues furent soudain réompensées par l’apparition des trois plus hauts sommets du Turquino, enfin dégagé des nuages I

Le retour par mer devait durer 22 heures. Je m’embarquai par un calme après-midi. Ma barque côtoyait d’abord un rivage boisé, peuplé d’oiseaux aux accents harmonieux mêlés des croassements des perroquets. A la nuit, la houle s’élevait, puis c’était un échouage sur un récif ; enfin, une averse en trombe termina cette excursion mouvementée.

J’avais démoli mon appareil photographique, détérioré mes habits, meurtri mes membres ; en revanche, je rentrai avec une collection de plantes, des observations barométriques et thermométrieques, un itinéraire topographique, des photographies de sites, tout cela inédit. Et j’offrais la première vraie description d’un massif abordé plusieurs fois depuis des années, mais jamais exploré en détail.

Il est vrai que cette expédition m’avait été rendue moins rude par de bons habitants de Santiago ; le gouverneur provincial Sagol, l’alcalde municipal Bacardi, les négociants Shueg, Brook, Masôn, Tamarelle et Sariol.

Mais bien d’autres avaient tenu à adoucir mes recherches dans le reste de Cuba, pour lequel je me documentai aux personnes suivantes en liste peut-être incomplète :

Encore à Santiago et environs : le consul français Ritt et son chancelier Desldge, l’agent du câble sous-marin Lergier, l’employé des travaux publics Navarrete, le conservateur du musée Bofille, l’institutrice Caignet, l’instituteur Turner, les abbés de Viras et de Cisnéros, M. Dussac père, le photographe Desquiron, les médecins Neyra Robert et

K TRAVERS CUBA

Nin, le comptable de mines Mena, le lieutenant d artillerie Rodriguez Ferez et les propriétaires André, Antomarchi et de Bie.

A Guttntüncimo et environs : l’agent consulaire français Jouanneau, l’alcalde Giro, le photographe Escalante, le guide Magin Wilson, le chimiste. Budan, les propriétaires Pons, Lacau, Durance, Ysalgué et Begué, l’administrateur d’industrie Quintaa.

A Baracoa et environs : l’alcalde Albuerne, le commerçant Boiton, le propriétaire Ortiz et le marchand de vivres Massô.

Autour de la Baie de Nipe : les propriétaires Dumois frères et fils, leur comptable Vidallets et le R. Père German Hilaire.

A Gibara : l’alcalde Cespedes, le juge Cardona. A Holguin : l’alcalde Rondan, le photographe Heredia.

A Manzanillo : le journaliste Antunez, le ministre évangélique Ripoll, le commandant Mendoza, le photographe Rondon.

Au bord du Cauto : l’alcalde Mendieta. .4 Bayamo : l’alcalde Marifio, le chef de police Choren, le photographe Reina Garcia. A Jiguani : l’alcalde Lis. A Baire : l’alcalde Llopis, le juge Garcia, l’instituteur Vidal. A Palma-Soriano : l’alcalde de Garcia, le secrétaire des écoles Ochoa, le propriétaire Lateulade.

A Camagüeij : le médecin Adam, le notaire Alvarez Gonzalez, le R. Père Olié et le photographe Naranjo.

A Sancti-Spiritus et environs : le général Teyo Sanchez, le photographe Treilles, le commerçant

Weiss, la commerçante M“® Champion, le contrôleur de la douane Orsini.

A Trinidad ei environs : le secrétaire d’alcalde Marino Dominguez, le voyageur de commerce Novoa, le contrôleur de la douane Roche Zerquera.

A Cienluegos et environs : l’agent consulaire français Lay, le chef contrôleur de la douane Dorticos, le médecin Perna, le journaliste Andreu, le commerçant Aguilar, le photographe Otero, le R. Père Level, les propriétaires Terry, Agramonte, Diaz Garcia et les commis d’industrie Buchanan, Brown.

A Santa-Clara : le médecin Trista, les commerçants Montero, le chef de musique Cancio.

A Sagua'ila-Grande : l’agent consulaire français Hautrive, le Journaliste Estrada, le photographe Casanas. A Banaguises, le propriétaire Mendozia.

A Cardenas : l’industriel Etchegoyen, le conservateur du musée Blanes. A Guareiras : le commerçant Coudert.

A Matanzas et environs : l’agent consulaire français Vignolle, l’industriel Perrotin, le pharmacien Triolet, le propriétaire Zanetti.

A nie des Pins : les propriétaires Keenan, Tolksdorff, le touriste Freeman-Lane.

A Pinar-del-Rio : le président du conseil provincial Urquiaga, le médecin Ruhio, l’avocat Rancis, l’ingénieur des travaux publics Gordillo et son employé Ottemer, le propriétaire Arias. A Luis- Lazo : le médecin Valdes Brito et le représentant d’alcalde Carhallo.A San-Juan : l’alcalde Baster, le journaliste Marti. A San-Luis : l’alcalde Padron, le

commerça'nt Dasepet, le régisseur de propriétés Carvajal, le propriétaire Calixto Lopez.

A Artemisa : le propriétaire de Beaumont. A Guanaiay : le correspondant de journaux Ferez.

En province havanaise : A Batabano : les commerçants Gardet et Mermin. A Güines : le corresp0ndant de journaux Bolado, le président des écoles Rubalcava, l’électricien Estabilio. A Belucal : les médecins Zertucba et Campuzano. A Madruga : le trésorier municipal Pozo, le médecin Pardinas. A Aguacate : le propriétaire Pelayo. A Jaruco : le propriétaire Fernandez de Castro.

A la Havane :

Les administrateurs de journaux Cayetano Ferez, Juan-Gualberto-Gomez, Ramon Catala, les rédacteurs de Saavedra, Delorme, Caneghem et le critique théâtral Barzaga.

Un chef de service de la douane Supervielle, les commerçants Tihista, Verdereau et le président de la Chambre de commerce française Gohier.

Le lithographe Rosendo Fernandez, l’ingénieur Mendoza, les médecins Francisco Zayas, Sanchez Toledo.

Le conservateur de la bibliothèque Figarola, le secrétaire de l’.Vcadémie des sciences Le Roy, les chefs de l’instruction publique Martin Morales et Aguiar, le secrétaire de l’Université Dihigo, les professeurs de la Torre et Garcia, le recteur du collège des jésuites R. Père Leza, les directrices de pensions M“®’ Dolz et Ollivier.

Les photographes de la Carrera, Blain, Cohner, Testar et El Pincel.

Les familles Sosa, Herrera, el Anckermann m’instruisant des coutumes ouvrières.

Encore à la Havane :

Des institutions gouvernementales et municipales aux fonctionnaires me montrant leurs œuvres.

De grandes maisons |de santé et de grandes sociétés de secours mutuels aux médecins et directeurs m’expliquant ces établissements.

Et dans toute Vile :

Des Hôpitaux au personnel m’exposant les mesures rétablissant des maladies.

Des cercles de plaisir de race blanche et de race de couleur aux membres me renseiguant sur les coutumes.

Des exploitations agricoles et industrielles à des propriétaires me décrivant leurs procédés, même une siucrerie miniature nommée ijagenilo Rosita contée par son maître Pascual Garcia ; la question tabac m’a été révélée surtout par l’acheteur des manufactures françaises Blondeaux, et la question sucre de canne m’a été révélée surtout par les chimistes Pigornet et Escande.

Des collèges officiels et autres pensions avec professeurs m’indiquant les méthodes scolaires.

Des journaux avec rédacteurs m’annonçant complaisamment maints détails : les havanais Lucha, Discusion, Diario de la marina, Mundo, Figaro, etc. ; les santiaguais Cubano Libre, Independencia, Colonia Espanola, Republica ; ceux de Pinar-del-Rio, Matanzas, Cardenas, Santa-Clara, Sagua, Cienfuegos, Trinidad, Sanctî-Spiritus, Ca-

magüey, Gibana, Holguin, Manzanillo, Guantanamo, Baracoa, etc...

Puis, bien des municipalités voulant aider ma traversée du pays, protégée par les gouverneurs provinciaux, l’Etat cubain personnifié par un de ses secrétaires Aurelio Hevia et le président Palma. Leurs attentions pour moi viennent de ce que j’étais recommandé de France par le ministre cubain M. Ferrer y Picabia, assisté de MM. Menocal, Cartaya, Campa, de Blanck, des consuls Barnet et Pitriccione, du chancelier Gomez et par le nouveau représentant de la république cubaine, le général Collazo.

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