LE PAYS DES ZODLOUS Ï
profondes, à parois sourcilleoses, rappelant les cafiona du Colorado, forme de nombreuses calaractes, trace des courbes fantastiques, el se jette dans l'Océan Indien après un cours tortueux de quatre-vingts lieuea. Comme la plupart des rivières du Natal, elle n'est nulle part navîf^able. Ses eaux sombres ont été souvent rougies par les massacres en masse opérés sur ses rîves par les Cetiwayo, les Diugaau et les Cliaka. En langue zouloue, la Tugcla est la n rivière qui inspire l'elfroi », et son nom fatidique revient sans cesse dans l'histoire sanglante de la monarcliie zouloue.
A une lieue en amont du gué qui sert aux communications entre le Natal et le Zoulouland, la Tugiila forme des chutes qu'on m'a recommandéd'aller voir. La rivièreestsi profondément encaissée qu'il est impossible do la côtoyer : aucun sentier le long de ses rives à pic. four arriver aux chutes, il faut donc gagner le plateau. Dans ce but je m'engage dans un petit cljemiu élroit, infesté de fourmis, vrai sentier africain, tracé par les indigènes à travers une bizarre végétation d'euphorbiacées, d'aloës,de palmiers. Le sentier ne tarde pas à disparaître dans les hautes herbes, et il faut ici marcher avec prudence, de peur de mellro le pied sur les serpents que j'entendsà chaque mioutese sauver à mou approche, sans que, la plupart du temps, il soit lossible de les voir : je n'ai pu en surjffendre
possil
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qu'un seul, de deux pjeds de long, au morne oùil disparaissait dans songîle. Instînclivemeo on clierehe dans les grands arbres le fameu pilhon, le boa du Natal {Hortulia Nataliensis qui n'a pas moins de vingt pieds delong, et qfl étouffe sa proie en l'enlaçant de ses anneaux.
Tout en errant ainsi à l'aventure, observan les points de repaire pour ne point in'égarerdan ce pays si montueus et si compliqué, je retrouv) bientôt un sentier qui mène à une enceinte carra clôturée d'une baie, et dans laquelle une demi douzaine de huttes rondes sont disposées sur I terre battue. C'est un kraal zoulou : entrons J pour nous renseigner. Les indigènes, très son pris, me regardent d'un air soupçonneux, et l'uB d'eus, le seul qui sache un peu d'anglais, demande : a Where do you come from? D'oil venez-vous? » En ce moment survient un métis, qui semble être le chef reconnu ; il me dévi effrontément, et pousse l'impudence jusqu'à ma demander mon nom, tout en regardant obstinément ma poche, où je dissimule un revolver. Il ne change do contenance que quand je lui donne du tabac, et consent alors à ra'indiquer la direction des cliulcs.
Le saut do la Tugela, que j'aperçois bientôt de loin, est d'un accès assez difficile. Comme la rî« vière est très basse, les grandes dalles plates qu'elle couvre en été sontàsec ni fautdonc sauter d'une dalle à l'autre, au risque de tomber dans les