‹ A travers l'Afrique australeChapitre 25 sur 29 · LE PAYS DES ZOULOUS · texte numérisé non relu

LE PAYS DES ZOULOUS

s'abaissant vers la ligne bleue de la grande mer des Indes qui se prolile à l'horizoD, Ce morceau de l'Afrique, qui pourrait être un Eden, a l'aspect d'un désert. Dans nos contrées civilisées, l'œi! qui plane d'un point élevé aperçoit toujours quelque trace de l'homme, des champs cultivés, des habitations ; ici, à part la route des chars à bœufs et la ligue des poteaux du télégraphe, aucun indice de civilisation : pas une culture, pas une maison, pas même un arbre, sauf au fond des ravins. Surcette stérilité complète plane un silence étrange : il n'y a d'autre oiseau que l'aigle qui décrit dans les' airs ses orbes immenses, et un grand corbeau blanc, qui jette, de temps à autre, un cri lugubre , Non, jamais je ne me suis senti si loin de l'Europe que sur ce solitaire plateau du Zoulouland I

Mais dans les vallées qui s'ouvrent enire les plateaux on retrouve la végôtalion des tropiques: le palmier, lo bananier, et surtout le katirboom ou arbre cafre (Erythrina Caffra), cet arbre singulier qui verdit en été et fleurît on hiver : la première fois que je le vis, je ne pouvais en croire mes yeux, le voyant entièrement dépouillé de ses feuilles et portant une spicndide floraison de bouquets d'un rouge écarlale.

Sur celte roule d'Eshovvc, qui est la grande roule du Zoulouland, j'ai rencontré beaucoup d'indigènes qui semblaient assez surpris de voir un blanc se promener tout seul à pied dans leur

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pays encore pres(|u6 entièrement fermé aux Européens. Ils ne manquaient point, du reste, de saluer selon leur formule habituelle : Sakou bona (nous t'avons rencontré). Au Natal les Zoulous sont plus ou moins vêtus, mais sur leur territoire ils circulent absolument nus, à peine une mince lanière en peau de léopard qui dissimule fort mal ce qui doit être dissimulé. Si leur Costume est plus que sommaire, en revanche ils sont toujours armés comme s'ils allaient en guerre, portant un arsenal d'assagaies et de knobkerrieK qui ajoute à leur air martial et imposant. Les femmes, n'ayant pour tout vêtement qu'un pagne en^peau de mouton, portent leurs bambins sur le dos, emmaillottés de peaux. Souvent on les voit cheminer, charg'ées de lourds fardeaux, à côté de leur soigneur el maître, qui croirait se dégrader en portant autre chose que ses armes. Chez ce peuple mililaire, l'homme est fait pour les travaux de la guerre, la femme pour les travaux domestiques. Ce n'estqu'en Zoulouland que j'ai vu les hommes faits se ceindre la tète d'un brillant anneau noir, qu'ils confectionnent avec diverses substances dans lesquelles entrent des pigments et de la terre empruntée aux monticules édifiés par les fourrais, le tout si bien agencé, si bien durci, qu'ondirait de la corne de buffle: les hommes mariés ont seul Le privilège de porter ce diadème, symbole de la virilité, auquelilsdoaoej ■ le nom de «isicocaii, ik^^d

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